Actualité Échelle Inconnue

AGENDA DU 18 Septembre 2014 au 29 janvier 2015

Villes traversées par les projets : MOSCOU / ROUEN / DIEPPE / LE HAVRE / BERGES DE LA SEINE DE ROUEN à VERNON / VERNON et MENILLES


jeudi 18 septembre 2014 à 18h30

Soirée de lancement du journal à titre provisoire #05 "Habiter l'Immobilier"
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lieu : à Echelle Inconnue, 18 rue Sainte Croix des Pelletiers / Rouen


jeudi 25 septembre 2014 à 18h30

Conférence "La guerre au XXIème siècle : guerre connectée ?" par Azza Chaouch Bouraoui, doctorante en droit public et en sciences politiques
dans le cadre du Doctorat Sauvage en Architecture / cycle Ville Numérique
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lieu : à Echelle Inconnue, 18 rue Sainte Croix des Pelletiers / Rouen


jeudi 09 octobre 2014 à 18h30

Conférence et projection de dessins inédits sur le thème "SDF, un métier d'avenir" par Diway
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lieu : Echelle inconnue, 18 rue sainte croix des pelletiers / Rouen


jeudi 18 octobre 2014 / APREM #4

- BELGIQUE - Intervention de Stany Cambot "Ecologie de l'Internet : pour une troisième époque du Web"
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lieu : communiqué plus tard


jeudi 23 octobre 2014 à 18h30

" La nuit cartographique : un voyage au cœur de la cartographie radicale " par Philippe Rekacewicz auteur de visionscarto.net
Dans le cadre du Doctorat Sauvage en Architecture
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lieu : Echelle Inconnue, 18 rue Sainte Croix des Pelletiers / Rouen


24 & 25 octobre 2014

ITALIE - BERGAME : Intervention de Julie Bernard "Rencontres Européennes autour de l'Habitat"
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lieu : communiqué plus tard


jeudi 13 novembre 2014 à 19h00

Apéro Codelab
Apéro et Présentation d'outils, de créations numériques, sonores ou autres inventions.
Dans le cadre du Doctorat Sauvage en Architecture, cycle Ville numérique
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lieu : Echelle Inconnue, 18 rue Sainte Croix des Pelletiers / Rouen


jeudi 20 novembre 2014 à 18h30

Conférence "Guerre à perdre - pour l'exemple" autour du livre Partir en Guerre, par son auteur Arthur Larrue
dans le cadre du Doctorat Sauvage en Architecture / cycle La ville et la guerre
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lieu : à Echelle Inconnue, 18 rue Sainte Croix des Pelletiers / Rouen


jeudi 11 décembre 2014 à 18h30

Projection et commentaires du film : « CARGO-200 » (ou GRUZ-200 en russe) de Balabanov 1984 par Gilles Favarel
Dans le cadre du Doctorat Sauvage en Architecture
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lieu : Echelle Inconnue, 18 rue Sainte Croix des Pelletiers / Rouen


jeudi 29 janvier 2015 à 18h30

Projection et commentaire de film "Le ciné-train de Medvedkine ou le miroir magique" par Massimo Olivero
Dans le cadre du Doctorat Sauvage en Architecture
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lieu : Echelle Inconnue, 18 rue Sainte Croix des Pelletiers / Rouen



Tout l'agenda du doctorat sauvage en architecture en cliquant ici

Le film Rosa Luxe et la Manouches est en cours de tournage, plus d'infos ici

Pour recevoir les informations en flux ou interagir avec nous sur Twitter : @EchelleInconnue

CONFÉRENCE - CINÉCLUB / JEUDI 29 JANVIER 2015 / 18H30 / "LE CINÉ-TRAN DE MEDVEDKINE OU LE MIROIR MAGIQUE"

Projection et commentaire de film "Le ciné-train de Medvedkine ou le miroir magique" par Massimo Olivero, doctorant sur le cinéma russe.
Dans le cadre du cycle "...Et nos pères" du Doctorat Sauvage en Architecture

Dans cette intervention on veut analyser certains des films réalisés par Medvedkine et son équipe de travail dans le projet du « Ciné-train » au début des années 30, pendant le premier plan quinquennal de l’Union Soviétique. Ces films montraient la réalité locale, donnaient un point de vue critique sur cette réalité et voulaient, de cette façon, intervenir directement sur la communauté et en particulier sur sa productivité. Ils se caractérisent par le rôle d'une camera qui se révèle visible : tout le monde était conscient de sa présence et de son rôle d’investigation et d’analyse des problèmes des conditions de vie et de travail.

La fonction de ces films était de générer un débat, une critique constructive et dialectique sur les conditions de vie de la communauté. Ils étaient générateurs et déclencheurs de tensions (qui étaient en quelque sorte latentes) entre les membres de la communauté qui étaient obligé de discuter, immédiatement après la vision du film, des problèmes soulevés et de y trouver aussi vite une solution. En effet on peut parler (comme le fait Emma Widdis dans son livre sur le cinéaste) de « miroir magique » car le ciné-train est capable de représenter fidèlement la réalité et en même temps de la changer, de transformer la communauté en des « citoyens soviétiques ». Selon les déclarations de l'époque, il y avait dans ce travail collectif une véritable collaboration et participation active des habitants, à la fois dans les rôles d’acteurs, de spectateurs et d’interprètes. Pourtant, montrer et résoudre les problèmes était quand même un risque dans une société qui privilégiait plutôt l’exaltation des résultats obtenus et minimisait les échecs. Ce rôle actif du cinéma, cette incidence sur la société, idéalement acceptés mais en réalité craints par le système représente un véritable risque pour le projet, et sera la raison fondamentale de sa fin. Dans notre analyse des films qui restent encore disponibles (car la plupart ont disparu), on verra donc comment Medvedkine avait réalisé le véritable but du cinéaste militant, c’est-à-dire un instrument capable d’intervenir concrètement dans la société afin de créer un nouveau type de communauté.

INFORMATIONS PRATIQUES :

Jeudi 29 janvier 2015

Lieu : Echelle Inconnue / 18 rue Sainte Croix des Pelletiers / 76000 ROUEN

Téléphone : 02 35 70 40 05

PROJECTION ET COMMENTAIRES DU FILM "CARGO 200" DE BALABANOV / JEUDI 11 DÉCEMBRE / 18H30 / DOCTORAT SAUVAGE EN ARCHITECTURE

Projection et commentaires du film : « CARGO-200 » (ou GRUZ-200 en russe) de Balabanov 1984 par Gilles Favarel, docteur en sciences politiques
Dans le cadre du cycle "La Ville et la Guerre" du Doctorat Sauvage en Architecture



Cargo 200 ?

En 2007, Alexei Balabanov revenait avec Cargo 200 sur la période qui sépare la fin de l’ère communiste proprement dite (mort de Tchernenko) de l’avènement de la Russie capitaliste d’aujourd’hui. En 1984, juste avant l’arrivée au pouvoir de Gorbatchev, Balabanov dépeint la fin d’un régime. C'est tout le ciment social qui part en morceaux avec ses valeurs, et ses repères. Plus de morale, plus d’autorité, plus de contraintes sociales, les instincts les plus primaires refont surface. Cargo 200 est un hallucinant voyage collectif au bout de la nuit qui n’épargne rien à son spectateur. Une œuvre insoutenable, écœurante et fascinante par son jusqu’au-boutisme et son absence de concessions qui a séduit le jury du prix de l’Age d’or. Cette compétition distingue, fidèle en cela à son manifeste, un film qui s’écarte résolument de tout conformisme cinématographique.

« Spontanément, une idée me vient. Je suis fan d'un film russe qui n'est jamais montré en France et qui pourtant vaut à mon avis le coup d'oeil. Ce film est "Gruz-200" (parfois appelé Cargo-200 à l'export) de Balabanov. Le sujet est plutôt la violence, mais il se passe dans une ville imaginaire, Leninsk, filmée de manière très réaliste (l'action se passe en 1984, à la veille de la perestroika) ; il y a de très beaux plans urbains permettant de se rendre compte de ce qu'est un bourg soviétique en 1984. »

INFORMATIONS PRATIQUES :

Jeudi 11 décembre 2014

Lieu : Echelle Inconnue / 18 rue Sainte Croix des Pelletiers / 76000 ROUEN

Téléphone : 02 35 70 40 05

SOIRÉE DE LANCEMENT DU JOURNAL À TITRE PROVISOIRE #05 / 18 SEPTEMBRE 2014 / 18H30 /

Nous vous invitons à une soirée spéciale pour le lancement du journal qui sera disponible gratuitement à Echelle Inconnue lors de cet événement.



MAKHNOVTCHINA une publication d'Echelle Inconnue

Un travail de recherche et de création publique avec les mobiles et nomades contemporains à l’heure des métropolisations en France, Russie, Moldavie et Algérie.




Journal dans lequel vous pourrez lire ces articles :

-L’habiter mobile ou l'altermétropolisation
-"On va là où il y a du travail" récit de Marie-Christine et Jean-Charles, habitants en camion dans le département de l’Eure
-Savoir maison garder : une villa mobile recomposable.
-L'habitat mobile ouvrier de Dieppe à Moscou
-Moscou : dérive en territoire migrant
-Comme toujours : la rubrique noire
-Bidonville. De qui es-tu le problème? De quoi es-tu la solution ?
-Droit à Habiter contre droit au logement
-Et si Paris faisait semblant de ne pas voir son foncier ?
-Habiter comme contester



INFORMATIONS PRATIQUES

Lieu : Echelle Inconnue / 18 rue Sainte Croix des Pelletiers / 76000 ROUEN

Tel : 02 35 70 40 05

Date et Heure : Jeudi 18 septembre 2014 / 18h30

Plus d'informations sur nos publications : ICI

ATELIER DE CARTOGRAPHIE ET RANDONNEES URBAINES / Relire la ville comme un train fantôme / ROUEN / 03 MAI - 07 JUIN

Echelle Inconnue organise des randonnées urbaines en petits groupes sur le thème de l'angoisse :



Une ville hantée, un parcours de l'angoisse... Venez confier vos craintes et dépasser cette vision d'une rue, d'une place, d'un parc... Pourquoi avons-nous peur ici et pas là ? Comment la ville influence notre état d'esprit ? Serait-elle toujours ville sans ces espaces ?

QUE VA-T-IL SE PASSER?

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Echelle Inconnue invité de l'APEROU, Paris

jeudi 3 octobre 19h Apérou aux Caves Dupetit Thouars, 12 rue du même nom, au métro République. Paris

Une soirée pour faire l'état des lieux des actions en cours comme à venir, en compagnie d'invités nous aiguillant de leur regard, de leur expérience. Demain, jeudi 3 octobre à 19h, nous accueillons Echelle Inconnue, collectif protéiforme qui travaille avec nous à Paris, en collaboration avec les Enfants du Canal (voir la définition du projet ici), et avec lequel nous évoquerons ses expériences passées dans le bidonville du Havre détruit il y a quelques semaines, et dans celui de la Soie à Villeurbanne, il y a quelques années déjà. De cette dernière expérience, un film est né, que l'on visionnera ensemble : "Une ville détruite par des hommes en uniforme".

Durant la soirée, Francesco Careri, cofondateur du collectif italien Stalker nous rejoindra. Comme un parrain du PEROU, et de bien d'autres collectifs européens aujourd'hui, Stalker nous a montré la voie des chemins de traverse, des "territoires actuels", des actes souverains et des villes à faire émerger de ceux-ci.

Avec ces camarades là, peut-être évoquerons-nous les temps qui ne peuvent pas ne pas changer, les mots de Manuel Valls, étranger à notre temps,

extrait du site Journal de l'Ambassade du PEROU (+)

Échelle Inconnue organise "La route des Rroms" / vendredi 14 juin 2013 / 19h / architecture mobile / expo / projections / fête / journaux...

Une arche n'arrivera jamais à l'Armada. Celle de ceux qui traversent l'Europe à la recherche de la dignité d'un lieu. Jusqu'au 14 juin, Echelle Inconnue fait une halte au « Havre » d'un bidonville pour construire cette arche avant l'expulsion.

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Le son comme arme, conférence de Juliette Volcler

A écouter en ligne : « le son comme arme », enregistrement de la conférence de Juliette Volcler, qui s'est tenue à l'atelier d'Echelle Inconnue le 14 février 2013.

LRAD
Véhicule équipé d'un système LRAD dans les rues de Pittsburgh

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CONFERENCE - DIFFUSION SONORE & VIDEOS / JULIETTE VOLCLER // JEUDI 14 FEVRIER à 18h30 // titre : "La gestion des déplacements et des présences dans l'espace urbain par le son" et retransmission en live!

RETRANSMISSION EN DIRECT SUR LA WEBTV D’ÉCHELLE INCONNUE (activée à 18h30) : cliquez ici Pendant la retransmission, vous pourrez poser vos questions à Juliette Volcler sur twitter avec le hashtag : #EITV

Avant goût : "« Lalafalloujah », tel est le surnom donné par les GI’s à la ville irakienne de Falloujah en 2004, alors qu’ils bombardaient ses rues de hard rock à plein volume. « C’était comme envoyer un fumigène », dira un porte-parole de l’armée états-unienne. Les années 2000 ont en effet vu se développer un usage répressif du son, symptomatique de la porosité entre l’industrie militaire et celle du divertissement, sur les champs de bataille et bien au-delà. Rap, metal et même chansons pour enfants deviennent des instruments de torture contre des terroristes présumés. Des alarmes directionnelles servent de technologies « non létales » de contrôle des foules dans la bande de Gaza comme lors des contre-sommets du G20, à Toronto et à Pittsburgh. Des répulsifs sonores éloignent des centres-villes et des zones marchandes les indésirables, adolescents ou clochards.

L’enrôlement du son dans la guerre et le maintien de l’ordre s’appuie sur plus d’un demi-siècle de recherches militaires et scientifiques. La généalogie des armes acoustiques, proposée ici pour la première fois en français, est tout autant celle des échecs, des fantasmes et des projets avortés, que celle des dispositifs bien réels qui en ont émergé. Aujourd’hui, l’espace sonore est sommé de se plier à la raison sécuritaire et commerciale. Souvent relégué au second plan au cours du xxe siècle, celui de l’image, il est devenu l’un des terrains d’expérimentation privilégiés de nouvelles formes de domination et d’exclusion. Et appelle donc de nouvelles résistances."

Extrait du livre "Le son comme arme, les usages policiers et militaires du son"

APPEL à SOUSCRIPTION POUR LE PROJET MKN VAN

CONFERENCE / ODETTE LOUISET // JEUDI 31 JANVIER à 18h30 // titre : Catastrophisme, angélisme, militantisme ou fausse neutralité ? Le bidonville « objet » de recherche...

« Pratiquement contemporain de la désignation de « tiers monde », le bidonville émerge comme une catégorie majeure d'analyse des dynamiques urbaines dans des régions décrites comme « en retard » et moins urbanisées. Les critères de définition du bidonville sont essentiellement fondés sur le statut foncier et sur le type de construction bien que la diversité des situations soit soulignée en même temps que le caractère générique de quartier. Les descriptions fouillées et statistiques qui prévalent dans le tableau de cette urbanisation « sauvage » ou « spontanée » inscrivent les travaux de recherche dans une volonté d'objectivation du phénomène. L'approche est majoritairement surplombante et normative, mobilisant souvent des références à l'épisode européen de forte croissance urbaine du 19ème siècle. Dans le même temps, le bidonville est implicitement présenté comme une négation de ville, comme un quartier dont la suppression s'impose comme une évidence. Jugement de valeur aisément décelable dans cette science positive, à associer à la norme urbanistique et urbaine directement issue des codes d'urbanisme des grandes institutions internationales, c'est-à-dire d'Europe. A tel point que l'application de cette norme identifie la grande majorité des habitats produits dans les villes du Tiers monde comme appartenant à la catégorie « informelle ». La posture de recherche témoigne alors à la fois du catastrophisme par excès de zèle normatif et d’une illusion angélique que les bons plans d'aménagement fourniront une solution au problème.

Comment donc échapper, d'une part à l'illusion positiviste pour faire entrer la société dans la compréhension du phénomène autrement que par cette extériorité? Une hypothèse le permet : le bidonville est produit par le fonctionnement d'ensemble de la société dans une configuration spatiale appelée ville (les mêmes constructions en zone rurale ne sont ni désignées comme bidonvilles, ni stigmatisées). Ce n'est donc pas la forme « ville » qui est productrice du bidonville mais la projection normative des observateurs sur une production sociale jugée plus que comprise. La conséquence de cette hypothèse pose le bidonville comme un habitat urbain « normal », un quartier de la ville. L'objet et ses habitants sont même courtisés par de nombreux acteurs (associations, ONG, partis politiques, services municipaux...) qui tous ont besoin du bidonville et de ses habitants.

Restituer cette position, c'est proposer une expertise scientifique militante juste à l'amont de l'implication et de l'action. Cette expertise consiste à rester sur le terrain scientifique en dénonçant les illusions du choix épistémologique en surplomb et la croyance dans l'objectivation par le nombre et les catégories...Mais cette expertise consiste aussi à proposer la reformulation du problème « bidonville » avec pour option militante le choix de placer les faits sociaux, culturels et politiques au centre, y compris en prenant les valeurs exprimées comme des faits. C'est là que s'arrête la contribution scientifique juste avant l'implication voire l'action. Chez les experts positivistes, l'implication va jusqu'à la la formulation de recommandations, jusqu'à la contribution directe aux programmes.

Du point de vue de la discipline scientifique, pousser à la révision épistémologique est déjà un acte militant, contribuant à réviser l'espace de représentation qui est le véritable objet en jeu. »

William est mort.

J'écris parce qu'il faut conter.

Il y a quelques semaines, ils sont venus pour ça. Ils étaient trois, travailleurs sociaux venus faire le parcours « écouter chuchoter les blasons », la remise en jeu dans la ville et de manière pérenne du travail autour d'Utopia auquel William avait grandement participé. Ils disent « on est venu pour lui rendre hommage » Je n'étais pas là. C'est Christophe qui les a accueilli. Ils sont venus emprunter les mobios, ces dispositifs GPS qui permettent d'écouter chuchoter, par de nouvelles voix, les blasons sculptés dans la ville. Ils sont venus entendre résonner les murs, les volets, les gouttières de la voix de William et de dix autres encore, sans abris en 2001, aujourd'hui... qui sait.

Aujourd'hui pour William comme pour trois autres d'entre eux, c'est certain : ils sont morts ; tombés lors d'une guerre sans déclaration préalable ; une guerre contre le pauvre qui nie jusqu'à sa place dans la ville. Traitement standard des ennemis... William l'avait compris.

Nous nous sommes rencontrer la première fois en 1999 au foyer de l'URAS, il venait rendre visite à un ami Daniel, je tentait alors d'établir des cartes du monde vu depuis ce foyer. Il s'est assis dans la salle gris clair et a parlé avec cette voix que je lui connaîtrais souvent ; une voix de l'intérieur qui se fracasse contre les dents, un cri étouffé, un grognement. Il s'assoit, parle et dit « moi, la carte que je veux faire c'est celle de tous les copains morts dans les foyers » une carte monument pour ceux qui traditionnellement n'en n'ont pas. Son nom vient aujourd'hui s'y inscrire. William

Contrairement à Daniel, William n'était pas hébergé à l'URAS, inadapté au projet d'établissement. Il passait ses nuits au foyer de l'Abbé Bazire. Nous nous retrouverons plus tard au restaurant social la Chaloupe pour y lire Utopia de Thomas More. Il photographiera des monstres forains pour dire ça vie en fera une affiche avec au centre un banc, cénotaphe. Il jouera ensuite le rôle du président du BrrB au près de la presse. Et toujours, cette colère rentrée qui ne trouve pas d'issue. Ses lèvres qui se tordent pour dire des rimes amères. Ses poings sur les milles formica de foyer qui se serrent, même celui mutilé. Il parlera, écrira beaucoup. Disant sa vie là.

Nous nous sommes revus depuis, de loin en loin. De temps en temps, sa tête à la porte de l'atelier quand il vivait dans le coin. Et les nouvelles qu'il apportait avec lui, Daniel est mort, tu savais pas ? Et une certaine clairvoyance quand regardant les vidéo tournée sur le site du bidonville de la Soie.

- Ouais, les logements, les foyers, c'est pas forcément adapté, des fois, ça serait mieux de laisser les gens tranquilles, les aider là plutôt que... enfin c'est comme les gars de la rue, tu connais.

Il vivait à ce moment dans un appartement. Combien de temps ? Impossible à savoir mais au fur et à mesure de ses visites on voyait ses monstres resurgirent et avec eux l'alcool pour les faire taire ou pour nier la solitude des quatre murs où il se trouvait, d'un coup projeté, après des années d'institutions, de foyers à accueil conditionnel où le règlement intérieur remplace le droit commun. Sa bouche se tordait de nouveau. La voix tapait de nouveau derrière les dents. Les monstres, la dalle, la pierre tombale aussi, sûrement.

C'est une guerre qui voit tomber les pauvres au champ de notre déshonneur. William est tombé. Moins une victime qu'un héros de la survie en milieu hostile : chez nous. Accroché à la rampe de la vie pour on ne sait quoi mais sans doute davantage que pour l'espoir savamment entretenu de lendemains meilleurs qu'une société entière cultive pour eux, pour elle, pour ne pas se sentir coupable d'assassinat. Ce n'est ni le froid, sordide marronnier de météo sociale médiatique, ni la folie, ni l'alcool qui ont tué William mais la France.

Avec William et d'autre nous n'avons guère fait autre chose que de l'art, pas de l'art de marché, de galerie de FIAC, FRAC, FNAC. Mais de l'art pour dire NOUS au dessus de l'assassinat. Pour, à quelques occasions, NOUS sentir souverains, attaquant, manipulant à notre tour.

« la culture ça peut pas servir à dire j'ai bobo là » disait l'élu au patrimoine de la ville de Rouen au cours d'un colloque lors duquel, semble-t-il, le parti pris de la culture comme divertissement était élu. Non ! La mort, la mise au banc, qui n'en est que l'antichambre, n'est pas un bobo ! Fort heureusement ce même élu quelques mois plus tôt derrière son bureau confessait qu'il fallait parfois savoir désobéir, être hors la loi. Il en est temps, plus, c'est une urgence. L'indignation a fait son temps. Action !

Et peut-être, déjà, poursuivre ensemble la vengeance patrimoniale que nous avons avec William amorcé. Et édifier Notre monument aux morts des insoumis d'un moment dans une guerre silencieuse .

EXPOSITION & DISPOSITIF NUMERIQUE URBAIN / à ECHELLE INCONNUE ET DANS LA VILLE DE ROUEN / Vernissage-finissage le 08 décembre 2012 / à partir de 18h30

Titre : « Écouter chuchoter les blasons de la ville »

Samedi 08 novembre 2012 / Vernissage-Finissage dans le cadre des 12 vernissages du quartier des Bons-Enfants / Echelle Inconnue / à partir de 18h30

Exposition du 25 octobre au 16 décembre 2012

A l’automne 2012, des parcours dans la ville de Rouen sont créés avec la mise à disposition au public de dispositifs numériques urbains rentrant en résonnance avec les matériaux de la ville (« Mobio » : stéthoscope urbain décodant des sons géolocalisés dans des zones de la ville via le GPS) sous-titrant les blasons de la ville de Rouen par la réponse des sans-abris à la question : « Quel mouton vous chasse et vous dévore ? » faisant suite à des ateliers sur le texte de Thomas More (Utopia) dans les foyers rouennais.

Informations complémentaires :

Echelle Inconnue est ouverte au public du jeudi au samedi de 14h à 18h Possibilité de réserver les dispositifs dans les cas suivants : - groupe de 8 à 16 personnes - les dimanches 21 et 28 octobre / 04, 11, 18 et 25 novembre 2012 Exposition et prêt / gratuit / Une pièce d’identité sera demandée pour le prêt

Plus de documentation pour réaliser soi-même un mobio. (Technologie libre) : http://www.echelleinconnue.net/outils/mobio/

Plus d’informations sur l’histoire de ce projet : http://www.echelleinconnue.net/cite/

Twitter : @EchelleInconnue

Rêver Rouen est un programme organisé par la Ville de Rouen. Le projet Ecouter Chuchoter les Blasons de la Ville est financé par la ville de Rouen. Echelle Inconnue est financée au titre de sa programmation par la ville de Rouen et la Région Haute-Normandie.

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WORKSHOPS / CONFERENCES / NUMERIQUE / DU 23 AU 28 JUILLET 2012 / Echelle Inconnue au Summerlab festival organisé par PiNG / NANTES

Qu’y-a-t-il de commun entre un bidouilleur numérique qui développe ses projets dans un lab, le membre d’une AMAP qui s’interroge sur ce qu’il mange et s’engage auprès d’un producteur, des citoyens qui partagent en direct expérience et connaissance en ligne ? C’est peut-être un besoin de réinterroger leur rapport aux choses, de se placer davantage comme citoyens que consommateurs, un désir de comprendre le monde qui les entoure et de se l’approprier, d’en interroger les enjeux, de « hacker » la société, la transformer…

A travers ce premier summer lab intitulé « court-circuit/circuit court », PiNG propose d’ouvrir pendant 6 jours un laboratoire-atelier croisant les communautés du hacking, de la culture libre et du DIY avec celles de la production collective, locale et participative autour d’ateliers, d’expérimentations, d’échanges et de performances.

Cet événement est l’étape française du summer of labs 2012, série de rencontres organisées par des labs de l’arc atlantique (Nantes > Bilbao > Gijón > Guimarães > Séville > Casablanca) autour de problématiques communes. A l’image de la culture libre, cette rencontre se veut ouverte, transversale, avec un contenu co-produit par les participants à partir de nœuds thématiques découlant du thème principal « court-circuit/circuit court ».

Cette initiative s’inscrit dans la continuité du réseau LABtoLAB impulsé par PiNG depuis 2 ans.

> Lundi 23 juillet – à partir de 19h Soirée d’ouverture du summerlab au jardin C à la fabrique

Présentation du summer lab par PiNG. Expérience auditive nomade autour du dispositif mobio/écouter chuchoter les murs par ÉCHELLE INCONNUE (travaux et expériences artistiques autour de la ville et du territoire) et EgoTwister (musique électro décalée et bricolée) & apéro dînatoire.

> Mardi 24 juillet – à partir de 20h30 Scène ouverte pour les participants du summerlab au Lieu Unique

Présentation de projets, lecture, performance, conférence, démo etc par les participants du summerlab. L’occasion de croiser de nouveaux univers reliés de près ou de loin au thème « court-circuit/ circuit court ». Au programme de la soirée (sous réserve) : - Retour sur la résidence vélomobile (semaine du 16 au 20 juillet) par Cédric Doutriaux et Thibaud Saloignon - Conférence « Un nouveau calque plane sur la ville : numérique » par Stany Cambot / Échelle Inconnue - Performance Replicata par Vincent Pouplard, Guillaume Brunet et Carole Thibaud

> Mercredi 25 juillet - à partir de 20h30 Scène ouverte pour les participants du summerlab au Lieu Unique

Présentation de projets, lecture, performance, conférence, démo etc par les participants du summerlab. L’occasion de croiser de nouveaux univers reliés de près ou de loin au thème « court-circuit/ circuit court ». Au programme de la soirée (en cours de construction) : - Présentation du projet 3D fiction par Catherine Lenoble et Julien Maudet - Conférence autour du design libre par Christophe André - Performance image&son 8 bit IBNIZ par Pierre Commenge

Plus d’information : http://www.courtcircuitcourt.net/

RENCONTRES RELIER #3 « L’HABITAT LEGER ET LA PRECARITE ? » / Intervention de Julie Bernard / VENDREDI 1er JUIN / TOUTE LA JOURNEE / MAZAMET (81)

Julie Bernard présentera un historique des projets d’Echelle Inconnue en lien avec « la ville mobile ». Elle développera pourquoi nous nous intéressons à cette question depuis 2003 : Du village du contre-sommet du G8 à Evian au projet Makhnovtchina en passant par l’Histoire et les histoires de Smala.

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Semaine "Smala Alger" du 24 mars au 31 mars 2012 // EXPO / CONFERENCES / PROJECTION / WORKSHOP

Suite à deux mois de résidence de recherche et de création menés à Alger en Novembre et Décembre 2011, Echelle Inconnue vous invite à la présentation des résultats de cette expérience ainsi qu'à une rencontre avec le groupe Echelle Inconnue/Alger.

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