Actualité Échelle Inconnue

Cycle "Les Parcours Clandestins du Cinéma" de septembre à décembre 2016 / DOCTORAT SAUVAGE EN ARCHITECTURE


Depuis 2011, dans le cadre du projet Makhnovtchina, Echelle Inconnue, traverse la Normandie et l’Est de l’Europe et réalise de courts films documentaires avec des personnes vivant ou travaillant dans la ville mobile et foraine. Aujourd'hui, Makhnovtchina s'enrichit d'un cine-truck ou camion-cinéma, le MKN-VAN. Lanterne magique, salle de projection, studio d'enregistrement et atelier mobile, celui-ci lui permet de diffuser les films réalisés avec ces personnes sur les lieux-mêmes et a pour objectif de rapprocher des situations de mobilité les unes des autres.

Le cinéma au centre donc, et une réflexion portée tant sur la réalisation que sur la diffusion des films.

Ainsi, outre nos références telles que le ciné-train de Medvedkine, le manifeste de Vertov, le cinéma forain du début du XXe siècle, ou le cinéma direct des années soixante, nous souhaitons ouvrir la boite à outils du DSEA sur les histoires clandestines du cinéma, et les partager avec vous pendant quatre mois.

Avec quatre interventions de septembre à décembre 2016, ces histoires traverseront la France (et plus précisément la ville de Rouen), l’Espagne et l’Amérique, afin d’interroger différentes périodes historiques depuis l’invention du cinématographe. Quatre sessions donc, qui ré-écrivent l’Histoire du cinéma afin de mettre en lumière ses voies clandestines, foraines, anarchistes (…). Lors de ce cycle, le Doctorat Sauvage Numérique vous propose également un TP avec une formation au logiciel libre Blender pour le montage vidéo, par des membres de Synaps Collectif Audiovisuel.

PROGRAMMATION :

Jeudi 29 septembre à 19h :

– Discussion "Instauration du cinéma à Rouen. Une Chronologie et un itinéraire composites" proposée par Olivier Poupion, chercheur indépendant, auteur de l'ouvrage Histoire du cinéma à Rouen (1892-1919), 2002.
En savoir plus ICI.

Jeudi 27 octobre à 19h :

– Conférence "De 1895 à 1912 : le cinéma forain français entre innovation et répression" proposée par Arnaud Le Marchand, maître de conférence en économie à l'Université du Havre. En savoir plus ICI

Lundi 21 novembre à 19h :

– stage découverte du logiciel libre Blender pour le montage vidéo, proposé par des membres de Synaps Collectif Audiovisuel.
Tout savoir sur cette soirée ICI
Dans le cadre du Doctorat Sauvage Numérique.

Jeudi 24 novembre à 19h :

– Conférence "Les films de la Confédération Nationale du Travail, durant la Guerre Civile en Espagne : à la recherche d'une fiction anarchiste" proposée par Yannick Gallepie membre de Synaps Collectif Audiovisuel.

"Juillet 1936 à Barcelone, alors que les combats font rage entre les forces franquistes qui ont impulsé une tentative de coup d’État et les différentes composantes de la résistance « républicaine », des militants de la CNT, syndicat anarcho-syndicaliste, s’emparent de caméras et immortalisent sur pellicule des images qui resteront comme le symbole de ce début de guerre civile : des ouvriers saisissent des armes, des barricades se dressent, des églises brûlent… La CNT, majoritaire dans les processus de collectivisation barcelonais qui durent tout le long des trois années de guerre civile, couvre le conflit grâce au matériel disponible mais relance aussi l’exploitation des salles et la production de fictions. Au-delà de l’intérêt économique et social de relancer l’industrie cinématographique, un leitmotiv revient dans les débats qui entourent cette activité : quel film peut traduire au mieux l’esprit de juillet 1936 ? À quoi doit ressembler le cinéma dans une société post-révolutionnaire ?"
Lire la suite ICI

Jeudi 08 décembre à 19h :

– Conférence "Le cinéma forain, le tabou du cinéma américain" proposée par Xavier Jeudon, chercheur en Histoire du cinéma.

"Tandis que le cinéma forain tient une place prépondérante dans les premières années du développement de l'industrie cinématographique américaine, sa figure est d'une extrême rareté sur les écrans américains. Associé à des pulsions macabres, à la culpabilité et au mystère des origines, le cinéma forain serait-il le seul vrai tabou du cinéma américain ?"
Lire la suite ICI

INFORMATIONS PRATIQUES :

Lieu : La Conjuration des Fourneaux, 149 rue Saint-Hilaire, 76 000 Rouen
Contacts : mel@echelleinconnue.net / 02 35 72 40 05

L'hiver franco-russe d'Echelle Inconnue : programme du Doctorat Sauvage En Architecture

Les corneilles, il y a 70 ans, encore nomades et presque absentes de nos villes, étaient jusqu’alors séparées entre les noires à l’ouest de l’Europe et les mantelées à l’est. Avant, car ces oiseaux désormais urbains nous ont pris de vitesse. Et l’on rencontre désormais, le long de leur frontière invisible qui ignore les états, des hybrides mi-noirs, mi-mantelés en prise eux aussi avec le phénomène métropolitain : un même peuple né d’un art : celui de la rencontre.

Pour la deuxième fois, pendant 3 mois, nous vous proposons, au delà des frontières et des états de voir et entendre l’autre ville Russe à travers ses arts : cinématographiques et actionnistes pour précipiter le temps où nous deviendrons tous des oiseaux.

Voir et entendre à travers les films russes de fiction ce que fut l’expérience du logement communautaire au lendemain de la révolution d’octobre. Avec Liudmila Piskareva.

Voir et entendre avec l’artiste Pavel Mitenko ce que fut le mouvement d’art actionniste au lendemain de la chute de l’URSS jusqu’à ses dernières manifestations portées entre autres, dans l’espace public, par les groupes Voïna ou Pussy Riot.

Voir et entendre enfin l’autre Moscou à travers nos derniers films réalisés en Russie.

En savoir plus sur cet hiver franco-russe d'Echelle Inconnue ICI.


PROGRAMMATION DU DOCTORAT SAUVAGE EN ARCHITECTURE :

Jeudi 26 janvier à 19h :

– Conférence "L’évacuation des grands studios de cinéma soviétiques en Asie centrale pendant la Seconde Guerre mondiale" proposée par Valérie Pozner, directrice de recherche au CNRS, en Histoire du cinéma russe et soviétique.
En savoir plus ICI.

Jeudi 23 février à 19h :

– Conférence "L'habitat urbain dans l'Union soviétique, à travers le cinéma soviétique" proposée par Liudmila Piskareva, doctorante en architecture à Paris et assistante et traductrice pour le projet Makhnovtchina d'Echelle Inconnue à l'est de l'Europe.
En savoir plus ICI.

Jeudi 30 mars à 19h :

– Conférence "L'actionnisme moscovite, ligne artistique de la politique postsoviétique" proposée par Pavel Mitenko artiste, critique d'art et actionniste.
Lire la suite ICI

INFORMATIONS PRATIQUES :

Lieu : La Conjuration des Fourneaux, 149 rue Saint-Hilaire, 76 000 Rouen
Contacts : mel@echelleinconnue.net / 02 35 72 40 05

Conférence le 30/03/2017 : "L'actionnisme moscovite, ligne artistique de la politique postsoviétique" / Doctorat Sauvage En Architecture

Pavel Mitenko : « Mon intervention sera consacrée à l’Actionnisme Moscovite, mais ce n’est absolument pas l’objet de mes recherches. Ce qui est le plus important pour moi, c’est le point de vue, ou plutôt la ligne du mouvement, dans lequel je m’inscris pour observer le monde. C’est pourquoi, ce dont je vais parler le 23 février, même dans sa partie descriptive, est le point de départ, le contexte des réflexions sur ce qu’on pourrait appeler, d’après Condition de l’homme moderne (1958) de Hannah Arendt, “l’action humaine”, en tant que forme historique d’agir, qui souhaite créer un monde commun sans passer par des intermédiaires.

L’actionnisme moscovite (AM) est apparu dans les années 1990 à Moscou. On peut indiquer les actions les plus importantes de ce mouvement, comme le groupe E.T.I. – TEXT de E.T.I. (Expropriation du Territoire de l'Art) (1991), le groupe Barricade de VPKK (Commission de Contrôle Non Gouvernemental) (1998), Te Deum-punk de Pussy Riot (2012). Pendant tout le parcours du mouvement actionniste, on peut dénombrer les effectifs suivants: 7 actionnistes agissant indépendamment sur leur seule initiative personnelle, 13 groupes composés de 3 à 10 personnes dans lesquels pouvaient participer les premiers activistes déjà mentionnés. Les formes d’actions de l’actionnisme ont été reprises par des organisations numériquement plus importantes, aussi bien par le syndicat étudiant “Studzashchita”, actif au début des années 1990, que par des organisations à l’opposé du spectre politique, notamment le parti national-bolchevique, qui a pu compté jusqu'à des dizaines de milliers de membres, ou des organisations de jeunesse pro-gouvernementales. Outre cela, on peut aujourd’hui parler d’une nouvelle vague actionniste, qui continue de se développer malgré le tournant conservateur du gouvernement: Catherine Nenacheva, Piotr Pavlenski, Daria Serenko, le Mouvement Nuit et le théâtre radical Influences non apparentes.

Il faudrait faire la distinction entre l'activisme (ou l’artivisme) et l’actionnisme, ce dernier intervenant directement dans l’espace public et inventant à chaque fois une forme unique d’expression corporelle. L'actionnisme joint ce caractère libre de l'action avec son exposition à l'attention publique. Cette jonction "fait exploser l'ordre des choses" dans des espaces de concentration du pouvoir étatique. Par exemple, ces actions ont lieu dans des espaces spécifiques: là, où se produisent les cérémonies publiques du pouvoir suprême (la Place Rouge est un lieu de prédilection des actionnistes, ensuite la Cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou qui est la place pour la tenue des cérémonies religieuses les plus officielles), là, où la domination s'incarne (commissariats de police, tribunaux) ou, là où l'ordre dominant se présente et se réalise (par exemple, megamarket). Ce choix n'est pas dû au hasard puisque tout d'abord les actionnistes lancent dans leurs actions publiques un défi à la manifestation de la domination.
Pour essayer de dévoiler le sens de ces pratiques, qui exigent pour être pleinement décrites de faire une synthèse des recherches de terrain et une analyse politique et artistique, je propose les pistes suivantes :

Piste 1 : Généalogie de l’Actionnisme Moscovite. Pour dévoiler la spécificité de l’AM, il faut montrer non seulement sa partie visible, mais également ce qui est “non visible” (Rancière), ce qui se passe en coulisse. Les premières actions ont lieu dans le cadre de l’effondrement de l’URSS, ce qui détermine l’appartenance de l’actionnisme au politique et non à la police - prolongeant ainsi, peut-on dire, le partage proposé par l’Internationale situationniste et développé par Jacques Rancière. L’actionnisme est de l’ordre du révolutionnaire, par opposition à une situation de consensus, et, au niveau artistique, de l’ordre de l’art politique, et non de l’art inscrit dans le cadre fonctionnel de l’industrie artistique. Les années 1990 furent marquées par la lutte pour le monopole de la violence, l’économie de l’ombre, mais aussi par une dynamique de communauté clandestine , dans le sens de mot “communauté” employé par Jean-Luc Nancy, d’auto-organisation et de mouvement squat. Celles-ci sont caractérisées par un haut degré d’indépendance des pratiques politiques et artistiques vis-à-vis des institutions officielles et commerciales. Indépendance que la culture post-soviétique a héritée de l’underground soviétique et qui a pris beaucoup d’envergure dans une absence quasi-totale d’institutions culturelles nouvelles et malgré l’intransigeance de l’Etat (le premier musée d’art contemporain n’apparaît en Russie qu’en 1999). Mon but est de montrer ces processus non pas comme manquant de ressources matérielles et de garanties sociales, mais au contraire, de montrer, dans toute sa particularité, la profusion de sens, d’inventivité, de courage, de réalisations et de co-réalisations, de dévouement pour l’affirmation d’un Commun, ainsi que de sortir de l’impasse de la critique institutionnelle en dessinant des chemins non-institutionnelles. Cela permet de proposer une nouvelle position dans la polémique emblématique de Grant Kester et Claire Bishop au sujet de la politique et de l’art : la dissolution de l’art dans le service rendu à la société (Kester) ou une liberté contradictoire dans les limites des institutions artistiques (Bishop).

Piste 2 : Problématique philosophique. Les perspectives philosophiques de ces recherches remontent au programme du romantisme allemand qui met l'art à l'horizon de la libération politique. Comme le montre Jacques Rancière dans son ouvrage Le Partage du sensible , le programme romantique articule l'espace du sensible, qui détermine des pratiques et des débats esthétiques et politiques jusqu'à ce jour. Jacques Rancière estime au sujet de l’expérience de la Russie stalinienne que l’alliance entre l’action artistique et la démarche politique porte en elle le danger du “totalitarisme”. Pourtant, je tâcherai de montrer qu’en s’efforçant de s’affranchir de l’héritage du stalinisme, les actionnistes parviennent à éviter les versions wagnériennes et lounatcharskienne du lien romantique entre art et politique et ne le réalisent pas par l’intermédiaire de l’État.

Piste 3 : Dynamique de l’actionnisme. Je compte consacrer la partie finale de mon intervention à la façon dont se développent ces thèmes de la visibilité et de la clandestinité, de l’indépendance et de l’intégration, de l’inventivité créatrice et de la courageuse persévérance, du collectif et du singulier, dans les trois vagues de l’Actionnisme Moscovite.

L’analyse de l’actionnisme, qui se situe toujours à l’avant de la lutte pour l'indépendance du visible (Rancière) par le moyen des médias tactiques stratégiques et forçant des hauts représentants du pouvoir officiel à commenter ses actions, permet d’évaluer les perspectives d’une politique radicale en Russie. »

Conférence proposée par Pavel Mitenko, artiste, critique d'art et actionniste. Dans le cadre de l'Hiver Franco-Russe d'Echelle Inconnue "Précipitons le temps où nous deviendrons tous des oiseaux".

Lieu : La conjuration des fourneaux, 149 rue Saint-Hilaire, Rouen
Date : jeudi 30 mars 2017 à 19h

Conférence le 23/02/2017 : "L'habitat urbain dans l'Union soviétique, à travers le cinéma soviétique" / Doctorat Sauvage En Architecture

Le régime totalitaire se caractérise non seulement par l’existence d’un seul parti politique, mais aussi par la création de la deuxième réalité. La réalité factice, construite par des moyens de propagande est dominante dans la sphère culturelle. Tout ce qui est dit, tout objet d’art, doit se coordonner avec la ligne idéologique du Parti. L’art est considéré par des idéologues soviétiques comme un des moyens de production de l’Homme Nouveau. L’artiste est nommé comme « ingénieur de l’âme humaine ». Et comme le rôle de l’art est si important, selon la logique de l’État totalitaire il est absolument impossible de le laisser sans direction générale.

Deux arts les plus dépendants du pouvoir sont le cinéma et l’architecture. Comme tous les matériaux de production et de travail sont nationalisés, l’autonomie de ces secteurs d’arts disparaît très vite. Ainsi, vers 1930 toutes les salles de cinéma privées et les studios de production de cinéma disparaissent. De la même façon, vers 1937, l'architecture de papier d’avant-garde est sévèrement critiquée, des architectes sont jugés, certains d’eux sont fusillés.

Mais est-ce que tous les créateurs suivent les demandes de fonctionnaires sans réflexions, sans tentatives d’éviter la censure ? Est-ce que le travail des professionnels (des architectes ou des cinéastes) ne reflète que la propagande ou bien arrivent-ils à montrer la réalité objective dans leurs œuvres ?

En effet, l’observation des films de fiction permet de restituer le lieu d’habitat comme un espace projeté, comparer la situation subie avec le concept idéologique. C’est dans des films de fiction qu’on peut regarder les métamorphoses qui se passent avec les notions « d’intimité », « de comportement acceptable » (etc.) selon le changement de ligne idéologique du Parti. En outre, les films de fiction permettent de relever des pratiques de différentes époques (comme, par exemple, le système de compensation spatiale).

C’est-à-dire, que le cinéma devient un moyen d’observation de l’architecture, un reflet des processus qui se passaient dans le lieu d’habitat. Mais en même temps, c’est un moyen qui relève la position officielle sur ces processus.

Conférence proposée par Liudmila Piskareva, doctorante en architecture à Paris et assistante et traductrice pour le projet Makhnovtchina d'Echelle Inconnue à l'est de l'Europe. Dans le cadre de l'Hiver Franco-Russe d'Echelle Inconnue "Précipitons le temps où nous deviendrons tous des oiseaux".

Lieu : La conjuration des fourneaux, 149 rue Saint-Hilaire, Rouen
Date : jeudi 23 février 2017 à 19h

Conférence le 26/01/2017 : "L’évacuation des grands studios de cinéma soviétiques en Asie centrale pendant la Seconde Guerre mondiale" / Doctorat Sauvage En Achitecture


Pesni Abaja ''les Chants d’Abaï'' (Grigori Rochal, 1945)

En raison de l’avancée allemande fulgurante, la majorité des studios de cinéma soviétiques furent évacués à partir de septembre 1941 et ne revinrent qu’à partir de 1944. A posteriori cette expérience fut considérée par la plupart des protagonistes comme une parenthèse très favorable, dont l’héritage - en termes de films - reste glorieux (que l’on songe ne serait-ce qu’à Ivan le Terrible, filmé pour l’essentiel au Kazakhstan). La nouvelle documentation réunie dans le cadre du projet collectif CINESOV permet d’analyser en détail les effets et les conséquences de ce déplacement en temps de guerre. On examinera successivement les aspects institutionnels et particulièrement les prérogatives respectives attribuées aux studios, aux autorités locales et centrales et la façon dont s’établirent les rapports entre centre et périphérie ; les aspects industriels, en éclairant les effets de ce redéploiement sur les procédures de production, les normes et les techniques, puis en présentant le sort des studios locaux à la fin de la guerre ; enfin on examinera comment ce double défi de produire des films en temps de guerre et de former de nouveaux professionnels localement fut relevé par les cinéastes en évacuation. Le cas présenté sera celui d’Alma-Ata où furent évacués Mosfilm et Lenfilm.

Conférence proposée par Valérie Pozner, directrice de recherche au CNRS, en Histoire du cinéma russe et soviétique.

Lieu : La conjuration des fourneaux, 149 rue Saint-Hilaire, Rouen
Date : jeudi 26 janvier 2017 à 19h

L'Hiver Franco-Russe d'Echelle Inconnue de janvier à mars 2017 : précipitons le temps où nous deviendrons tous des oiseaux



Un mur fantasmé semble encore séparer l’est et l’ouest de l’Europe. Berlin hier, Dniepr ou Don aujourd’hui.

Mais il existe peut-être un sort commun, nous le suivons à Moscou depuis trois ans sur les traces et à la rencontre des habitants de cette autre ville légère et mobile, qui, comme en France, fuit les pelles mécaniques. Urbanité de garages, de kiosques et de containers, dans laquelle un peuple muet vit et travaille comme il le fait en France dans cette autre ville faite de caravanes, camions et mobile-homes.

Un même peuple, si le sort commun fait davantage que les frontières des états. Un peuple à construire peut-être. Au delà des lignes de brouillard de la communication diplomatique ou médiatique qui ne se nourrit que de la séparation, bien aidée en cela par les faiseurs de villes d’ici et là-bas qui partagent une même obsession pour le devenir métropole du monde et un même goût pour la pelleteuse et le démantèlement : bidonvilles, campements et Jungle de Calais ici, Shanghaï, cité de garage, kiosques et installations foraines là.

Mais heureusement nous avons l’art et les oiseaux pour ne pas mourir de cette vérité. Les oiseaux d’abord, car les corneilles, il y a 70 ans, encore nomades et presque absentes de nos villes, étaient jusqu’alors séparées entre les noires à l’ouest de l’Europe et les mantelées à l’est. Avant, car ces oiseaux désormais urbains nous ont pris de vitesse. Et l’on rencontre désormais, le long de leur frontière invisible qui ignore les états, des hybrides mi-noirs, mi-mantelés en prise eux aussi avec le phénomène métropolitain.

Un même peuple né d’un art : celui de la rencontre.

C’est que pour la deuxième fois, pendant 3 mois, nous vous proposons, au delà des frontières et des états de voir et entendre l’autre ville Russe à travers ses arts : cinématographiques et actionnistes pour précipiter le temps où nous deviendrons tous des oiseaux.

Voir et entendre à travers les films russes de fiction ce que fut l’expérience du logement communautaire au lendemain de la révolution d’octobre. Avec Liudmila Piskareva.

Voir et entendre avec l’artiste Pavel Mitenko ce que fut le mouvement d’art actionniste au lendemain de la chute de l’URSS jusqu’à ses dernières manifestations portées entre autres, dans l’espace public, par les groupes Voïna ou Pussy Riot.

Voir et entendre enfin l’autre Moscou à travers nos derniers films réalisés en Russie.

PROGRAMMATION DU DOCTORAT SAUVAGE EN ARCHITECTURE :

Jeudi 26 janvier à 19h :

– Conférence "L’évacuation des grands studios de cinéma soviétiques en Asie centrale pendant la Seconde Guerre mondiale" proposée par Valérie Pozner, directrice de recherche au CNRS, en Histoire du cinéma russe et soviétique.
En savoir plus ICI.

Jeudi 23 février à 19h :

– Conférence "L'habitat urbain dans l'Union soviétique, à travers le cinéma soviétique" proposée par Liudmila Piskareva, doctorante en architecture à Paris et assistante et traductrice pour le projet Makhnovtchina d'Echelle Inconnue à l'est de l'Europe.
En savoir plus ICI.

Jeudi 30 mars à 19h :

– Conférence "L'actionnisme moscovite, ligne artistique de la politique postsoviétique" proposée par Pavel Mitenko artiste, critique d'art et actionniste.
Lire la suite ICI

INFORMATIONS PRATIQUES :

Lieu : La Conjuration des Fourneaux, 149 rue Saint-Hilaire, 76 000 Rouen
Contacts : mel@echelleinconnue.net / 02 35 72 40 05

Conférence / le 08/12/2016 / "Le cinéma forain, le tabou du cinéma américain" / Doctorat Sauvage En Achitecture

Tandis que le cinéma forain tient une place prépondérante dans les premières années du développement de l'industrie cinématographique américaine, sa figure est d'une extrême rareté sur les écrans américains. Associé à des pulsions macabres, à la culpabilité et au mystère des origines, le cinéma forain serait-il le seul vrai tabou du cinéma américain ?

Lire la suite

Conférence / le 24/11/2016 / "Les films de la Confédération Nationale du Travail durant la guerre civile en Espagne : à la recherche d'une fiction anarchiste" / Doctorat Sauvage En Achitecture



Juillet 1936 à Barcelone, alors que les combats font rage entre les forces franquistes qui ont impulsé une tentative de coup d’État et les différentes composantes de la résistance « républicaine », des militants de la CNT, syndicat anarcho-syndicaliste, s’emparent de caméras et immortalisent sur pellicule des images qui resteront comme le symbole de ce début de guerre civile : des ouvriers saisissent des armes, des barricades se dressent, des églises brûlent… La CNT, majoritaire dans les processus de collectivisation barcelonais qui durent tout le long des trois années de guerre civile, couvre le conflit grâce au matériel disponible mais relance aussi l’exploitation des salles et la production de fictions. Au-delà de l’intérêt économique et social de relancer l’industrie cinématographique, un leitmotiv revient dans les débats qui entourent cette activité : quel film peut traduire au mieux l’esprit de juillet 1936 ? À quoi doit ressembler le cinéma dans une société post-révolutionnaire ?



Si les images des documentaires sont restées dans les mémoires, tout comme les affiches produites durant cette période, les fictions de la CNT ont connu une postérité plus complexe. Cinq films restent maintenant pour témoigner de cet effort, complétés par de nombreuses informations sur des productions qui n’ont pas pu être finies ou qui ont été détruites. Nous étudierons ces étonnantes séquences, du drame social à la comédie musicale enfantine, qui nous montrent les expérimentations de réalisateurs traversés aussi bien par les débats internes qui font rage au sein de la CNT et du camp républicain que par l’histoire du cinéma espagnol et par les essais de cinémas progressistes internationaux. Produites en plein conflit mais dans une société post-révolutionnaire, ces réalisations sonnent comme autant de pistes vers la possibilité d’un, ou de plusieurs, cinémas anarchistes.

Présenté par Yannick Gallepie, membre d’ARI – Association de Recherches Inter-disciplinaires

INFORMATIONS PRATIQUES :

Lieu : La Conjuration des Fourneaux, 149 rue Saint-Hilaire, Rouen
Date : jeudi 24 novembre 2016 à 19h

Stage découverte du logiciel libre Blender pour le montage vidéo / 21-11-2016 / Doctorat Sauvage Numérique

Dans le cadre du Doctorat Sauvage Numérique, Echelle Inconnue organise une initiation au logiciel libre "Blender" pour le montage vidéo. Celle-ci sera assurée par Yannick Gallepie, membre de Synaps Collectif Audiovisuel.

Lire la suite

Conférence / le 27/10/2016 / "De 1895 à 1912 : le cinéma forain entre innovation et répression " / Doctorat Sauvage En Achitecture

"Les forains participèrent à la diffusion du premier cinéma et à son évolution technique et esthétique. Leur marginalisation à partir de 1912 ne découle pas seulement de l’action des grands producteurs industriels, elle fut aussi une conséquence de la loi de 1912 régissant leur statut et accroissant leur précarité. Le déclin du cinéma forain fut moins lié à des raisons esthétiques qu’à l’instauration d’une gouvernance du cinéma qui excluait ses acteurs nomades."
Résumé provenant du site Revue.org



Conférence proposée par Arnaud Le Marchand, maître de conférence en économie à l'Université du Havre.

INFORMATIONS PRATIQUES :

Lieu : La Conjuration de Fourneaux, 149 rue Saint-Hilaire, Rouen
Date : jeudi 27 octobre 2016 à 19h

ECHELLE INCONNUE À LA FNASAT / 19/10/2016 à 19h / Présentation du livre « Villes Nomades » de Stany Cambot Puis Projection de films en camion-cinéma !

LA FNASAT ACCUEILLE ECHELLE INCONNUE !

Lire la suite

PAU - PARTICIPATION AU FESTIVAL ACCÈS « FRONTIÈRES ET PROJECTIONS » / 12-16/10/2016

Participation de Stany Cambot au colloque "cArtographies : représentations poétiques et critiques pour penser les frontières et le monde contemporain" les 13 et 14 octobre 2016

Lire la suite

Conférence / le 29/09/2016 / "Instauration du cinéma à Rouen : une chronologie & un itinéraire composites" / Doctorat Sauvage En Achitecture

"Le cinéma n’est qu’une branche de la photographie ; cette dernière, dès les origines, a connu un réel essor à Rouen, ville industrielle et commerciale. Nouveau media, elle s’est tôt confrontée à la problématique des images animées, thème qu’elle illustrera et finira par supplanter.

Mon exposé (sous forme de discussion) montrera la diversité des approches que furent le chronophotographe, le théâtre optique, le kinétoscope… et enfin le cinématographe. Ce parcours abordera divers moments rouennais au travers des expérimentations faites lors de l’Exposition nationale et coloniale, des séances du Photo-Club Rouennais, celles de la Société industrielle, de la Foire Saint-Romain, et des diverses séances tout au long de la décennie 1900-1910. Cette période coïncidera avec l’ouverture des premières salles fixes."


Olivier Poupion, né en 1951, rédacteur de presse, documentariste, historien, chercheur. Collaborateur régulier (écrit et technique) dans diverses revues historiques ou scientifiques (Histoire du cinéma, histoire du monde forain, théâtre français, peinture française du XIXe & XXe siècle, monographies diverses, généalogie…).
Auteur de :

- Jean Painlevé, vie & oeuvre. Publication de l’Institut de cinéma scientifique, 1983.
- Histoire du cinéma à Rouen (les origines, 1892-1919). Publication soutenue par le Centre national des lettres & la Direction des Affaires culturelles de Haute-Normandie, 2002.
- Joseph Sivel ou la figure coupée à moitié. Publication du Musée Flaubert et d’Histoire de la Médecins, 2008.
Animateur du site Internet consacré à la mémoire cinématographique locale : http://rouentographe.pagesperso-orange.fr/

INFORMATIONS PRATIQUES :

Date : 29 septembre 2016 à 19h
Lieu : La Conjuration des Fourneaux, 149 rue Saint-Hilaire, 76 000 Rouen

Les images de "Désinventer la Seine", rencontres de l'habitat léger et mobile à Rouen les 3-4 sept 2016





















Lire plusieurs articles de presse sur ces rencontres : ICI, ICI, ICI, ICI

Reconquête ! Les mots sont lancés à travers une Europe désindustrialisée, de la Seine à la Moskva.

Depuis 2013 à Rouen, mairie et métropole ont lancé les chantiers de reconquête de la rive gauche des bords de Seine. Ceux-ci constituaient pourtant en plein centre ville une rareté : une place pour la ville mobile et foraine, accueillant retraités en camping car, travellers, voyageurs, habitats et commerces forains, cirques et circassiens etc. Mais le rouge est mit. Pelleteuses et Barrières signent à grand frais la fin de cette exception urbaine. Après un début d’aménagement sans bruit, communication et marketing ont pris le relais et, sur les affiches, camions, tentes, stands et camping-cars sont remplacés par les vélos, pelouses et hypothétiques cerfs-volants de la métropole techno-verte et conviviale.

Il s’agit à présent de mettre des mots et des images sur cet art de faire la ville, contre le voyageur : « Le fleuve devient un lieu de vie, d’activité économique et d’habitat », disent-ils. Comment ? « (…) par l’anéantissement d’un lieu de vie, d’habitats et d'activités économiques qui y étaient présent », voudrions nous rajouter.

À notre tour de poser des mots, de dire ce qu’il en est et de raconter ceux qui vivent, mobiles dans les vides des cartes. Les 3 et 4 septembre 2016, nous, Echelle Inconnue et l’association HALEM, avons organisé les rencontres itinérantes de l’habitat léger, éphémère et mobile sur la toute proche île Lacroix, afin, à notre tour, de « désinventer la Seine » avec ceux que la politique de reconquête refuse visiblement d'appeler "les conquis". En somme prendre part à cette guerre silencieuse, qui pourtant a lieu, déclenchée par ceux qui préfèrent inventer une réalité à leur convenance plutôt que prendre en compte le réel parfois complexe et clandestin d'un peuple sur roues, grandissant mais pourtant éternellement chassé.

Les 3 et 4 septembre à Rouen : rencontres "Désinventer la Seine, à la lumière de ses réalités nomades !"

Dans le cadre de la caravane d'HALEM : Rencontres nationales et itinérantes de l'habitat léger, éphémère et mobile

Lire la suite


propulsé par DotClear