Actualité Échelle Inconnue

L'hiver franco-russe d'Echelle Inconnue : programme du Doctorat Sauvage En Architecture

Les corneilles, il y a 70 ans, encore nomades et presque absentes de nos villes, étaient jusqu’alors séparées entre les noires à l’ouest de l’Europe et les mantelées à l’est. Avant, car ces oiseaux désormais urbains nous ont pris de vitesse. Et l’on rencontre désormais, le long de leur frontière invisible qui ignore les états, des hybrides mi-noirs, mi-mantelés en prise eux aussi avec le phénomène métropolitain : un même peuple né d’un art : celui de la rencontre.

Pour la deuxième fois, pendant 3 mois, nous vous proposons, au delà des frontières et des états de voir et entendre l’autre ville Russe à travers ses arts : cinématographiques et actionnistes pour précipiter le temps où nous deviendrons tous des oiseaux.

Voir et entendre avec Valérie Pozner, la migration de la production cinématographique soviétique vers l'Asie Centrale pendant la Seconde Guerre mondiale.

Voir et entendre à travers les films russes de fiction ce que fut l’expérience du logement communautaire au lendemain de la révolution d’octobre. Avec Liudmila Piskareva.

Voir et entendre avec l’artiste Pavel Mitenko ce que fut le mouvement d’art actionniste au lendemain de la chute de l’URSS jusqu’à ses dernières manifestations portées entre autres, dans l’espace public, par les groupes Voïna ou Pussy Riot.

Voir et entendre enfin l’autre Moscou à travers nos derniers films réalisés en Russie.

En savoir plus sur cet hiver franco-russe d'Echelle Inconnue ICI.


PROGRAMMATION DU DOCTORAT SAUVAGE EN ARCHITECTURE :

Jeudi 26 janvier à 19h :

– Conférence "L’évacuation des grands studios de cinéma soviétiques en Asie centrale pendant la Seconde Guerre mondiale" proposée par Valérie Pozner, directrice de recherche au CNRS, en Histoire du cinéma russe et soviétique.
En savoir plus ICI.

Jeudi 23 février à 19h :

– Conférence "L'habitat urbain dans l'Union soviétique, à travers le cinéma soviétique" proposée par Liudmila Piskareva, doctorante en architecture à Paris et assistante et traductrice pour le projet Makhnovtchina d'Echelle Inconnue à l'est de l'Europe.
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Jeudi 30 mars à 19h :

– Conférence "L'actionnisme moscovite, ligne artistique de la politique postsoviétique" proposée par Pavel Mitenko artiste, critique d'art et actionniste.
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INFORMATIONS PRATIQUES :

Lieu : La Conjuration des Fourneaux, 149 rue Saint-Hilaire, 76 000 Rouen
Contacts : mel@echelleinconnue.net / 02 35 72 40 05

Conférence le 30/03/2017 : "L'actionnisme moscovite, ligne artistique de la politique postsoviétique" / Doctorat Sauvage En Architecture

Pavel Mitenko : « Mon intervention sera consacrée à l’Actionnisme Moscovite, mais ce n’est absolument pas l’objet de mes recherches. Ce qui est le plus important pour moi, c’est le point de vue, ou plutôt la ligne du mouvement, dans lequel je m’inscris pour observer le monde. C’est pourquoi, ce dont je vais parler le 23 février, même dans sa partie descriptive, est le point de départ, le contexte des réflexions sur ce qu’on pourrait appeler, d’après Condition de l’homme moderne (1958) de Hannah Arendt, “l’action humaine”, en tant que forme historique d’agir, qui souhaite créer un monde commun sans passer par des intermédiaires.

L’actionnisme moscovite (AM) est apparu dans les années 1990 à Moscou. On peut indiquer les actions les plus importantes de ce mouvement, comme le groupe E.T.I. – TEXT de E.T.I. (Expropriation du Territoire de l'Art) (1991), le groupe Barricade de VPKK (Commission de Contrôle Non Gouvernemental) (1998), Te Deum-punk de Pussy Riot (2012). Pendant tout le parcours du mouvement actionniste, on peut dénombrer les effectifs suivants: 7 actionnistes agissant indépendamment sur leur seule initiative personnelle, 13 groupes composés de 3 à 10 personnes dans lesquels pouvaient participer les premiers activistes déjà mentionnés. Les formes d’actions de l’actionnisme ont été reprises par des organisations numériquement plus importantes, aussi bien par le syndicat étudiant “Studzashchita”, actif au début des années 1990, que par des organisations à l’opposé du spectre politique, notamment le parti national-bolchevique, qui a pu compté jusqu'à des dizaines de milliers de membres, ou des organisations de jeunesse pro-gouvernementales. Outre cela, on peut aujourd’hui parler d’une nouvelle vague actionniste, qui continue de se développer malgré le tournant conservateur du gouvernement: Catherine Nenacheva, Piotr Pavlenski, Daria Serenko, le Mouvement Nuit et le théâtre radical Influences non apparentes.

Il faudrait faire la distinction entre l'activisme (ou l’artivisme) et l’actionnisme, ce dernier intervenant directement dans l’espace public et inventant à chaque fois une forme unique d’expression corporelle. L'actionnisme joint ce caractère libre de l'action avec son exposition à l'attention publique. Cette jonction "fait exploser l'ordre des choses" dans des espaces de concentration du pouvoir étatique. Par exemple, ces actions ont lieu dans des espaces spécifiques: là, où se produisent les cérémonies publiques du pouvoir suprême (la Place Rouge est un lieu de prédilection des actionnistes, ensuite la Cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou qui est la place pour la tenue des cérémonies religieuses les plus officielles), là, où la domination s'incarne (commissariats de police, tribunaux) ou, là où l'ordre dominant se présente et se réalise (par exemple, megamarket). Ce choix n'est pas dû au hasard puisque tout d'abord les actionnistes lancent dans leurs actions publiques un défi à la manifestation de la domination.
Pour essayer de dévoiler le sens de ces pratiques, qui exigent pour être pleinement décrites de faire une synthèse des recherches de terrain et une analyse politique et artistique, je propose les pistes suivantes :

Piste 1 : Généalogie de l’Actionnisme Moscovite. Pour dévoiler la spécificité de l’AM, il faut montrer non seulement sa partie visible, mais également ce qui est “non visible” (Rancière), ce qui se passe en coulisse. Les premières actions ont lieu dans le cadre de l’effondrement de l’URSS, ce qui détermine l’appartenance de l’actionnisme au politique et non à la police - prolongeant ainsi, peut-on dire, le partage proposé par l’Internationale situationniste et développé par Jacques Rancière. L’actionnisme est de l’ordre du révolutionnaire, par opposition à une situation de consensus, et, au niveau artistique, de l’ordre de l’art politique, et non de l’art inscrit dans le cadre fonctionnel de l’industrie artistique. Les années 1990 furent marquées par la lutte pour le monopole de la violence, l’économie de l’ombre, mais aussi par une dynamique de communauté clandestine , dans le sens de mot “communauté” employé par Jean-Luc Nancy, d’auto-organisation et de mouvement squat. Celles-ci sont caractérisées par un haut degré d’indépendance des pratiques politiques et artistiques vis-à-vis des institutions officielles et commerciales. Indépendance que la culture post-soviétique a héritée de l’underground soviétique et qui a pris beaucoup d’envergure dans une absence quasi-totale d’institutions culturelles nouvelles et malgré l’intransigeance de l’Etat (le premier musée d’art contemporain n’apparaît en Russie qu’en 1999). Mon but est de montrer ces processus non pas comme manquant de ressources matérielles et de garanties sociales, mais au contraire, de montrer, dans toute sa particularité, la profusion de sens, d’inventivité, de courage, de réalisations et de co-réalisations, de dévouement pour l’affirmation d’un Commun, ainsi que de sortir de l’impasse de la critique institutionnelle en dessinant des chemins non-institutionnelles. Cela permet de proposer une nouvelle position dans la polémique emblématique de Grant Kester et Claire Bishop au sujet de la politique et de l’art : la dissolution de l’art dans le service rendu à la société (Kester) ou une liberté contradictoire dans les limites des institutions artistiques (Bishop).

Piste 2 : Problématique philosophique. Les perspectives philosophiques de ces recherches remontent au programme du romantisme allemand qui met l'art à l'horizon de la libération politique. Comme le montre Jacques Rancière dans son ouvrage Le Partage du sensible , le programme romantique articule l'espace du sensible, qui détermine des pratiques et des débats esthétiques et politiques jusqu'à ce jour. Jacques Rancière estime au sujet de l’expérience de la Russie stalinienne que l’alliance entre l’action artistique et la démarche politique porte en elle le danger du “totalitarisme”. Pourtant, je tâcherai de montrer qu’en s’efforçant de s’affranchir de l’héritage du stalinisme, les actionnistes parviennent à éviter les versions wagnériennes et lounatcharskienne du lien romantique entre art et politique et ne le réalisent pas par l’intermédiaire de l’État.

Piste 3 : Dynamique de l’actionnisme. Je compte consacrer la partie finale de mon intervention à la façon dont se développent ces thèmes de la visibilité et de la clandestinité, de l’indépendance et de l’intégration, de l’inventivité créatrice et de la courageuse persévérance, du collectif et du singulier, dans les trois vagues de l’Actionnisme Moscovite.

L’analyse de l’actionnisme, qui se situe toujours à l’avant de la lutte pour l'indépendance du visible (Rancière) par le moyen des médias tactiques stratégiques et forçant des hauts représentants du pouvoir officiel à commenter ses actions, permet d’évaluer les perspectives d’une politique radicale en Russie. »

Conférence proposée par Pavel Mitenko, artiste, critique d'art et actionniste. Dans le cadre de l'Hiver Franco-Russe d'Echelle Inconnue "Précipitons le temps où nous deviendrons tous des oiseaux".

Lieu : La conjuration des fourneaux, 149 rue Saint-Hilaire, Rouen
Date : jeudi 30 mars 2017 à 19h

30/03/2017: Лекция «Московский акционизм. Художественная ипостась постсоветской политики» / Независимый докторат по архитектуре

Павел Митенко: «Моя лекция посвящена московскому акционизму, хотя он и не является объектом моих исследований. Что для меня является наиболее важным, так это точка зрения или, вернее, разновидность движения, частью которого я стал, чтобы изучать окружающий мир. Именно поэтому 23 февраля я буду рассказывать скорее об отправной точке, о контексте размышлений о том, что, согласно труду Ханны Арендт «Ситуация человека» (1958) может быть названо «человеческим деянием», как исторической формой действия, целью которой является создание общего мира минуя посредников.

Московский акционизм (МА) появился в Москве в 90-е годы. Мы можем обозначить наиболее важные примеры этого движения: группа Э.Т.И. – ТЕКСТ Э.Т.И. («Экспроприация Территории Искусства») (1991), группа Баррикада ВПКК («Внеправительственная контрольная комиссия») (1998), панк-молебен Pussy Riot (2012). Рассматривая весь период существования акционистского движения, можно перечислить следующих участников: 7 акционистов, действующих независимо друг от друга по своей собственной личной инициативе, 13 групп, в состав которых входили 3-х до 10 человек и в которых могли участвовать вышеупомянутые независимые акционисты. Модель акций были впоследствии переняты более крупными организациями, например, активно развивающимся в 90-е года студенческим союзом «Студзащита», так и организациями, противоположными по политическому мировоззрению, а именно национал-большевистской партией, насчитывающей десятки тысяч членов, или же проправительственными молодежными организациями. Кроме того, мы можем констатировать сегодня новую волну акционизма, которая продолжает развиваться несмотря на реакционные действия правительства: Екатерина Ненашева, Петр Павленский, Дарья Серенко, Движение Ночь и радикальный театр Неясные влияния.

Необходимо различать активизм (артивизм) и акционизм, так как последний включается непосредственно в публичное пространство, каждый раз прибегая к уникальному языку тела. Акционизм объединяет свободный характер действия и его представление на публику. Объединение этих черт «взрывает привычной порядок вещей» в местах, где больше всего прослеживается государственная власть. Например, акции проходят в достаточно специфических местах: на месте проведения публичных представлений верховной власти (Красная площадь является излюбленным местом акционистов, так же как и Храм Христа Спасителя в Москве – место проведения наиболее официальных религиозных событий), в местах скопления сил правопорядка (отделения полиции, суд), а так же в местах, где властвует строго установленный порядок (например, мегамаркет). Выбор данных мест неслучаен, так как прежде всего акционисты в своих публичных акциях бросают вызов всякому проявлению власти. В попытке раскрыть смысл данных практик, для полноценного анализа которых необходимо провести полноценное полевое исследование, а так же политический и художественный анализ, я предлагаю обсудить следующие вопросы:

Вопрос 1: Генеалогия московского акционизма. Чтобы раскрыть специфику МА, необходимо рассмотреть не только видимую его часть, но так же и то, что «невидимо» (Рансьер), то, что происходит за кулисами. Первые акции случились в процессе развала СССР, что предопределило склонность к политике, а не к полиции – в продолжении вышесказанному можно упомянуть деление, предложенное Международным ситуанизмом и развитое Жаком Рансьером. Суть акционизма заключается в революционной позиции, противопоставляющей себя общественному мнению. В художественном плане акционизм представляет собой политически направленный вид искусства, а никак не искусство, включенное в промышленное производство. Девяностые годы были отмечены борьбой за монополию на насилие, теневой экономикой, но одновременно с этим – развитием подпольного сообщества, при этом слово «сообщество» используется в смысле, данном ему Жан-Люком Нанси, и характеризуется самоорганизацией и сквоттингом. Данные сообщества отличаются высокой степенью политической и художественной независимости по отношению к официальным и коммерческим организациям. Автономность, которую унаследовала постсоветская культура от советского андеграунда и которая приобрела широкий размах в почти полном отсутствии новых культурных организаций и невзирая на несговорчивость государства (первый музей современного искусства появляется в России лишь в 1999 году). Моя цель – показать данные процессы не столько как нехватку материальных ресурсов и социальных гарантий, но, напротив, показать во всей полноте обилие смысла, изобретательность, мужество, творчество и совместное творчество, самоотверженность в утверждении Общего, равно как в выходе из тупика институционной критики, разрабатывая неинституционные пути. Это позволяет выбрать новую позицию в символическом споре Гранта Кестера и Клэр Бишоп на тему политики и искусства: растворение искусства в служении обществу (Кестер) и противоречивая свобода в рамках художественных организаций (Бишоп).

Вопрос 2: Философская проблематика. Философские перспективы данного исследования восходят к программе немецкого романтизма, ставящего искусство во главу угла в вопросах политической свободы. Как указывает Жак Рансьер в своем труде «Разделяя чувственное», романтическая программа руководит пространством чувственности, которое определяет практики, а так же эстетические и политические дебаты вплоть до сегодняшнего дня. Жак Рансьер, проговаривая опыт сталинской России, полагает, что объединение художественного и политического действия несет в себе опасность «тоталитаризма». Однако, я постараюсь показать, что в попытке преодолеть наследие сталинизма, акционистам удается избежать вагнеровского или луначарского романтизированного объединения искусства и политики и не прибегнуть к помощи государства как посредника.

Вопрос 3: Динамика акционизма. Я рассчитываю посвятить заключительную часть своей речи тому, как развивались три волны московского акционизма в открытых и подпольных условиях, в условиях независимости и включенности в систему, в ситуации творческой изобретательности и упорного мужества, в коллективе и в одиночку.

Анализ акционизма, который всё ещё возглавляет борьбу за независимость видимого (Рансьер) при помощи тактический и стратегических средств массовой информации и вынуждает высокопоставленных представителей официальной власти пересмотреть свои действия, а так же позволяет оценить перспективы радикальной политики в России.»


Лекция Павла Митенко, художника, художественного критика и акциониста. В рамках франко-русской зимы Echelle Inconnue Приблизим момент, когда мы станем птицами.

Адрес: La Conjuration des Fourneaux, 149 rue Saint-Hilaire, Руан.

Дата: Четверг, 30 марта 2017, 19.00

Conférence le 23/02/2017 : "L'habitat urbain dans l'Union soviétique, à travers le cinéma soviétique" / Doctorat Sauvage En Architecture

Le régime totalitaire se caractérise non seulement par l’existence d’un seul parti politique, mais aussi par la création de la deuxième réalité. La réalité factice, construite par des moyens de propagande est dominante dans la sphère culturelle. Tout ce qui est dit, tout objet d’art, doit se coordonner avec la ligne idéologique du Parti. L’art est considéré par des idéologues soviétiques comme un des moyens de production de l’Homme Nouveau. L’artiste est nommé comme « ingénieur de l’âme humaine ». Et comme le rôle de l’art est si important, selon la logique de l’État totalitaire il est absolument impossible de le laisser sans direction générale.

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23/02/2017: Лекция «Городское жилье в Советском Союзе сквозь призму кинематографа» / Независимый докторат по архитектуре

Тоталитарный режим характеризуется не только существованием одной политической партии, но также и созданием второй реальности. Ложная реальность, созданная средствами пропаганды, доминирует в сфере культуры. Каждый объект искусства должен согласовываться с генеральной линией партии. Искусство рассматривается советскими идеологами как одно из средств создания Нового человека. Художника назван «инженером человеческих душ». Роль искусства настолько важна, что, согласно логике тоталитарного государства, художник не остается без чуткого руководства власти.

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Conférence le 26/01/2017 : "L’évacuation des grands studios de cinéma soviétiques en Asie centrale pendant la Seconde Guerre mondiale" / Doctorat Sauvage En Achitecture


Pesni Abaja ''les Chants d’Abaï'' (Grigori Rochal, 1945)

En raison de l’avancée allemande fulgurante, la majorité des studios de cinéma soviétiques furent évacués à partir de septembre 1941 et ne revinrent qu’à partir de 1944. A posteriori cette expérience fut considérée par la plupart des protagonistes comme une parenthèse très favorable, dont l’héritage - en termes de films - reste glorieux (que l’on songe ne serait-ce qu’à Ivan le Terrible, filmé pour l’essentiel au Kazakhstan). La nouvelle documentation réunie dans le cadre du projet collectif CINESOV permet d’analyser en détail les effets et les conséquences de ce déplacement en temps de guerre. On examinera successivement les aspects institutionnels et particulièrement les prérogatives respectives attribuées aux studios, aux autorités locales et centrales et la façon dont s’établirent les rapports entre centre et périphérie ; les aspects industriels, en éclairant les effets de ce redéploiement sur les procédures de production, les normes et les techniques, puis en présentant le sort des studios locaux à la fin de la guerre ; enfin on examinera comment ce double défi de produire des films en temps de guerre et de former de nouveaux professionnels localement fut relevé par les cinéastes en évacuation. Le cas présenté sera celui d’Alma-Ata où furent évacués Mosfilm et Lenfilm.

Conférence proposée par Valérie Pozner, directrice de recherche au CNRS, en Histoire du cinéma russe et soviétique.

Lieu : La conjuration des fourneaux, 149 rue Saint-Hilaire, Rouen
Date : jeudi 26 janvier 2017 à 19h

26/01/2017: Лекция «Эвакуация крупнейших советских киностудий в Центральную Азию во время Второй мировой войны» / Независимый докторат по архи


Песни Абая (Григорий Рошаль, 1945)

Из-за стремительного наступления немецких войск большинство советских киностудий было эвакуировано в сентябре 1941 года, и возвратилось лишь в 1944. Впоследствии, служители кинематографа оценили этот опыт как крайне положительный, подаривший миру множество прекрасных кинокартин (чего стоит один «Иван Грозный», снятый в основном в Казахстане). Новый материал, собранный в рамках коллективного проекта CINESOV, позволяет провести детальный анализ последствий передислокации киностудий во время войны. Мы рассмотрим институциональные аспекты, в частности, полномочия, выданные студиям, центральным и местным органам власти, а так же то, как формировалось взаимодействие центра и в отдаленных областях. Мы обсудим вопрос производства, осветим влияние реорганизации киностудий на процессы, правила и технику кинопроизводства, а так же то, что собой представляли киностудии по окончанию войны. И, наконец, мы рассмотрим как режиссерами в эвакуации решались эти две проблемы – производство фильмов военного времени и обучение новых мастеров кинематографа. Мы рассмотрим данные вопросы на примере Алма-Аты, куда были эвакуированы студии Мосфильм и Ленфильм.


Лектор: Валери Познер, руководящая исследованиями в CNRS (История русского и советского кинематографа)

Дата: Четверг, 26 января 2017, 19.00
Адрес: La Conjuration des Fourneaux, 149 rue Saint-Hilaire, Руан.

Франко-русская зима группы Echelle Inconnue с января по март 2017: Приблизим момент, когда мы станем птицами.



Кажется, что воображаемая стена всё ещё делит Европу на западную и восточную часть. Вчера Берлин, сегодня – зона АТО.

Но может быть, город гаражей, торговых павильонов и бытовок, населенный безмолвными, невидимыми рабочими, на самом деле разделяет судьбу французского города трейлеров, грузовиков и переносных домов. Последние три года мы ищем в Москве следы этого живого и подвижного, спасающегося от бульдозеров, города, встречаясь с его обитателями.

По обе стороны границы мы видим людей, объединенных общей судьбой. Быть может, это новый народ, который будет создан вне туманных дипломатических стратегий, вне средств массовой информации, живущих за счет создаваемой ими разобщенности. Вне одержимых идеей превращения города в метрополию градоначальников, разделяющих любовь к бульдозерам и разрушению, примерами чему служат трущобы, лагеря и Джунгли Кале с одной стороны границы и гаражный Шанхай, торговые павильоны и переносные объекты – с другой.

Но, к счастью, искусство и птицы нам даны, чтобы не умереть от этой истины. И прежде всего – птицы, а именно вороны, которые еще 70 лет назад мигрировали и старались избегать городских территорий, птицы, изначально разделенные на черных ворон Западной Европы и серых ворон Восточной, развиваются быстрее нас. И сегодня, вдоль невидимой, игнорирующей все государства границы ареала их обитания, можно встретить гибриды черной и серой вороны.

Народ, который создало искусство – искусство соприкосновения и общности.

Вот почему уже во второй раз мы приглашаем вас пренебречь границами и государствами, услышать и увидеть в кинематографе и акционизме иной, потаенный русский город – чтобы день, когда мы станем птицами, наступил чуть раньше.

Рассмотреть вместе с Людмилой Пискаревой быт коммунальной квартиры, самого распространенного типа послереволюционного жилья, в русских художественных фильмах.

Услышать и увидеть, вместе с артистом Павлом Митенко, историю развития акционизма от момента распада СССР и до недавних акций групп Война и Pussy Riot.

И, наконец, встретиться с потаенной Москвой в фильмах, которые мы сняли в последнее время в России.


Программа Независимого доктората по архитектуре:

Четверг, 26 января 2017, 19.00
- «Эвакуация крупнейших советских киностудий в Центральную Азию во время Второй мировой войны». Лекция Валери Познер, руководителя исследованиями в CNRS: История русского и советского кинематографа.
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Четверг, 23 февраля 2017, 19.00
- «Городское жилье в Советском Союзе сквозь призму кинематографа». Лекция Людмилы Пискаревой, докторанта архитектуры университета Париж Дидро, ассистента и переводчика восточноевропейского проекта Махновщина группы Echelle Inconnue.
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Четверг, 30 марта 2017, 19.00
«Московский акционизм. Художественная ипостась постсоветской политики». Лекция Павла Митенко, художника, художественного критика и акциониста.
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Дополнительная информация:

Место проведения: Conjuration des Fourneaux, по адресу 149 rue Saint-Hilaire, Руан.
Контакты: mel@echelleinconnue.net / +332 35 70 40 05

L'Hiver Franco-Russe d'Echelle Inconnue de janvier à mars 2017 : précipitons le temps où nous deviendrons tous des oiseaux



Un mur fantasmé semble encore séparer l’est et l’ouest de l’Europe. Berlin hier, Dniepr ou Don aujourd’hui.

Mais il existe peut-être un sort commun, nous le suivons à Moscou depuis trois ans sur les traces et à la rencontre des habitants de cette autre ville légère et mobile, qui, comme en France, fuit les pelles mécaniques. Urbanité de garages, de kiosques et de containers, dans laquelle un peuple muet vit et travaille comme il le fait en France dans cette autre ville faite de caravanes, camions et mobile-homes.

Un même peuple, si le sort commun fait davantage que les frontières des états. Un peuple à construire peut-être. Au delà des lignes de brouillard de la communication diplomatique ou médiatique qui ne se nourrit que de la séparation, bien aidée en cela par les faiseurs de villes d’ici et là-bas qui partagent une même obsession pour le devenir métropole du monde et un même goût pour la pelleteuse et le démantèlement : bidonvilles, campements et Jungle de Calais ici, Shanghaï, cité de garage, kiosques et installations foraines là.

Mais heureusement nous avons l’art et les oiseaux pour ne pas mourir de cette vérité. Les oiseaux d’abord, car les corneilles, il y a 70 ans, encore nomades et presque absentes de nos villes, étaient jusqu’alors séparées entre les noires à l’ouest de l’Europe et les mantelées à l’est. Avant, car ces oiseaux désormais urbains nous ont pris de vitesse. Et l’on rencontre désormais, le long de leur frontière invisible qui ignore les états, des hybrides mi-noirs, mi-mantelés en prise eux aussi avec le phénomène métropolitain.

Un même peuple né d’un art : celui de la rencontre.

C’est que pour la deuxième fois, pendant 3 mois, nous vous proposons, au delà des frontières et des états de voir et entendre l’autre ville Russe à travers ses arts : cinématographiques et actionnistes pour précipiter le temps où nous deviendrons tous des oiseaux.

Voir et entendre avec Valérie Pozner, la migration de la production cinématographique soviétique vers l'Asie Centrale pendant la Seconde Guerre mondiale.

Voir et entendre à travers les films russes de fiction ce que fut l’expérience du logement communautaire au lendemain de la révolution d’octobre. Avec Liudmila Piskareva.

Voir et entendre avec l’artiste Pavel Mitenko ce que fut le mouvement d’art actionniste au lendemain de la chute de l’URSS jusqu’à ses dernières manifestations portées entre autres, dans l’espace public, par les groupes Voïna ou Pussy Riot.

Voir et entendre enfin l’autre Moscou à travers nos derniers films réalisés en Russie.

PROGRAMMATION DU DOCTORAT SAUVAGE EN ARCHITECTURE :

Jeudi 26 janvier à 19h :

– Conférence "L’évacuation des grands studios de cinéma soviétiques en Asie centrale pendant la Seconde Guerre mondiale" proposée par Valérie Pozner, directrice de recherche au CNRS, en Histoire du cinéma russe et soviétique.
En savoir plus ICI.

Jeudi 23 février à 19h :

– Conférence "L'habitat urbain dans l'Union soviétique, à travers le cinéma soviétique" proposée par Liudmila Piskareva, doctorante en architecture à Paris et assistante et traductrice pour le projet Makhnovtchina d'Echelle Inconnue à l'est de l'Europe.
En savoir plus ICI.

Jeudi 30 mars à 19h :

– Conférence "L'actionnisme moscovite, ligne artistique de la politique postsoviétique" proposée par Pavel Mitenko artiste, critique d'art et actionniste.
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INFORMATIONS PRATIQUES :

Lieu : La Conjuration des Fourneaux, 149 rue Saint-Hilaire, 76 000 Rouen
Contacts : mel@echelleinconnue.net / 02 35 70 40 05

Conférence / le 08/12/2016 / "Le cinéma forain, le tabou du cinéma américain" / Doctorat Sauvage En Achitecture

Tandis que le cinéma forain tient une place prépondérante dans les premières années du développement de l'industrie cinématographique américaine, sa figure est d'une extrême rareté sur les écrans américains. Associé à des pulsions macabres, à la culpabilité et au mystère des origines, le cinéma forain serait-il le seul vrai tabou du cinéma américain ?

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Conférence / le 24/11/2016 / "Les films de la Confédération Nationale du Travail durant la guerre civile en Espagne : à la recherche d'une fiction anarchiste" / Doctorat Sauvage En Achitecture



Juillet 1936 à Barcelone, alors que les combats font rage entre les forces franquistes qui ont impulsé une tentative de coup d’État et les différentes composantes de la résistance « républicaine », des militants de la CNT, syndicat anarcho-syndicaliste, s’emparent de caméras et immortalisent sur pellicule des images qui resteront comme le symbole de ce début de guerre civile : des ouvriers saisissent des armes, des barricades se dressent, des églises brûlent… La CNT, majoritaire dans les processus de collectivisation barcelonais qui durent tout le long des trois années de guerre civile, couvre le conflit grâce au matériel disponible mais relance aussi l’exploitation des salles et la production de fictions. Au-delà de l’intérêt économique et social de relancer l’industrie cinématographique, un leitmotiv revient dans les débats qui entourent cette activité : quel film peut traduire au mieux l’esprit de juillet 1936 ? À quoi doit ressembler le cinéma dans une société post-révolutionnaire ?



Si les images des documentaires sont restées dans les mémoires, tout comme les affiches produites durant cette période, les fictions de la CNT ont connu une postérité plus complexe. Cinq films restent maintenant pour témoigner de cet effort, complétés par de nombreuses informations sur des productions qui n’ont pas pu être finies ou qui ont été détruites. Nous étudierons ces étonnantes séquences, du drame social à la comédie musicale enfantine, qui nous montrent les expérimentations de réalisateurs traversés aussi bien par les débats internes qui font rage au sein de la CNT et du camp républicain que par l’histoire du cinéma espagnol et par les essais de cinémas progressistes internationaux. Produites en plein conflit mais dans une société post-révolutionnaire, ces réalisations sonnent comme autant de pistes vers la possibilité d’un, ou de plusieurs, cinémas anarchistes.

Présenté par Yannick Gallepie, membre d’ARI – Association de Recherches Inter-disciplinaires

INFORMATIONS PRATIQUES :

Lieu : La Conjuration des Fourneaux, 149 rue Saint-Hilaire, Rouen
Date : jeudi 24 novembre 2016 à 19h

Stage découverte du logiciel libre Blender pour le montage vidéo / 21-11-2016 / Doctorat Sauvage Numérique

Dans le cadre du Doctorat Sauvage Numérique, Echelle Inconnue organise une initiation au logiciel libre "Blender" pour le montage vidéo. Celle-ci sera assurée par Yannick Gallepie, membre de Synaps Collectif Audiovisuel.

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Conférence / le 27/10/2016 / "De 1895 à 1912 : le cinéma forain entre innovation et répression " / Doctorat Sauvage En Achitecture

"Les forains participèrent à la diffusion du premier cinéma et à son évolution technique et esthétique. Leur marginalisation à partir de 1912 ne découle pas seulement de l’action des grands producteurs industriels, elle fut aussi une conséquence de la loi de 1912 régissant leur statut et accroissant leur précarité. Le déclin du cinéma forain fut moins lié à des raisons esthétiques qu’à l’instauration d’une gouvernance du cinéma qui excluait ses acteurs nomades."
Résumé provenant du site Revue.org



Conférence proposée par Arnaud Le Marchand, maître de conférence en économie à l'Université du Havre.

INFORMATIONS PRATIQUES :

Lieu : La Conjuration de Fourneaux, 149 rue Saint-Hilaire, Rouen
Date : jeudi 27 octobre 2016 à 19h

ECHELLE INCONNUE À LA FNASAT / 19/10/2016 à 19h / Présentation du livre « Villes Nomades » de Stany Cambot Puis Projection de films en camion-cinéma !

LA FNASAT ACCUEILLE ECHELLE INCONNUE !

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PAU - PARTICIPATION AU FESTIVAL ACCÈS « FRONTIÈRES ET PROJECTIONS » / 12-16/10/2016

Participation de Stany Cambot au colloque "cArtographies : représentations poétiques et critiques pour penser les frontières et le monde contemporain" les 13 et 14 octobre 2016

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