Actualité Échelle Inconnue

ITALIE, BERGAME / 24 ET 25 OCTOBRE 2014 / " RENCONTRES EUROPÉENNES AUTOUR DE L'HABITAT "

Conférence politique 2014 " Lutter contre le sans-abrisme dans l’UE : À la recherche de la prochaine génération de bonnes pratiques " avec la présence de Julie Bernard

Cette conférence politique de la FEANTSA permettra de discuter de différents problèmes et de leurs solutions. Elle permettra à quelques 300 professionnels venant des quatre coins de l’Europe d’échanger des informations sur des politiques et pratiques intéressantes pour prévenir et réduire le sans-abrisme.

Contexte européen

Les derniers rapports de la Fédération Européenne d’Associations Nationales Travaillant avec les Sans Abri (FEANTSA) confirment cette tendance, notant des hausses conséquentes du sans-abrisme dans 15 pays au cours des 1 à 5 dernières années, soulignant une hausse du nombre de femmes, jeunes, familles et migrants sans domicile. Plus de dix pays européens ont élaboré des stratégies nationales de lutte contre le sans-abrisme, et d’autres stratégies sont en cours de développement. La Commission européenne a renforcé ses efforts en publiant des orientations politiques pour accompagner les États membres dans leurs actions pour lutter contre le sans-abrisme. En outre, les programmes ciblant les personnes sans domicile sont maintenant éligibles sous les nouveaux Fonds structurels et d’investissement européens. Le Parlement européen a déjà demandé à deux reprises l’élaboration d’une stratégie européenne de lutte contre le sans-abrisme (en 2011 et 2014), et le Comité européen des régions vient de réitérer cette demande en juin 2014.

Objectifs de la Conférence

1. Soutenir les politiques et pratiques dans le domaine du sans-abrisme, en mettant l’accent sur l’innovation et en recherchant la prochaine génération de bonnes pratiques.
2. Contribuer à la mise en œuvre de la Stratégie Europe 2020 et du Paquet Investissements sociaux adopté par la Commission européenne en février 2013. Une des principales priorités du paquet est de lutter contre le sans-abrisme.
3. Fournir un espace pour tester de nouvelles méthodes pour mettre en commun l’expertise et développer des réseaux.

Pour plus de renseignements (programmes, intervenants, ateliers...) vous pouvez vous rendre sur le site de la FEANTSA

INFORMATIONS PRATIQUES

24 et 25 Septembre à Bergame en Italie

Pour toute question générale portant sur la conférence, veuillez contacter :

FEANTSA
194, Chaussée de Louvain
1210 Bruxelles - Belgique
Tel : +32 (0)2 538 66 69
Fax : +32 (0)2 539 41 74
information@feantsa.org

Date limite pour les inscriptions : 10 octobre 2014

PRÉSENTATION DU PETIT GUIDE PRATIQUE DU PARFAIT SDF "SDF, UN MÉTIER D'AVENIR" / JEUDI 09 OCTOBRE / 18H30



Soit parce qu’il n’est pas vraiment digne de ce nom, soit parce qu’il n’est pas stable, ou qu’il est inexistant, le logement engendre un certain nombre de problèmes qui semblent toucher un poil plus de monde que les déjà trop nombreuses personnes vivant à la rue. Si l’on devait donc définir un seuil à partir duquel on devient SDF, ce serait celui où la vie devient survie, quand il faut s’assoir progressivement sur sa dignité, tout en tentant de ne pas se perdre, quand les nombreuses activités, démarches et préoccupations liées aux situations de mal-logement prennent une place telle que l’on pourrait presque parler d’un véritable métier, comme de son apprentissage, de ses codes ou de son langage, de ses compétences propres. Et, de la progression inquiétante de cette fragilité résidentielle, atteignant plus de 10 millions de français, pourra-t-on déduire qu’il s’agit, certainement, d’un métier d’avenir. Il va donc falloir vous y préparer…

« Histoire et présentation, en quelques chiffres et dessins, de ce petit guide illustré, que j’ai voulu simple et facile, peut-être drôle parfois, quoique grinçant, mais que j’espère édifiant, quant à la situation du (mal-)logement, aujourd’hui, en France. » Diway

INFORMATIONS PRATIQUES :

09 octobre 2014

Lieu : Echelle Inconnue / 18 rue Sainte Croix des Pelletiers / 76000 ROUEN

Téléphone : 02 35 70 40 05

SOIRÉE DE LANCEMENT DU JOURNAL À TITRE PROVISOIRE #05 / 18 SEPTEMBRE 2014 / 18H30 /

Nous vous invitons à une soirée spéciale pour le lancement du journal qui sera disponible gratuitement à Echelle Inconnue lors de cet événement.



MAKHNOVTCHINA une publication d'Echelle Inconnue

Un travail de recherche et de création publique avec les mobiles et nomades contemporains à l’heure des métropolisations en France, Russie, Moldavie et Algérie.




Journal dans lequel vous pourrez lire ces articles :

-L’habiter mobile ou l'altermétropolisation
-"On va là où il y a du travail" récit de Marie-Christine et Jean-Charles, habitants en camion dans le département de l’Eure
-Savoir maison garder : une villa mobile recomposable.
-L'habitat mobile ouvrier de Dieppe à Moscou
-Moscou : dérive en territoire migrant
-Comme toujours : la rubrique noire
-Bidonville. De qui es-tu le problème? De quoi es-tu la solution ?
-Droit à Habiter contre droit au logement
-Et si Paris faisait semblant de ne pas voir son foncier ?
-Habiter comme contester



INFORMATIONS PRATIQUES

Lieu : Echelle Inconnue / 18 rue Sainte Croix des Pelletiers / 76000 ROUEN

Tel : 02 35 70 40 05

Date et Heure : Jeudi 18 septembre 2014 / 18h30

Plus d'informations sur nos publications : ICI

CONFERENCE / 12 JUIN 2014 / 18h30 / "RETOUR SUR LA FABRIQUE DE LA VILLE " / DOCTORAT SAUVAGE EN ARCHITECTURE

Retour sur la fabrique de l’architecte

A quoi se résume la vie des hommes à la rue? Débauche, drogues, alcool, hygiène douteuse, vagabond en perdition...., c’est certain «l’Image» du sens commun à leurs égards est «quelque peu» stigmatisée. Ce patchwork de stéréotypes les réduits à la misère sociale; misère dont on entend les échos médiatiques uniquement lors des périodes hivernales. Comment font-ils pour sur-vivre dans la rue? Quelles sont leurs ressources? Comment occupent-ils la rue? Quelles pratiques urbaines mettent-ils en place?

Les squats, bidonvilles, zones d’autonomie temporaire sont autant d’espaces où se développent de nouvelles pratiques urbaines, non reconnues, non normées, mais non moins utiles au développement des villes. Bien que le flot de stigmates à l’égard de ces pratiques ne laissent que peu entrevoir leur utilité dans la fabrique de l’urbanité, quelles sont ces pratiques d’occupation illégale? Que donnent elles à voir des dysfonctionnements de notre société et de l’espace urbain qui l’accueille? Peut-on envisager les pratiques d’occupation illégale comme un recours aux carences urbaines plutôt que comme une tare?

Ces questions ont été le support de deux ans de recherches menées dans le cadre d’un séminaire en sociologie à l’école d’architecture de Normandie. Aujourd’hui en fin d’étude, c’est d’un point de vue urbain et architectural, dans le cadre de notre projet de diplôme, que nous avons voulu interroger la thématique de l’exclusion urbaine et du développement spontanée de la ville. L’informel, le spontanée, le précaire, peuvent-ils être le support d’une autre forme d’urbanité, d’un autre mode de fabrication de la ville? Nous réaliserons très vite que pour l’heure, la question est tout autant difficile à poser dans les ateliers de projet des écoles d’architecture que dans une quelconque instance de la ville...

Informations pratiques : 12 Juin 2014 Lieu : Echelle Inconnue / 18 rue Sainte Croix des Pelletiers / 76000 ROUEN Téléphone : 02 35 70 40 05

CONFERENCE + VERNISSAGE EXPO + CONSULTATION D'ARCHITECTURE + APERO DINATOIRE / 05 JUIN 2014 / à partir de 18h30 / "LE VIDE" / DOCTORAT SAUVAGE EN ARCHITECTURE

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SAMEDI 24 MAI / ENTRE 15H ET 19H / TABLE RONDE / LA FIN DES CARTES? TERRITOIRES REVES, TERRITOIRES NORMALISES / ESPACE KHIASMA (Les Lilas) / PARIS

Dans le cadre du programme de recherche, "La Fin des cartes ? Territoires rêvés, territoires normalisés", nous organisons, en partenariat avec l’Espace Khiasma (Les lilas), une table ronde, qui se tiendra le samedi 24 mai entre 15 h et 19 h.




La table ronde dans laquelle Stany Cambot intervient : "Marges, zones de transit, habitations précaires ?"




Cette table ronde, ancrée dans les questions urbaines et environnementales, vise à interroger les appropriations aussi diverses qu’inattendues dont le territoire, essentiellement urbain – fait l’objet, déjouant et défiant tout aussi bien la planification urbaine que les quadrillages et les parcours proposés par les cartes.

Sur ce plan aussi, l’expérience dépasse le projet et les occupations urbaines du territoire, légales ou illégales, parfois voulues, souvent subies, sans faire modèle, renégocient la relation de l’habitat au territoire, reposent celle des espaces communs, dans des contextes urbains en devenir. Quels sont les enjeux attachés à la représentation cartographique de cette vie en marge ? Quelle place les géographes et les politiques laissent-ils pour le non fixe, le mobile, le déplaçable, le précaire ? Plus largement comment ces mutations sont-elles signifiées ? Quelles formes de représentations pour cette ville précaire ?

Cette table ronde est organisée en préambule d'une exposition à venir Nul point sur une carte ne situe nos souvenirs. La table ronde fera suite à une soirée de projection la veille au soir et accueillera notamment des artistes dont les œuvres auront été présentées.

CONFERENCE / 27 FEVRIER 2014 / 18h30 / "DE LA VILLE DISSUASIVE AU BOIS REFUGE" / DOCTORAT SAUVAGE EN ARCHITECTURE

Conférence de Gaspard Lion, doctorant en sociologie à l'EHESS.

Résumé : "N’attendant plus rien des institutions ou ne pouvant tout simplement plus attendre, de plus en plus nombreuses sont les personnes à la rue qui décident de s’organiser en construisant leur propre habitation – tente ou cabane - de manière à retrouver la maîtrise d’un temps et d’un espace personnel. À Paris, le bois de Vincennes est l’un des derniers espaces refuges pour tous ceux qui exclus du logement, et refoulés des centres-villes, sont à la recherche d’un lieu où s’abriter, se poser, habiter. À l’appui d’une enquête ethnographique menée auprès de ces habitants, ainsi que dans d’autres lieux interstitiels de la ville, la présentation entend ainsi rendre compte des manières de faire déployées pour survivre, vivre mais aussi bien-vivre dans ces conditions difficiles. La précarité de ces habitats est matérielle mais aussi, et surtout, politique : si l’on peut considérer l’installation au bois de ces habitants comme participant de la reconstitution d’une sphère d’autonomie, reste que la menace d’expulsion est permanente. Les acteurs publics et associatifs cherchent en effet à les faire disparaître de l’espace public, à les « réinsérer » dans le circuit de l’hébergement, ronde sans fin de logements provisoires dont les habitants ne veulent plus. Habiter les interstices de la ville dissuasive, c’est ainsi lutter contre la violence institutionnelle pour se faire une place, habiter en un lieu, malgré tout."

Informations pratiques :

La conférence aura lieu au 18 rue Sainte Croix des Pelletiers / 76000 ROUEN / 02 35 70 40 05 / mail : christophe@echelleinconnue.net

Tout le programme à venir : ICI

Echelle Inconnue sur twitter : @EchelleInconnue

INTERVENTION + PROJECTION (28') / DOCTORAT SAUVAGE EN ARCHITECTURE / 31 JANVIER 2014 / 18h30 / "L'ambassade du PEROU à Ris-Orangis" Par Sébastien Thiéry, politologue, coordinateur des actions du PEROU

Conférence précédée de la projection du film : "Considérant qu'il est plausible que de tels événements puissent à nouveau survenir", Sébastien Thiéry, 28'.

Le 22 décembre 2012, le PEROU - Pôle d'Exploration des Ressources Urbaines, inaugurait son Ambassade au cœur d'un bidonville de Ris-Orangis (Essonne). Alors s'engageait une action, une prise au sol d'un délaissé urbain suivant le chemin esquissé par les familles vivant là : construire, malgré tout. Parce que contrairement à ce que la Raison d'Etat commande de nos jours, construire vaut certainement mieux que détruire pour répondre aux questions qui se posent ici.

Ainsi avons nous exploré le chemin d'un acte de dissidence, sans pour autant perdre de vue la fonction d'une ambassade : re-présenter la situation pour faire se déplacer les rapports de force constitués autour de celle-ci ; œuvrer ainsi à créer de nouvelles relations entre les acteurs en présence, et frayer le chemin à une autre issue que la destruction.

Le 3 avril, les pelleteuses broyaient le bidonville où vivaient alors 150 personnes, et l'Ambassade avec. Malgré cela, un chemin s'est dessiné, de nouvelles perspectives pour quelques uns, pour trop peu. Malgré cela, le travail s'est poursuivi, autrement. Un an plus tard, nous reviendrons sur ce chemin, les impasses, les perspectives. Parce que transmettre ce qui se joue dans de tels actes est aujourd'hui crucial : l'art de détruire s'est raffiné au fil d'une expérience sans nul doute consignée, analysée, transmise ; l'art de riposter doit faire l'objet d'un tel travail, et se constituer tel un savoir commun.

Autres informations sur le PEROU

CONFERENCE HORS LES MURS D'ECHELLE INCONNUE : "PROJET MAKHNOVTCHINA" / LORS DE L'EVENEMENT HETEROTOPIA : Le design face à la grande pauvreté en Europe / COLOGNE - KöLN (ALLEMAGNE) / 14 janvier 2014 à partir de 10h

Heterotopia : Le design face à la grande pauvreté en Europe

du 7 au 19 Janvier 2014 :

Workshops, conférences et exposition dans le bâtiment de Saana à Essen et à la IMM Cologne

Intervention d'Echelle Inconnue (conférence) le mardi 14 janvier 2014 à partir de 10h

informations complémentaires :
www.folkwang-heterotopia.de

Séminaire organisé par Vera et Ruedi Baur

Contexte : D'après un rapport de la croix rouge, 43 millions de citoyens européens ne peuvent aujourd'hui subvenir à leurs besoins alimentaires. Face à ce qui s'avère la plus importante crise humanitaire de l'après-guerre, l'Europe devrait devenir le théâtre d'un formidable mouvement de solidarité. Bien au contraire, ressurgissent les maladies parmi les plus graves qu'ait connu notre continent : nationalismes, racismes, actes de violence pro-téiformes. La régression gagne bien des pouvoirs publics européens qui, loin de se dresser contre ce qui menace les droits les plus fondamentaux, expulsent, chassent, détruisent, terrorisent des familles entières. Ainsi nous placent-ils en tant que citoyens comme co-responsables de politiques aussi absurdes qu'insupportables, mais aussi devant un silence et un aveuglement qui bientôt se généralisent.

Un séminaire accompagné d'un Workshop de 15 jours pose la question de la fonction que peut tenir le design dans un contexte de crise. Il s'agit d'une rencontre européenne durant laquelle designers et responsables d'organisation s'échangent leurs manières de penser et de faire. Des expériences exemplaires comme celles du Perou à Ris Orangis en France ou du laboratoire d'arte civiche en Italie seront présentées. Ainsi seront rassemblés professionnels, étudiants, designers, artistes, travailleurs sociaux, responsables d'ONG. Ils développeront ensemble des projets d'ambition européenne autour des thèmes relatifs aux populations concernées : migrants internationaux, tziganes, familles monoparentales, étudiants précaires, chômeurs, sans-abris, retraités précaires etc. Il s'agira de développer des propositions concrètes afin de contribuer à la rénovation des savoirs et des réponses relatifs à la crise profonde dont il est question.

3 CONFERENCES HORS LES MURS D'ECHELLE INCONNUE : "PROJET MAKHNOVTCHINA" / JOURNEE D'ETUDE "RESEAU NOMADES, HYBRIDATION DES PRATIQUES DE CIRCULATION" / UNIVERSITE DU HAVRE

Journée d'étude "Réseaux nomades, hybridation des pratiques de circulation".

08 NOVEMBRE 2013

Les nouvelles mobilités ne sont pas indépendantes des mutations du travail et des nouvelles gouvernances territoriales. Dans ce contexte, si les usages « nomades » des nouvelles technologies, par les cadres, sont l’objet de toute une série de messages médiatiques, qu’en est-il de l’usage par les nomades, itinérants, voyageurs, de ces nouvelles technologies ? Les formes d’habitat mobiles, légers, provisoires sont liés à des formes d’innovation sociale technique économique depuis la fin du XIXème siècle. La mise au point des roulottes automobiles, des péniches, des caravanes a impliqué toute une série de changement organisationnels d’ensemble. Les habitants de ces logements ne sont, sous cet angle, certainement pas des marginaux, mais des « minoritaires » dont l’insertion économique est passée par des dispositifs nouveaux. Les premiers travaux sur les Néo-Traveller’s mettent l’accent sur la déconnexion, plus ou moins volontaire. D’une certaine façon, c’est la mobilisation pour la défense de ces habitants qui a révélé un usage du numérique par les habitants de logements mobiles. Les dimensions culturelles du phénomène traveller’s, son insertion dans les circuits de festivals de musique « techno », permettent de penser qu’une appropriation du numérique par ces acteurs est possible, au-delà des enjeux économiques et domestiques. Le numérique n’est qu’un aspect de l’hybridation des réseaux des itinérants sur lesquels nous nous interrogerons.

informations pratiques :
la journée se déroulera de 08h30 à 18h00.
à partir de 16h : 3 conférences d'Echelle Inconnue par Julie Bernard, Stany Cambot et Christophe Hubert.
Lieu : Université du Havre (ville basse) / Pôle Recherche des Sciences Humaines

Tout le programme : ICI

Tout le fil d'actualité sur Twitter : @EchelleInconnue

Depuis quelques temps déjà nous trouons Paris !

Echelle Inconnue s'associe au PEROU et aux Enfants du Canal dans le cadre d'un projet de création d'un centre d'hébergement nomade pour personnes sans domicile dans Paris intra muros.

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Échelle Inconnue organise "La route des Rroms" / vendredi 14 juin 2013 / 19h / architecture mobile / expo / projections / fête / journaux...

Une arche n'arrivera jamais à l'Armada. Celle de ceux qui traversent l'Europe à la recherche de la dignité d'un lieu. Jusqu'au 14 juin, Echelle Inconnue fait une halte au « Havre » d'un bidonville pour construire cette arche avant l'expulsion.

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CONFERENCE / ODETTE LOUISET // JEUDI 31 JANVIER à 18h30 // titre : Catastrophisme, angélisme, militantisme ou fausse neutralité ? Le bidonville « objet » de recherche...

« Pratiquement contemporain de la désignation de « tiers monde », le bidonville émerge comme une catégorie majeure d'analyse des dynamiques urbaines dans des régions décrites comme « en retard » et moins urbanisées. Les critères de définition du bidonville sont essentiellement fondés sur le statut foncier et sur le type de construction bien que la diversité des situations soit soulignée en même temps que le caractère générique de quartier. Les descriptions fouillées et statistiques qui prévalent dans le tableau de cette urbanisation « sauvage » ou « spontanée » inscrivent les travaux de recherche dans une volonté d'objectivation du phénomène. L'approche est majoritairement surplombante et normative, mobilisant souvent des références à l'épisode européen de forte croissance urbaine du 19ème siècle. Dans le même temps, le bidonville est implicitement présenté comme une négation de ville, comme un quartier dont la suppression s'impose comme une évidence. Jugement de valeur aisément décelable dans cette science positive, à associer à la norme urbanistique et urbaine directement issue des codes d'urbanisme des grandes institutions internationales, c'est-à-dire d'Europe. A tel point que l'application de cette norme identifie la grande majorité des habitats produits dans les villes du Tiers monde comme appartenant à la catégorie « informelle ». La posture de recherche témoigne alors à la fois du catastrophisme par excès de zèle normatif et d’une illusion angélique que les bons plans d'aménagement fourniront une solution au problème.

Comment donc échapper, d'une part à l'illusion positiviste pour faire entrer la société dans la compréhension du phénomène autrement que par cette extériorité? Une hypothèse le permet : le bidonville est produit par le fonctionnement d'ensemble de la société dans une configuration spatiale appelée ville (les mêmes constructions en zone rurale ne sont ni désignées comme bidonvilles, ni stigmatisées). Ce n'est donc pas la forme « ville » qui est productrice du bidonville mais la projection normative des observateurs sur une production sociale jugée plus que comprise. La conséquence de cette hypothèse pose le bidonville comme un habitat urbain « normal », un quartier de la ville. L'objet et ses habitants sont même courtisés par de nombreux acteurs (associations, ONG, partis politiques, services municipaux...) qui tous ont besoin du bidonville et de ses habitants.

Restituer cette position, c'est proposer une expertise scientifique militante juste à l'amont de l'implication et de l'action. Cette expertise consiste à rester sur le terrain scientifique en dénonçant les illusions du choix épistémologique en surplomb et la croyance dans l'objectivation par le nombre et les catégories...Mais cette expertise consiste aussi à proposer la reformulation du problème « bidonville » avec pour option militante le choix de placer les faits sociaux, culturels et politiques au centre, y compris en prenant les valeurs exprimées comme des faits. C'est là que s'arrête la contribution scientifique juste avant l'implication voire l'action. Chez les experts positivistes, l'implication va jusqu'à la la formulation de recommandations, jusqu'à la contribution directe aux programmes.

Du point de vue de la discipline scientifique, pousser à la révision épistémologique est déjà un acte militant, contribuant à réviser l'espace de représentation qui est le véritable objet en jeu. »

RENCONTRE - DEBAT lors de la soirée "Gens du Voyage" // DIMANCHE 27 JANVIER à 18h00 // UGC CINE CITE / ROUEN

Echelle Inconnue est invitée par le Festival Regards sur le Cinéma du Monde 2013 pour animer un débat après ces 2 films :

- 18h00 "Just the Wind" réalisé par Bence Fliegauf - 20h30 "Romanès" en présence de Jacques Deschamps (réalisateur)

Plus d'informations sur le programme du festival : www.cinemadumonde.org

Retrouvez nous sur Twitter : @EchelleInconnue

William est mort.

J'écris parce qu'il faut conter.

Il y a quelques semaines, ils sont venus pour ça. Ils étaient trois, travailleurs sociaux venus faire le parcours « écouter chuchoter les blasons », la remise en jeu dans la ville et de manière pérenne du travail autour d'Utopia auquel William avait grandement participé. Ils disent « on est venu pour lui rendre hommage » Je n'étais pas là. C'est Christophe qui les a accueilli. Ils sont venus emprunter les mobios, ces dispositifs GPS qui permettent d'écouter chuchoter, par de nouvelles voix, les blasons sculptés dans la ville. Ils sont venus entendre résonner les murs, les volets, les gouttières de la voix de William et de dix autres encore, sans abris en 2001, aujourd'hui... qui sait.

Aujourd'hui pour William comme pour trois autres d'entre eux, c'est certain : ils sont morts ; tombés lors d'une guerre sans déclaration préalable ; une guerre contre le pauvre qui nie jusqu'à sa place dans la ville. Traitement standard des ennemis... William l'avait compris.

Nous nous sommes rencontrer la première fois en 1999 au foyer de l'URAS, il venait rendre visite à un ami Daniel, je tentait alors d'établir des cartes du monde vu depuis ce foyer. Il s'est assis dans la salle gris clair et a parlé avec cette voix que je lui connaîtrais souvent ; une voix de l'intérieur qui se fracasse contre les dents, un cri étouffé, un grognement. Il s'assoit, parle et dit « moi, la carte que je veux faire c'est celle de tous les copains morts dans les foyers » une carte monument pour ceux qui traditionnellement n'en n'ont pas. Son nom vient aujourd'hui s'y inscrire. William

Contrairement à Daniel, William n'était pas hébergé à l'URAS, inadapté au projet d'établissement. Il passait ses nuits au foyer de l'Abbé Bazire. Nous nous retrouverons plus tard au restaurant social la Chaloupe pour y lire Utopia de Thomas More. Il photographiera des monstres forains pour dire ça vie en fera une affiche avec au centre un banc, cénotaphe. Il jouera ensuite le rôle du président du BrrB au près de la presse. Et toujours, cette colère rentrée qui ne trouve pas d'issue. Ses lèvres qui se tordent pour dire des rimes amères. Ses poings sur les milles formica de foyer qui se serrent, même celui mutilé. Il parlera, écrira beaucoup. Disant sa vie là.

Nous nous sommes revus depuis, de loin en loin. De temps en temps, sa tête à la porte de l'atelier quand il vivait dans le coin. Et les nouvelles qu'il apportait avec lui, Daniel est mort, tu savais pas ? Et une certaine clairvoyance quand regardant les vidéo tournée sur le site du bidonville de la Soie.

- Ouais, les logements, les foyers, c'est pas forcément adapté, des fois, ça serait mieux de laisser les gens tranquilles, les aider là plutôt que... enfin c'est comme les gars de la rue, tu connais.

Il vivait à ce moment dans un appartement. Combien de temps ? Impossible à savoir mais au fur et à mesure de ses visites on voyait ses monstres resurgirent et avec eux l'alcool pour les faire taire ou pour nier la solitude des quatre murs où il se trouvait, d'un coup projeté, après des années d'institutions, de foyers à accueil conditionnel où le règlement intérieur remplace le droit commun. Sa bouche se tordait de nouveau. La voix tapait de nouveau derrière les dents. Les monstres, la dalle, la pierre tombale aussi, sûrement.

C'est une guerre qui voit tomber les pauvres au champ de notre déshonneur. William est tombé. Moins une victime qu'un héros de la survie en milieu hostile : chez nous. Accroché à la rampe de la vie pour on ne sait quoi mais sans doute davantage que pour l'espoir savamment entretenu de lendemains meilleurs qu'une société entière cultive pour eux, pour elle, pour ne pas se sentir coupable d'assassinat. Ce n'est ni le froid, sordide marronnier de météo sociale médiatique, ni la folie, ni l'alcool qui ont tué William mais la France.

Avec William et d'autre nous n'avons guère fait autre chose que de l'art, pas de l'art de marché, de galerie de FIAC, FRAC, FNAC. Mais de l'art pour dire NOUS au dessus de l'assassinat. Pour, à quelques occasions, NOUS sentir souverains, attaquant, manipulant à notre tour.

« la culture ça peut pas servir à dire j'ai bobo là » disait l'élu au patrimoine de la ville de Rouen au cours d'un colloque lors duquel, semble-t-il, le parti pris de la culture comme divertissement était élu. Non ! La mort, la mise au banc, qui n'en est que l'antichambre, n'est pas un bobo ! Fort heureusement ce même élu quelques mois plus tôt derrière son bureau confessait qu'il fallait parfois savoir désobéir, être hors la loi. Il en est temps, plus, c'est une urgence. L'indignation a fait son temps. Action !

Et peut-être, déjà, poursuivre ensemble la vengeance patrimoniale que nous avons avec William amorcé. Et édifier Notre monument aux morts des insoumis d'un moment dans une guerre silencieuse .


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