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Sur les dents: Ce qu'elles disent de nous et de la guerre sociale, Olivier Cyran
Pourquoi persistons-nous à avoir mal aux dents ? Pourquoi sommes-nous si nombreux à souffrir de nos crocs malades, abîmés ou perdus, alors que les soins dentaires sont prétendument gratuits et accessibles à tous ? Que penser d'un système qui incite les dentistes à bâcler les soins " Sécu " et à privilégier les traitements à haute valeur ajoutée ? Comment admettre que le sort d'un organe aussi prodigieusement vital et riche en significations dépende de notre place dans la hiérarchie sociale ? Personne n'ignore l'importance des dents comme outil de mastication, territoire intime et carte de visite tendue aux yeux du monde. Pourtant, les inégalités d'accès aux soins restent abyssales, condamnant des millions de personnes à une vie atrophiée. Il est temps de mettre à nu ce système, sa logique et ses intérêts, et de réclamer quelques comptes. Mû par sa propre peur du dentiste, l'auteur explore un univers familier et méconnu, dont l'actualité ne s'empare que lorsqu'un président persifle les " sans-dents ". Mêlant allègrement l'enquête, le récit, le jeu de pistes et le recueil de témoignages, cette remontée aux sources des inégalités dentaires nous mènera des dentistes orfèvres du néolithique aux arracheurs de dents des centres low cost, de l'inventeur du dentier en porcelaine à l'industrie du sourire hollywoodien. S'y dévoileront les formes de violences sociales dont nos dents sont la cible, des plus brutales au plus sournoises, mais aussi quelques moyens de s'en défendre. Devant la dureté du monde, qui met nos capacités de résistance à rude épreuve, le moment est peut-être venu de reconquérir notre pouvoir de mordre.
Sur les dents: Ce qu'elles disent de nous et de la guerre sociale, Olivier Cyran, Editions La Découverte, Mars 2021.
MOTS CLÉS : Editions La Découverte | Olivier Cyran | Inégalités | Sociale | Santé | Discrimination | Pauvreté | Enquête | Système | Société | Violence | Médecine | Critique | Travail |
Ouvrage disponibleRetour à la hague : Féminisme et nucléaire, Xavière Gauthier Sophie Houdart Isabelle Cambourakis
À l’heure où la France, ses dirigeants, ses lobbys nucléFukuaires sont en pleine opération de réhabilitation de l’atome et projettent de couvrir le territoire de nouvelles centrales comme ce fut le cas dans les années 1970, la réédition de La Hague, ma terre violentée montre qu’il était possible au tournant des années 1980 d’articuler discours féministe et antinucléaire. Un texte lyrique et incantatoire qui décrit ce que la construction de l’usine de retraitement de déchets nucléaires de La Hague fait aux paysages vécus et sensibles, à la terre des souvenirs de l’enfance, à cette presqu’île du Cotentin empoisonnée pour plusieurs centaines de millénaires. Un avant-propos en forme de correspondance à trois voix propose une réflexion sur ce que signifie vivre en territoire nucléarisé, tisse des liens entre La Hague et le Japon et débat de l’invisibilité de la question nucléaire.
Retour à la hague : Féminisme et nucléaire, Xavière Gauthier Sophie Houdart Isabelle Cambourakis, Editions Cambourakis, Avril 2022.
MOTS CLÉS : Editions Cambourakis | Xavière Gauthier | Sophie Houdart | Isabelle Cambourakis | Nucléaire | Féminisme | Genre | Énergie | Industrie | Politique | Santé | Environnement | Société | Écologie | Sociale | Justice |
Ouvrage disponibleBêtes de villes : Petit traité d'histoires naturelles au cœur des cités du monde , Nicolas Gilsoul
La moule zébrée va-t-elle sauver New York ? Le scorpion Tityus serrulatus terroriser les habitants de São Paulo ? Les kangourous s’ébattre dans la forêt de Rambouillet ? Saviez-vous seulement que toutes ces bêtes vivaient si près de chez vous ? En pleine crise de la biodiversité, nos villes sont devenues des jungles hybrides où se croisent bien plus de créatures que dans nos forêts. Bienvenue aux 33 000 sangliers clandestins des parcs de Berlin, aux léopards des faubourgs de Bombay ou encore aux coyotes de Chicago et aux cougars de Mulholland Drive. Certains ont muté, leurs comportements ou leurs physiques se sont transformés pour survivre à la ville. La souris de Brooklyn résiste aux polluants lourds, l’escargot d’Amsterdam combat l’îlot de chaleur urbain, l’hirondelle de la Côte est réduit sa voilure pour éviter les gratte-ciel. Au travers de 1 001 histoires de bêtes de villes, l’architecte Nicolas Gilsoul nous offre un bestiaire érudit de nos territoires et nous incite à nous reconnecter au vivant. En chemin il dessine de nouvelles perspectives sur l’art de concevoir la ville avec le génie animal. À l’évidence, observer des bêtes, ça rend intelligent. Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres, Nicolas Gilsoul est architecte, paysagiste et docteur en sciences à l’Institut des sciences et industries du vivant et de l’environnement à Paris. Professeur à l’École nationale supérieure d’architecture Paris-Malaquais, il enseigne de Vancouver à Bruxelles. Lauréat de l’Académie de France à Rome, pensionnaire de la villa Médicis, il a remporté de nombreux prix d’architecture. Il publie avec Erik Orsenna en 2018 Désir de villes chez Robert Laffont, dans lequel il explore entre autres les tréfonds de la ville Terrier et les cimes de la ville Canopée.
Bêtes de villes : Petit traité d'histoires naturelles au cœur des cités du monde , Nicolas Gilsoul, Editions Pluriel, Novembre 2019.
MOTS CLÉS : Editions Pluriel | Nicolas Gilsoul | Climat | Environnement | Écologie | Faune | Flore | Biodiversité | Biologie | Nature | Ville | Urbanisme |
Ouvrage disponibleLes gardiens de la raison : Enquête sur la désinformation scientifique, Stéphane Foucart Stéphane Horel Sylvain Laurens
Les années 2000 ont vu déferler les mensonges des industriels du tabac, des énergies fossiles ou des pesticides et leurs études dissimulant la dangerosité de leurs produits. Explorant les nouvelles frontières du lobbying, cette enquête dévoile les stratégies de manipulation qu'emploient désormais ces "marchands de doute" pour s'emparer du marché de l'information scientifique. Leur cible privilégiée n'est plus seulement le ministre ou le haut fonctionnaire. Aux aguets sur les réseaux sociaux, des agences spécialisées visent le blogueur passeur de science, le youtubeur, le micro-influenceur. Instrumentalisés pour propager des contenus dégriffés, les amateurs de science sont transformés en relais zélés des messages de l'industrie et en viennent à se considérer comme des gardiens de la raison. Si peu savent qu'ils amplifient des éléments de langage concoctés par des officines de relations publiques, une poignée d'intellectuels et de scientifiques, en revanche, participent sciemment à la réactualisation, autour de la science, de tout le crédo conservateur. Un projet politique volontiers financé par l'argent des industriels libertariens, et qui porte la marque de leur idéologie anti-environnementaliste et antiféministe. Journalistes au Monde, Stéphane Foucart et Stéphane Horel ont reçu en 2018 le Prix européen du journalisme d'enquête pour leur série sur les Monsanto Papers. Le premier a notamment publié La Fabrique du mensonge (Denoêl, 2013) et la seconde Lobbytomie (La Découverte, 2018). Sylvain Laurens est sociologue, directeur d'études à l'EHESS et auteur de Militer pour la science (Éditions de l'EHESS, 2019).
Les gardiens de la raison : Enquête sur la désinformation scientifique, Stéphane Foucart Stéphane Horel Sylvain Laurens, Editions La Découverte, 2025.
MOTS CLÉS : Editions La Découverte | Stéphane Foucart | Stéphane Horel | Sylvain Laurens | Science | Désinformation | Lobby | Industrie | Climat | Écologie | Publicité | Sociale | Politique | Propagande | Médias |
Ouvrage disponibleHistoire du sabotage, Tome 02 : Neutraliser le système techno-industriel, Victor Cachard
Dans un monde dévoré par le tout numérique, ou l'exploitation des ressources, des corps et des esprits s'intensifie sous le joug d'une marchandisation totale, le sabotage revient sur le devant de la scène comme un refus radical de se soumettre à un contrôle social généralisé. L'inaction politique, l'épuisement des marches pour le climat, conjugués à la conscience aiguë de l'urgence écologique, donnent un souffle nouveau à des formes d'action inédites qui changent le sens du sabotage. L'extension de la machine capitaliste, à la conquête des derniers espaces de liberté et de solidarité, réveille des gestes de rupture, longtemps cantonnés à la résistance au travail. En réponse à la domination technologique, le sabotage devient une arme créative d'émancipation. Débrancher, démanteler, désactiver les infrastructures qui gouvernent nos vies sont autant d'actes de neutralisation qui transforment la destruction en affirmation joyeuse d'une vie libérée des contraintes absurdes et injustes. A travers l'histoire du sabotage, son abandon par le syndicalisme et sa réinterprétation comme stratégie de la guérilla, on voit se multiplier les initiatives. Des actions contre les OGM aux luttes contre les instruments de la colonisation en passant par l'opposition aux grands projets inutiles, le sabotage revêt désormais une signification clairement technocritique au service de la réappropriation de notre autonomie. Après un passage par la philosophie à l'Université Lyon III, Victor Cachard s'intéresse au rapport entre travail et technique à travers l'histoire des résistances populaires. Il est l'auteur d'une Histoire du sabotage en deux tomes publiés aux Éditions LIBRE. Il est aussi le coordinateur de l'ouvrage Émile Pouget et la révolution par le sabotage (Éditions LIBRE, 2022).
Histoire du sabotage, Tome 02 : Neutraliser le système techno-industriel, Victor Cachard, Editions LIBRE, 2025.
MOTS CLÉS : Editions LIBRE | Victor Cachard | Résistance | Critique | Industrie | Désobéissance | Social | Anticapitalisme | Capitalisme | Écologie | Politique | Histoire | Prolétariat | Mobilisation | Autonomie |
Ouvrage disponibleVoisins de passage : Une microhistoire des migrations, Fabrice Langrognet
En portant son regard sur une " cité " d'habitation, au cœur de la Plaine-Saint-Denis, Fabrice Langrognet offre une passionnante histoire sociale et culturelle des migrations en France, du début de la IIIe République à la crise des années 1930. La Plaine-Saint-Denis est alors un immense quartier industriel où se croisent des myriades de migrants issus des classes populaires, d'origine provinciale, étrangère ou coloniale. S'appuyant sur des sources inédites qu'il ausculte avec une incroyable minutie, l'historien raconte comment les occupants de l'immeuble arrivent et repartent, se côtoient et s'ignorent, sympathisent et s'affrontent, redessinant sans cesse les contours de leurs appartenances. Il reconstitue ainsi l'expérience vécue de plusieurs générations d'hommes, de femmes et d'enfants qui cherchent leur chemin dans les fracas du monde. Ici, la silhouette d'un jeune voisin connu pour jouer lestement du surin se dresse dans l'étroit passage qui mène à la porte cochère. Là, c'est la propriétaire implacable qui réclame sur-le-champ le paiement des loyers. Un peu plus loin, à l'usine, monsieur le directeur promet d'une voix bienveillante une place à quelque neveu resté au pays ; il se montre moins affable quand on lui parle du droit du travail... Vivre à cet endroit et à cette époque impose de composer avec un environnement en constante évolution et de tirer parti, dans mille et une interactions quotidiennes, des règles d'un jeu social complexe. C'est à ce prix que l'on parvient à se repérer dans un univers en ébullition où les allégeances nationales, ethniques, raciales, de genre et de classe se recomposent sans cesse. Grand Prix des Rendez-vous de l'histoire de Blois 2024. Fabrice Langrognet, docteur de l'université de Cambridge et ancien élève de l'École normale supérieure (ENS) et de l'École nationale d'admninistration (ENA), est chercheur en histoire à l'université d'Oxford et au Centre d'histoire sociale des mondes contemporain de l'université Paris-1.
Voisins de passage : Une microhistoire des migrations, Fabrice Langrognet, Editions La Découverte, Septembre 2023.
MOTS CLÉS : Editions La Découverte | Fabrice Langrognet | Immigration | Migration | Histoire | Banlieue | Logement | Prolétariat | Patrimoine | Mobilité | Sociale |
Ouvrage disponibleMultitudes N°53 automne 2013, Inculte revue
Depuis la fin des années 1980, un mouvement d’internationalisation des échanges culturels a dessiné les contours d’une nouvelle géographie culturelle mondiale. La mise en lumière croissante d’artistes contemporains d’origine africaine ? longtemps négligés ? s’est accompagnée d’une exaltation d’un multiculturalisme et d’un art globalisé. La réception du travail de ces artistes est souvent allée de pair, et en France tout particulièrement, avec les lacunes dans la réception et la traduction de ressources discursives et pensées théoriques sur l’art, venues d’Afrique. Ce premier volet d’un chantier de traductions choisit de s’intéresser à l’émergence d’un « nouveau discours africain sur l’art » survenu dans les années 1990. Le champ du design est en pleine transformation. Les designers remettent en question les modalités actuelles de production et de consommation, et leurs conséquences néfastes sur la subjectivité individuelle et collective, ainsi que sur l’environnement. Ils retrouvent les origines du design qui avec William Morris avait placé dans les « arts décoratifs » l’espoir d’une révolution sociale capable de soustraire l’homme à la misère des tâches répétitives et des formes standardisées de la société industrielle. Aujourd’hui il s’agit d’élaborer de nouvelles machines capables de fabriquer des biens de consommation courante en sortant du circuit traditionnel de la marchandise et d’aller vers une nouvelle « fabrique du sensible ».
Multitudes N°53 automne 2013, Inculte revue, Editions Inculte revue, Automne 2013.
MOTS CLÉS : Editions Inculte revue | Inculte revue | Art | Afrique | Occident | Culture | Politique | Colonialisme | Histoire | Géographie | Diaspora | Écologie | Justice |
Ouvrage disponibleL'écologie aux marges : Vivre et créer dans les ruines du capitalisme, Igor Babou Joëlle Le Marec Amélie Monnereau
Habiter dans les ruines du capitalisme industriel, y vivre et y développer l’écologie par des formes d’éducation populaire centrées sur l’action plus que sur le discours, aller d’expulsion en expulsion dans un habitat temporaire tout en tissant des liens étroits avec les habitants de quartiers populaires : des collectifs s’organisent au coeur des contradictions contemporaines en pratiquant une écologie sociale et solidaire. Des friches urbaines squattées fournissent des lieux de vie et d’action à des activistes qui refusent l’état du monde et l’inaction politique. Ce livre raconte l’aventure d’activistes installés en banlieue parisienne pour y développer une écologie sociale et populaire. Il repose sur un long travail d’enquête ethnographique avec une participation durant plus de deux ans au quotidien des activistes et des entretiens menés avec des habitants et les animateurs du lieu. Il restitue cette expérience inspirante en accordant une large place à la photographie et à la parole des personnes. Le « Laboratoire écologique zéro déchet », créé par une poignée d’activistes d’abord à Noisy-Le-Sec puis installé à Pantin, démontre que la cohérence d’un projet mené avec détermination, tact et bienveillance peut réussir aux marges du capitalisme et de l’Etat là où les collectivités territoriales et les institutions échouent depuis des décennies. On se prend alors à rêver : et si, au lieu d’empêcher ces initiatives au nom du principe de propriété et de l’ordre établi, l’Etat laissait agir celles et ceux qui savent comment transformer le monde et le rendre plus habitable, peut-être pourrions-nous éviter la catastrophe environnementale et climatique qui s’annonce. Igor Babou est professeur à l'université de Paris Cité, et membre du laboratoire Ladyss. Il étudie les politiques publiques de la nature, le patrimoine naturel, les mobilisations écologistes, et les sciences de la nature. Il a mené des enquêtes ethnographiques en Argentine, à la Réunion, en Espagne, et en France hexagonale. Ses recherches s'inscrivent dans le champ de l'écologie politique et de la socio-anthropologie de la nature. Il accompagne ses enquêtes de terrain par un travail de photographie documentaire.
L'écologie aux marges : Vivre et créer dans les ruines du capitalisme, Igor Babou Joëlle Le Marec Amélie Monnereau, Editions ETEROTOPIA, Collection Parcours, Février 2023 .
MOTS CLÉS : Editions ETEROTOPIA | Igor Babou | Écologie | Éducation | Friches | Squats | Banlieue | Activisme | Photographie | Populaire |
Ouvrage disponibleArt et Production, Boris Arvatov
Art et Production fait partie des classiques oubliés des avant-gardes qui se sont épanouis durant la Révolution russe. Publié à Moscou en 1926, il vient porter le fer dans les débats qui agitent l'école constructiviste : que doit être le statut de l'art après la révolution, ses liens avec les techniques industrielles de reproduction, avec la critique de la vie quotidienne, comment doit-il entrer dans l'usine ? Autant d'interrogations radicales, témoignages d'une séquence politico-sociale bouillonnante. Une nouvelle conception de l'art émerge qui laissera une empreinte indélébile sur une tradition de critique matérialiste
Art et Production, Boris Arvatov, Editions Sans soleil, Novembre 2022.
MOTS CLÉS : Editions Sans soleil | Boris Arvatov | Russie | Productivisme | Constructivisme | Révolution | Usine | Prolétariat | Réalisme | Culture | Théorie |
Ouvrage disponibleSotteville, la place publique, Daniel Andrieu Benoît Eliot Sylvain Marchand Meftah Lissiri Régis Sénécal
Sotteville n'est pas une ville comme les autres... En deux siècles, la ville de Sotteville-lès-Rouen est passée d'un village agricole de quelques milliers d'âmes au XIXe siècle à une ville de 30 000 habitants. Des fumées de l'usine Bertel à l'arrivée des ateliers de chemins de fer, un certain état d'esprit populaire, ouvrier, cheminot, solidaire, flotte sur la cité. Deuxième ville socialiste de France en 1898, Sotteville s'anime, bouge, respire au son des marchés, des crissements des locomotives, des parades costumées ou des matchs de football endiablés. On se retrouve le dimanche à l'Eldorado, salle de 800 places, située place Voltaire, ou dans l'un des six cinémas de la ville. Mais la seconde Guerre Mondiale a brutalement stoppé cette ferveur populaire. 70% de la ville a été pulvérisée par les bombardements alliés dont ceux du 19 avril 1944 visant les dépôts SNCF. La gloire de la cité cheminote est aussi la cause de son désastre. Dès 1945, Marcel Lods est nommé architecte de la reconstruction par le Ministère de la Reconstruction. Le Corbusier à Marseille, Perret au Havre et Lods à Sotteville. Il s'agit de faire vite pour reloger une population sinistrée, vivant dans des baraquements insalubres. Il imagine et conçoit une véritable transformation de la ville, la préparant pour les 50 prochaines années. Disciple de la charte d'Athènes, il déplace le centre-ville, reloge les sinistrés, réserve des espaces verts, aménage une zone industrielle... La tâche est immense et l'ampleur à l'échelle d'une ville. Sotteville se relève, lentement. Une réappropriation des lieux que les acteurs politiques et culturels ont fait renaître à partir des années quatre-vingt grâce à une volonté, une ambition, une énergie commune retrouvée dans l'esprit du "faire ensemble". Viva Cité émerge et devient le fleuron culturel de la ville pour un rayonnement national voire international. Les activités industrielles qui ont marqué l'identité de la ville sont réorientées vers de nouvelles destinations culturelles. Le Trianon devient salle de musiques actuelles, les ateliers Buddicom abritent aujourd'hui le Centre National des Arts de la Rue et de l'Espace Public.
Sotteville, la place publique, Daniel Andrieu Benoît Eliot Sylvain Marchand Meftah Lissiri Régis Sénécal, Editions Octopus, Août 2019.
MOTS CLÉS : Editions Octopus | Daniel Andrieu | Benoît Eliot | Sylvain Marchand | Meftah Lissiri | Régis Sénécal | Normandie | Rouen | Sotteville | Ville | Urbanisme | Art | Architecture | Industrie | Reconstruction | Patrimoine | Socialisme | Cheminots | Ouvriers |
Ouvrage disponibleLes chemins égarés: Géographie sociale des lieux de sexualité entre hommes, Mathieu Riboulet Laurent Gaissad Amélie Landry
Des lieux de rencontres sexuelles, on en trouve partout mais pas n'importe où. Situés en marge des villes (zones industrielles, sous-bois, aires d'autoroutes...), leur localisation échappe au regard des non-initiés. Les Chemins égarés est une réflexion d'Amélie Landry sur ces espaces autonomes où s'exercent des désirs d'expériences libres entre hommes de tous âges et horizons. Amélie Landry emprunte une forme d'investigation inspirée des sciences sociales où se mêlent photographies de paysages, portraits en situation, cartographies, paroles d'usagers. Cette enquête d'Amélie Landry, que l'écrivain Mathieu Riboulet et le sociologue Laurent Gaissad accompagnent d'un texte, constitue un témoignage unique sur le basculement d'une époque, sur un rapport minoritaire à la sexualité et au monde qui apparaît comme une forme de résistance.
Les chemins égarés: Géographie sociale des lieux de sexualité entre hommes, Mathieu Riboulet Laurent Gaissad Amélie Landry, Editions Le Bec en l'air, Février 2017.
MOTS CLÉS : Editions Le Bec en l'air | Mathieu Riboulet | Laurent Gaissad | Amélie Landry | Ville | Urbain | Géographie | Photographie | Cartographie | Sociologie | Sexualité | Homosexualité | LGBTQIA+ | Queer | Rencontre |
Ouvrage disponibleCarrière Miséry : destruction de la ville sauvage, Collectif Puma/Nantes
La diversité, ce n'est pas rien, c'est la condition même de la vie - et de la vie bonne. Ce qui arrive aujourd'hui à la carrière Miséry, dans le quartier du Bas-Chantenay à Nantes, une carrière unique en Europe selon les mots de Gilles Clément, un morceau de ville sauvage en devenir, incarne cet aménagement prétendument transitionnel qui consiste en réalité à … La diversité, ce n'est pas rien, c'est la condition même de la vie - et de la vie bonne. Ce qui arrive aujourd'hui à la carrière Miséry, dans le quartier du Bas-Chantenay à Nantes, une carrière unique en Europe selon les mots de Gilles Clément, un morceau de ville sauvage en devenir, incarne cet aménagement prétendument transitionnel qui consiste en réalité à extirper la diversité végétale, animale, mais aussi sociale et culturelle. L'exécutif métropolitain capture la carrière à l'été 2016 et y organise à grands frais la propagande d'un projet touristique contestable, l'arbre aux hérons, servi par un jardin annoncé extraordinaire : poétique obligatoire et simpliste, fragilité industrielle et technologique, économie dirigée et ultra-subventionnée, obligation faite aux acteurs locaux d'y adhérer. Le chantier a démarré. Il n'est pas beau à voir. Défoncer et scalper un des rares morceaux de ville sauvage pour y installer une cascade artificielle dans le temps de l'échéance électorale ? Forcer les imaginaires, les réduire à des actes de consommation touristique et à une révérence subventionnée ? Obliger la communauté à une nouvelle bulle spéculative dans tout un quartier ? Voilà quelques questions que la friche Miséry nous pose par sa modestie et sa discrétion mêmes.
Carrière Miséry : destruction de la ville sauvage, Collectif Puma/Nantes, Editions à la criée, Mai 2019.
MOTS CLÉS : Editions à la criée | Collectif Puma/Nantes | Métropole | Ville | Urbain | Territoire | Urbanisme | Biodiversité | Écologie | Gentrification | Propagande | Abandon | Friche | Photographie |
Ouvrage disponibleRevue Z n°9 : Toulouse, Revue Z
Entre Toulouse dédiée à la high-tech et ses campagnes offertes à l’agro-industrie : pourtant l’autonomie paysanne se réinvente, pourtant les personnes Sourdes résistent à l’oralisation. San Francisco Bangalore Google du loup Culture Sourde Sivens agrobusiness Rurale poursuite
Revue Z n°9 : Toulouse, Revue Z, Editions Revue Z, Septembre 2015.
MOTS CLÉS : Editions Revue Z | Revue Z | Toulouse | Technopole | HighTech | Agroindustrie | SiliconValley | ZAD | Usine | Exploitation | |
Ouvrage disponibleRevue Z n°13 Rouen : Fumées Noires et Gilets Jaunes, Revue Z
L’événement a eu lieu à Rouen, le 26 septembre 2019, et il y avait de la fumée noire. Est-ce un accident grave ? Pas sûr. A-t-il pollué l’eau et les terres ? Les études le diront. A-t-il intoxiqué les Rouennais·es ? Cela reste à prouver. L’industriel en est-il responsable ? En tout cas, il s’excuse pour le désagrément. Pour son treizième numéro, l’équipe de Z s’est installée à Rouen au lendemain de l’incendie de l’usine Lubrizol, qui a déversé l’équivalent d’une marée noire dans le ciel de la Normandie. Dix mille tonnes de produits chimiques hautement toxiques partis en fumée, plus de dix tonnes d’amiante dispersées sur l’agglomération. Usines en feu Épidémies de cancer Vies en caravane Quitter la chimie Notre-Dame-des-Palettes Prolétaires au Niger
Revue Z n°13 Rouen : Fumées Noires et Gilets Jaunes, Revue Z, Editions Revue Z, Mai 2020.
MOTS CLÉS : Editions Revue Z | Revue Z | Lubrizol | Incendie | Pollution | GiletsJaunes | France | Rouen | Écologie | Justice | Enquête | Manifestation | Santé | Reportage |
Ouvrage disponibleLes débats sur la ville 1, Francis Cuillier François Ascher Alexandre Chemetoff Christian Devillers Charles Gachelin Jorge Gaspar Hervé Huntzinger Jean Marieu Pierre Merlin Pedro Ortiz-Castano Philippe Panerai Bernard Pecqueur Riccardo Petrella Bernard Préel
Comment conduire un projet urbain ? Qu'est-ce qu'un espace public ? Comment une meilleure conception des voies peut-elle requalifier un territoire ? Quelles sont les conditions d'élaboration d'un projet métropolitain ? Les villes doivent-elles se plier ou bien se soustraire aux critères imposés par la mondialisation ? Quelles méthodes de planification pour quels objectifs de développement ? Quelle ville vivrons-nous demain : entre étalement périurbain et urbanisme de proximité, la prospective tranche-t-elle ? Comment organiser un "service public de la mobilité", à supposer que l'on ait encore besoin de se déplacer ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles ce premier volume des Débats sur la ville apporte des réponses. Il rassemble les textes rédigés à partir des conférences d'éminents urbanistes, économistes, professeurs et consultants français et étrangers, invités par l'agence d'urbanisme de Bordeaux Métropole d'Aquitaine et par la Chambre de commerce et d'industrie de Bordeaux. La qualité des interventions ici offertes fait de cet ouvrage un outil particulièrement intéressant pour tous ceux qui se sentent concernés par les débats et réflexions sur la ville.
Les débats sur la ville 1, Francis Cuillier François Ascher Alexandre Chemetoff Christian Devillers Charles Gachelin Jorge Gaspar Hervé Huntzinger Jean Marieu Pierre Merlin Pedro Ortiz-Castano Philippe Panerai Bernard Pecqueur Riccardo Petrella Bernard Préel, Edition CONFLUENCES, octobre 1999.
MOTS CLÉS : Edition CONFLUENCES | 4e Assisses du Patrimoine de Grand-Ouest | Architecture | Urbanisme | Urbain | Patrimoine | Habitat | Centreville | Réhabilitation | Modernité | Périurbanisation | Europe |
Ouvrage disponiblePour une écologie libertaire : Penser sans la nature, réinventer des mondes, Damien Darcis Thierry Paquot Maud Hagelstein
Dans ce livre, nous racontons une histoire, celle de la disparition des communautés paysannes avec l’avènement de la modernité. Auto-gouvernées et auto-subsistantes, celles-ci entretenaient avec leurs territoires une relation de co-construction impensable au départ des catégories modernes, en particulier celles d’industrie, de patrimoine et de nature. Nous défendons une hypothèse : l’industrialisation des territoires, indissociable de l’invention de zones à valeur patrimoniale (historique ou naturelle), s’inscrit dans une logique de gouvernement des vivants. Une fois séparés le monde des humains et celui de la nature, une fois rompues les puissances qui les lient ou les attachent l’un à l’autre, une fois que chacun a son monde, sa zone, sa place et son rôle bien à soi, les interactions entre ces mondes peuvent être soigneusement contrôlées, chacun d’eux peut être plus facilement gouverné. Nous faisons un pari : assumer l’artificialité des découpages modernes permet de dégager d’autres manières de composer des mondes, plus riches en vivants, mais également plus libres, jusque sur les pelouses des grands-ensembles, dans la rue en cul-de-sac d’une grande ville ou dans un espace naturel protégé. Autrement dit, nous posons que l’enjeu, à la fois politique et écologique, est d’expérimenter des manières d’hybrider les espaces et de faire cohabiter les vivants que la modernité a séparés. Ce livre est conçu comme une aventure : nous pensons chaque fois en étant pris dans des expériences concrètes (la mise en réserve naturelle d’un espace de montagne, la création d’une A.O.P., une ZAD), depuis les conflits qu’elles génèrent et les déplacements que ceux-ci opèrent sur nos habitudes de pensée.
Pour une écologie libertaire : Penser sans la nature, réinventer des mondes, Damien Darcis Thierry Paquot Maud Hagelstein, Editions ETEROTOPIA, mars 2022.
MOTS CLÉS : Editions ETEROTOPIA | Damien Darcis | Thierry Paquot | Maud Hagelstein | Écologie | Environnement | Libertarianisme | Autogestion | Territoire | ZAD | Communalisme | Militantisme |
Ouvrage disponiblePourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? (une ville), Katy Couprie Stéphane Gatti Michel Séonnet Habitants de Saint-Dizier
C'est une ville où toutes les péripéties de l'aventure urbaine sont inscrites dans le paysage : le développement de l'industrie lourde; l'exode des campagnes; la mémoire ouvrière; les taudis; les bidonvilles; puis le rêve construit d'une ville idéale; l'afflux de main-d'œuvre étrangère; l'effondrement industriel; la marginalisation des cités. C'est une ville où la ville semble en permanence pouvoir être interrogé avec ceux-là même qui y vivent. Encore faut-il qu'ils parlent. Qu'ils racontent ce qu'ils savent, ce qu'ils vivent. Qu'ils désignent les lieux et les époques. Qu'ils tentent de découvrir cette part d'eux-mêmes dont ils ne sont pas forcément conscients. Que nommant les lieux et les jours, ils réinventent leur regard sur ce qui leur est le plus quotidien. De là ce travail, réalisé par Katy Couprie, Stéphane Gatti, Michel Séonnet avec des habitants de Saint-Dizier, Haute-Marne.
Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? (une ville), Katy Couprie Stéphane Gatti Michel Séonnet Habitants de Saint-Dizier, Editions le bar floréal, juin 1998.
MOTS CLÉS : Editions le bar floréal | Katy Couprie | Stéphane Gatti | Michel Séonnet | Habitants de Saint-Dizier | Makhnovtchina | Ville | Métropole | Saint-Dizier | Urbanisme | Industrialisation | Prolétariat | Bidonvilles | Sans-Abri | Migration | Témoignage | Enquête |
Ouvrage disponibleEnclaves nomades : Habitat et travail mobiles, Arnaud Le Marchand
Depuis la fin des années quatre-vingt en Europe : squats, foyers, tentes, caravanes, fourgons, etc réapparaissent de plus en plus fréquemment. Or l'habitat précaire et mobile est une pratique de groupes professionnels : marchands et industriels forains, travailleurs des transports, salariés du bâtiment et de l'industrie, voire du secteur tertiaire (personnes sans-emploi). Ces formes de logements occupent des espaces reliés à des fonctions, elles ne sont pas "hors jeu". Ce monde du travail et de l'habitat mobile ou précaire permet de saisir certains aspects des changements économiques en cours. Il est en outre impliqué dans les migrations, le tourisme et les fuites hors du salariat. L'examen de divers fonds d'archives permet de retrouver le monde de l'habitat mobile ou de passage au cours du XIXe et du XXe siècles. Il s'articule à des organisations de l'intermittence sur les ports, il est impliqué dans des processus d'innovations via les foires. Les nouvelles formes d'organisation de la production industrielle expliquent son renouvellement. Il s'agit d'un monde transverse à différentes sphères de la circulation et de la production. On peut ainsi esquisser des liens entre les mutations du travail "post-fordistes" et les changements de la ville contemporaine. L'habitat "non-ordinaire" n'est pas une scorie, mais au contraire une production actuelle qui recherche sa légitimité entre spatialisation de la question sociale et discours radicaux. Arnaud Le Marchand est maître de conférences en sciences économiques à l'université du Havre. Il collabore à la revue Multitudes, ses recherches portent sur l'économie du travail et l'économie urbaine dans la mondialisation.
Enclaves nomades : Habitat et travail mobiles, Arnaud Le Marchand, Editions du Croquant, septembre 2011.
MOTS CLÉS : Editions du Croquant | Arnaud Le Marchand | Makhnovtchina | Nomadisme | Nomades | Habitat | Habitat Mobile | Mal-logement | Gens du voyage | Forains | Travailleurs | Travail | Intermitence | Salariat | Chômage | Etude | Sociologie | Sociale | |
Ouvrage disponibleMoujik Moujik / Notown, Sophie G. Lucas
« L’idée de moujik moujik est née d’une colère et d’une impuissance. D’abord. La mort d’un homme, Francis, qui vivait sous une tente, dans le bois de Vincennes, l’hiver 2008. La découverte de ces dizaines de personnes, hommes et femmes, jeunes et vieux, vivant dans ce bois. Invisibles. Et la litanie de personnes mortes de froid cet hiver-là, en France, annoncée à la radio. J’ai voulu écrire à partir d’eux, de la marge, leur redonner une identité. Et je voulais que ce soit la forme poétique qui s’en saisisse. Pour que l’on voie de nouveau ces hommes et ces femmes de la rue. Qu’on les regarde. […] Avec cette approche documentaire, je savais que moujik moujik ouvrait un travail plus long. Je voulais pousser plus loin cette démarche, et toujours avec la volonté de partir des marges, d’évoquer les plus fragiles. C’est ainsi que je me suis intéressée à la ville de Detroit, surnommée Notown. 2008, c’est la crise des subprimes et la ville est touchée de plein fouet. Detroit parce que je suis fascinée par « l’autre Amérique », parce qu’elle me fait penser à ma ville, Saint-Nazaire, où toute une population tient sur une industrie, avec une culture ouvrière marquée. Et Detroit m’est apparue comme un symbole de l’effondrement du système ultralibéral (qui n’a pas eu lieu). Les habitants ont été abandonnés. » Sophie G. Lucas
Moujik Moujik / Notown, Sophie G. Lucas, Editions La grande allée, collection La sentinelle, 2017.
MOTS CLÉS : Editions La grande allée | collection La sentinelle | Sophie G. Lucas | Cinéma sur les ruines du futur | Roman | Sans-Abris | Immigration | Paris | Detroit |
Ouvrage disponibleTue ton Patron 2, Jean-Pierre Levaray
On a tous rêvé, un jour, une nuit, de se débarrasser de son patron. Mais ce n’est pas si facile. Alors, si on s’y mettait tous ensemble ? C’est ce que les ouvriers d’une usine fabriquant des composants électroniques pour le secteur automobile mettent en œuvre lorsque le patron veut fermer la boîte. Cela se passe très vite, en quelques heures, à la faveur d’une réunion pour annoncer les licenciements. Mais pour que ce soit rapide et efficace, il faut avoir tout bien préparé. Tue ton patron, premier du genre, racontait l’acte individuel d’un chômeur. Pour ce deuxième opus, c’est le « tous ensemble » qui prévaut. Plus efficace ? Moins noir ? À voir et à lire. Imaginez un monde sans patron… Jean-Pierre Levaray, ouvrier dans l’industrie chimique, est l’auteur de Putain d’usine (L’Insomniaque puis Agone ; édition BD avec le dessinateur Efix : Petit à Petit). Aux éditions Libertalia, il a publié le roman Tue ton patron (2010). Une adaptation en bande dessinée, toujours avec Efix, devrait paraître au cours du premier semestre 2012.
Tue ton Patron 2, Jean-Pierre Levaray, Editions Libertalia, mars 2012.
MOTS CLÉS : Editions Libertalia | Jean-Pierre Levaray | Cinéma sur les ruines du futur | Roman | Travail | Usine | Sociale | Polar |
Ouvrage disponibleTue ton Patron, Jean-Pierre Levaray
« Eh oui, j’ai tué mon patron. Il ne pouvait pas en être autrement. J’avais perdu mes plus belles années entre les murs de son entreprise, j’avais vu quelques copains y mourir, j’y avais usé ma santé, mais ça n’a pas empêché qu’un jour je reçoive ma lettre de licenciement. J’ai fait partie de la dernière charrette. Jeté comme un Kleenex, ni plus ni moins. Le restant de ma vie cassée, vidée. Il fallait bien que quelqu’un paie et je n’ai pas eu de mal à savoir qui. Je suis allé dans son antre, là où il dirige tout. Je l’ai traqué, suivi. J’ai appris à connaître son milieu, à rencontrer son entourage et ses congénères… Et un jour, plutôt une nuit… » Jean-Pierre Levaray est né en 1955. Ouvrier dans l’industrie chimique, chroniqueur au Monde libertaire et à CQFD, il est l’auteur de récits poignants sur la condition ouvrière dont Putain d’usine (L’Insomniaque, 2002), Tranches de chagrin (L’Insomniaque, 2006) et À quelques pas de l’usine (Chants d’ortie, 2008). Gil est né en 1959. Il a publié plusieurs recueils de dessins, parmi lesquels Le Monde n’est pas une marchandise (No Pasaran, 2007). De 1984 à 2000, il a participé aux activités du fanzine et du label On a faim ! avec Jean-Pierre.
Tue ton Patron, Jean-Pierre Levaray, Editions Libertalia, Février 2010.
MOTS CLÉS : Editions Libertalia | Jean-Pierre Levaray | Cinéma sur les ruines du futur | Roman | Travail | Usine | Sociale | Polar |
Ouvrage disponibleLa comédie urbaine, Sébastien Doubinsky
Il n'y a pas pire que des poètes remontés. C'est toujours eux les premiers sur les barricades. Ils ne s'interrogent pas, les poètes. Ils foncent.; C'est l'histoire non d'un mais de trois mecs qui vont révolutionner sans le savoir l'inépuisable jeu de l'amour et du hasard que la littérature cherche à circonscrire depuis ses balbutiements. Notre premier est un poète raté prêt à tout pour immortaliser sa muse dans son oeuvre ; notre deuxième est un as des cocktails et de l'échec amoureux ; notre troisième est un ex-cobaye de l'industrie pharmaceutique à la rencontre du Vaudou. Qu'ont-ils tous en commun ? La vie, l'amour, la fougue, l'alcool, le désir et les sentiers tortueux de cet âge insolent qu'est la vingtaine. Ensemble, ils font plus que se croiser, ils se lancent dans une inoubliable course de relai vers le nirvana amoureux. Le tout sous l'oeil attendri, amusé et fatigué des femmes qui traversent leur vie. On l'aura compris, La Comédie urbaine n'est ni La Divine comédie ni La Comédie humaine. Surfant sur d'autres énergies, elle témoigne pourtant d'un superbe élan d'humanité, sans jamais cesser d'être divinement drôle. Un sacré shot de lose dans un océan de désir et de douceur.
La comédie urbaine, Sébastien Doubinsky, Editions Publie Net, collection temps réel, janvier 2021.
MOTS CLÉS : Editions Publie Net | Collection temps réel | Sébastien Doubinsky | Cinéma sur les ruines du futur | Roman | Amour | Romance | Portrait | Urbain | Sociale |
Ouvrage disponibleApocalypse show, quand l'Amérique s'effondre, Anne-Lise Melquiond
Zombies, extraterrestres, holocauste nucléaire, robots androïdes, disparitions mystérieuses et virus exterminateurs sont révélateurs de la grande peur des États-Unis : la chute de la nation. Les catastrophes et le « monde d’après » hantent les séries télévisées américaines, surtout depuis les attentats du 11 septembre 2001. The Walking Dead, Battlestar Galactica, The Leftovers, The 100 : ces versions du cataclysme, ces mises en scène de la survie rejouent, chacune à leur façon, l’Histoire américaine, sa violence, ses ruptures, ses conquêtes et ses frontières, et lui offrent une catharsis. En banalisant les images de la catastrophe, les séries post-apocalyptiques habituent les gens au spectacle du « pire », sans pour autant les confronter aux menaces réelles que connaît la Terre aujourd’hui, du réchauffement climatique aux désastres industriels. Car comme le démontre Apocalypse Show, quand l’Ame?rique s’effondre, les États-Unis préfèrent imaginer la fin du monde plutôt qu’envisager la fin du capitalisme. Anne-Lise Melquiond est l’autrice d’une thèse intitulée « Apocalypse et fin du monde dans les séries télévisées américaines ». Elle enseigne l’histoire et la géographie. Apocalypse show, quand l’Amérique s’effondre est son premier essai.
Apocalypse show, quand l'Amérique s'effondre, Anne-Lise Melquiond, Editions Playlist Society, septembre 2021.
MOTS CLÉS : Editions Playlist Society | Anne-Lise Melquiond | Cinéma sur les ruines du futur | Etats-Unis | Amérique | Apocalypse | Science-Fiction | Etude sur la Science-Fiction |
Ouvrage disponibleUsines, en bord de Seines : Portrait d'un territoire en mouvement, Marine Simon,Loïc Séron
L'histoire du territoire ne peut pas être dissociée de la Seine qui a façonné les paysages mais aussi la vie des hommes qui se sont établis le long de ses rives. Le Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande a vocation à préserver la diversité du territoire et à travers le projet de territoire Le Monde du travail initié en 2016, il s'est donné comme ambition de mieux faire connaître l'histoire industrielle locale. Cet ouvrage est né du travail de recherche mené au Parc par Marine Simon, doctorante à l'université de Rouen, et de la collecte de mémoire orale qui en a découlé. Cet ouvrage est aussi le fruit de la réflexion menée avec Mylène Beaufils, directrice du musée industriel de la Corderie Vallois et de la rencontre avec le photographe Loïc Séron qui a arpenté les industries du département pour réaliser l'exposition Portrait du monde ouvrier. Accompagnée d'iconographies anciennes, la première partie de l'ouvrage présente les industries qui ont façonné le territoire entre Duclair et Rives-en-Seine : la clouterie Mustad, les centrales électriques, la Savonnerie et l'Huilerie à Yainville, le chantier naval et la Société de La Mailleraye au Trait, Latham à Caudebec-en-Caux. L'ouvrage donne ensuite la parole à ceux qui ont travaillé dans ces usines, où ils y ont appris un métier et acquis des savoir-faire qu'ils ont transmis aux générations suivantes. Aujourd'hui, la vallée de la Seine est toujours un espace économique dynamique et c'est ce que montrent les photographies de Loïc Séron, qui a exploré Flexi France, Christofle et la REVIMA, ainsi que le site "transformé" de la clouterie Mustad. C'est tout un univers insoupçonné qui s'offre au lecteur. Au coeur du territoire du Parc, ces entreprises participent de l'attractivité du territoire et perpétuent une histoire industrielle centenaire encore très vivante dans la mémoire des habitants.
Usines, en bord de Seines : Portrait d'un territoire en mouvement, Marine Simon,Loïc Séron, Editions Octopus, novembre 2017.
MOTS CLÉS : Editions Octopus! | Marine Simon | Loïc Séron | Cinéma sur les ruines du futur | Usines | Fleuve | Axe Seine | Rouen | Havre | Paris | Industrialisation |
Ouvrage disponibleFlux : comment la pensée logistique gouverne le monde, Mathieu Quet
Notre monde est logistique. La pléthore d'acteurs qui consacrent leur énergie à acheminer les biens consommés de par le globe en témoigne : la circulation des marchandises est devenue un moteur essentiel du capitalisme mondialisé. Les pays les plus riches se constellent d'entrepôts qui prennent la place des usines abandonnées ; les pays les plus pauvres, eux, assurent la fabrication et le traitement des biens qui sillonnent la planète pour être achetés, consommés, mis au rebut. Si c'est le monde industriel et marchand qui a donné à la rationalité logistique sa forme la plus aboutie, celle-ci s'étend aujourd'hui à l'ensemble de nos activités. Des politiques migratoires aux pratiques culturelles, de la conservation de l'environnement aux relations humaines, il n'existe plus guère de domaines de la vie qui ne soient soumis à la gestion des flux, ce principe fondamental d'intendance. Il est grand temps de se demander comment le royaume logistique régit nos existences ; de montrer combien les conséquences de ses manquements sont dramatiques pour le vivant ; de raconter les multiples luttes qui lui font face. Et surtout, comme s'y emploie ce livre, il est urgent d'inventer d'autres imaginaires de la circulation et du transport, d'autres sujets collectifs pour un monde dans lequel les circulations ne seraient pas un instrument mortifère au service de la valeur marchande.
Flux : comment la pensée logistique gouverne le monde, Mathieu Quet, Editions la découverte, Label Zones, janvier 2022.
MOTS CLÉS : Editions la découverte | Mathieu Quet | Cinéma sur les ruines du futur | Logistique | Capitalisme | Politique | Industrie | Environnement |
Ouvrage disponibleLa métropole performative ? : Échelles de la fabrique métropolitaine Rouennaise, Jean Debrie,Xavier Desjardins
Se dire métropole, est-ce la faire advenir ? En quoi son seul énoncé produit-il des effets ? Comment, en tant qu’institution, peut-elle accompagner voire impulser de nouvelles relations interterritoriales ? À ces questions est apportée ici une réponse centrée sur la Métropole Rouen Normandie, qui se distingue par son équation politique singulière et un jeu d’échelles à trois dimensions entre métropole élargie, Axe Seine et région Normandie. Les cahiers POPSU rassemblent les connaissances produites au fil des travaux de recherche-action menés par la Plateforme d’observation des projets et stratégies urbaines (POPSU) dans le cadre du programme « Métropoles ».
La métropole performative ? : Échelles de la fabrique métropolitaine Rouennaise, Jean Debrie,Xavier Desjardins, Editions autrement, décembre 2020.
MOTS CLÉS : Editions autrement | Jean Debrie | Xavier DesjardinsCinéma sur les ruines du futur | Fleuve | Ville | Métropole | Rouen | Normandie | Axe Seine | Industrie |
Ouvrage disponibleDe la ville-port à la métropole fluviale : Un portulan pour Strasbourg, Antoine Beyer,Jean-Alain Héraud,Frédéric Rossano,Bruno Steiner
Un portulan décrivant les côtes et les ports, leurs accès, les risques encourus accompagnait autrefois les navigateurs. Avec ses 400 kilomètres de cours d’eau, ses 220 000 croisiéristes et son grand port industriel rhénan, Strasbourg possède un réseau hydrologique étendu, complexe et très sollicité, porteur d’enjeux et de questionnements importants. Esquisser le portulan contemporain du territoire fluvial strasbourgeois, c’est le pari du travail collectif en cours, qui repère les interactions liant fonctions portuaires et urbaines comme de possibles leviers de métropolisation. Les cahiers POPSU rassemblent les connaissances produites au fil des travaux de recherche-action menés par la Plateforme d’observation des projets et stratégies urbaines (POPSU) dans le cadre du programme « Métropoles ».
De la ville-port à la métropole fluviale : Un portulan pour Strasbourg, Antoine Beyer,Jean-Alain Héraud,Frédéric Rossano,Bruno Steiner, Editions autrement, février 2021.
MOTS CLÉS : Editions autrement | Antoine Beyer | Jean-Alain Héraud | Frédéric Rossano | Bruno Steiner | Cinéma sur les ruines du futur | Fleuve | Ville | Métropole | Strasbourg | Industrie |
Ouvrage disponibleHydrogène Mania : Enquête sur le totem de la croissance verte, Aline Nippert
L'hydrogène est-il le nouveau pétrole ? Industrie lourde, mobilité routière et aviation, chauffage des bâtiments et production d’électricité, la molécule H2 permettrait de décarboner toutes sortes d’activités polluantes. L’hydrogène incarne désormais le rêve techno-solutionniste : résoudre le problème du réchauffement climatique sans compromettre l’idéal de croissance. Face à ce consensus apparent, le monde entier s’emballe et les gouvernements débloquent des milliards pour prendre part à cette révolution annoncée. L’hydrogène représente-t-il une solution climatique sérieuse ? Où, comment et par qui est-il produit ? Combien coûte-t-il ? De la Norvège à la Belgique, en passant par la Vendée, la Seine-Maritime, l’Hérault, le département du Nord et le territoire de Belfort, Aline Nippert nous plonge au cœur de l’industrie hydrogène française et européenne. Au fil d’une enquête inédite, elle nous dévoile les réalités – économique, politique, écologique et humaine – qui se cachent derrière une filière en plein boom. Aline Nippert est journaliste scientifique. Spécialiste des enjeux de décarbonation et des stratégies de procrastination de l'industrie, elle suit les évolutions du secteur de l'énergie pour la presse spécialisée et grand public.
Hydrogène Mania : Enquête sur le totem de la croissance verte, Aline Nippert, Editions le passager clandestin, mai 2024.
MOTS CLÉS : Editions le passager clandestin | ALine Nippert | Cinéma sur les ruines du futur | Hydrogène | Energie | Industrialisation | Ecologie | Transition écologique | Europe | France |
Ouvrage disponibleTravailler sur la Seine 1850-1914, La CREA - Fabrique des Savoirs
Les années impressionnistes, qui voient dans la seconde moitié du XIXe siècle l'essor de ce mouvement qui a révolutionné la peinture, sont aussi les années d'une autre révolution, industrielle celle-là. Le paysage du fleuve connaît alors des bouleversements profonds, qui lui voient prendre le visage que nous lui connaissons aujourd'hui. Ouvrant Rouen et sa région vers Paris et vers le monde, la Seine est un lieu bouillonnant de vie, un lieu d'échanges multiples, de labeur quotidien, où se croisent des professions très diverses : marins, ingénieurs, terrassiers, ouvriers des chantiers navals, bateliers et haleurs, passeurs et pêcheurs, et tout ce petit monde foisonnant qu'ils font vivre... Cet ouvrage ressuscite l'histoire du fleuve - qui s'écrit encore aujourd'hui - pour mieux reconsidérer sa place dans la formation de notre territoire.
Travailler sur la Seine 1850-1914, La CREA - Fabrique des Savoirs, Editions point de vues, 2013.
MOTS CLÉS : Editions La Découverte | Cinéma sur les ruines du futur | Histoire | Travail | Peinture | Impresionnisme | Seine | Territoire |
Ouvrage disponibleHistoires d'usines, 180 ans de vie industrielle dans l'agglomération rouennaise., Alain Alexandre, Michel Croguennec
De par sa proximité avec l'Angleterre, berceau de la Révolution industrielle, l'agglomération rouennaise est, dès la fin du XVIIIe siècle, témoin de l'essor de nouvelles industries et de la modernisation des modes de production dans la chimie, le textile, la sidérurgie et la métallurgie. Les possibilités offertes par le port de Rouen pour l'importation des matières premières et l'exportation des productions vont constituer, à partir des années 1900, un formidable appel d'air pour l'installation, le long des rives du fleuve, de dizaines d'usines liées à la pétrochimie, aux engrais, à la sidérurgie et la production papetière. Si cette histoire industrielle de l'agglomération rouennaise est bien connue et a déjà fait l'objet d'une multitude de recherches et de publications de la part des historiens et des géographes, en revanche, l'histoire des entreprises, en elles-mêmes, n'a fait jusqu'ici l'objet que de peu de travaux. Frappés par cette lacune et par la vitesse avec laquelle le souvenir des usines disparues s'efface, Alain Alexandre et Michel Croguennec ont voulu se livrer à un inventaire des principaux établissements industriels qui ont vu le jour entre 1840 et 1970. Grâce à cet ouvrage de référence, ce sont presque deux siècles d'histoire industrielle de l'agglomération rouennaise qui sont ici retracés à travers la vie d'usines comme le tissage Fauquet-Lemaître, la Fermeture Eclair, la Compagnie Rouennaise de Linoléum, les Aciéries de Maromme, la filature Gresland, la margarinerie Pellerin, la boulangerie industrielle Touflet, Lubrizol ou Petroplus...
Histoires d'usines, 180 ans de vie industrielle dans l'agglomération rouennaise., Alain Alexandre, Michel Croguennec, Editions l'écho des vagues, décembre 2013.
MOTS CLÉS : Alain Alexandre | Michel Croguennec | Editions l'écho des vagues | Cinéma sur les ruines du futur | Industrialisation | Usines | Histoire | Rouen | |
Ouvrage disponibleCeci n'est pas un Atlas La cartographie comme outil de luttes, 21 exemples à travers le monde, Nepthys Zwer
La carte spatialise des données économiques et sociales. Alors que la cartographie traditionnelle reflète et conforte les pouvoirs en place, la contre-cartographie montre une autre réalité de nos pratiques de l’espace : inégalités de conditions de vie et de droits, compromis politico-économiques, accaparement des terres, destruction des habitats par l’agro-industrie et l’industrie extractive... Ceci n’est pas un Atlas, à travers 21 exemples internationaux, montre comment la cartographie critique se fait outil de terrain au service des luttes et des mobilisations.
Contributeur·rices
596 Acres – Paula Z. Segal, Mara Kravitz | Alarmphone team – Stephan Liebscher, Ina Fisher | Anti-Eviction Mapping Project – Erin McElroy | Comissão Pró-Índio do Acre – Renato Antonio Gavazzi | Counter Cartographies Collective – Liz Mason-Deese, Tim Stallmann | Nermin Elsherif | Mark Graham, Stefano De Sabbata, Ralph Straumann, Sanna Ojanperä | genderATlas – Florian Ledermann | Habitat Forum Berlin – Elisa T. Bertuzzo, Günter Nest | Erica Hagen, Julian Stenmanns, Till Straube | HarassMap team – Noora Flinkman | Francis Harvey | Anna Hirschmann, Raphael Kiczka, Florian Ledermann | Hyderabad Urban Lab – Harsha Devulapalli, Indivar Jonnalagadda | Iconoclasistas – Julia Risler, Pablo Ares | Oliver Moss, Adele Irving | Sarah Mekdjian, Anne-Laure Amilhat Szary | André Mesquita | Lize Mogel | Matthieu Noucher | Felipe Martín Novoa | Arnisson Andre C. Ortega, Ma. Simeona M. Martinez, Cian Dayrit, Kristian Karlo C. Saguin | Élise Olmedo | Pappsatt-Kollektiv – Tobias Morawski | Projeto Nova Cartografia Social da Amazônia – Alfredo Wagner Berno de Almeida, Sheilla Borges Dourado, Carolina Bertolini | Phillipe Rekacewicz | Aude Vidal | Denis Wood | Nepthys ZwerCeci n'est pas un Atlas La cartographie comme outil de luttes, 21 exemples à travers le monde, Nepthys Zwer, Editions du commun, collectif orangotango, ouvrage coordonné par Nepthys Zwer, 2023, 240p.
MOTS CLÉS : orangotango | Nepthys Zwer | Editions du commun | cartographie de luttes |
AUTOUR DE L’OUVRAGE & DE L’AUTEUR
Vidéo(s) touvée(s) : Doctorat Sauvage du Samedi 18 Novembre 2023 de
Nepthys Zwer, au Hangar Zéro du Havre, Exploration cartographique : « Ici, c'est le port du Havre ! »
Ouvrage disponibleOù sont les « gens du voyage » ? Inventaire critique des aires d'accueil, William Acker
Ce n’est pas un hasard si les plus proches riverains de l’usine Lubrizol, partie en fumée toxique fin septembre 2019 à Rouen, étaient les habitant·es de l’aire d’accueil des « gens du voyage » de Petit-Quevilly. Partout en France, les lieux « d’accueil » attribués aux personnes relevant de cette dénomination administrative se trouvent à l’extérieur des villes, loin de tout service, ou dans des zones industrielles à proximité de diverses sources de nuisances. Constatant l’absence de chiffres opposables aux pouvoirs publics sur l’isolement de ces zones et leur rôle dans les inégalités environnementales, William Acker a décidé de les recenser, département par département. La première partie de cet ouvrage analyse le contexte historique, sociologique et politique de ces communautés et du rapport que l’État entretient avec elles. La seconde partie est l’inventaire exhaustif et cartographié des aires d’accueil. Cet inventaire s’appuie sur des critères précis et factuels comme la distance et la durée de trajet de la mairie à l’aire, la proximité immédiate de zones habitables ou de zones à risque sanitaire ou écologique (centrale nucléaire, déchèterie, usine, station d’épuration, etc.). C’est un travail inédit qui permet de mettre en lumière, d’une part, l’antitsiganisme diffus dans toutes les strates de notre société et, d’autre part, l’encampement moderne de toute une partie de la population invisibilisée de l’espace et du débat publics. Les « gens du voyage » sont en première ligne d’un des grands enjeux de lutte du XXIe siècle : le racisme environnemental.
Où sont les « gens du voyage » ? Inventaire critique des aires d'accueil, William Acker, Editions du commun, 2021, 448p.
MOTS CLÉS : William Acker | antitsiganisme | gens du voyage | aires d'accueil | seveso | zones à risque | périphéries | Editions du commun | zones industrielles |
AUTOUR DE L’OUVRAGE & DE L’AUTEUR
Vidéo(s) touvée(s) : Doctorat Sauvage du Jeudi 12 Octobre 2023 de
William Acker, à Echelle Inconnue, Où sont les Gens du Voyage ?