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ECHELLE INCONNUE PRESENTE SA REVUE

ÉCRIRE SUR LES RUINES DU FUTUR

Contre-Histoire(s) de la métropolisation
de la vallée de Seine

ÉCRIRE SUR LES RUINES DU FUTUR

Édito.

L’action urbaine ou territoriale semble être devenue une affaire de conteur.s…
Il y a longtemps déjà que nous voulions consacrer un numéro de notre revue à la communication urbaine ou, plus précisément, à la manière dont le récit participe de la production de la ville. C’est finalement bien tard, à l’heure où des programmes de storytelling urbain performent cette tendance à produire le monde, et fleurissent le long de l’Axe Seine, que nous nous voyons presque contraints de le faire. Ce numéro s’inscrit dans la continuité de notre travail sur la métropolisation du fleuve et ses berges, entre Paris et Le Havre, entamé en 2006.

Nous vivons des temps troubles malgré leur apparente transparence : tout semble accessible et à nu pour qui prendrait le temps de chercher l’information. Alors d’où ce trouble peut-il venir ? De la déraison qui pousse les métropoles à vouloir être tout ; ou plutôt, tout et son contraire : industrie et écologie, dépense et préservation, retenue et débordement, circuit court et pensée logistique mondialisée. À cela tout est bon, et les invitations à adhérer ou participer aux récits contradictoires se multiplient.

Participer ou se taire, voilà le choix qui nous est offert. Et ce qui n’était que de la communication métropolitaine en est aujourd’hui devenu l’ADN. Car nous vivons l’avènement du régime du projet et de la célébration, du marketing urbain et de ses labels, de la mise en récit de la communication politique. Ou, autrement dit, de l’urbanisme « fictionnel ».

Ainsi, jamais on ne convoqua autant que maintenant prospectives et perspectives narratives, futurologie et science-fiction. Jamais non plus ne les a-t-on autant dévitalisés, vidés de leur potentiel subversif. D’arme politique du pauvre comme le fut un temps le roman noir, les flics de la pensée en ont fait un outil réactionnaire, un dispositif de propagande au service de leur politique.

Par-delà les oppositions, les récits « métropolitiques » veulent tout avaler, prendre tout à leur compte. Être à eux seuls toute la démocratie. Toute l’Histoire.

On pourrait encore nous reprocher d’outrepasser notre rôle en traitant et intervenant finalement dans la question politique. Or, outre le fait que nous aimerions nous inscrire dans la continuité d’une histoire qui mène de Gustave Courbet à Armand Gatti, jamais il ne nous a semblé que les mondes de la politique, de l’industrie et de l’économie se déplaçaient sur le champ de la culture au point de se confondre avec elle. Et que, grâce à sa connotation festive, la culture assurait à la gouvernance métropolitaine (regroupant institutions publiques et privées), acceptation, voire soutien, de son régime d’action.

Mais surtout, ces récits font vacarme et couvrent les bruits sourds des problèmes éternellement non résolus : sans-abris ; expulsions ; ennui mortifère des banlieues populaires ; migrations ; expansion de la main d’œuvre détachée et souvent mobile, voire déplacée ; qualité de vie des ouvriers ; relogement des « Gens du Voyage » victimes de racisme environnemental et sanitaire, etc.

Alors, quelles narrations et formes de récit nous reste-t-il pour ouvrir un espace de débat et proposer une vision critique de la ville en train de se faire ?

Notre ambition ? Démontrer la déraison métropolitique dont nous crèverons peut-être avant même la fin du monde ! Comment ? En dessinant d’ores et déjà le profil des ruines à venir : celles de l’Axe Seine ; des Jeux Olympiques 2024 ; de Rouen Seine Normande 2028, Capitale européenne de la culture ; de l’industrie hydrogénée ; de la construction d’une mégalopole de Paris jusqu’au Havre. Leurs projets sont notre sujet d’étude, d’enquête et d’observation, et pour une part, ils écrivent d’eux-mêmes les catastrophes à venir. Pour le reste, Echelle Inconnue en prend la charge avec son Cinéma sur les ruines du futur.

SOMMAIRE

I. LEURS FUTURS

- Sommes-nous habitants ou comédiens d’une pièce écrite par d’autres ?
- De l’urbanisme fictionnel à la politique fictionnelle
- Cinquante nuance de labels. Ou ce que le tampon fait au jambon. De ville fleurie à Capitale européenne de la culture
- La science-fiction, dernier avatar de la communication de crise
- Les marchands de futurs hydrogénés
- La naturalité industrielle ou La Knacki Herta de l’écosystème
- Ce que l’Axe Seine a déjà de science-fiction

II. CEUX QUE L’ON VOUDRAIT

- Expertise ouvrière
- Ce que la SF nous fait voir de la ville. Ratés volontaires et réussites de la science-fiction en tant qu’analyse de la ville qui vient
- La science-fiction que l’on voudrait
- Un cinéma sur les ruines du futur
- La route du chaos. Conférence mobile et visite guidée de Port-Jérôme-Sur-Seine, capitale d’un désastre annoncé

III. RUSSIE. L’ÉTRANGETÉ OU L’AUTRE NOM DE L’AVENIR ?

- Paris / Rouen / Moscou. Un même projet que seule une malencontreuse guerre sépare
- Les grues de l’attractivité. Quand la ville bouge sous nos trottinettes immobiles
- Science-fiction russe. Poètes, vos papiers !
- L’économie de guerre ou le travail forcé décomplexé
- Un nouveau chapitre de la migration des peuples

IV. LES MANOUCHES DANS L’ESPACE

- Quelques nouvelles du projet de relogement des Voyageurs sinistrés par l’incendie industriel de Lubrizol
- Dîtes 33 ! L’art du diagnostic ou comment faire dire aux Voyageurs ce que l’on désire entendre
- Un monde de fou Comment construire un système dans lequel aucune demande ne peut aboutir
- Après le contrôle technique, la ZFE, rempart ultime contre les Voyageurs Vivre et habiter : entre code de l’urbanisme et code de la route

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