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La gouvernance de l'espace : L'architecture comme vecteur politique, Jean-Louis Cohen
En 2018, Jean-Louis Cohen (1949-2023) a participé avec enthousiasme au livre qui a inauguré la collection Architectures contemporaines aux éditions Hermann, À quoi sert l’histoire de l’architecture aujourd’hui ?. Il avait choisi de répondre à une autre question, celle de savoir si l’architecture servait aux politiques. « Beaucoup des régimes ayant élaboré une politique architecturale, et pas seulement les totalitarismes patentés, allemand, italien, japonais ou russe, l’ont assise sur des précédents. Ces programmes ont appelé des récits historiques conformes, des plus savants aux plus serviles, afin de justifier des formes historicistes. » Le texte du présent ouvrage est la version initialement rédigée en français pour la série de conférences sur les relations entre architecture et politique donnée à Mendrisio dans le cadre de la Chaire Borromini 2016-2017 (publiées en italien sous le titre Il governo dello spazio: l’archittetura come vettore politico. L’essai, composé de cinq chapitres adoptant une approche transversale du sujet, se termine par l’évocation de la fin du premier mandat de Donald Trump, dont les effets sont toujours d’actualité. L'Académie d'Architecture et docomomo France se sont associés pour rendre possible la publication de ces textes en français tant il semblait juste que l'hommage rendu à Jean-Louis Cohen après sa brutale disparition se matérialise par ses propres écrits.
La gouvernance de l'espace : L'architecture comme vecteur politique, Jean-Louis Cohen, Editions Hermann, Novembre 2025.
MOTS CLÉS : Editions Hermann | Jean-Louis Cohen | Gouvernance | Urbanisme | Ville | Architecture | Politique | Histoire | Territoire | Métropole | Géographie |
Ouvrage disponibleFrance 2050 : RCP8.5 Le Scénario noir du climat, Marc Lomazzi
" L'ouvrage offre un tour d'horizon pédagogique des bouleversements qui nous attendent, parsemé de cartes et de graphiques éclairants..." Marianne Dans le jargon du GIEC, le scénario noir du changement climatique porte un nom : RCP8.5. Un scénario qui ressemble au script d'un fim catastrophe : fonte des glaciers, montée des océans, sécheresses, mégafeux, villes les pieds dans l'eau, fleuves à sec, crises sanitaires, disparition des espèces... D'ici à 2050, un choc thermique d'une ampleur sans précédent rendra les continents chauds de plus en plus pénibles pour ceux qui y vivent et condamnera les zones tempérées à une alternance infernale de vagues de chaleur et de pluies diluviennes. Mais en quoi cette fresque terrible nous concerne-t-elle ? Quels sont les dangers qui menacent vraiment la France à l'horizon 2050 si le pire scénario du GIEC devient réalité ? Comment notre vie quotidienne sera-t-elle bouleversée ? Pour répondre à ces interrogations, l'auteur a rencontré des dizaines de scientifiques et d'experts. Cartes à l'appui, son livre brosse le tableau de la France de 2050 dont l'épisode historique de sécheresse et de canicules de l'été dernier nous a donné un avant-goût. Sans parti-pris, il montre que c'est maintenant qu'il faut se préparer à l'impensable -voire au pire- et trouver, à notre échelle, des réponses au chaos climatique qui s'annonce. Journaliste, Marc Lomazzi a été rédacteur en chef adjoint du quotidien Le Parisien-Aujourd'hui en France et chroniqueur sur France Inter. Passionné par les sujets liés à l'écologie et au climat, il est notamment l'auteur d'Ultra ecologicus, une enquête sur les mouvements écologistes radicaux.
France 2050 : RCP8.5 Le Scénario noir du climat, Marc Lomazzi, Editions Albin Michel, 2023.
MOTS CLÉS : Editions Albin Michel | Marc Lomazzi | Climat | Écologie | France | Environnement | Politique | Science Fiction | Territoire | Agriculture | Santé | Énergie |
Ouvrage disponibleCaptures, Marc Bernardot
Depuis quelques décennies, le contrôle des frontières et de l'accès à la citoyenneté a été considérablement renforcé en Europe et ailleurs. Alors même que se poursuit et s'accélère un puissant processus de globalisation, les mobilités humaines sont pour partie entravées. Cet ouvrage propose d'interpréter, à la lumière des anciennes guerres de capture d'esclaves, les dispositifs antimigratoires et d'analyser l'émergence de la figure du " sans-papiers " ou du " clandestin " qui n'est en fait qu'un étranger privé de ses droits. Ce modèle permet de résoudre la double contradiction apparente, d'une part entre les besoins avérés de main-d'oeuvre des pays occidentaux et ces politiques et, d'autre part, entre les fondements humanistes des démocraties et le recours à l'internement et à l'expulsion de civils. Marc Bernardot est professeur de sociologie à l'université du Havre. Il est membre du laboratoire CIRTAI et coanime l'équipe éditoriale du réseau TERRA. Spécialiste de sociologie historique de l'État et de l'espace, il travaille actuellement sur les politiques antimigratoires. Il est l'auteur de deux ouvrages de référence sur les institutions de gestion des migrations en France, Camps d'étrangers et Loger les immigrés. La Sonacotra 1956-2006, publiés aux éditions du Croquant en 2008.
Captures, Marc Bernardot, Editions du Croquant, Novembre 2012.
MOTS CLÉS : Editions du Croquant | Marc Bernardot | Immigration | Migration | Liberté | Frontières | Inégalités | Géographie | Politique | Capital | Économie | Commerce |
Ouvrage disponibleAtlas des migrations dans le monde: Libertés de circulation, frontières et inégalités, Migreurop
Ce nouvel atlas du collectif Migreurop propose un traitement original et éclairant des enjeux migratoires contemporains en interrogeant une question forte : la liberté de circulation. Cette notion, soit présentée tel un slogan pour contester les politiques migratoires, soit brandie pour dénigrer toute tentative de penser ces politiques hors du strict contrôle migratoire, fait en effet l’objet d’un traitement très clivant dans l’espace public. Cet ouvrage propose une prise de recul nécessaire en apportant à des éléments à la fois théoriques et tirés de l'expérience vécue des migrants : mise en perspective des dynamiques historiques de la liberté de circulation, présentation des grands espaces de circulation existants, les migrations humaines au regard des migrations de capitaux et marchandises, les formes de circulation mises en oeuvre par les migrants eux-mêmes, les imaginaires contradictoires sur le fait migratoire. Chaque partie est constituée d'une dizaine de planches faisant dialoguer des textes d'experts avec une iconographie riche et créative (cartes, dessins, photographies), et alternant des thématiques "classiques" aux sujets les plus actuels (pandémie, circulation des données, migrations des femmes, écologie...). Dans un paysage politique et médiatique qui place au centre de l’attention les entraves aux mouvements, cet atlas vient ainsi contribuer aux débats sur le futur des politiques migratoires, et ouvrir le champ des possibles. Migreurop est un réseau euro-africain de militant.e.s et chercheur.se.s dont l'objectif est de décrypter les politiqus européennes d'immigration et d'asile et leurs conséquences sur les conditions de vie et les droits des personnes exilées.
Atlas des migrations dans le monde: Libertés de circulation, frontières et inégalités, Migreurop, Editions Armand Colin, Septembre 2022.
MOTS CLÉS : Editions Armand Colin | Migreurop | Immigration | Migration | Liberté | Frontières | Inégalités | Géographie | Politique | Capital | Économie | Commerce | Écologie |
Ouvrage disponibleImages de l'Homme devant la Mort, Philippe Ariès
La relation entre la mort et la culture : ce thème essentiel aux recherches historiques modernes, Philippe Ariès l'éclaire ici de manière tout à fait originale. Organisant en une subtile polyphonie les attitudes individuelles et collectives depuis la préhistoire, s'appuyant de façon exclusive sur des séquences d'images, il compose, à la manière des cinéastes qu'il admire, un portrait visuel saisissant des rapports entre l'homme et la mort en Occident. Car la matière de ce livre, c'est une illustration d'une particulière richesse : plus de quatre cents documents venus d'Europe et d'Amérique, qui montrent des œuvres d'art célèbres, mais aussi des monuments et des sites, des allégories, des figures et des objets peu ou mal connus. Ainsi Philippe Ariès commence-t-il une série de réalités et de symboles qui expriment le lien complexe et ambigu qui, au cours des siècles, attache l'homme à sa fin dernière : le cimetière, le tombeau avec ses attributs et ses métamorphoses (l'épitaphe, le gisant représenté mort ou vif, le priant, le portrait), la mort privée ou publique, le squelette, les pompes funèbres, le purgatoire, l'au delà, la réincarnation, la tentation du néant, la mort de l'autre et le grand émoi romantique... Des sarcophages de Saint-Victor de Marseille à la nécropole médiévale de Marville et aux magnifiques tombeaux baroques d'Italie et d'Espagne, des toiles visionnaires de Baldrung Grien aux vanités et aux anamorphoses des XVIIe et XVIIIe siècles, des boîtes à crâne bretonnes aux statues hyperréalistes du cimetières de Gênes et aux mourning pictures des Etats-Unis d'aujourd'hui, voici la mort à l'oeuvre, la mort en œuvres, c'est à dire en images, Car, nous avertit Ariès, "la mort est iconophile. L'image reste le mode d'expression le plus dense et le plus direct de l'homme devant le mystère du passage". Une plongée fascinante aux sources de l'histoire, de l'art et, paradoxalement, de la vie. Le premier livre-caméra de l'école historique française.
Images de l'Homme devant la Mort, Philippe Ariès, Editions Seuil, Octobre 1983.
MOTS CLÉS : Editions Seuil | Philippe Ariès | Occident | Art | Mort | Anthropologie | Histoire | Culture | Iconographie | Symbolisme | Baroque |
Ouvrage disponibleLe livre du philosophe, Friedrich Nietzsche
"Personne ne sait maintenant à quoi ressemble un bon livre", écrit Nietzsche dans Le Livre du philosophe. De ce projet avorté, vaste exposé des rapports de la philosophie à l'art, à la science et à la civilisation, il reste des études dont le caractère fragmentaire ne choque pas l'esprit de l'élan nietzschéen. Jalons historiques confrontés au miroir de l'interprétation et programme pour la philosophie de demain se marient dans un texte souvent violent. Mais il faut de la violence pour affirmer la vie et dénoncer le travail mortifère de la science. Nietzsche se livre ici à une lutte sans merci contre les fossoyeurs de la pensée et somme la philosophie d'être artiste. Car le philosophe ne doit pas chercher la vérité mais les métamorphoses du monde dans les hommes.
Le livre du philosophe, Friedrich Nietzsche, Editions Flammarion, Septembre 1991.
MOTS CLÉS : Editions Flammarion | Friedrich Nietzsche | Socrate | Art | Allemagne | Philosophie | Civilisation | Critique | Culture | Nihilisme |
Ouvrage disponibleL'Herméneutique du sujet : Cours au Collège de France (1981-1982), Michel Foucault
Dans le cours qu’il consacre en 1982 à l’ Herméneutique du sujet , Michel Foucault présente une enquête sur la notion de « Souci de soi », qui, bien plus que le fameux « Connais-toi toi-même », organise les pratiques de la philosophie. Il s’agit de montrer selon quelles techniques, quelles procédures et quelles finalités historiques un sujet éthique se constitue, dans un rapport à soi déterminé. Ces études débordent le cadre de la stricte histoire de la philosophie. En décrivant le mode de subjectivation antique, Michel Foucault cherche à rendre éclatante la précarité du mode de subjectivation moderne. En relisant les Anciens, il nous permet de nous interroger sur notre identité de sujet moderne. Tout son travail consiste à nous rendre davantage étrangers à nous-mêmes, en montrant l’historicité de ce qui pouvait sembler le plus anhistorique : la manière dont, comme sujets, nous nous rapportons à nous-mêmes. Ce qu’aura permis encore ce passage aux Anciens, c’est une reformulation du problème politique : et si les luttes aujourd’hui n’étaient pas seulement des luttes contre les dominations politiques, plus seulement des luttes contre les exploitations économiques, mais des luttes contre des assujettissements identitaires ? Michel Foucault, relisant Platon et Marc Aurèle, Épicure et Sénèque, cherche, non pas de quoi dépasser, mais de quoi repenser la politique. "Hautes Études" est une collection de l'École des hautes études en sciences sociales, des Éditions Gallimard et des Éditions du Seuil.
L'Herméneutique du sujet : Cours au Collège de France (1981-1982), Michel Foucault, Editions Gallimard, Editions du Seuil, Mars 2001.
MOTS CLÉS : Editions Gallimard | Editions du Seuil | Michel Foucault | Littérature | Philosophie | Herméneutique | Antiquité | Stoïcisme | Épicurisme | Ethique | Connaissance | Autonomie |
Ouvrage disponibleLa Beaujoire, enquête sur un coup d’état urbain: forcer, détruire, privatiser, densifier, Frédéric Barbe
À élaborer des projets gigantesques dans la clandestinité, on s’expose à ignorer les autres expertises. C’est une tradition française. Ne travailler qu’avec son point de vue, ne mobiliser que ses propres données, penser à la place des autres. La méthode paraît simple et efficace. Entreprise spectaculaire et tentative de coup d’état urbain, le projet YelloPark est caractéristique de la surmodernité mais il constitue aussi une rupture politique. Il contredit les qualités de cet urbanisme à la nantaise qu’on vante comme une référence française. En mobilisant pour le stade et le quartier une grille d’analyse transitionnelle, La Beaujoire, enquête sur un coup d’état urbain explore les imaginaires alternatifs à cette équipée inattendue du capitalisme urbain. Le stade de la Beaujoire est un stade fonctionnel, réputé, ancré et durable, parce qu’évolutif. C’est un stade de plein exercice qui est « à nous », un commun porté historiquement par la collectivité. Nous en redécouvrons paradoxalement les qualités stadières et urbaines à l’occasion du projet qu’ont certains de le détruire.
La Beaujoire, enquête sur un coup d’état urbain: forcer, détruire, privatiser, densifier, Frédéric Barbe, Éditions À LA CRIÉE, Mai 2018.
MOTS CLÉS : Frédéric Barbe | Éditions à la criée | France | Nantes | Histoire | Politique | Urbanisme | Architecture | Démocratie | Mobilisation | Espaces publics |
Ouvrage disponiblePoutine historien en chef, Nicolas Werth
Le 24 février 2022, l'opinion mondiale découvre avec stupeur le discours de Vladimir Poutine justifiant l'invasion de l'Ukraine, au prétexte de faire cesser un "génocide" exercé par un régime qu'il convient de "dénazifer". Cette extraordinaire falsification de l'histoire s'inscrit dans le droit fil du grand récit national construit au cours des vingt dernières années par Vladimir Poutine et dont l'ONG Mémorial fit les frais en 2021. Ce récit, exaltant la grandeur d'une "Russie éternelle" face à un Occident agressif et décadent, n'admet aucune contestation pour servir les intérêts géopolitiques d'un régime dictatorial et répondre aux attentes d'une société désorientée suite à l'effondrement du système soviétique. Ce Tract éclaire les origines de cette distorsion des faits historiques et la façon dont elle est mise en oeuvre pour légitimer la première guerre du XXI? siècle sur le continent européen.
Poutine historien en chef, Nicolas Werth, Editions Gallimard, Juin 2022.
MOTS CLÉS : Editions Gallimard | Nicolas Werth | Russie | Ukraine | Russie éternelle | Histoire | Propagande | Dictature | Nationalisme | Censure | Mémorial | Mythe | Réécriture |
Ouvrage disponibleOurod: Autopsie culturelle des monstres en Russie, Annick Morard
Première étude d'envergure sur les monstres et le monstrueux en Russie, cet essai en dévoile les sources historiques, culturelles et littéraires. On y découvre tour à tour les termes qui disent les monstres en russe – ourod en est un – les mythes et légendes qui en content les aventures, l'imaginaire qui en dessine les contours visuels, les événements qui jalonnent leur parcours. Trois moments clés révèlent la puissance symbolique des monstres en Russie: au XVIIIe siècle, la Kunstkamera, considérée comme le premier musée russe, expose des monstres anatomiques – vivants ou en bocaux – côte à côte avec des animaux exotiques et des découvertes scientifiques et techniques. Au XIXe siècle, des êtres au physique jugé monstrueux sont exhibés dans des foires populaires et autres espaces de divertissement, marquant profondément la culture citadine de l'époque. Enfin, au tournant du XXe siècle, avec le développement fulgurant de la médecine et des sciences de la vie, le regard sur les monstres change encore: le scalpel des chirurgiens fait surgir la possibilité de soigner les anciens monstres et d'en créer de nouveaux. L'auteure se focalise sur des années charnières de l'histoire culturelle et sociale de la Russie, à savoir le premier tiers du XXe siècle, qui revisite en profondeur ce passé monstrueux. À l’heure de construire une société nouvelle, de faire table rase du passé, quel rôle les monstres ont-ils joué face à «l’homme nouveau» et à la «femme de demain»? Pour répondre à cette question, l’auteure explore divers textes d'Alexandre Beliaev, Mikhaïl Boulgakov, Marietta Chaginian, Vladimir Maïakovski, Mikhaïl Ossorguine, Andreï Platonov, Andreï Sobol, Alexandre Tchaïanov, Iouri Tynianov ou encore Evgueni Zamiatine. L'extrême diversité des monstres dont témoigne la littérature de l'époque éclaire d'un jour nouveau la complexité du rapport à l'Autre dans la Russie d'hier comme d'aujourd'hui. Annick Morard est spécialiste de littérature et de culture russe. Elle a été maître-assistante, puis chargée de cours à l'Université de Genève, et chercheuse associée à l'Institut de Littérature russe (Maison Pouchkine) à Saint Pétersbourg, ou elle a enquêté sur les monstres et le monstrueux entre 2014 et 2016. Auteure d'un ouvrage consacré à l'émigration russe à Paris dans l'entre-deux-guerres (De l'émigré au déraciné, l'Âge d'Homme, 2010), elle s'intéresse également à la culture soviétique et postsoviétique, aux avant-gardes littéraires et à la culture populaire.
Ourod: Autopsie culturelle des monstres en Russie, Annick Morard, Editions La Baconnière, Janvier 2020.
MOTS CLÉS : Editions La Baconnière | Annick Morard | Russie | Monstre | Culture | Histoire | Légende | Mythologie | Littérature | Folklore | Société |
Ouvrage disponibleRévolutions, Michael Löwy
Cet ouvrage rassemble, pour la première fois, une abondante documentation photographique sur les principaux mouvements révolutionnaires, depuis la Commune de Paris jusqu'à nos jours. Ce choix cerne les révolutions " classiques ", c'est-à-dire les révolutions sociales, d'inspiration égalitaire, visant à abolir les classes, à donner le pouvoir aux travailleurs et/ou à réaliser le socialisme. Aborder l'histoire de la photographie, et surtout l'histoire des révolutions - événements actifs - permet de découvrir ce que les textes ne peuvent raconter : les visages, les gestes, certains mouvements, certaines situations, des ambiances. La diversité des documents rassemblés ici donne une image plurielle de chaque révolution, dans ce qu'elle a d'universel, c'est-à-dire partagé avec toutes les autres, et dans sa particularité historique, culturelle et nationale. On voit alors apparaître la révolution non comme une abstraction, un concept, mais comme l'action d'êtres humains, d'hommes et de femmes qui font leur propre histoire.
Révolutions, Michael Löwy , Editions Hazan, Janvier 2000.
MOTS CLÉS : Editions Hazan | Michael Löwy | Russie | Paris | Commune | Révolution | Anarchisme | Marxisme | Communisme | Bolchevik | Soviétique | Bureaucratie | Rébellion | Critique | Mondiale | Histoire |
Ouvrage disponibleLe mythe bolchevik: Journal 1920-1922, Alexander Berkman Miguel Abensour Louis Janover Pascale Haas
L'auteur de ce Journal, sans doute « le seul à avoir été tenu en Russie durant ces années mémorables (1920-1922) », n'est ni un réactionnaire, ni un conservateur, ni un libéral, mais un révolutionnaire communiste anarchiste, un enthousiaste de la Révolution. Comme il l'écrit, Octobre 1917 a été pour lui le plus grand événement de sa vie, le moment inouï où toutes ses aspirations à l'émancipation humaine étaient soudain susceptibles de s'accomplir, d'être enfin satisfaites. D'où la question : comment, par quelles voies un enthousiaste de la révolution de 1917 a-t-il pu écrire un livre qui a pour titre : Le Mythe bolchevik, et pour visée une démystification informée et impitoyable de cet événement qui a constitué jusqu'en 1989 un des piliers de notre monde, de notre horizon historique ? C'est qu'en dépit de son enthousiasme pour Octobre, Alexandre Berkman n'accepta pas davantage une soumission sans réserve au bolchevisme. Il choisit le rôle de collaborateur et d'observateur critique qui, au fil des mois et des événements, se transforma peu à peu en une position plus en retrait, celle d'un guetteur averti, inquiet, soucieux de percevoir le ou les moments où l'événement révolutionnaire s'exposait à basculer soudain en son contraire, quand une forme d'opposition à la révolution naît de l'intérieur de la Révolution (Karl Korsch). Historiquement, la particularité du bolchevisme est d'être contemporain de la forme institutionnelle inédite qui le nie, à savoir les Soviets contre l'État qui prétend à tort s'identifier à la Révolution. Le journal de Berkman fait apparaître le sans-précédent du bolchevisme : comment la contrerévolution s'exerce contre une inventivité révolutionnaire nouvelle, les conseils d'ouvriers et de paysans, et à Cronstadt, en 1921, le Comité révolutionnaire de marins et de soldats, écrasé au moment même où l'on célébrait l'anniversaire de la Commune de Paris. Voilà pourquoi le livre que vous tenez entre les mains est exceptionnel. Il porte, au-delà d'Octobre, une autre vision de l'histoire du vingtième siècle et, du même coup, une autre appréhension du présent.
Le mythe bolchevik: Journal 1920-1922, Alexander Berkman Miguel Abensour Louis Janover Pascale Haas, Editions Klincksieck, Février 2017.
MOTS CLÉS : Editions Klincksieck | Alexander Berkman | Russie | Journal | Révolution | Anarchisme | Marxisme | Communisme | Bolchevik | Soviétique | Bureaucratie | Rébellion | Critique |
Ouvrage disponibleGéopolitique de la Russie, Revue Hérodote
La date de parution de ce numéro, octobre 2017, ne doit bien sûr rien au hasard, cent ans après la révolution d'Octobre. Pour la première fois dans l'histoire, un empire disparaissait car son centre, la Russie, décidait de faire sécession. Après la fin des années Eltsine qui laisse la Russie dans une situation géopolitique interne chaotique et très affaiblie sur le plan international, Vladimir Poutine a décidé de remettre la Russie en ordre et de lui redonner son rang international. Cette politique offensive assortie d'une incontestable atteinte aux libertés publiques inquiète les Occidentaux. En 2017, quels sont les problèmes géopolitiques que pose la Russie au monde ? Les commentateurs sont nombreux à dire qu'avec l'intervention russe en Syrie, ce grand pays a retrouvé la place qui est historiquement la sienne parmi les grands pays avec lesquels il faut compter ; quels sont ceux posés à son étranger proche, en particulier à l'Ukraine et enfin à elle-même ? C'est à ces questions compliquées que ce numéro double tente partiellement de répondre.
Géopolitique de la Russie, Revue Hérodote, Editions La Découverte, Octobre 2017.
MOTS CLÉS : Editions La Découverte | Revue Hérodote | Russie | Ukraine | Politique | Géopolitique | Géographie | Poutine | Empire | Autoritarisme | Fédération | Décentralisation | Oligarchie |
Ouvrage disponibleRouen dans la rue, Rouen dans la rue
"On peut aimer une ville, on peut reconnaître les maisons, les rues dans sa plus lointaine et sa plus tendre mémoire ; mais c'est seulement à l'heure de la révolte qu'on appréhende vraiment la ville comme sa ville : elle est en même temps sa propre ville et celle des "autres" ; parce qu'elle est champ de bataille choisi par soi et par la collectivité ; parce qu'elle est un espace circonscrit dans lequel le temps historique est suspendu et dans lequel chaque acte vaut pour lui-même, dans ses conséquences absolument immédiates. A l'heure de la révolte on n'est plus seul dans la ville."
Rouen dans la rue, Rouen dans la rue, Editions Rouen dans la rue, Octobre 2017.
MOTS CLÉS : Editions Rouen dans la rue | Rouen dans la rue | Normandie | Rouen | Révolte | Sociale | ZAD | Revue |
Ouvrage disponibleLes débats sur la ville 5 : Patrimoine et développement des cœurs de ville, 4e Assisses du Patrimoine de Grand-Ouest
Quelle stratégie globale pour maintenir la vie urbaine dans les quartiers historiques en évitant des centres villes "muséifiés", sur-fréquentés l'été et abandonnés l'hiver ? Comment redonner aux citoyens le goût d'habiter les centres villes face à une offre périurbaine pléthorique et présumée attractive ? Comment réussir la diversité sociale et générationnelle dans les quartiers anciens ? Enfin, comment concilier patrimoine et modernité, comment offrir des espaces ouverts aux pratiques contemporaines en prenant appui sur les traces du passé et sur la mémoire vivante des centres villes, symboles, s'il en est, de la continuité de nos civilisations ? En rassemblant et en comparant les expériences des villes qui se confrontent à cette question, les 4e Assises du Patrimoine du Grand-Ouest, qui se sont déroulées à Bordeaux au début de l'année 2003, ont tenté de faire le point sur les approches en cours, en insistant, notamment, sur le nouveau cadre juridique et législatif et sur les expériences d'autres villes européennes de l'arc Atlantique. Le cinquième volume des Débats sur la ville, collection à l'initiative de l'a'urba, présente les Actes des ces Assises du Patrimoine.
Les débats sur la ville 5 : Patrimoine et développement des cœurs de ville, 4e Assisses du Patrimoine de Grand-Ouest, Edition CONFLUENCES, avril 2003.
MOTS CLÉS : Edition CONFLUENCES | 4e Assisses du Patrimoine de Grand-Ouest | Architecture | Urbanisme | Urbain | Patrimoine | Habitat | Centreville | Réhabilitation | Modernité | Périurbanisation | Europe |
Ouvrage disponibleYousouf, le cavalier du désert, Giova Selly
Yousouf, le cavalier du désert ou les aventures extraordinaires et pourtant véridiques d'un jeune italien capturé par des pirates turcs, vendu au bey de Tunis, aimé de sa fille, la belle Kaboura, et qui deviendra officier dans l'armée française puis général. Beau, ambitieux, farouche, brillant cavalier et séducteur impertinent, la vie de Yousouf est une fantasia de batailles, de chevauchées dans les djebels, de rencontres amoureuses, de rêves de conquête qui seront ceux de l'armée française en Algérie au milieu du XIXe siècle. Un destin hors du commun, un grand roman d'aventures aux couleurs de soleil, de passion et de liberté.
Yousouf, le cavalier du désert, Giova Selly, Editions Albin Michel, janvier 1990.
MOTS CLÉS : Editions Albin Michel | Giova Selly | Smala | Colonialisme | Colonisation | Algérie | France | Orientalisme | Aventure | Historique | Histoire |
Ouvrage disponibleL'imaginaire colonial au cinéma: Qu'est-ce qu'un film colonial ?, Alain Brossat
Dans les anciennes puissances coloniales et impériales du Nord global, les gouvernants comme les gouvernés ont durablement autant que massivement la mémoire qui flanche dès lors qu’il s’agit de faire face à l’héritage de la colonisation et aux bilans de celle-ci, notamment dans sa partie la plus violente. Le cinéma est le parfait témoin de cette condition mémorielle : un fil colonial et impérial le parcourt depuis ses origines (Les actualités Lumière et Pathé), dès les années 1930, le film colonial y prospère comme un genre à part entière – tout en faisant l’objet d’un déni massif, en demeurant privé de son nom, vendu au public populaire en contrebande comme film d’aventures exotiques, drame militaire, film d’action, tragédie romantique... Cet essai s’attache à montrer que le film colonial existe comme genre spécifique, doté de ses caractéristiques propres, ses invariants, ses stéréotypes, ses ritournelles, aussi bien dans les cinématographies ouest-européennes que dans le monde enchanté d’Hollywood. C’est un cinéma totalement émancipé des faits et réalités de la colonisation réelle, constamment appliqué à la transfigurer au point d’en faire un monde de enchanté, un monde à rêver – une pure fantasmagorie. Cette métamorphose du monde colonial apparaît particulièrement litigieuse lorsque sont en question les violences coloniales, les massacres coloniaux – ici, l’usine à rêves qu’est censé être le cinéma se transforme en fabrique du mensonge historique. Les crimes de la colonisation reviennent méconnaissables vers le public populaire friand de ces films peuplés d’espèces sauvages et de paysages exotiques, théâtre d’aventures torrides : la civilisation blanche poursuit son inexorable marche en avant, le fusil à répétition à la main. Le film colonial, c’est le terrain d’aventure de l’imaginaire de l’homme blanc allégé du souvenir des méfait et des crimes de la colonisation. Alain Brossat, essayiste, a longtemps enseigné la philosophie, en France et à l'étranger, dernier ouvrage paru : Un peuple debout - La Palestine en lutte contre la colonisation israélienne, L'Harmattan, 2024.
L'imaginaire colonial au cinéma: Qu'est-ce qu'un film colonial ?, Alain Brossat, Editions Etérotopia, mars 2025.
MOTS CLÉS : Editions Etérotopia | Alain Brossat | Smala | Colonialisme | Anti colonialisme | Art | Cinéma | Exotisme | Mémoires | Propagande | Critique | Philosophie | Politique |
Ouvrage disponibleBruno Etienne, le fait religieux comme fait politique, Franck Fégosi
Bruno Etienne a initié une réflexion pionnière dans le champ des études politiques en y systématisant des analyses portant sur l'objet " religieux". A chaque étape de son cheminement intellectuel s'affirmait avec force la volonté de balayer les stéréotypes et de bousculer les idées reçues, bref de faire le pari de l'intelligibilité du fait religieux comme fait social et politique. Le présent volume entend lui rendre hommage. Il réunit les contributions d'une vingtaine d'universitaires, de chercheurs qui en recourant aux outils des sciences sociales, politiques et juridiques démontrent combien le religieux, dans un monde sécularisé et au travers de ses diverses expressions historiques, sociales et culturelles, demeure une source constante de mobilisation, un objet de politique publique et un véritable défi pour la pensée laïque militante. L'interaction entre le religieux et le politique, combinée avec la problématique des minorités et de la résistance aux logiques d'uniformisation étatique ou marchande est le fil rouge qui traverse cet ouvrage. Franck Fégosi est directeur de recherche au CNRS (UMR PRISME, université de Strasbourg) et enseignant à l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence, membre associé du Cherpa. Ses travaux portent sur l'organisation du culte musulman et les modes d'expression de l'Islam dans l'espace européen. Il a récemment publié "Penser l'islam dans la laïcité (Fayard, 2008).
Bruno Etienne, le fait religieux comme fait politique, Franck Fégosi, Editions de l’Aube, octobre 2009.
MOTS CLÉS : Editions Gallimard | Bruno Étienne | Smala | Histoire | Biographie | Etude | Abdelkader | Algérie | Colonisation | Colonialisme | Nomade | Habitat Nomade | Politique | Religion | Islam | Musulmans |
Ouvrage disponibleL’oeil hanté: L'art en alerte 1919-1983, Lucia Sagradini Anne Querrien
Considérer la puissance des images tout en cherchant à échapper à leur pouvoir, à l’asservissement tant de l’image que de celui ou de celle qui regarde. Toujours chercher, alerte, la dimension subversive des images. Tel est le sujet de cet essai. Regarder implique l’action de saisir l’image et de sortir de la passivité et de la contemplation, mêlant nos histoires, savoirs, et mêmes nos ignorances, pour donner un sens. Dans un monde où les modes virtuels construisent et appuient les fantasmagories du capitalisme, et où les images, leurs flux, participent activement à accroître la passivité des êtres, l’atonie, la peur et l’aliénation, la possibilité de comprendre que le regard est une action politique devient essentielle. Le regard comme une puissance agissante – premier pas vers l’émancipation. L’attachement de Walter Benjamin aux images et à leur saisissement, dans une période de basculement, en dit long sur la vivacité du danger. Walter Benjamin pense que les images dialectiques renferment des expériences de liberté actualisables. Ces images reposent sur des formes venues du passé. L’espace du regard est bien celui d’une lutte politique. L’ordre du monde et la capacité de le bouleverser se tiennent « telles la fleur et l’ortie sur la même prairie… » comme le disait Victor Klemperer. Dans le passé se tiennent les sources et ressources de nos gestes futurs. L’œil hanté porte cette dimension de futur antérieur. Lucia Sagradini est Docteur en sociologie de l’art et de la culture, professeure d’histoire de l’art et de théorie à l’ESAD des Pyrénées depuis 2017. Rédactrice en chef de Variations – revue internationale de théorie critique, elle poursuit un travail de longue haleine en différentes directions : écriture d’articles sur des pratiques artistiques actuelles, et sur les enjeux conceptuels contemporains ; réalisation d’Icônes pour Multitudes ; présentations d’expositions ou de catalogues ; traductions vers différentes langues : Martha Rosler, Gerd Arntz, John Holloway, Gregorio F. Baremblitt etc..
L’oeil hanté: L'art en alerte 1919-1983, Lucia Sagradini Anne Querrien, Editions ETEROTOPIA, mars 2025.
MOTS CLÉS : Editions ETEROTOPIA | Lucia Sagradini | Philosophie | Historique | Politique | Sociologie | Avantgarde | Surréalisme | Symbolisme | Émancipation |
Ouvrage disponiblePour une écologie libertaire : Penser sans la nature, réinventer des mondes, Damien Darcis Thierry Paquot Maud Hagelstein
Dans ce livre, nous racontons une histoire, celle de la disparition des communautés paysannes avec l’avènement de la modernité. Auto-gouvernées et auto-subsistantes, celles-ci entretenaient avec leurs territoires une relation de co-construction impensable au départ des catégories modernes, en particulier celles d’industrie, de patrimoine et de nature. Nous défendons une hypothèse : l’industrialisation des territoires, indissociable de l’invention de zones à valeur patrimoniale (historique ou naturelle), s’inscrit dans une logique de gouvernement des vivants. Une fois séparés le monde des humains et celui de la nature, une fois rompues les puissances qui les lient ou les attachent l’un à l’autre, une fois que chacun a son monde, sa zone, sa place et son rôle bien à soi, les interactions entre ces mondes peuvent être soigneusement contrôlées, chacun d’eux peut être plus facilement gouverné. Nous faisons un pari : assumer l’artificialité des découpages modernes permet de dégager d’autres manières de composer des mondes, plus riches en vivants, mais également plus libres, jusque sur les pelouses des grands-ensembles, dans la rue en cul-de-sac d’une grande ville ou dans un espace naturel protégé. Autrement dit, nous posons que l’enjeu, à la fois politique et écologique, est d’expérimenter des manières d’hybrider les espaces et de faire cohabiter les vivants que la modernité a séparés. Ce livre est conçu comme une aventure : nous pensons chaque fois en étant pris dans des expériences concrètes (la mise en réserve naturelle d’un espace de montagne, la création d’une A.O.P., une ZAD), depuis les conflits qu’elles génèrent et les déplacements que ceux-ci opèrent sur nos habitudes de pensée.
Pour une écologie libertaire : Penser sans la nature, réinventer des mondes, Damien Darcis Thierry Paquot Maud Hagelstein, Editions ETEROTOPIA, mars 2022.
MOTS CLÉS : Editions ETEROTOPIA | Damien Darcis | Thierry Paquot | Maud Hagelstein | Écologie | Environnement | Libertarianisme | Autogestion | Territoire | ZAD | Communalisme | Militantisme |
Ouvrage disponibleTechniques & culture N° 56, 1er semestre : Habiter le temporaire. Habitations de fortunes, mobiles et éphémères, Agnès Jeanjean Ingrid Sénépart
Ce numéro de Techniques et Culture consacré aux habitations de fortune, mobiles et éphémères rassemble archéologues, ethnologues, juristes, sociologues, économistes et politistes. En privilégiant l'entrée par la culture matérielle, nous avons souhaité que tous ces regards décalent, en l'enrichissant, la perspective développée à l'heure actuelle sur les questions de précarité et d'habitat. Les articles qui composent le numéro portent sur un historique de l'habitat temporaire, la cabanisation en Languedoc Roussillon, le phénomène "camping", l'habitat pastoral d'un point de vue archéologique, l'habitat de bergers en Provence, les Aborigènes d'Australie... et bien d'autres aspects qui soulèvent les complexités du rapport entre mobilité et précarité. Le dialogue entre ethnologue du contemporain et archéologue de la préhistoire permet de livrer un ouvrage original et pointu dont seuls sont absents... les bernard-l'hermite !
Techniques & culture N° 56, 1er semestre : Habiter le temporaire. Habitations de fortunes, mobiles et éphémères, Agnès Jeanjean Ingrid Sénépart, Editions Maison des Sciences de l'Homme, Octobre 2011.
MOTS CLÉS : Editions Maison des Sciences de l'Homme | Agnès Jeanjean | Ingrid Sénépart | Makhnovtchina | Nomadisme | Nomades | Habitat | Habitat mobile | Architecture | Architecture mobile | Urbanisation | Logement | Innovation | Environnement | Durable | Ethnologie | Bidonvilles | Précarité |
Ouvrage disponibleL'histoire du mouvement Makhnoviste, Piotr Archinov
Makhnovstchina, Makhnovstchina, Tes drapeaux sont noirs dans le vent. Ils sont noirs de notre peine, Ils sont rouges de notre sang. } bis Par les monts et par les plaines, Dans la neige et dans le vent, A travers toute l'Ukraine, Se levaient nos partisans. } bis Au printemps, les traités de Lénine Ont livré l'Ukraine aux Allemands. A l'automne la Makhnovstchina Les avait jetés au vent. } bis Makhnovstchina, Makhnovstchina, Tes drapeaux sont noirs dans le vent. Ils sont noirs de notre peine, Ils sont rouges de notre sang. } bis L'armée blanche de Dénikine Est entrée en Ukraine en chantant, Mais bientôt la Makhnovstchina L'a dispersée dans le vent. } bis Makhnovstchina, Makhnovstchina, Armée noire de nos partisans Qui combattait en Ukraine Contre les rouges et les blancs. } bis Makhnovstchina, Makhnovstchina, Armée noire de nos partisans Qui voulait chasser d'Ukraine A jamais tous les tyrans. } bis Makhnovstchina, Makhnovstchina, Tes drapeaux sont noirs dans le vent. Ils sont noirs de notre peine, Ils sont rouges de notre sang. } bis Cette chanson anonyme de la Makhnovstchina a été souvent attribuée à Piotr Archinov avec beaucoup de vraisemblance (in Pour en finir avec le travail, «Chansons du prolétariat révolutionnaire», vol. I, disque 33 t., Paris, 1974). La Makhnovstchina «a joué dans la Révolution [russe] un rôle exceptionnellement important», écrivait Voline : «Ceci en raison de son envergure, de sa durée, de son caractère essentiellement populaire, de la netteté de sa tendance idéologique, et enfin des tâches qu'[elle] eut à remplir.» (La Révolution inconnue. 1917-1921.) Longtemps ignorée et calomniée, cette insurrection demeure, en France du moins, peu évoquée, à l'instar des formes sociales qui luttèrent «contre les rouges et les blancs», et souffrirent de ces deux forces militaristes rivales, lors de l'instauration du pouvoir bolchevik-stalinien. Les sources cependant sont plus accessibles. Ce sont les conclusions qui s'ensuivent que l'on ne veut toujours pas reconnaître, pour prolonger la fiction d'une alternative entre une «révolution» bureaucratique et, d'autre part, une «réaction» immuablement présentée comme l'image ancienne de l'ordre propriétaire. On se complaît encore à digresser sur l'horreur répressive attribuée à la révolution, comme si celle-ci n'avait pas été la première victime d'une contre-révolution nouvelle. Devant ce retard de la recherche historique, le livre, paru en 1924, de Piotr Archinov, historien, témoin et acteur, demeure le document fondamental que Voline s'était attaché à saluer.
L'histoire du mouvement Makhnoviste, Piotr Archinov, Editions Ressouvenances, 2000.
MOTS CLÉS : Editions Ressouvenances | Piotr Archinov | Makhnovtchina | Nestor Makhno | Etude | Histoire | Communisme | Makhnoviste | Socialisme | Libertarien | Anarchisme | Démocratie | Politique | Révolution | Révolte | Révolution Russe | Russie | Ukraine |
Ouvrage disponibleL'Œil du Kremlin, Cinéma et censure en URSS sous Staline (1928-1953), préface Nicolas Werth, Natacha Laurent
Le cinéma est le plus important de tous les arts ", affirme Lénine dès 1922. Considéré comme un instrument privilégié du conditionnement des esprits, le cinéma va occuper une place centrale dans l'appareil de propagande bolchevique. Contrôlée par le Parti communiste, la production cinématographique de l'URSS doit reproduire fidèlement la réalité, mais pas n'importe laquelle : celle qui correspond aux vues du Comité central. Les dirigeants soviétiques élaborent ainsi un impitoyable appareil administratif de censure, particulièrement dur pendant une période assez mal connue du stalinisme : les années 1940. C'est une stupéfiante plongée dans les arcanes de l'administration soviétique que nous propose l'auteur qui, à la lumière de documents d'archives jusqu'alors totalement inédits, a étudié les structures de contrôle, la stratégie du Comité central et les réactions des professionnels du cinéma face à la censure. Dans sa préface, Nicolas Werth déclare d'emblée : " L'Œil du Kremlin est assurément l'un des tout premiers ouvrages, en français, de ce que l'on pourrait appeler la "nouvelle histoire de l'URSS", telle qu'on peut aujourd'hui l'aborder après l'ouverture des archives soviétiques. Et dans ce domaine de l'histoire contemporaine à redécouvrir, Natacha Laurent est assurément l'une des plus brillantes historiennes de sa génération.
L'Œil du Kremlin, Cinéma et censure en URSS sous Staline (1928-1953), préface Nicolas Werth, Natacha Laurent, Editeur Privat Collection Bibliothèque historique, 2000.
Natacha Laurent, chercheuse à l'université de Toulouse, décrit le rôle et les fonctions des institutions cinématographiques soviétiques à l'époque stalinienne.
MOTS CLÉS : Natacha Laurent | Editions | Etudes | Russie | URSS | cinéma soviétique | censure | Staline | Propagande | Eastern |
Ouvrage disponibleUne métropole en mobilité : Récit de l'action publique rouennaise depuis les années 1950, Juliette Maulat,Elise Guillerm
Ce cahier explore l’évolution des politiques de transport et de mobilité dans la métropole rouennaise des années 1950 à nos jours. Sous la forme d’un récit historique, il donne à voir des inflexions importantes dans l’action métropolitaine : le passage d’un référentiel automobile à un référentiel multimodal, d’outils axés sur l’offre à des stratégies de gestion de la demande, d’objectifs de facilitation à des enjeux de régulation. Si cette histoire ressemble à celle d’autres métropoles, l’enquête souligne les spécificités de Rouen comme la singularité des rapports rive droite-rive gauche doublant les logiques centre-périphérie. Les cahiers POPSU rassemblent les connaissances produites au fil des travaux de recherche-action menés par la Plateforme d’observation des projets et stratégies urbaines (POPSU) dans le cadre du programme « Métropoles ».
Une métropole en mobilité : Récit de l'action publique rouennaise depuis les années 1950, Juliette Maulat,Elise Guillerm, Editions autrement, juin 2022.
MOTS CLÉS : Editions autrement | Jean Debrie | Xavier Desjardins | Cinéma sur les ruines du futur | Fleuve | Ville | Métropole | Rouen | Normandie | Axe Seine | Transport | Mobilité |
Ouvrage disponibleLe rouge ou le noir ? Quand la fiction futurologique française prophétisait des lendemains qui (dé)chantent (1800-1975), Laure Lévêque
" De quoi demain sera-t-il fait ? " s'interrogeait, en 1835, Victor Hugo dans des Chants du crépuscule dont on sait que le dernier terme revêtait alors un sens profondément duel, susceptible de signifier aussi bien le point du jour que le couchant. Alors, les temps étaient-ils à l'aurore ou au crépuscule ? Cet horizon indiscernable, beaucoup le scrutent aussi, cherchant à y apercevoir, comme Chateaubriand à pareille époque, " l'Avenir du monde ", un avenir passablement brouillé depuis que la Révolution française a jeté à bas des certitudes téléologiques millénaires, libérant une inquiétude eschatologique majeure, sinon sans précédent, qui agite douloureusement consciences et imaginaires. En témoigne un foisonnant corpus de textes souvent méconnus qui entreprennent d'éclairer cet avenir dont une petite centaine, couvrant le XIX et une bonne partie du XX siècle, est ici examinée. Pris en tenaille entre les deux grandes postulations mythiques que sont le progrès et la décadence, l'avenir est préempté tantôt du côté d'une nouvelle genèse tantôt du côté d'une retentissante apocalypse, engageant, entre éternel retour, prométhéisme conquérant ou fin des temps, des régimes d'historicité pluriels et des lectures politiques qui ne le sont pas moins. Entre béates utopies et dystopies féroces qui accouchent qui du meilleur des monde et du bon gouvernement, qui de l'enfer sur terre, du phalanstère à la caserne et à la prison, du philanthropisme au totalitarisme, de l'âge d'or au globocide, cette littérature futurologique de l'ère capitaliste est riche de ce que Walter Benjamin appelait des images dialectiques, vibrantes de tension, expressions de passages historiques qui ouvrent tant sur des lendemains qui chantent que sur les faisceaux plus sombres de l'aube dorée.
Le rouge ou le noir ? Quand la fiction futurologique française prophétisait des lendemains qui (dé)chantent (1800-1975), Laure Lévêque, Editions Humana Scientia, 2023.
MOTS CLÉS : Editions La Découverte | Cinéma sur les ruines du futur | Utopie | Dystopie | Politique | Capitalisme |
Ouvrage disponibleOù sont les « gens du voyage » ? Inventaire critique des aires d'accueil, William Acker
Ce n’est pas un hasard si les plus proches riverains de l’usine Lubrizol, partie en fumée toxique fin septembre 2019 à Rouen, étaient les habitant·es de l’aire d’accueil des « gens du voyage » de Petit-Quevilly. Partout en France, les lieux « d’accueil » attribués aux personnes relevant de cette dénomination administrative se trouvent à l’extérieur des villes, loin de tout service, ou dans des zones industrielles à proximité de diverses sources de nuisances. Constatant l’absence de chiffres opposables aux pouvoirs publics sur l’isolement de ces zones et leur rôle dans les inégalités environnementales, William Acker a décidé de les recenser, département par département. La première partie de cet ouvrage analyse le contexte historique, sociologique et politique de ces communautés et du rapport que l’État entretient avec elles. La seconde partie est l’inventaire exhaustif et cartographié des aires d’accueil. Cet inventaire s’appuie sur des critères précis et factuels comme la distance et la durée de trajet de la mairie à l’aire, la proximité immédiate de zones habitables ou de zones à risque sanitaire ou écologique (centrale nucléaire, déchèterie, usine, station d’épuration, etc.). C’est un travail inédit qui permet de mettre en lumière, d’une part, l’antitsiganisme diffus dans toutes les strates de notre société et, d’autre part, l’encampement moderne de toute une partie de la population invisibilisée de l’espace et du débat publics. Les « gens du voyage » sont en première ligne d’un des grands enjeux de lutte du XXIe siècle : le racisme environnemental.
Où sont les « gens du voyage » ? Inventaire critique des aires d'accueil, William Acker, Editions du commun, 2021, 448p.
MOTS CLÉS : William Acker | antitsiganisme | gens du voyage | aires d'accueil | seveso | zones à risque | périphéries | Editions du commun | zones industrielles |
AUTOUR DE L’OUVRAGE & DE L’AUTEUR
Vidéo(s) touvée(s) : Doctorat Sauvage du Jeudi 12 Octobre 2023 de
William Acker, à Echelle Inconnue, Où sont les Gens du Voyage ?
Ouvrage disponibleOurod: Autopsie culturelle des monstres en Russie, Annick Morard
Première étude d'envergure sur les monstres et le monstrueux en Russie, cet essai en dévoile les sources historiques, culturelles et littéraires. On y découvre tour à tour les termes qui disent les monstres en russe – ourod en est un – les mythes et légendes qui en content les aventures, l'imaginaire qui en dessine les contours visuels, les événements qui jalonnent leur parcours. Trois moments clés révèlent la puissance symbolique des monstres en Russie: au XVIIIe siècle, la Kunstkamera, considérée comme le premier musée russe, expose des monstres anatomiques – vivants ou en bocaux – côte à côte avec des animaux exotiques et des découvertes scientifiques et techniques. Au XIXe siècle, des êtres au physique jugé monstrueux sont exhibés dans des foires populaires et autres espaces de divertissement, marquant profondément la culture citadine de l'époque. Enfin, au tournant du XXe siècle, avec le développement fulgurant de la médecine et des sciences de la vie, le regard sur les monstres change encore: le scalpel des chirurgiens fait surgir la possibilité de soigner les anciens monstres et d'en créer de nouveaux. L'auteure se focalise sur des années charnières de l'histoire culturelle et sociale de la Russie, à savoir le premier tiers du XXe siècle, qui revisite en profondeur ce passé monstrueux. À l’heure de construire une société nouvelle, de faire table rase du passé, quel rôle les monstres ont-ils joué face à «l’homme nouveau» et à la «femme de demain»? Pour répondre à cette question, l’auteure explore divers textes d'Alexandre Beliaev, Mikhaïl Boulgakov, Marietta Chaginian, Vladimir Maïakovski, Mikhaïl Ossorguine, Andreï Platonov, Andreï Sobol, Alexandre Tchaïanov, Iouri Tynianov ou encore Evgueni Zamiatine. L'extrême diversité des monstres dont témoigne la littérature de l'époque éclaire d'un jour nouveau la complexité du rapport à l'Autre dans la Russie d'hier comme d'aujourd'hui.
Ourod: Autopsie culturelle des monstres en Russie, Annick Morard, Editions La Baconnière, 2020, 302p.
MOTS CLÉS : Russie | Annick Morard | espace Russophone | ex URSS | culture soviétique | Monstres | espace post-soviétique | société russe | La Baconnière | Eastern |
AUTOUR DE L’OUVRAGE & DE L’AUTEUR
Vidéo(s) touvée(s) : Doctorat Sauvage du Jeudi 30 Janvier 2020 de
Annick Morard, à Echelle Inconnue, Ourod autopsie culturelle des monstres en Russie