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Sur les dents: Ce qu'elles disent de nous et de la guerre sociale, Olivier Cyran
Pourquoi persistons-nous à avoir mal aux dents ? Pourquoi sommes-nous si nombreux à souffrir de nos crocs malades, abîmés ou perdus, alors que les soins dentaires sont prétendument gratuits et accessibles à tous ? Que penser d'un système qui incite les dentistes à bâcler les soins " Sécu " et à privilégier les traitements à haute valeur ajoutée ? Comment admettre que le sort d'un organe aussi prodigieusement vital et riche en significations dépende de notre place dans la hiérarchie sociale ? Personne n'ignore l'importance des dents comme outil de mastication, territoire intime et carte de visite tendue aux yeux du monde. Pourtant, les inégalités d'accès aux soins restent abyssales, condamnant des millions de personnes à une vie atrophiée. Il est temps de mettre à nu ce système, sa logique et ses intérêts, et de réclamer quelques comptes. Mû par sa propre peur du dentiste, l'auteur explore un univers familier et méconnu, dont l'actualité ne s'empare que lorsqu'un président persifle les " sans-dents ". Mêlant allègrement l'enquête, le récit, le jeu de pistes et le recueil de témoignages, cette remontée aux sources des inégalités dentaires nous mènera des dentistes orfèvres du néolithique aux arracheurs de dents des centres low cost, de l'inventeur du dentier en porcelaine à l'industrie du sourire hollywoodien. S'y dévoileront les formes de violences sociales dont nos dents sont la cible, des plus brutales au plus sournoises, mais aussi quelques moyens de s'en défendre. Devant la dureté du monde, qui met nos capacités de résistance à rude épreuve, le moment est peut-être venu de reconquérir notre pouvoir de mordre.
Sur les dents: Ce qu'elles disent de nous et de la guerre sociale, Olivier Cyran, Editions La Découverte, Mars 2021.
MOTS CLÉS : Editions La Découverte | Olivier Cyran | Inégalités | Sociale | Santé | Discrimination | Pauvreté | Enquête | Système | Société | Violence | Médecine | Critique | Travail |
Ouvrage disponibleLogocratie, Clément Viktorovitch
Que se pase-t-il quand les discours du pouvoir cèdent à la déloyauté ? Quand les gouvernants ne cessent de mentir, sans jamais avoir à en payer le prix ? Quand la communication se permet de dire ce qui est faux, taire ce qui est vrai, et ne pas faire ce qui est dit ? Toutes les dérives deviennent possibles. Ce livre démonte combien, loin d'avoir protégé la République Française contre le déferlement mondial de la post-vérité, la présidence d'Emmanuel Macron l'y a au contraire précipitée. Il révèle comment la corruption du langage nous a plongés dans un exercice dévoyé de l'autorité, ou les mots ne visent plus à l'éclairer le débat public, mais à l'empêcher. Lorsque la parole officielle s'affranchit du réel, c'est la démocratie elle-même qui chancelle. Insidieusement , elle se pervertit en Logocratie. Clément Viktorovitch est docteur en science politique et auteur du Pouvoir rhétorique. Il a enseigné à Sciences Po, l'ENA et l'École de guerre. Après avoir été chroniqueur pour de nombreux médias (Clique, Quotidien, France Info), il anime aujourd'hui la première chaîne politique sur Twitch. Il a également coécrit un seul en scène, L'Art de ne pas dire, qu'il joue partout en France jusqu'en 2027.
Logocratie, Clément Viktorovitch, Editions du seuil, 2025.
MOTS CLÉS : Editions du seuil | Clément Viktorovitch | Politique | Propagande | Démocratie | Post-vérité | Médias | Communication | Institutions | Pouvoir | Gouvernement | Esprit critique | Société |
Ouvrage disponibleLe renouvellement urbain, la genèse d'une notion fourre-tout, Sylvaine LE GARREC
Depuis son apparition en France au début des années quatre-vingt-dix, la notion de renouvellement urbain a connu un incroyable succès. Il est cependant difficile de lui associer une définition précise. Le renouvellement urbain apparaît, au même titre que celles de « développement durable » ou de « mixité sociale », comme une notion fourre-tout. Néanmoins, aujourd’hui il ne s’agit plus seulement d’un outil de communication. Au fil des années le renouvellement urbain a pénétré le champ des politiques publiques au point de devenir un objectif politique, de donner son nom à des dispositifs publics et d’être incorporé dans la législation française. Cette synthèse bibliographique se propose d’éclairer le sens de ce concept et de mettre en lumière les différentes connotations. Pour comprendre aussi ce qui constitue la nouveauté du renouvellement urbain, l’analyse remonte bien en amont des origines de l’expression elle-même et intègre dans une même perspective les différentes politiques publiques urbaines de transformation mises en place depuis la deuxième guerre mondiale en France et dans les pays occidentaux. Le plan / urbanisme / construction / architecture / PUCA depuis sa création en 1998, développe à la fois des programmes de recherche incitative, des actions d'expérimentation et apporte son soutien à l'innovation et à la valorisation scientifique et technique dans les domaines de l'aménagement des territoires, de l'habitat, de la construction et de la conception architecturale et urbaine. Organisé selon quatre grands départements de capitalisation des connaissances: sociétés urbaines et habitat traite des politiques urbaines dans leurs fondements socio-économique ; Territoires et aménagement s'intéresse aux enjeux du développement urbain durable et de la planification ; Villes et architecture répond aux enjeux de qualité des réalisations architecturales et urbaines ; Technologies et construction couvre les champs de l'innovation dans le domaine du bâtiment ; le PUCA développe une recherche finalisée autour de plusieurs programmes : La ville pour tous / Se loger, habiter / Organiser les territoires / Le renouvellement urbain / Le futur de l'habitat / Innover pour construire durable / Énergie dans le bâtiment : PREBAT ; et d'ateliers thématiques assurant des transversalités entre programme sous forme de rencontres entre chercheurs et acteurs, décideurs publics ou représentant des milieux professionnels, ainsi que des programmes d'appui : .actions régionales pour lesquelles le PUCA a suscité l'émergence de pôles régionaux sur le développement et l'aménagement des territoires . actions internationales dont Europan, programme européen de concours d'idées entre jeunes architectes .actions vers les professionels .actions de valorisation et de diffusion-communication des résultats de ses travaux.
Le renouvellement urbain, la genèse d'une notion fourre-tout, Sylvaine LE GARREC, Editions PUCA, Février 2006.
MOTS CLÉS : Editions PUCA | PUCA | Arts | Architecture | Urbanisme | Habitat | Ville | Aménagement | Construction | Territoires | Planification | Innovation | Expérimentation | Développement durable | Environnement | Écologie | Bâtiment | Énergie |
Ouvrage disponibleCaptures, Marc Bernardot
Depuis quelques décennies, le contrôle des frontières et de l'accès à la citoyenneté a été considérablement renforcé en Europe et ailleurs. Alors même que se poursuit et s'accélère un puissant processus de globalisation, les mobilités humaines sont pour partie entravées. Cet ouvrage propose d'interpréter, à la lumière des anciennes guerres de capture d'esclaves, les dispositifs antimigratoires et d'analyser l'émergence de la figure du " sans-papiers " ou du " clandestin " qui n'est en fait qu'un étranger privé de ses droits. Ce modèle permet de résoudre la double contradiction apparente, d'une part entre les besoins avérés de main-d'oeuvre des pays occidentaux et ces politiques et, d'autre part, entre les fondements humanistes des démocraties et le recours à l'internement et à l'expulsion de civils. Marc Bernardot est professeur de sociologie à l'université du Havre. Il est membre du laboratoire CIRTAI et coanime l'équipe éditoriale du réseau TERRA. Spécialiste de sociologie historique de l'État et de l'espace, il travaille actuellement sur les politiques antimigratoires. Il est l'auteur de deux ouvrages de référence sur les institutions de gestion des migrations en France, Camps d'étrangers et Loger les immigrés. La Sonacotra 1956-2006, publiés aux éditions du Croquant en 2008.
Captures, Marc Bernardot, Editions du Croquant, Novembre 2012.
MOTS CLÉS : Editions du Croquant | Marc Bernardot | Immigration | Migration | Liberté | Frontières | Inégalités | Géographie | Politique | Capital | Économie | Commerce |
Ouvrage disponibleIl faut défendre la société : Cours au Collège de France. 1976, Michel Foucault
Dans le cours de 1976, "Il faut défendre la société", Michel Foucault s'interroge sur la pertinence du modèle de la guerre pour analyser les relations de pouvoir. Michel Foucault en définit deux formes : le pouvoir disciplinaire, qui s'applique sur le corps par le moyen des techniques de surveillance et des institutions punitives, et ce qu'il appellera désormais le "bio-pouvoir", qui s'exerce sur la population, la vie et les vivants. Analysant les discours sur la guerre des races et les récits de conquête (notamment chez Boulainvilliers), Michel Foucault dresse la généalogie du bio-pouvoir et des racismes d'État. La logique des rapports entre pouvoir et résistance n'est pas celle du droit mais celle de la lutte : elle n'est pas de l'ordre de la loi mais de celui de la stratégie. La question est dès lors de savoir s'il convient de renverser l'aphorisme de Clausewitz et de poser que la politique est la continuation de la guerre par d'autres moyens. Le cours présenté ici a été prononcé de janvier à mars 1976 au Collège de France, c'est à dire entre la sortie de Surveiller et Punir et celle de La Volonté de savoir. Il inaugure la publication des cours de Foucault au Collège de France, établie sous la direction de François Ewald et d'Alessandro Fontana, dans la collection "Hautes Études". "Hautes Études" est une collection de l'École des hautes études en sciences sociales, des Éditions Gallimard et des Éditions du Seuil.
Il faut défendre la société : Cours au Collège de France. 1976, Michel Foucault, Editions Gallimard, Editions du Seuil, Février 1997.
MOTS CLÉS : Editions Gallimard | Editions du Seuil | Michel Foucault | Philosophie | Pouvoir | Guerre | Politique | Racisme | Gouvernement | Stratégie | Histoire | Société |
Ouvrage disponibleVive la Commune !: "Suivi de "La Commune est proclamée" et de "La guerre civile en France", Karl Marx Louise Michel Jules Vallès
Quand, le 18 mars 1871, le peuple parisien s’insurge contre le gouvernement d’Adolphe Thiers et proclame la Commune, les cris de joie des ouvriers sont aussitôt relayés par le journaliste insurgé Jules Vallès. Dès le mois de mai, le soulèvement est écrasé dans un bain de sang et des milliers de communards sont conduits devant les tribunaux. Parmi eux, Louise Michel tient farouchement tête à ses accusateurs. Depuis Londres, Karl Marx soutient l’insurrection parisienne et, dans son adresse à l’Internationale ouvrière, La Guerre civile en France, il tire les leçons de son échec. Des discours qui ont marqué l’Histoire, par des figures d’exception.
Vive la Commune !: "Suivi de "La Commune est proclamée" et de "La guerre civile en France", Karl Marx Louise Michel Jules Vallès, Éditions POINTS, Février 2011.
MOTS CLÉS : Éditions POINTS | Karl Marx | Louise Michel | Jules Vallès | Paris | Histoire | Politique | Justice | Révolution | Commune | Anarchisme | Militantisme | Socialisme |
Ouvrage disponibleLa machine de guerre américaine : La politique profonde, la CIA, la drogue, l'Afghanistan, Peter Dale Scott
J'avais dit du précédent livre éblouissant de Peter Dale Scott traitant de ce sujet "Drugs Oil and War" qu'il faisait passer la plupart des explications journalistiques et universitaires concernant nos interventions passées et présentes pour une propagande gouvernementale écrite pour les enfants. Son dernier ouvrage est encore meilleur Lisez le ! Daniel ELLSBERG Ce livre stimulant et extrêmement bien documenté explore les aspects secrets de la politique étrangère américaine. Analyste politique de premier plan, Peter Dale SCOTT rassemble des preuves accablantes afin de lever le voile sur la violence autorisée par l'État, illégale bien que largement répandue, qui règne dans le monde de la politique et dans celui des affaires. L'auteur s'intéresse particulièrement à ce phénomène dans le cadre de l'implication à long terme des États-Unis dans le trafic de drogue mondial. Dès les années 1950 en Thaïlande, les Américains se sont habitués à voir la CIA nouer dans des alliances avec les trafiquants de drogues (et leurs banquiers) afin d'installer et de soutenir des gouvernements de droite. Le schéma s'est répété ensuite dans de nombreux pays (Laos, Vietnam, Italie, Mexique, Nigeria, Venezuela, Colombie, Pérou, Chili, Panama, Honduras, Turquie, Pakistan et à présent en Afghanistan, pour ne nommer que ceux évoqués dans le livre). SCOTT démontre que la relation des services de renseignements américains et de leurs agents avec le trafic de drogue mondial et d'autres réseaux de criminels internationaux, demande une étude approfondie au sein du débat sur la présence américaine en Afghanistan. À ce jour le gouvernement américain et ses politiques ont plutôt contribué à renforcer le trafic de drogue qu'à le restreindre. La soi-disant "Guerre contre la terreur", et en particulier la guerre en Afghanistan, constituent seulement un nouveau chapitre de cette dérangeante histoire. Traduit de l'anglais par Maxime CHAIX et Anthony SPAGGIARI.
La machine de guerre américaine : La politique profonde, la CIA, la drogue, l'Afghanistan, Peter Dale Scott, Editions Demi-Lune, Octobre 2012.
MOTS CLÉS : Editions Demi-Lune | Peter Dale Scott | ÉtatsUnis | Afghanistan | CIA | Impérialisme | Géopolitique | Politique | Économie | Guerre | Internationale | Corruption |
Ouvrage disponibleQu'est-ce que l'Anarchisme ?, Alexander Berkman
Une des premières et meilleures explications de ce qu'est l'anarchisme par un de ses activistes et intellectuels les plus renommés. Dans un langage clair, Alexander Berkman dénonce les grands maux de la société : travail salarié, gouvernement, guerre, religion, etc. Il montre comment le capitalisme et ses institutions d'oppression trouvent leur cohérence et endorment les consciences des populations qui les acceptent. Il expose les grands principes de l'anarchisme et décrit de manière rigoureuse le fonctionnement économique et politique d'une société libertaire. Ce livre permet à toutes et à tous de se faire une idée sérieuse et globale du pourquoi et du comment de l'anarchisme. Alexander Berkman (1870-1936), anarchiste russe exilé aux Etats-Unis en 1888. En 1892, il commet un attentat contre le directeur d'une usine en grève. Libéré en 1906, il participe à de nombreuses luttes, écrit dans des journaux libertaires et fonde l'école Ferrer à New York. En 1919, il est expulsé vers la Russie avec Emma Goldman, sa compagne. Désenchanté par ce qu'ils y découvrent, ils partent en 1921 en Suède puis à Berlin ou Berkman publie Le mythe Bolchévique. Il finit sa vie en France. "Une initiation claire et nette comme trompette à la guérilla antiautoritaire frigoussée par une des figures de proue du communisme anarchiste russe ayant toujours eu de la suite dans les idées (Berkman décharge son revolver en 1892 sur Mister Frick, le dirlot d'une usine de Pittsburgh en grève)." Noël Godin, JDM, n°218. "[Ce livre] regroupant deux textes d'Alexander Berkman inédits en français, ne peut que devenir une référence, tellement le propose est clair, synthétique, didactique sans être simpliste." Anarlivre
Qu'est-ce que l'Anarchisme ?, Alexander Berkman, Editions L'Échappée, Mars 2005.
MOTS CLÉS : Editions L'Échappée | Alexander Berkman | Anarchisme | Athéisme | Liberté | Égalité | Autogestion | Capitalisme | Gouvernement | Guerre | Révolution | Syndicats |
Ouvrage disponiblePoutine historien en chef, Nicolas Werth
Le 24 février 2022, l'opinion mondiale découvre avec stupeur le discours de Vladimir Poutine justifiant l'invasion de l'Ukraine, au prétexte de faire cesser un "génocide" exercé par un régime qu'il convient de "dénazifer". Cette extraordinaire falsification de l'histoire s'inscrit dans le droit fil du grand récit national construit au cours des vingt dernières années par Vladimir Poutine et dont l'ONG Mémorial fit les frais en 2021. Ce récit, exaltant la grandeur d'une "Russie éternelle" face à un Occident agressif et décadent, n'admet aucune contestation pour servir les intérêts géopolitiques d'un régime dictatorial et répondre aux attentes d'une société désorientée suite à l'effondrement du système soviétique. Ce Tract éclaire les origines de cette distorsion des faits historiques et la façon dont elle est mise en oeuvre pour légitimer la première guerre du XXI? siècle sur le continent européen.
Poutine historien en chef, Nicolas Werth, Editions Gallimard, Juin 2022.
MOTS CLÉS : Editions Gallimard | Nicolas Werth | Russie | Ukraine | Russie éternelle | Histoire | Propagande | Dictature | Nationalisme | Censure | Mémorial | Mythe | Réécriture |
Ouvrage disponibleLe cimetière de l'espérance: Essais sur l'histoire de l'Union soviétique, 1914-1991, Nicolas Werth
Historien, spécialiste reconnu de l'Union Soviétique et du Stalinisme, attaché culturel auprès de l'ambassade de France à Moscou pendant la Perestroïka, Nicolas Werth est aussi un collaborateur régulier de longue date de la revue L'Histoire, ou ses articles, année après année, éclairent d'un jour nouveau l'évolution et la chute du régime. En voici une sélection inédite qui offre, d'une plume alerte et accessible, toutes les clés pour comprendre l'histoire de l'État soviétique. Nicolas Werth, directeur de recherche au CNRS (Institut d'histoire du temps présent) est l'auteur notamment de L'île aux cannibales, La Terreur et le Désarroi. Staline et son système, La Route de la Kolyma et Le Goulag. Témoignages et archives (avec Luba Jurgenson). Sommaire : 1. A l'est, le front oublié 2. La prise du pouvoir par les bolcheviks 3. Les manuscrits censurés de Lénine 4. Feliks Dzerjinski, les débuts du KGB 5. Les pogroms des guerres civiles russes 6. De l'amour libre à l'ordre moral 7. Les paysans contre Staline 8. Comment Staline a-t-il affamé l'Ukraine ? 9. Y eut-il un génocide en Ukraine? 10. Etre communiste en URSS sous Staline 11. La vérité sur la Grande Terreur 12. Les 900 jours de Leningrad 13. Pourquoi les Soviétiques ont gagné la guerre? 14. Goulag : les vrais chiffres 15. Les derniers jours du tyran 16. URSS 1954: Opération Terres vierges 17. Révélations et silences d'un " Rapport secret " 18. Le dimanche rouge de Novotcherkassk 19. La grande stagnation 20. Tchernobyl : enquête sur une catastrophe annoncée 21.URSS : les mécanismes de la corruption 22. Les ruines de l'Empire
Le cimetière de l'espérance: Essais sur l'histoire de l'Union soviétique, 1914-1991, Nicolas Werth, Editions Tempus Perrin, Janvier 2019.
MOTS CLÉS : Editions Tempus Perrin | Nicolas Werth | Russie | URSS | Soviétique | Bolchevik | Stalinisme | Histoire | Révolution | Lénine | Famine | Génocide | Corruption |
Ouvrage disponibleTerres de sang. L'Europe entre Hitler et Staline, Timothy Snyder
"Voici l'histoire d'un meurtre politique de masse." C'est par ces mots que Timothy Snyder entame le récit de la catastrophe au cours de laquelle, entre 1933 et 1945, 14 millions de civils, principalement des femmes, des enfants et des vieillards, ont été tués par l'Allemagne nazie et l'Union soviétique Stalinienne. Tous l'ont été dans un même territoire, que l'auteur appelle les "terres de sang" et qui s'étend de la Pologne centrale à la Russie occidentale en passant par l'Ukraine, la Biélorussie et les pays Baltes. Plus la moitié d'entre eux sont morts de faim, du fait de deux des plus grands massacres de l'histoire : les famines préméditées par Staline, principalement en Ukraine, au début des années 1930, qui ont fait plus de 4 millions de morts, et l'affamement par Hitler de quelque 3 millions et demi de prisonnier de guerres soviétiques, au début des années 1940. Ils ont précédé l'Holocauste et, selon Timothy Snyder, aident à le comprendre. Timothy Snyder en offre pour la première fois une synthèse si puissante qu'un nouveau chapitre de l'histoire de l'Europe paraît s'ouvrir avec lui.
Terres de sang. L'Europe entre Hitler et Staline, Timothy Snyder, Editions Gallimard, Juin 2025.
MOTS CLÉS : Editions Gallimard | Timothy Snyder | Russie | Allemagne | Ukraine | Pologne | Biélorussie | Histoire | Hitler | Staline | Meurtres de masse | Totalitarisme | Famine | Génocide | Shoah |
Ouvrage disponibleLes guerres perdues de Youri Beliaev, Pierre Sautreuil
Ancien flic, devenu mafieux, millionnaire déchu, chef de parti d'extrême droite, vétéran du conflit Yougoslave soupçonné d'avoir tué soixante-quatre Bosniaques et tenté d'assassiner Eltsine, le Russe Youri Beliaev décide, à 58 ans, de se mettre au vert en Ukraine, en pleine zone de guerre. Drôle d'endroit pour se planquer. Fin 2014, Pierre Sautreuil, jeune journaliste, découvre son histoire rocambolesque. Entre l'apprenti reporter et le mercenaire sur le retour, se noue un lien fait de confessions troubles, d'affection et de fascination. Youri disparaît, Youri se cache, Youri survit à un attentat, fait de la prison, s'échappe... Et Pierre Sautreuil, lancé à sa poursuite, tente de comprendre. Fasciste, salopard, criminel de guerre néonazi, ou rebelle devenu chien de guerre pour sauver sa peau ? Un portrait puissament romanesque qui nous entraîne du Donbass à Moscou, de la Bosnie à la Tchétchénie, à la découverte d'un de mi siècle d'histoire de la Russie et des frontières de l'empire soviétique démembré. Exaltant et totalement original. Né en 1993, Pierre Sautreuil a été lauréat en 2015 du prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre, catégorie jeune reporter. Les guerres perdues de Youri Beliaev est son premier livre.
Les guerres perdues de Youri Beliaev, Pierre Sautreuil, Editions Grasset, Mars 2018.
MOTS CLÉS : Editions Grasset | Pierre Sautreuil | Russie | Ukraine | Yougoslavie | Tchétchénie | Bosnie | Beliaev | Donbass | Extrême Droite | Fascisme | Mafia | Journalisme | Guerre |
Ouvrage disponibleL'Etat et la révolution: La doctrine du marxisme sur l'Etat et les tâches du prolétariat dans la révolution, Lénine Laurent Lévy
« Tant que l'État existe, il n'y a pas de liberté. Quand il y aura la liberté, il n'y aura plus d'État. » Ces mots ne sont pas de Bakounine, ni de Malatesta, ni de Proudhon, ils sont de Lénine, réfugié en Finlande à l'été 1917 avant le déclenchement de la révolution d'Octobre. Il a utilisé son temps à l'écart de l'action pour reprendre et élargir ses notes sur la théorie de l'État, déjà énoncée dans les « Thèses d'avril ». Dans« L'État et la révolution », Lénine convoque les textes de Marx et d'Engels sur la Commune de Paris. II les utilise pour combattre les opportunistes de droite, les chefs de la IIe Internationale qui soutiennent la guerre en cours. Il réduit au minimum les divergences entre anarchistes et marxistes : non, le marxisme n'est pas un étatisme, il vise au contraire au « dépérissement de l'État » ? avec une phase de transition, la dictature du prolétariat, dont la Commune parisienne est un moment paradigmatique. Pour reprendre la formule de Marx à propos de Hegel, Lénine est aujourd'hui traité « en chien crevé ». On verra dans ce livre ce que sa pensée politique garde d'original et d'actuel.
L'Etat et la révolution: La doctrine du marxisme sur l'Etat et les tâches du prolétariat dans la révolution, Lénine Laurent Lévy, Editions La Fabrique Editions, Mars 2012.
MOTS CLÉS : Editions La Fabrique Editions | Lénine | Laurent Lévy | Russie | Politique | Révolution | Marxisme | Anarchisme | Étatisme | Léninisme | Prolétariat | Dictature | Marx | Engels | Philosophie |
Ouvrage disponibleRu.net : géopolitique du cyberespace russophone, Kevin Limonier
À tort ou à raison, la Russie s'est construit une image de "cyberpuissance" que les accusations américaines, renforcées par les déclarations du président français, ont grandement contribué à façonner. Kevin Limonier pose ici la question de l'instrumentalisation politique, par la Russie comme par ses adversaires, d'un phénomène technique ayant acquis une immense importance stratégique. La lutte pour son contrôle est en effet susceptible de provoquer des guerres, de déstabiliser des régions entières, ou encore de priver les citoyens de certains de leurs droits les plus fondamentaux. Le retour objectif de la Russie sur la scène internationale s'accompagne d'une mise en récit s'appuyant sur un imaginaire issu de la "guerre froide". C'est à cette "mise en récit" qu'est consacré le quatrième Carnet de l'Observatoire. Kevin Limonier est maître de conférence en études slaves et géopolitique à l'Université Paris VIII Vincennes-Saint-Denis.
Ru.net : géopolitique du cyberespace russophone, Kevin Limonier, Editions L'Inventaire, Juin 2018.
MOTS CLÉS : Editions L'Inventaire | Kevin Limonier | Numérique | Cyber | Cyberespace | Géopolitique | Russie | Souveraineté | Guerre | Guerre Froide | Surveillance | Propagande |
Ouvrage disponibleBurchell Et Rouen, Ombres Et Lumières, Photographies inédites (1939-1993), Guy Pessiot
Cet ouvrage porte sur l'oeuvre d'un photographe sensible, témoin des Trente Glorieuses à Rouen et dans sa région. Né en 1927, rue Armand-Carrel, au dessus de la place Saint-Marc à Rouen, dans un appartement qu'il occupera jusqu'à sa mort en 2008, Cahrles Delaquaize, dit Burchell, a principalement exercé les professions de photographe de presse. Il fut également membre du Groupe des 7, réalisateur audiovisuel et musicien de jazz amateur. Son "fonds photographique", comme il l'appelait lui-même, a été acheté, de son vivant en 2002, par la Bibliothèque municipale de Rouen. Il est composé de plus de 12 000 clichés très variés, essentiellement en noir et blanc. Ce fonds constitue un exceptionnel témoignage (en grande partie inédit) de la vie rouennaise, dans les ruines, à la fin de la Seconde Guerre mondiale et dans les années de la reconstruction. Il retrace un lent retour à la normale tant urbanistique qu'économique, culturel ou sportif. Il témoigne également du goût de Burchell pour les contre-jours, les extérieurs nuit, la capture du "moment unique" ou les photomontages. Ce livre a été conçu à partir des travaux effectués par les équipes de la Bibliothèque Villon de Rouen sur le fonds Burchell. Guy Pessiot, François Banse et Catherine Hubbard en ont coordonné la réalisation. Ouvrage réalisé avec l'aide de la Ville de Rouen.
Burchell Et Rouen, Ombres Et Lumières, Photographies inédites (1939-1993), Guy Pessiot, Editions Des Falaises, Janvier 2012.
MOTS CLÉS : Editions Des Falaises | Guy Pessiot | Normandie | Ville | Rouen | Art | Photographie | Reconstruction | Architecture | Urbanisme | Urbain | Patrimoine | Histoire |
Ouvrage disponibleSotteville : Les feuilles mortes Volume II, Léon Leroy Daniel Andrieu Jean-François Glabik
Sotteville, les feuilles mortes "Ecrire un livre sur une ville que nous aimons, une ville ou nous avons grandi, ou nous travaillons est une aventure au bout de laquelle on ne ressort pas indemne. D'autant plus quand il s'agit de relater un moment pénible de son histoire. Notre travail n'a pas été guidé par le sentiment d'une nostalgie. Nous avons choisi de vous montrer Sotteville avec ses joies, ses peines, ses espoirs anéantis sous un déluge de bombes, de vous faire revivre (ou vivre) la mémoire de ses habitants par des mots, des images, des chiffres, des témoignages, mais aussi et surtout, nous avons tenté de cerner, par une approche aussi vivante que possible, cette force mystérieuse qu'est l'âme d'une ville." Léon Leroy, Daniel Andrieu, Jean-François Glabik.
Sotteville : Les feuilles mortes Volume II, Léon Leroy Daniel Andrieu Jean-François Glabik, Editions La Maison pour Tous de Sotteville, Janvier 1990.
MOTS CLÉS : Editions La Maison pour Tous de Sotteville | Léon Leroy | Daniel Andrieu | Jean-François Glabik | Normandie | Rouen | Seconde Guerre Mondiale | Histoire | Guerre | Patrimoine | Occupation | Libération | Résistance | Déportation | Destruction |
Ouvrage disponibleRouen sous l'Occupation : 1940-1944, Patrick Coiffier
De 1940-1944, Rouen et son agglomération ont été meurtries, dévastées, brûlées, écrasées, anéanties, par les multiples bombardements. Rappelons-nous de la terrible nuit du 18 au 19 avril 1944 et de la Semaine Rouge du mardi 30 mai au dimanche 4 juin, qui ont fait tant de victimes, de disparus, de sinistrés et d'orphelins. Toutes ces années d'occupation ont été marquées par des privations, discriminations, arrestations, tortures et déportations ! Soixante ans après, de nombreux habitants de Rouen et alentours, s'en souviennent. Cet ouvrage permettra à tous, de mieux appréhender cette période au quotidien. Cinq années d'occupation en images, avec plus de 200 photos, journaux d'époque, affiche et tracts, dont 150 clichés inédits, pris sur le vif de l'actualité, par les services de propagande allemande. C'est un hommage à toute une population, à ces hommes et femmes de l'ombre, qui ont dit non à l'occupation et à Vichy. Reconnaissance aux Sapeurs-Pompiers, à la Défense Passive, à la Croix-Rouge, -qui apportèrent un appréciable réconfort à une population meurtrie et choquée - ; aux soldats alliés qui ont libéré Rouen, dont beaucoup avaient à peine vingt ans.
Rouen sous l'Occupation : 1940-1944, Patrick Coiffier, Editions Bertout, Janvier 2004.
MOTS CLÉS : Editions Bertout | Patrick Coiffier | Normandie | Rouen | Seconde Guerre Mondiale | Histoire | Guerre | Patrimoine | Occupation | Libération | Résistance | Déportation | Destruction |
Ouvrage disponibleRouen 1940/1944 : La Guerre, L'Occupation, La Libération, Alain Gasperini
Même si Rouen n'a pas été aussi terriblement mutilée que Saint-Lô, Caen, Le Havre et tant de petites villes et villages de Normandie, la ville aux cents clochers se place néanmoins au rang des villes martyres avec cent dix hectares rasés, 1 600 morts, 25 000 sinistrés. Sa reconstruction a été une réussite et a permis de conjurer le désastre. Cet album a cependant le devoir de rappeler la folie des hommes qui frappa si durement notre ville et notre province.
Rouen 1940/1944 : La Guerre, L'Occupation, La Libération, Alain Gasperini, Editions Ouest France, Mai 1944.
MOTS CLÉS : Editions Ouest France | Alain Gasperini | Normandie | Rouen | Seconde Guerre Mondiale | Histoire | Guerre | Patrimoine | Occupation | Libération | Résistance | Déportation | Destruction | Shoah |
Ouvrage disponibleSotteville, la place publique, Daniel Andrieu Benoît Eliot Sylvain Marchand Meftah Lissiri Régis Sénécal
Sotteville n'est pas une ville comme les autres... En deux siècles, la ville de Sotteville-lès-Rouen est passée d'un village agricole de quelques milliers d'âmes au XIXe siècle à une ville de 30 000 habitants. Des fumées de l'usine Bertel à l'arrivée des ateliers de chemins de fer, un certain état d'esprit populaire, ouvrier, cheminot, solidaire, flotte sur la cité. Deuxième ville socialiste de France en 1898, Sotteville s'anime, bouge, respire au son des marchés, des crissements des locomotives, des parades costumées ou des matchs de football endiablés. On se retrouve le dimanche à l'Eldorado, salle de 800 places, située place Voltaire, ou dans l'un des six cinémas de la ville. Mais la seconde Guerre Mondiale a brutalement stoppé cette ferveur populaire. 70% de la ville a été pulvérisée par les bombardements alliés dont ceux du 19 avril 1944 visant les dépôts SNCF. La gloire de la cité cheminote est aussi la cause de son désastre. Dès 1945, Marcel Lods est nommé architecte de la reconstruction par le Ministère de la Reconstruction. Le Corbusier à Marseille, Perret au Havre et Lods à Sotteville. Il s'agit de faire vite pour reloger une population sinistrée, vivant dans des baraquements insalubres. Il imagine et conçoit une véritable transformation de la ville, la préparant pour les 50 prochaines années. Disciple de la charte d'Athènes, il déplace le centre-ville, reloge les sinistrés, réserve des espaces verts, aménage une zone industrielle... La tâche est immense et l'ampleur à l'échelle d'une ville. Sotteville se relève, lentement. Une réappropriation des lieux que les acteurs politiques et culturels ont fait renaître à partir des années quatre-vingt grâce à une volonté, une ambition, une énergie commune retrouvée dans l'esprit du "faire ensemble". Viva Cité émerge et devient le fleuron culturel de la ville pour un rayonnement national voire international. Les activités industrielles qui ont marqué l'identité de la ville sont réorientées vers de nouvelles destinations culturelles. Le Trianon devient salle de musiques actuelles, les ateliers Buddicom abritent aujourd'hui le Centre National des Arts de la Rue et de l'Espace Public.
Sotteville, la place publique, Daniel Andrieu Benoît Eliot Sylvain Marchand Meftah Lissiri Régis Sénécal, Editions Octopus, Août 2019.
MOTS CLÉS : Editions Octopus | Daniel Andrieu | Benoît Eliot | Sylvain Marchand | Meftah Lissiri | Régis Sénécal | Normandie | Rouen | Sotteville | Ville | Urbanisme | Art | Architecture | Industrie | Reconstruction | Patrimoine | Socialisme | Cheminots | Ouvriers |
Ouvrage disponibleLa géographie ça sert d'abord à faire la guerre, Yves Lacoste
En 1976, la première édition de ce livre dans la « Petite collection Maspero » fit grand bruit dans les cénacles universitaires, mais aussi bien au-delà. Il faut dire que le géographe Yves Lacoste y proposait une analyse iconoclaste : il y fustigeait la « géographie des professeurs », apparue au XIXe siècle en Allemagne et en France et progressivement devenue un discours idéologique masquant l’importance politique de toute réflexion sur l’espace – tandis que sa variante scolaire a longtemps été vue comme l’un des enseignements les plus rébarbatifs et « inutiles ». Mais surtout, Yves Lacoste montrait qu’existait aussi une autre géographie, plus ancienne et toujours actuelle, la « géographie des états-majors », ensemble de représentations et de connaissances rapportées à l’espace constituant un savoir stratégique utilisé par les minorités dirigeantes. À rebours de ces deux conceptions, Lacoste affirmait que les questions soulevées par la géographie concernent en réalité tous les citoyens, car il est impossible d’en exclure les phénomènes militaires, politiques et sociaux : des questions passionnantes, multiformes, à la croisée de nombreuses disciplines. Tel était le programme de la revue Hérodote, lancée également en 1976 par Yves Lacoste chez le même éditeur et devenue depuis le fer de lance d’une nouvelle géographie « géopolitique ». Trente-six ans après la parution de ce livre devenu culte, la présente édition reprend le texte original de 1976, complété par une longue préface inédite et des commentaires contemporains de l’auteur. Sa pertinence reste entière, à une époque où la géopolitique défendue par Yves Lacoste est entrée dans les mœurs et où l’analyse des conflits régionaux et internationaux, toujours complexe, s’est imposée dans le débat public.
La géographie ça sert d'abord à faire la guerre, Yves Lacoste , Editions La Découverte, Janvier 2014.
MOTS CLÉS : Editions La Découverte | Yves Lacoste | Géographie | Cartographie | Géopolitique | Politique | Économie | Guerre | Militaire | Stratégie | Savoir | Éducation |
Ouvrage disponibleVilles sous contrôle: La militarisation de l'espace urbain, Stephen Graham
Checkpoints, drones, GPS, passeports biométriques, insectes cyborgs, puces RFID, détecteurs de cibles, essaims de nanocapteurs, soldats-robots, barrières Jersey, dirigeables de surveillance, bombes " incapacitantes " et arsenal " non létal "... Qu'ont en commun toutes ces " technologies " qui, pour certaines, semblent relever de la science-fiction et qui, pour d'autres, imprègnent déjà notre quotidien de citadins ? Concoctées dans les laboratoires de l'armée, elles sont les nouvelles armes de la guerre en cours, cette " guerre asymétrique " ou " permanente " qui transforme les armées occidentales en forces contre-insurrectionnelles high-tech et chacun d'entre nous en cible potentielle nécessitant d'être identifiée, pistée, surveillée, au nom de la prévention d'une menace indistincte. Avec Israël comme laboratoire et la " guerre contre le terrorisme " comme terrain d'application mondial, cette nouvelle forme de conflit touche de manière très différenciée les habitants du monde riche et ceux des territoires post- et néo-coloniaux. Elle se signale cependant par un trait commun à tous : ses champs de bataille ne sont plus les plaines ou les déserts, mais les principales agglomérations urbaines mondiales. Dans le sillage des travaux de Mike Davis, Naomi Klein ou Eyal Weizman, le livre de Stephen Graham nous donne les clés pour comprendre les logiques profondes de cet emballement militaro-sécuritaire globalisé.
Villes sous contrôle: La militarisation de l'espace urbain, Stephen Graham, Editions La Découverte, Mai 2012.
MOTS CLÉS : Editions La Découverte | Stephen Graham | Ville | Métropole | Internet | Numérique | Technologie | Guerre | Conflit | Psychologie | Philosophie | Politique | Économie | Pouvoir | Autorité | État | Surveillance | Militarisation |
Ouvrage disponibleL'Art de la guerre, Nicolas Machiavel
L'Art de la guerre, publié en 1521, occupe une place singulière dans l'oeuvre de Machiavel. Présenté sous la forme d'un dialogue, l'ouvrage surprend par son esprit peu machiavélique. Les considérations tactiques y côtoient les propos consacrés aux nécessités matérielles de la guerre (recrutement, armement...), orchestrant avec subtilité une réflexion sur le pouvoir. Quelles limites la politique impose-t-elle à l'art de la guerre ? Comment définir l'autorité ? Ce sont là quelques-unes des questions soulevées par Machiavel qui puise ici ses modèles chez les Anciens. En grand stratège, il omet parfois de répondre. Mais la guerre est une affaire si sérieuse qu'il faut peut-être savoir la manier avec ironie.
L'Art de la guerre, Nicolas Machiavel, Editions Flammarion, Mars 1991.
MOTS CLÉS : Editions Flammarion | Machiavel | Littérature | Guerre | Conflit | Conquête | Stratégie | Tactique | Ruse | Psychologie | Philosophie | Politique | Économie | Pouvoir | Autorité | État |
Ouvrage disponibleL'art de la guerre, Sun Tzu
Il y a vingt-cinq siècles, dans la Chine des " Royaumes combattants ", était rédigé le premier traité sur " l'art de la guerre ". Sur son auteur, Sun Tzu, l'histoire ne fournit que quelques traits biographiques et peut-être sont-ils mêlés de légende. Mais son ouvrage, d'une concision admirable et toujours perceptible malgré les adjonctions des commentateurs, a été et demeure au centre de la pensée militaire d'Extrême-Orient. A la différence de Clausewitz, Sun Tzu ne fait pas de la grandiose bataille d'anéantissement le sommet de l'art du stratège. Si l'on peut détruire l'ennemi, on se jette sur lui ; mais la " duperie ", c'est-à-dire la guerre totale du mensonge, peut faire mieux encore... Il faut lire Sun Tzu comme un grand classique empreint de sagesse, mais aussi comme la clé d'une meilleure compréhension de la pensée politique chinoise d'aujourd'hui.
L'art de la guerre, Sun Tzu, Editions Flammarion, Avril 2008.
MOTS CLÉS : Editions Flammarion | Sun Tzu | Littérature | Guerre | Conflit | Stratégie | Tactique | Ruse | Psychologie | Philosophie | Économie |
Ouvrage disponibleLettres de guerre, Jacques Vaché
En 1916, André Breton, interne en médecine, rencontre Jacques Vaché dans un centre médical à Nantes. Les deux jeunes gens, âgés de vingt ans, se lient d'amitié. Quelques mois plus tard, Vaché est envoyé sur le front nord comme interprète des soldats anglais. L'admirateur de Jarry se retrouve au beau milieu d'un conflit ubuesque. Profondément "ennuyé" par les hostilités - sa correspondance ne nous en livre que de lointains échos -, il leur oppose une résistance toute de flegme et de "paisible fumisterie", et s'échappe dans le rêve. Celui qui fut "poète" surréaliste avant l'heure disparaît en 1919, avant sa démobilisation.
Lettres de guerre, Jacques Vaché, Editions Mille et une nuits, Juillet 2001.
MOTS CLÉS : Editions Mille et une nuits | Jacques Vaché | Lettres | Poésie | Recueil | Correspondance | Littérature | Guerre | 1914-1918 | Ière guerre mondiale | Surréalisme | AvantGarde | Breton | Mobilisation |
Ouvrage disponibleLibres d’obéir: Le management, du nazisme à aujourd'hui, Johann Chapoutot
Reinhard Höhn (1904-2000) est l'archétype de l'intellectuel technocrate au service du III? Reich. Juriste, il se distingue par la radicalité de ses réflexions sur la progressive disparition de l'État au profit de la "communauté" définie par la race et son "espace vital". Brillant fonctionnaire de la SS - il termine la guerre comme Oberführer (général) -, il nourrit la réflexion nazie sur l'adaptation des institutions au Grand Reich à venir - quelles structures et quelles réformes ? Revenu à la vie civile, il crée bientôt à Bad Harzburg un institut de formation au management qui accueille au fil des décennies l'élite économique et patronale de la République fédérale : quelque 600 000 cadres issus des principales sociétés allemandes, sans compter 100 000 inscrits en formation à distance, y ont appris, grâce à ses séminaires et à ses nombreux manuels à succès, la gestion des hommes. Ou plus exactement l'organisation hiérarchique du travail par définition d'objectifs, le producteur, pour y parvenir, demeurant libre de choisir les moyens à appliquer. Ce qui fut très exactement la politique du Reich pour se réarmer, affamer les populations slaves des territoires de l'Est, exterminer les Juifs. Passé les années 1980, d'autres modèles prendront la relève (le japonais, par exemple, moins hiérarchisé). Mais le nazisme aura été un grand moment managérial et une des matrices du management moderne.
Libres d’obéir: Le management, du nazisme à aujourd'hui, Johann Chapoutot, Editions GALLIMARD, Janvier 2020.
MOTS CLÉS : Editions GALLIMARD | Johann Chapoutot | Nazisme | Culture | Idéologie | Politique | Histoire | Sociologie | Fascisme | Moralité | Management | Technocratie | Höhn | Productivité | Propagande |
Ouvrage disponibleLa Guerre Civile Numérique : Conversation avec Régis Meyran, Paul Jorion
Paul Jorion ne mâche pas ses mots. Pour lui, avec les crises financières et écologiques à répétition, un seuil a été franchi. Et une guerre qui ne dit pas son nom s'est déclenchée. Cette "guerre civile" est technologique et mobilise l'ensemble de la communauté numérique : du pirate informatique aguerri jusqu'au fana de Twitter. En face d'eux, une coalition de gouvernements et de milieux d'affaire, de plus en plus ouvertement dédaigneux des valeurs démocratiques. Qui l'emportera ? Paul Jorion propose ici une analyse inédite des nouvelles formes de résistance numérique. Inclassable, à la fois anthropologue, économiste et blogueur - 100 000 visiteurs sur son blog chaque mois !-, il livre ici des réflexions parfois provocantes, souvent inattendues, toujours au plus près du terrain.
La Guerre Civile Numérique : Conversation avec Régis Meyran, Paul Jorion, Editions TEXTUEL, Mai 2011.
MOTS CLÉS : Editions TEXTUEL | Paul Jorion | Numérique | Guerre | Cyberguerre | Technologie | Internet | Hackers | Réseaux | Surveillance | Pouvoir | Démocratie | Société | Économie | Écologie | Anthropologie | Capitalisme |
Ouvrage disponibleLes juifs algériens dans la lutte anticoloniale, Pierre-Jean Le Foll-Luciani
« Pour nous qui venions à peine d'avoir l'âge de raison en ces jours d'humiliation, ces années de jeunesse ont à jamais marqué notre vie et c'est pourquoi nous sommes fiers de l'injure qu'on nous lançait comme un opprobre : oui, nous sommes des juifs indigènes algériens… Et après ? Vous n'aurez pas notre cœur contre un certificat de nationalité dont vous vous servez comme d'un couperet de guillotine. » Diffusées clandestinement durant la guerre d'indépendance, ces lignes ont été écrites en 1957 par des juifs algériens qui, nés citoyens français vers 1930, déchus de la citoyenneté française durant trois années et exclus de l'école sous Vichy, sont devenus des militants communistes algériens après la Seconde Guerre mondiale avant de rejoindre le FLN en 1956. De l'entre-deux-guerres à l'indépendance de l'Algérie, une petite minorité de juifs issus de familles autochtones ont suivi des trajectoires comparables, les déplaçant en quelques années des projets sociaux ordinaires de leurs parents – faire de leurs enfants de bons Français plus ou moins juifs – vers le projet politique inouï de s'affirmer Algériens. Bouleversant l'ordre du monde colonial par leurs prises de position politiques, par leurs sociabilités transgressives et jusque dans leur intimité affective, ces hommes et ces femmes ont engagé leur vie pour une Algérie décolonisée et socialiste dont ils seraient citoyens, participant pleinement – mais non sans difficultés dans leur confrontation avec le nationalisme algérien dominant – au mouvement national, aux épreuves de la clandestinité et de la répression durant la guerre d'indépendance, et aux premières années de construction de l'Algérie indépendante. Basé sur des entretiens biographiques menés avec 40 anciens militants, sur des sources privées et sur des fonds d'archives souvent inexplorés, cet ouvrage met en lumière les ressorts de ces trajectoires dissidentes en les articulant à une réflexion générale sur le rapport des juifs algériens à la question coloniale. Au prisme de cette entrée minoritaire, il s'agit aussi de construire une histoire par le bas des juifs d'Algérie, du communisme algérien et, plus généralement, de la société algérienne colonisée et nouvellement indépendante. Pierre-jean Le Foll Luciani est agrégé et docteur en histoire. Il a publié en 2012 aux PUR un livre d'entretiens avec William Sportisse, Le Camp des oliviers. Parcours d'un communiste algérien. Le présent ouvrage est issu de sa thèse de doctorat.
Les juifs algériens dans la lutte anticoloniale, Pierre-Jean Le Foll-Luciani, Editions Presses universitaires de Rennes, 2015.
MOTS CLÉS : Editions Presses universitaires de Rennes | Pierre-Jean Le Foll-Luciani | Smala | Anticolonialisme | Décolonisation | Algérie | Judéité | Citoyenneté | Communisme | Vichy |
Ouvrage disponibleArchitecture de la contre-révolution: L'armée française dans le Nord de l'Algérie, Samia Henni
Dans Architecture de la contre-révolution Samia Henni analyse les politiques en matière d’urbanisme et d’architecture mises en œuvre par l’État colonial français pendant la longue guerre d’indépendance algérienne (1954-1962) au croisement des vastes opérations militaires contre-insurectionnelles menées sur l’ensemble du territoire algérien. Tout au long de ce violent conflit armé, les autorités civiles et militaires françaises ont profondément réorganisé le vaste territoire urbain et rural de l’Algérie, transformé radicalement son environnement bâti, construit de nouvelles infrastructures en un temps record et implanté de manière stratégique de nouveaux centres de population afin de maintenir l’Algérie sous domination française. Cet ouvrage montre de façon documentée et précise comment le régime colonial a planifié et mis en œuvre des programmes de démolition tactique, et développé de nouvelles structures afin de faciliter le contrôle étroit de la population algérienne et la protection des communautés européennes en Algérie. Le travail de Samia Henni se concentre sur la teneur politique de trois stratégies spatiales contre-révolutionnaires interconnectées : le déplacement forcé massif de paysans algériens ; les programmes de logement de masse conçus à destination de la population algérienne dans le cadre du Plan de Constantine du général de Gaulle ; et la nouvelle ville administrative fortifiée censée permettre la protection des autorités françaises pendant les derniers mois de la Révolution algérienne. L’autrice s’applique à décrire le modus operandi de ces stratégies spatiales, leurs racines, leur évolution, leur portée et leurs effets, ainsi que les acteurs, les protocoles et les logiques de conception qui les sous-tendent. Les chapitres de ce livre ne prétendent pas offrir un panorama exhaustif des 94 mois de destruction et de construction qui caractérisèrent la guerre menée par la France en Algérie ; ils ne cherchent pas non plus à fournir une description et une analyse exhaustives de tous les édifices construits ou détruits par les autorités coloniales françaises pendant la Révolution algérienne. L’ouvrage cherche plutôt à enquêter sur les pratiques coloniales de la France telles qu’elles s’incarnent dans des instruments juridiques, des opérations militaires et des projets architecturaux, et à mettre en lumière le rôle respectif d’une série d’officiers, de technocrates, d’architectes, de planificateurs et d’ethnologues dans la création architecturale (au sens large du terme) tout au long de cette sanglante guerre d’indépendance.
Architecture de la contre-révolution: L'armée française dans le Nord de l'Algérie, Samia Henni, Editions B42, novembre 2019.
MOTS CLÉS : Editions B42 | Samia Henni | Smala | Architecture | Urbanisme | Colonialisme | Colonisation | Algérie | France | Guerre | Militaire |
Ouvrage disponibleLe camp des oliviers : Parcours d'un communiste algérien, William Sportisse Pierre-Jean Le Foll-Luciani
William Sportisse, né en 1923 à Constantine, grandit dans le Camp des oliviers, quartier populaire et mixte d'une ville profondément divisée par les barrières coloniales. Élevé dans une famille juive autochtone, française par le droit mais de culture judéo-arabe, et guidé parla trajectoire de son frère aîné, Lucien, pionnier des luttes anticoloniales assassiné par la Gestapo à Lyon en 1944, il choisit très tôt le camp d'une Algérie décolonisée et socialiste. D'une guerre à l'autre, ce camp le mène de l'action souterraine antifasciste sous Vichy à la coordination des réseaux clandestins du Parti communiste algérien à Constantine durant sept années de la guerre d'indépendance, en passant par la direction d'une émission de radio en langue arabe à Budapest, considérée dès novembre 1954 par le gouvernement français comme l'une des responsables du déclenchement de l'insurrection algérienne. Devenu citoyen de l'Algérie indépendante, il connaît à partir de 1965, comme nombre de ses camarades, les tortures et prisons d'un régime autoritaire dont les communistes tentent avec difficultés de réorienter la marche, avant que l'explosion des années 1990 ne le contraigne à l'exil. À travers le prisme d'une personnalité militante confrontée à des documents d'archives jusqu'ici inexplorées, ce livre d'entretiens déploie autour d'un parcours minoritaire des pans méconnus de l'histoire sociale et politique de l'Algérie (post) coloniale. Pierre-Jean Le Foll-Luciani est doctorant en histoire contemporaine à l'université Rennes 2. Sa thèse porte sur les militants anticolonialistes juifs algériens (de l'entre-deux-guerres aux premières années de l'indépendance de l'Algérie).
Le camp des oliviers : Parcours d'un communiste algérien, William Sportisse Pierre-Jean Le Foll-Luciani, Editions Presses Universitaires de Rennes, novembre 2012.
MOTS CLÉS : Editions Presses Universitaires de Rennes | William Sportisse | Pierre-Jean Le Foll-Luciani | Smala | Communisme | Algérie | France | Colonialisme | Anticolonialisme | Décolonisation | Résistance | Militantisme | Judaïsme | Immigration | Migration | |
Ouvrage disponibleAbd el-Kader : Le Magnanime, Bruno Étienne
L'extraordinaire et tumultueuse épopée de "l'émir au cheval noir", résistant héroïque à la colonisation française en Algérie, a longtemps occulté le parcours et l'oeuvre d'Abd el-Kader. Sur les deux rives de la Méditerranée, son personnage a suscité passions et fascinations. Dès 1840, les Français ont magnifié cet adversaire redoutable dont l'ardeur rendait leur victoire d'autant plus méritoire. L'Algérie l'a consacré héros national et initiateur du long combat qui devait conduire à l'indépendance de 1962. Bruno Étienne et François Pouillon restituent toute l'amplitude et la complexité d'un personnage hors du commun, chef de guerre inspiré mais aussi lettré, arabe mais avant tout musulman, mystique mais aussi moderniste, qui ne cessa d'oeuvrer au rapprochement de l'Orient et de l'Occident. Le sage d'hier, prônant un islam d'ouverture et de réforme, éclaire les préjugés et les intolérances d'aujourd'hui.
Abd el-Kader : Le Magnanime, Bruno Étienne, Editions Gallimard, mars 2003.
MOTS CLÉS : Editions Gallimard | Bruno Étienne | Smala | Histoire | Biographie | Etude | Abdelkader | Algérie | Colonisation | Colonialisme | Nomade | Habitat Nomade |
Ouvrage disponibleVilles en Parallèle : Villes Algériennes, Galia Guy Burgel
Entre l'Algérie et la France, le livre s'écrit depuis près de deux siècles, avec ses pages douloureuses et tragiques (la guerre d'indépendance) et ses lignes plus lumineuses (les affinités et les amitiés méditerranéennes, le maintien du français, ce "butin de guerre", selon l'heureuse expression d'un auteur kabyle). Comme toujours la ville porte dans la matérialité de ses espaces et de ses formes, le témoignage de ces itinéraires croisés.
Villes en Parallèle : Villes Algériennes, Galia Guy Burgel, Editions Médias, 1987.
MOTS CLÉS : Editions Médias | Galia | Guy Burgel | Smala | Histoire | Etude | Algérie | Colonisation | Colonialisme | Habitat Nomade |
Ouvrage disponibleAbd El-kader au Château d'Ambroise, Mgr Dupuch
"Mais pourquoi le gouvernement français a-t'il attaché tant de prix jusqu'ici à cette même longue et douloureuse captivité d'Abd-el-Kader ? Pourquoi hésite-t'il encore malgré la foi promise en son nom au mois de décembre 1847, àlui rendre une rigoureuse et trop tardive justice ? Qui peut donc le retenir davantage, lui qui représente pourtant si évidemment en ce moment la nation la plus généreuse et la plus chevaleresque du monde, et dont le noble chef connait le prix de la captivité ?" Monseigneur Dupuch, ancien évêque d'Alger, adresse cette lettre à Napoléon III, pour demander la liberté promise à l'émir Abd el-Kader lors de sa reddition. Il fait un portrait psychologique et moral de l'Émir avec lequel il avait été en contact avec en Algérie et qu'il a rencontré à plusieurs reprises au cours de sa captivité. A l'appui de sa thèse, il cite abondamment les officiers français qui l'avaient combattu. On perçoit à travers ce texte leur admiration pour celui qui fut à la fois un combattant valeureux et un homme de foi. Cette réédition vient éclairer certaines péripéties de l'histoire de la conquête de l'Algérie au moment ou l'opinion s'interroge sur les liens entre guerre de libération et "guerre sainte". Antoine-Adolphe DUPUCH est né à Bordeaux le 20 mai 1800. Après des études à Paris, il entre au séminaire et est ordonné prêtre en 1825. C'est en 1838 qu'il est nommé, par le pape Grégoire XVI, évêque d'Alger, ville qui vient juste alors d'être érigée en évêché. Il y restera jusqu'à sa démission, en 1846. Durant cette période, il entre en contact avec Abd el-Kader avec lequel il organise des échanges de prisonniers. Il reverra ce dernier emprisonné à Pau, puis à Amboise et il deviendra un des plus ardents partisans de la libération de l'Émir. Il décède à Bordeaux en 1856. Ces cendres seront, selon son souhait, transférées à Alger en 1864.
Abd El-kader au Château d'Ambroise, Mgr Dupuch, Editions Ibis Press, Octobre 2004.
MOTS CLÉS : Editions Ibis Press | Mgr Dupuch | Smala | Histoire | Biographie | Etude | Abdelkader | Algérie | Colonisation | Colonialisme | Nomade | Habitat Nomade |
Ouvrage disponibleHabitats non ordinaires et espace-temps de la mobilité, Marc Bernardot Arnaud Le Marchand Catalina Santana Bucio
Malgré la centralité de la question de l'habitat dans les sociétés contemporaines, les formes non ordinaires d'habitats restent mal connues. Les chapitres de cet ouvrage dessinent les contours mouvants de cet objet spatio-politique : des quartiers d'invasion autoconstruits en situation postcoloniale, des zones en friche à occupation temporaire et précaire, des abris de fortune, des habitats mobiles, des formes atypiques de logement humanitaire, des hébergements/lieux de travail, des topiques des guerres urbaines et frontalières. Le retour au premier plan du paysage mondial de l'habitat non ordinaire (HNO) est une des manifestations des changements profonds affectant les sociétés contemporaines, découlant des déréglementations, du développement de l'économie de bazar, des mobilités comme des résistances et des adaptations à ces mutations. C'est pourquoi les auteurs dont les textes sont rassemblés ici ont mené des enquêtes de terrain, au plus près des habitants, des militants et des artistes, et des situations concrètes pour construire leur analyse de l'habitat non ordinaire qui ne ressemble que rarement au "bon habitat", celui des majoritaires, des marchés et des administrations. Marc Bernardot, enseignant-chercheur en sociologie à l'université du Havre. Il est animateur du réseau TERRA et membre de l'UMR IDEES-Le Havre. Spécialiste des mobilités et des conflits, il a notamment publié Captures, aux éditions du Croquant, 2012. Arnaud Le Marchand, enseignant-chercheur en économie à l'université du Havre et membre du laboratoire EDEHN. Spécialiste de la monnaie et des mobilités, il a récemment écrit Enclaves nomades, aux éditions du Croquant en 2011. Catalina Santana Bucio, enseignante-chercheuse en sociologie. Elle est membre de l'UMR IDEES-Le Havre. Spécialiste de sociologie urbaine et des risques, elle prépare une thèse de doctorat sur la ville du Havre.
Habitats non ordinaires et espace-temps de la mobilité, Marc Bernardot Arnaud Le Marchand Catalina Santana Bucio, Editions du Croquant, novembre 2014.
MOTS CLÉS : Editions du Croquant | Marc Bernardot | Arnaud Le Marchand | Catalina Santana Bucio | Makhnovtchina | Nomadisme | Nomades | Habitat | Habitat mobile | Architecture | Postcoloniale | Zone | Mondialisation | Economie | Etude | Enquête |
Ouvrage disponibleVILLES NOMADES : Histoires clandestines de la modernité, Stany Cambot Echelle Inconnue
Une autre ville existe, concomitante à la ville planifiée. Une ville faite de caravanes, de tentes, de camions, mobile-homes et autres kiosques et cabanes. Ville européenne, autre, que de Paris à Moscou le cadastre réprouve et oblitère quand il ne la criminalise pas. Un archaïsme qu'urbanistes, architectes, politiques, sociologues et policiers ont charge de démanteler, résorber ou extraire de leurs nouvelles métropoles. Nomade, mobile, légère ou foraine cette ville demeure cependant pensée depuis l'espace cadastré, ses représentations, ses mots et son Histoire. C'est une ville sans nom d'un peuple sans nom que la langue politique et médiatique pourtant nomme : Rom, Gitan, réfugié, Manouche, Tzigane... ville de l'étranger en somme. Ville étrangère à la ville surtout et ce depuis le milieu du XIXe siècle au moins. Belligérante d'une guerre silencieuse qui pourtant a lieu et l'oppose à la ville planifiée, elle constitue, sous les multiples formes des ses réapparitions (capitale mobile de l'Algérie, Zone des fortifs de Paris, caravane de l'armée insurrectionnelle ukrainienne, etc.) une alternative urbaine, poétique, politique et économique. Chant partisan, ce texte est une tentative de renouer les fils d'une histoire urbaine sectionnés par l'exercice colonial et militaire, le capitalisme et ses remises à jour ainsi que par un urbanisme contemporain en partie fondé sur son anéantissement et dont la métropolisation n'est que l'ultime masque. Fondé en 1998 et emmené par l'architecture Stany Cambot, Echelle Inconnue n'est pas un collectif mais un groupe, comme un groupe de rock, qui voudrait être à l'architecture ce qu'Elvis Presley fut à Tino Rossi. Groupe indiscipliné de recherche et création, autour des notions d'invisibles des villes et de leurs représentations, il se consacre aux urbanités minoritaires, alternatives ou émergentes ainsi qu'aux populations non prises en compte ou discriminées en raison d'un mode de vie minoritaire. Il tente d'être un acteur de l'émergence d'une connaissance "par le bas" mettant en place des travaux et expériences artistiques autour de la ville et du territoire.
VILLES NOMADES : Histoires clandestines de la modernité, Stany Cambot Echelle Inconnue, Editions Eterotopia, février 2016.
MOTS CLÉS : Editions Eterotopia | Stany Cambot | Echelle Inconnue | Makhnovtchina | Nomadisme | Nomades | Habitat | Arts | Architecture | Urbanisme | Activisme | Tsiganes | Manouches | Roms | Gitans | Réfugiés | Politique | Sociologie | Paris | France | Moscou | Russie | Ukraine |
Ouvrage disponibleCes guerres qui nous attendent (2030-2060), Red Team
La Red Team n’est pas la nouvelle série Netflix. Et pourtant, sous ce nom de code, un commando a mené une opération pionnière particulièrement haletante. Pour la première fois, le ministère français des Armées et l’Université Paris Sciences et Lettres ont lancé un projet de prospection novateur. Analystes et chercheurs ont partagé librement leurs réflexions avec des auteurs et dessinateurs pour imaginer les conflits possibles à l’horizon 2030-2060 : création d’une nouvelle nation pirate née des changements climatiques, hacking éventuel des implants neuronaux, émergence de sphères communautaires développant une réalité alternative, fragmentation du réel, crises environnementales et bioterrorisme, guerres cognitives s’appuyant sur la désinformation de masse, polarisation du monde en hyperforteresses et hyperclouds. Un polar d’anticipation géopolitique dans lequel il n’est pas interdit de lire notre avenir proche. La Red Team est composée de dix auteurs de science-fiction et de romans noirs : François Schuiten, Jeanne Bregeon, Colonel Hermès, Capitaine Numericus, Virginie Tournay, Laurent Genefort, Romain Lucazeau, Xavier Mauméjean, Xavier Dorison, DOA. L'Université Paris Sciences et Lettres (PSL) forme, au plus près de la recherche en train de se faire, des chercheurs, artistes, entrepreneurs et des dirigeants conscients de leur responsabilité sociale, individuelle et collective. Elle figure parmi les cinquante premières universités mondiales.
Ces guerres qui nous attendent (2030-2060), Red Team, Editions des Équateurs, Octobre 2024.
MOTS CLÉS : Editions des Équateurs | Red Team | Cinéma sur les ruines du futur | Recueil de nouvelles | Etudes | Science-Fiction | Guerre |
Ouvrage disponiblePUTAIN D'USINE (suivi de APRÈS LA CATASTROPHE et PLAN SOCIAL), Jean-Pierre Levaray
"ça arrive sans crier gare. Une pompe qui lâche, une pompe primordiale. On l'avait signalée depuis des semaines, mais aucune réparation n'avait été faite. Résultat : elle s'arrête à 3 heures du matin dans un fracas du diable. Salle de contrôle : on se croirait dans un film de guerre. À moitié dans le coaltar, il faut reprendre ses esprits à toute vitesse. Être efficace, éviter les fausses manœuvres. Les verrines clignotent, les alarmes carillonnent, les imprimantes crépitent. Sur les écrans, les courbes de niveau prennent des formes bizarres. Il faut éviter le pire, éviter qu'il y ait trop de casse. L'atelier est dangereux, ily a du gaz, de l'hydrogène. Et on le sait, quelques ateliers de ce type ont déjà été soufflés." On se souvient de l'explosion, le 21 septembre 2001, de l'usine AZF à Toulouse. Paru un an plus tard, la première partie de ce livre décrit les conditions de travail en usine jumelle, qui produisait le nitrate d'ammonium à l'origine de la catastrophe. D'un livre à l'autre, puis en bande dessinée (2002), en documentaire (2006) et en théâtre (2018), la prose de Jean-Pierre Levaray donne ce qu'un ouvrierpeut faire de mieux pour témoigner de la condition de sa classe. Ancien ouvrier dans l'agglomération rouennaise, auteur d'ine dizaine de livres, Jean-Pierre Levaray n'a jamais fait mystère de sa volonté d'échapper, par l'écriture, au monde qu'il décrit : celui de l'exploitation quotidienne du travail subi.
PUTAIN D'USINE (suivi de APRÈS LA CATASTROPHE et PLAN SOCIAL), Jean-Pierre Levaray, Editions Agone, janvier 2025.
MOTS CLÉS : Editions Agone | Jean-Pierre Levaray | Cinéma sur les ruines du futur | Roman | Travail | Usine | Sociale | Catastrophe |
Ouvrage disponibleTrois cœurs battant la nuit , Aurélien Manya
Marseille, juillet 2054. Dans une ville rongée par la guerre civile, de nombreux migrants cherchent à fuir le pays par tous les moyens. Parmi eux, Sohan, un combattant à bout de forces, s'apprête à embarquer clandestinement sur un cargo en direction du Maroc. Pour y parvenir, il doit traverser la cité phocéenne de nuit, arme au poing, une dernière fois. Mais un sombre événement vient remettre en cause son départ : la femme qu'il aime, Layla, se retrouve au cœur d'une prise d'otages. À l'autre bout de la ville, Stella est enfermée dans un camp d'internement bâti sur les plages. Lorsqu'elle apprend à son tour que Layla est en danger, elle s'évade et tente de rejoindre celle qui a tant compté pour elle. Dans un tourbillon nocturne où la température avoisine les cinquante degrés, où chaque ombre est une cible, les trois destins vont se croiser, se fondre, et en être à jamais bouleversés. Ce roman, qui aborde avec lucidité et subtilité la question de la perte des libertés, a été récompensé par la mention spéciale du jury du prix Méditerranée 2021. Aurélien Manya, né à Marseille en 1980, partage sa vie entre le montage de films et l'écriture. Il est l'auteur de plusieurs romans publiés aux Editions Gallimard, dans la collection Arpenteur : Le temps d'arriver (prix lycéen du Jeune Romancier et prix littéraire des lycéens et apprentis d'ïle-de-France), Avec le feu et Trois cœurs battant la nuit.
Trois cœurs battant la nuit , Aurélien Manya, Editions Folio, Collection SF, 2025.
MOTS CLÉS : Editions Abstractions | Sébastien Doubinsky | Cinéma sur les ruines du futur | Roman | Science-Fiction | Dystopie | Marseille |
Ouvrage disponibleL’Archipel des savants : histoire des anciennes villes d’élite du complexe scientifique soviétique, Kevin Limonier
Révélé par Soljenitsyne en 1973, le Goulag n’était pas le seul archipel créé par le pouvoir soviétique. Un autre système d’îlots urbains s’est développé dès les années 1950, afin de produire les instruments de la puissance soviétique. Longtemps « invisibles », ces villes fermées, voire non cartographiées, ont produit durant la guerre froide le nec plus ultra scientifique et militaire nécessaire à la compétition technologique est-ouest : essais atomiques, réacteurs nucléaires, accélérateurs de particules, ordinateurs, modules spatiaux. Un siècle après la Révolution d'Octobre 1917, l'essai de Kevin Limonier s'applique à décrire les mutations de Baïkonour, Obninsk, Doubna ou Akademgorodok, depuis l’URSS de Khrouchtchev jusqu’à la Russie de Vladimir Poutine.
L’Archipel des savants : histoire des anciennes villes d’élite du complexe scientifique soviétique, Kevin Limonier, Editions B2, 2018, 96p.
MOTS CLÉS : Russie | Kevin Limonier | Cyberespace Russophone | sciences et technologies en ex URSS | cartographie | Editions B2 | Eastern |
Ouvrage disponibleLe massacre de Thiaroye, Armelle Mabon
1er décembre 1944, camp de Thiaroye, en périphérie de Dakar. Des tirailleurs sénégalais, faits prisonniers par les Allemands lors de la guerre et récemment rapatriés, réclament le paiement de leur solde. Un droit qui leur était promis depuis des mois. La réponse est sanglante et d’une violence inouïe : des centaines d’entre eux sont rassemblés sur une esplanade du camp, froidement mitraillés puis jetés dans des fosses communes. Pourtant, dès le lendemain, les autorités coloniales et militaires prétexteront une rébellion armée des tirailleurs et feront état de trente-cinq morts. Entre mensonge d’État et fraude scientifique, l’historienne Armelle Mabon mène depuis dix ans un véritable combat pour réhabiliter ces hommes et les faire reconnaître comme victimes d’un crime d’État. À l’heure des commémorations pour les quatre-vingts ans de ce massacre, ce livre est d’autant plus nécessaire que la France s’obstine à refuser de regarder en face l’héritage raciste de la colonisation.
Le massacre de Thiaroye, Armelle Mabon, Editions Le Passager clandestin, Collection essais, enquêtes et manifestes, 2024, 160 p.
MOTS CLÉS : Armelle Mabon | anticolonialisme | guerre | histoire | histoire décoloniale | politique | Le Passager clandestin | Bibliothèque pour le foyer Moïse |
AUTOUR DE L’OUVRAGE & DE L’AUTEUR
Vidéo(s) touvée(s) : Doctorat Sauvage du Mardi 21 Janvier 2025 de
Armelle Mabon, au Foyer Moïse, Le massacre de Thiaroye
Ouvrage disponibleLa Condition ouvrière, Simone Weil
En décembre 1934, Simone Weil entre comme «manœuvre sur la machine» dans une usine. Professeur agrégé, elle ne se veut pas «en vadrouille dans la classe ouvrière», mais entend vivre la vocation qu'elle sent être sienne : s'exposer pour découvrir la vérité. Car la vérité n'est pas seulement le fruit d'une pensée pure, elle est vérité de quelque chose, expérimentale, «contact direct avec la réalité». Ce sera donc l'engagement en usine, l'épreuve de la solidarité des opprimés - non pas à leurs côtés, mais parmi eux. L'établissement en usine, comme, plus tard, l'engagement aux côtés des anarchistes espagnols ou encore dans les rangs de la France libre, est la réponse que Simone Weil a trouvée au mensonge de la politique, notamment celle des dirigeants bolcheviks qui prétendaient créer une classe ouvrière libre, alors qu'aucun «n'avait sans doute mis le pied dans une usine et par suite n'avait la plus faible idée des conditions réelles qui déterminent la servitude ou la liberté des ouvriers». Ce qui, toujours, a fait horreur à Simone Weil dans la guerre, qu'elle soit mondiale ou de classes, «c'est la situation de ceux qui se trouvent à l'arrière».
La Condition ouvrière, Simone Weil, Paris, Gallimard, coll. « Espoir », 1951, 276 p.
MOTS CLÉS : Simone Weil | Connaissance | Politique | Économie | Sciences humaines | Sociologie anthropologie |