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La Condition ouvrière, Simone Weil
En décembre 1934, Simone Weil entre comme «manœuvre sur la machine» dans une usine. Professeur agrégé, elle ne se veut pas «en vadrouille dans la classe ouvrière», mais entend vivre la vocation qu'elle sent être sienne : s'exposer pour découvrir la vérité. Car la vérité n'est pas seulement le fruit d'une pensée pure, elle est vérité de quelque chose, expérimentale, «contact direct avec la réalité». Ce sera donc l'engagement en usine, l'épreuve de la solidarité des opprimés - non pas à leurs côtés, mais parmi eux. L'établissement en usine, comme, plus tard, l'engagement aux côtés des anarchistes espagnols ou encore dans les rangs de la France libre, est la réponse que Simone Weil a trouvée au mensonge de la politique, notamment celle des dirigeants bolcheviks qui prétendaient créer une classe ouvrière libre, alors qu'aucun «n'avait sans doute mis le pied dans une usine et par suite n'avait la plus faible idée des conditions réelles qui déterminent la servitude ou la liberté des ouvriers». Ce qui, toujours, a fait horreur à Simone Weil dans la guerre, qu'elle soit mondiale ou de classes, «c'est la situation de ceux qui se trouvent à l'arrière».
La Condition ouvrière, Simone Weil, Paris, Gallimard, coll. « Espoir », 1951, 276 p.
MOTS CLÉS : Simone Weil | Connaissance | Politique | Économie | Sciences humaines | Sociologie anthropologie |
Où sont les « gens du voyage » ? Inventaire critique des aires d'accueil, William Acker
Ce n’est pas un hasard si les plus proches riverains de l’usine Lubrizol, partie en fumée toxique fin septembre 2019 à Rouen, étaient les habitant·es de l’aire d’accueil des « gens du voyage » de Petit-Quevilly. Partout en France, les lieux « d’accueil » attribués aux personnes relevant de cette dénomination administrative se trouvent à l’extérieur des villes, loin de tout service, ou dans des zones industrielles à proximité de diverses sources de nuisances. Constatant l’absence de chiffres opposables aux pouvoirs publics sur l’isolement de ces zones et leur rôle dans les inégalités environnementales, William Acker a décidé de les recenser, département par département. La première partie de cet ouvrage analyse le contexte historique, sociologique et politique de ces communautés et du rapport que l’État entretient avec elles. La seconde partie est l’inventaire exhaustif et cartographié des aires d’accueil. Cet inventaire s’appuie sur des critères précis et factuels comme la distance et la durée de trajet de la mairie à l’aire, la proximité immédiate de zones habitables ou de zones à risque sanitaire ou écologique (centrale nucléaire, déchèterie, usine, station d’épuration, etc.). C’est un travail inédit qui permet de mettre en lumière, d’une part, l’antitsiganisme diffus dans toutes les strates de notre société et, d’autre part, l’encampement moderne de toute une partie de la population invisibilisée de l’espace et du débat publics. Les « gens du voyage » sont en première ligne d’un des grands enjeux de lutte du XXIe siècle : le racisme environnemental.
Où sont les « gens du voyage » ? Inventaire critique des aires d'accueil, William Acker, Editions du commun, 2021, 448p.
MOTS CLÉS : William Acker | antitsiganisme | gens du voyage | aires d'accueil | seveso | zones à risque | périphéries | Editions du commun | zones industrielles |
AUTOUR DE L’OUVRAGE & DE L’AUTEUR
Vidéo(s) touvée(s) : Doctorat Sauvage du Jeudi 12 Octobre 2023 de
William Acker.
Histoires d'usines, 180 ans de vie industrielle dans l'agglomération rouennaise., Alain Alexandre, Michel Croguennec
De par sa proximité avec l'Angleterre, berceau de la Révolution industrielle, l'agglomération rouennaise est, dès la fin du XVIIIe siècle, témoin de l'essor de nouvelles industries et de la modernisation des modes de production dans la chimie, le textile, la sidérurgie et la métallurgie. Les possibilités offertes par le port de Rouen pour l'importation des matières premières et l'exportation des productions vont constituer, à partir des années 1900, un formidable appel d'air pour l'installation, le long des rives du fleuve, de dizaines d'usines liées à la pétrochimie, aux engrais, à la sidérurgie et la production papetière. Si cette histoire industrielle de l'agglomération rouennaise est bien connue et a déjà fait l'objet d'une multitude de recherches et de publications de la part des historiens et des géographes, en revanche, l'histoire des entreprises, en elles-mêmes, n'a fait jusqu'ici l'objet que de peu de travaux. Frappés par cette lacune et par la vitesse avec laquelle le souvenir des usines disparues s'efface, Alain Alexandre et Michel Croguennec ont voulu se livrer à un inventaire des principaux établissements industriels qui ont vu le jour entre 1840 et 1970. Grâce à cet ouvrage de référence, ce sont presque deux siècles d'histoire industrielle de l'agglomération rouennaise qui sont ici retracés à travers la vie d'usines comme le tissage Fauquet-Lemaître, la Fermeture Eclair, la Compagnie Rouennaise de Linoléum, les Aciéries de Maromme, la filature Gresland, la margarinerie Pellerin, la boulangerie industrielle Touflet, Lubrizol ou Petroplus...
Histoires d'usines, 180 ans de vie industrielle dans l'agglomération rouennaise., Alain Alexandre, Michel Croguennec, Editions l'écho des vagues, décembre 2013.
MOTS CLÉS : Alain Alexandre | Michel Croguennec | Editions l'écho des vagues | Cinéma sur les ruines du futur | Industrialisation | Usines | Histoire | Rouen | |
À la ligne, feuillets d'usine, Joseph Ponthus
"Au fil des heures et des jours le besoin d'écrire s'incruste tenace comme une arête dans la gorge Non le glauque de l'usine Mais sa paradoxale beauté" Ouvrier intérimaire, Joseph embauche jour après jour dans les usines de poissons et les abattoirs bretons. Le bruit, les rêves confisqués dans la répétition de rituels épuisants, la souffrance du corps s'accumulent inéluctablement comme le travail à la ligne. Ce qui le sauve, ce sont l'amour et les souvenirs de son autre vie, baignée de culture et de littérature. Par la magie d'une écriture drôle, coléreuse, fraternelle, l'existence ouvrière devient alors une odyssée où Ulysse combat des carcasses de boeuf et des tonnes de bulots comme autant de cyclopes.
À la ligne, feuillets d'usine, Joseph Ponthus, Editions Folio, octobre 2022.
MOTS CLÉS : Editions Folio | Joseph Ponthus | Cinéma sur les ruines du futur | Roman | Travail | Prolétariat | Sociale |
Flux : comment la pensée logistique gouverne le monde, Mathieu Quet
Notre monde est logistique. La pléthore d'acteurs qui consacrent leur énergie à acheminer les biens consommés de par le globe en témoigne : la circulation des marchandises est devenue un moteur essentiel du capitalisme mondialisé. Les pays les plus riches se constellent d'entrepôts qui prennent la place des usines abandonnées ; les pays les plus pauvres, eux, assurent la fabrication et le traitement des biens qui sillonnent la planète pour être achetés, consommés, mis au rebut. Si c'est le monde industriel et marchand qui a donné à la rationalité logistique sa forme la plus aboutie, celle-ci s'étend aujourd'hui à l'ensemble de nos activités. Des politiques migratoires aux pratiques culturelles, de la conservation de l'environnement aux relations humaines, il n'existe plus guère de domaines de la vie qui ne soient soumis à la gestion des flux, ce principe fondamental d'intendance. Il est grand temps de se demander comment le royaume logistique régit nos existences ; de montrer combien les conséquences de ses manquements sont dramatiques pour le vivant ; de raconter les multiples luttes qui lui font face. Et surtout, comme s'y emploie ce livre, il est urgent d'inventer d'autres imaginaires de la circulation et du transport, d'autres sujets collectifs pour un monde dans lequel les circulations ne seraient pas un instrument mortifère au service de la valeur marchande.
Flux : comment la pensée logistique gouverne le monde, Mathieu Quet, Editions la découverte, Label Zones, janvier 2022.
MOTS CLÉS : Editions la découverte | Mathieu Quet | Cinéma sur les ruines du futur | Logistique | Capitalisme | Politique | Industrie | Environnement |
Usines, en bord de Seines : Portrait d'un territoire en mouvement, Marine Simon,Loïc Séron
L'histoire du territoire ne peut pas être dissociée de la Seine qui a façonné les paysages mais aussi la vie des hommes qui se sont établis le long de ses rives. Le Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande a vocation à préserver la diversité du territoire et à travers le projet de territoire Le Monde du travail initié en 2016, il s'est donné comme ambition de mieux faire connaître l'histoire industrielle locale. Cet ouvrage est né du travail de recherche mené au Parc par Marine Simon, doctorante à l'université de Rouen, et de la collecte de mémoire orale qui en a découlé. Cet ouvrage est aussi le fruit de la réflexion menée avec Mylène Beaufils, directrice du musée industriel de la Corderie Vallois et de la rencontre avec le photographe Loïc Séron qui a arpenté les industries du département pour réaliser l'exposition Portrait du monde ouvrier. Accompagnée d'iconographies anciennes, la première partie de l'ouvrage présente les industries qui ont façonné le territoire entre Duclair et Rives-en-Seine : la clouterie Mustad, les centrales électriques, la Savonnerie et l'Huilerie à Yainville, le chantier naval et la Société de La Mailleraye au Trait, Latham à Caudebec-en-Caux. L'ouvrage donne ensuite la parole à ceux qui ont travaillé dans ces usines, où ils y ont appris un métier et acquis des savoir-faire qu'ils ont transmis aux générations suivantes. Aujourd'hui, la vallée de la Seine est toujours un espace économique dynamique et c'est ce que montrent les photographies de Loïc Séron, qui a exploré Flexi France, Christofle et la REVIMA, ainsi que le site "transformé" de la clouterie Mustad. C'est tout un univers insoupçonné qui s'offre au lecteur. Au coeur du territoire du Parc, ces entreprises participent de l'attractivité du territoire et perpétuent une histoire industrielle centenaire encore très vivante dans la mémoire des habitants.
Usines, en bord de Seines : Portrait d'un territoire en mouvement, Marine Simon,Loïc Séron, Editions Octopus, novembre 2017.
MOTS CLÉS : Editions Octopus! | Marine Simon | Loïc Séron | Cinéma sur les ruines du futur | Usines | Fleuve | Axe Seine | Rouen | Havre | Paris | Industrialisation |
PUTAIN D'USINE (suivi de APRÈS LA CATASTROPHE et PLAN SOCIAL), Jean-Pierre Levaray
"ça arrive sans crier gare. Une pompe qui lâche, une pompe primordiale. On l'avait signalée depuis des semaines, mais aucune réparation n'avait été faite. Résultat : elle s'arrête à 3 heures du matin dans un fracas du diable. Salle de contrôle : on se croirait dans un film de guerre. À moitié dans le coaltar, il faut reprendre ses esprits à toute vitesse. Être efficace, éviter les fausses manœuvres. Les verrines clignotent, les alarmes carillonnent, les imprimantes crépitent. Sur les écrans, les courbes de niveau prennent des formes bizarres. Il faut éviter le pire, éviter qu'il y ait trop de casse. L'atelier est dangereux, ily a du gaz, de l'hydrogène. Et on le sait, quelques ateliers de ce type ont déjà été soufflés." On se souvient de l'explosion, le 21 septembre 2001, de l'usine AZF à Toulouse. Paru un an plus tard, la première partie de ce livre décrit les conditions de travail en usine jumelle, qui produisait le nitrate d'ammonium à l'origine de la catastrophe. D'un livre à l'autre, puis en bande dessinée (2002), en documentaire (2006) et en théâtre (2018), la prose de Jean-Pierre Levaray donne ce qu'un ouvrierpeut faire de mieux pour témoigner de la condition de sa classe. Ancien ouvrier dans l'agglomération rouennaise, auteur d'ine dizaine de livres, Jean-Pierre Levaray n'a jamais fait mystère de sa volonté d'échapper, par l'écriture, au monde qu'il décrit : celui de l'exploitation quotidienne du travail subi.
PUTAIN D'USINE (suivi de APRÈS LA CATASTROPHE et PLAN SOCIAL), Jean-Pierre Levaray, Editions Agone, janvier 2025.
MOTS CLÉS : Editions Agone | Jean-Pierre Levaray | Cinéma sur les ruines du futur | Roman | Travail | Usine | Sociale | Catastrophe |
Tue ton Patron, Jean-Pierre Levaray
« Eh oui, j’ai tué mon patron. Il ne pouvait pas en être autrement. J’avais perdu mes plus belles années entre les murs de son entreprise, j’avais vu quelques copains y mourir, j’y avais usé ma santé, mais ça n’a pas empêché qu’un jour je reçoive ma lettre de licenciement. J’ai fait partie de la dernière charrette. Jeté comme un Kleenex, ni plus ni moins. Le restant de ma vie cassée, vidée. Il fallait bien que quelqu’un paie et je n’ai pas eu de mal à savoir qui. Je suis allé dans son antre, là où il dirige tout. Je l’ai traqué, suivi. J’ai appris à connaître son milieu, à rencontrer son entourage et ses congénères… Et un jour, plutôt une nuit… » Jean-Pierre Levaray est né en 1955. Ouvrier dans l’industrie chimique, chroniqueur au Monde libertaire et à CQFD, il est l’auteur de récits poignants sur la condition ouvrière dont Putain d’usine (L’Insomniaque, 2002), Tranches de chagrin (L’Insomniaque, 2006) et À quelques pas de l’usine (Chants d’ortie, 2008). Gil est né en 1959. Il a publié plusieurs recueils de dessins, parmi lesquels Le Monde n’est pas une marchandise (No Pasaran, 2007). De 1984 à 2000, il a participé aux activités du fanzine et du label On a faim ! avec Jean-Pierre.
Tue ton Patron, Jean-Pierre Levaray, Editions Libertalia, Février 2010.
MOTS CLÉS : Editions Libertalia | Jean-Pierre Levaray | Cinéma sur les ruines du futur | Roman | Travail | Usine | Sociale | Polar |
Tue ton Patron 2, Jean-Pierre Levaray
On a tous rêvé, un jour, une nuit, de se débarrasser de son patron. Mais ce n’est pas si facile. Alors, si on s’y mettait tous ensemble ? C’est ce que les ouvriers d’une usine fabriquant des composants électroniques pour le secteur automobile mettent en œuvre lorsque le patron veut fermer la boîte. Cela se passe très vite, en quelques heures, à la faveur d’une réunion pour annoncer les licenciements. Mais pour que ce soit rapide et efficace, il faut avoir tout bien préparé. Tue ton patron, premier du genre, racontait l’acte individuel d’un chômeur. Pour ce deuxième opus, c’est le « tous ensemble » qui prévaut. Plus efficace ? Moins noir ? À voir et à lire. Imaginez un monde sans patron… Jean-Pierre Levaray, ouvrier dans l’industrie chimique, est l’auteur de Putain d’usine (L’Insomniaque puis Agone ; édition BD avec le dessinateur Efix : Petit à Petit). Aux éditions Libertalia, il a publié le roman Tue ton patron (2010). Une adaptation en bande dessinée, toujours avec Efix, devrait paraître au cours du premier semestre 2012.
Tue ton Patron 2, Jean-Pierre Levaray, Editions Libertalia, mars 2012.
MOTS CLÉS : Editions Libertalia | Jean-Pierre Levaray | Cinéma sur les ruines du futur | Roman | Travail | Usine | Sociale | Polar |
Comme si on domptait les machines, Jean-Pierre Levaray
« J’ai la fâcheuse tendance à écrire des histoires qui finissent mal, comme si le prolo était condamné à la misère et à la mort. Une sorte de héros tragique que seule la révolution sociale et libertaire pourra sauver. Parfois, pourtant, je ne voudrais pas que ça finisse mal, je voudrais même que mon personnage s’en sorte. Mais la vraie vie est plus forte que la fiction. Chez les pauvres, ça finit souvent mal, dans la violence ou la douleur. » Jean-Pierre Levaray nous montre une réalité vue de la France d’en bas et, lorsqu’il nous écrivait de l’usine ou d’ailleurs, ses mots faisaient mouche systématiquement. C’est peu dire que son Putain d’usine (L’Insomniaque, 2002) et son Tue Ton Patron (Libertalia, 2010) sont de véritables marqueurs de l’écriture prolétarienne. Avec Comme si on domptait les machines, le propos de l’ancien ouvrier claque comme le coup de grisou dans la mine, comme l’usine qui explose, comme la justice sociale le lendemain du Grand Soir. 16 nouvelles pour envisager la question de l’après comme un vieux 33 tours qui tourne en boucle. Face A : a working class hero is something to be. Face B : et si la machine les a sacrifiés, un cœur ne peut pas se remplacer. Car il faudra un jour rendre hommage à ces vies d’aliénés jetées dans le caniveau social une fois l’heure de la retraite sonnée.
Comme si on domptait les machines, Jean-Pierre Levaray, Editions de La Pigne, 2023.
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Editions de La Pigne | Jean-Pierre Levaray | Cinéma sur les ruines du futur | Recueil de nouvelle | Travail | Usine | Sociale | Technologie |
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