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Le Grand Paris, Aurélien Bellanger
"Nommé conseiller technique aux grands projets d'aménagement, j'étais relativement bas dans la hiérarchie du cabinet, mais il était entendu que c'était un leurre, car le Prince me réservait une place privilégiée. Le président voulait à ses côtés un philosophe, pas un technicien. Il voulait que je l'aide à dessiner quelque chose qui porterait son empreinte et qui marquerait sa place dans l'histoire de France." Au soir du 6 mai 2007, le jeune urbaniste Alexandre Belgrand est au Fouquet's, dans le tout premier cercle du pouvoir. Suivront deux années de travail acharné, d'intuitions soudaines et d'amitiés nocturnes au sein du triangle d'or parisien. Alexandre aura alors l'orgueil de se croire indestructible. Sa disgrâce, imprévue et cruelle, le conduira jusqu'à l'Est maudit de la grande métropole.
Le Grand Paris, Aurélien Bellanger, Editions Folio, octobre 2020.
MOTS CLÉS : Editions Folio | Aurélien Bellanger | Cinéma sur les ruines du futur | Roman | Architecture | Urbanisme | Urbanisation | Tragédie |
L'imaginaire colonial au cinéma: Qu'est-ce qu'un film colonial ?, Alain Brossat
Dans les anciennes puissances coloniales et impériales du Nord global, les gouvernants comme les gouvernés ont durablement autant que massivement la mémoire qui flanche dès lors qu’il s’agit de faire face à l’héritage de la colonisation et aux bilans de celle-ci, notamment dans sa partie la plus violente. Le cinéma est le parfait témoin de cette condition mémorielle : un fil colonial et impérial le parcourt depuis ses origines (Les actualités Lumière et Pathé), dès les années 1930, le film colonial y prospère comme un genre à part entière – tout en faisant l’objet d’un déni massif, en demeurant privé de son nom, vendu au public populaire en contrebande comme film d’aventures exotiques, drame militaire, film d’action, tragédie romantique... Cet essai s’attache à montrer que le film colonial existe comme genre spécifique, doté de ses caractéristiques propres, ses invariants, ses stéréotypes, ses ritournelles, aussi bien dans les cinématographies ouest-européennes que dans le monde enchanté d’Hollywood. C’est un cinéma totalement émancipé des faits et réalités de la colonisation réelle, constamment appliqué à la transfigurer au point d’en faire un monde de enchanté, un monde à rêver – une pure fantasmagorie. Cette métamorphose du monde colonial apparaît particulièrement litigieuse lorsque sont en question les violences coloniales, les massacres coloniaux – ici, l’usine à rêves qu’est censé être le cinéma se transforme en fabrique du mensonge historique. Les crimes de la colonisation reviennent méconnaissables vers le public populaire friand de ces films peuplés d’espèces sauvages et de paysages exotiques, théâtre d’aventures torrides : la civilisation blanche poursuit son inexorable marche en avant, le fusil à répétition à la main. Le film colonial, c’est le terrain d’aventure de l’imaginaire de l’homme blanc allégé du souvenir des méfait et des crimes de la colonisation. Alain Brossat, essayiste, a longtemps enseigné la philosophie, en France et à l'étranger, dernier ouvrage paru : Un peuple debout - La Palestine en lutte contre la colonisation israélienne, L'Harmattan, 2024.
L'imaginaire colonial au cinéma: Qu'est-ce qu'un film colonial ?, Alain Brossat, Editions Etérotopia, mars 2025.
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Editions Etérotopia | Alain Brossat | Smala | Colonialisme | Anti colonialisme | Art | Cinéma | Exotisme | Mémoires | Propagande | Critique | Philosophie | Politique |