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Histoire du sabotage, Tome 02 : Neutraliser le système techno-industriel, Victor Cachard
Dans un monde dévoré par le tout numérique, ou l'exploitation des ressources, des corps et des esprits s'intensifie sous le joug d'une marchandisation totale, le sabotage revient sur le devant de la scène comme un refus radical de se soumettre à un contrôle social généralisé. L'inaction politique, l'épuisement des marches pour le climat, conjugués à la conscience aiguë de l'urgence écologique, donnent un souffle nouveau à des formes d'action inédites qui changent le sens du sabotage. L'extension de la machine capitaliste, à la conquête des derniers espaces de liberté et de solidarité, réveille des gestes de rupture, longtemps cantonnés à la résistance au travail. En réponse à la domination technologique, le sabotage devient une arme créative d'émancipation. Débrancher, démanteler, désactiver les infrastructures qui gouvernent nos vies sont autant d'actes de neutralisation qui transforment la destruction en affirmation joyeuse d'une vie libérée des contraintes absurdes et injustes. A travers l'histoire du sabotage, son abandon par le syndicalisme et sa réinterprétation comme stratégie de la guérilla, on voit se multiplier les initiatives. Des actions contre les OGM aux luttes contre les instruments de la colonisation en passant par l'opposition aux grands projets inutiles, le sabotage revêt désormais une signification clairement technocritique au service de la réappropriation de notre autonomie. Après un passage par la philosophie à l'Université Lyon III, Victor Cachard s'intéresse au rapport entre travail et technique à travers l'histoire des résistances populaires. Il est l'auteur d'une Histoire du sabotage en deux tomes publiés aux Éditions LIBRE. Il est aussi le coordinateur de l'ouvrage Émile Pouget et la révolution par le sabotage (Éditions LIBRE, 2022).
Histoire du sabotage, Tome 02 : Neutraliser le système techno-industriel, Victor Cachard, Editions LIBRE, 2025.
MOTS CLÉS : Editions LIBRE | Victor Cachard | Résistance | Critique | Industrie | Désobéissance | Social | Anticapitalisme | Capitalisme | Écologie | Politique | Histoire | Prolétariat | Mobilisation | Autonomie |
Ouvrage disponibleExpulsions de terrain : sans titre mais pas sans droits, groupe d'information et de soutien des immigré.e.s
Les moyens juridiques utilisés pour déloger les occupant.e.s dits "sans droit ni titre" de terrains ou de squats sont sans lien avec leur nationalité. Si le Gisti - qui consacre son activité à la défense des étrangers et étrangères - a décidé d'élaborer un outil destiné aux personnes menacées d'expulsion, c'est en constatant que les Roms, ou les personnes considérées comme telles, qu'ils soient ressortissants d'État tiers ou de l'Union européenne, sont les victimes de politiques et de pratiques d'exclusion particulièrement ciblées. Le nombre de ces évacuations forcée, érigées en véritable politique publique, ne cesse de croître. La plupart ont lieu au mépris des droits les plus élémentaires des habitants et beaucoup ne respectent pas les procédures prévues par la loi. La circulaire "relative à l'anticipation et à l'accompagnement des opérations d'évacuation des campements illicites" (26 août 2012) n'a pas permis d'améliorer le sort des intéressé.e.s, qui se voient privé.e.s non seulement de leur logement, mais aussi de droits dont plusieurs sont liés à un domicile ou au rattachement à une commune : droits sociaux, droit à l'éducation, accès au travail ou même droit au séjour. Cette note pratique s'adresse à toutes les personnes habitant en bidonvilles ou en squats, ainsi qu'à celles et ceux qui leur apportent soutien et solidarité. Elle traite tout à la fois des droits existant au moment de l'installation d'un campement ou d'un squat (traitement des demandes d'hébergement, scolarisation, domiciliation, raccordement aux réseaux d'eau et d'électricité, prévention des risques incendie, ramassage des ordures), et des démarches à entreprendre en cas d'action en justice du propriétaire ou de décision administrative d'expulsion.
Expulsions de terrain : sans titre mais pas sans droits, groupe d'information et de soutien des immigré.e.s, Editions Gisti, Octobre 2014.
MOTS CLÉS : Editions Gisti | groupe d'information et de soutien des immigré.e.s | Expulsions | Immigration | Migration | Bidonvilles | Droit | Logement | Précarité | Sociale | Roms | Politique | Public | Justice | Juridique |
Ouvrage disponibleLa banlieue de l'espoir, Jean Marie Petitclerc
En France banlieue rime avec béton, violence, échec scolaire et chômage. Mais la banlieue c'est aussi trois millions d'habitants, dont un million de jeunes ! Ce sont leurs histoires et leurs espoirs qui se cachent entre les tours. Il est urgent d'enrayer la spirale de l'exclusion d'une frange importante de la jeune population de notre pays. Sinon le risque est grand d'une véritable explosion sociale. Cessons d'avouer notre impuissance. Des solutions sont possibles, à condition de mobiliser les habitants. La ville peut devenir un formidable gisement d'emplois. La montée de la délinquance peut être enrayée si notre société réapprend à ouvrir des perspectives d'avenir aux jeunes des quartiers en difficultés. Dans cet ouvrage, Jean-Marie Petitclerc analyse le mal-être actuel des jeunes et propose des chemins d'avenir et d'espoir. J.M Petitclerc, fut éducateur de rue à Chanteloup-les-Vignes, puis directeur d'un foyer pour jeunes en difficultés. Actuellement, directeur de l'UDACS (ensemble de maisons pour jeunes en difficultés situées en Normandie), il est également chargé de mission pour la prévention de la délinquance en banlieues et président de l'association "Les Messagers". Il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur l'éducation, entre autres : - Éduquer aujourd'hui pour demain (Salvator) - Le pari éducatif (Salvator) - Jeunes des banlieues (Éditions Don Bosco)
La banlieue de l'espoir, Jean Marie Petitclerc, Editions Don Bosco, Janvier 1996.
MOTS CLÉS : Editions Don Bosco | Jean Marie Petitclerc | France | Banlieue | Jeunesse | Société | Éducation | Délinquance | Chômage | Sociale | Travail | Solidarité | Citoyenneté | Immigration | Famille | Espoir |
Ouvrage disponibleLes cités de transit du Port de Gennevilliers 1965-1987, Alain Bourgarel
Les cités de transit du Port Dans le quartier du Port, à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), connu pour ses activités intéressant toute l'Île-de-France, vécurent plus de 2000 personnes de 1966 à 1986, regroupées dans deux cités de transit dans des conditions déplorables, voire insalubres. Bien que l'implantation d'habitats y était réglementairement interdite, l'admnistration française, passant outre ses propos lois, constitua un ghetto ou seuls des immigrés (principalement des Maghrébins, des Espagnols et des Portugais) furent envoyés et abandonnés, sans guère d'espoir de relogement. Cet ouvrage retrace les conditions dans lesquelles furent créées, puis administrées ces cités par les autorités départementales, contre l'avis de la municipalité de l'époque. Il donne la parole à d'anciens habitants et présente les témoignages des travailleurs sociaux et des enseignants qui y travaillèrent. Il met en exergue le combat des habitants pour des logements décents, pour l'éducation de leurs enfants et plus généralement pour une vie dans la dignité. Les habitants, dont certains subirent une répression scandaleuse, trouvèrent un soutien de la part des élus et des organisations syndicales, politiques et associatives de Gennevilliers, ainsi que de certains médias. Ce combat a finalement eu une issue satisfaisante par des relogements corrects. Les anciens habitants contactés n'expriment aucun ressentiment, relatant les faits de manière réaliste. Les plus jeunes parmi eux évoquent même une certaine nostalgie des solidarités qui y existaient. L'auteur de cet ouvrage, Alain Bourgarel, instituteur pendant vingt ans dans ce lieu éloigné de tout, fait revivre, avec une précision chronologique très documentés, le quotidien de ces familles et leur lutte. Victor Hugo a écrit : "Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent". Ces pages en sont le témoignage.
Les cités de transit du Port de Gennevilliers 1965-1987, Alain Bourgarel, Éditions Société d'histoire de Gennevilliers, Avril 2016.
MOTS CLÉS : Éditions Société d'histoire de Gennevilliers | Alain Bourgarel | Maghreb | France | Gennevilliers | Immigration | Transit | Banlieue | Ghetto | Famille | Solidarité | Société | Histoire | Sociale |
Ouvrage disponibleDieu et l'État, Michel Bakounine
Bakounine a un avantage : il n'a jamais été canonisé. Pourtant, sa vie et son ?uvre sont indissociables du mouvement révolutionnaire européen. Premier grand théoricien du courant anti-autoritaire, son intransigeance lui valut l'inimitié de Marx et de ses épigones.Dieu et l'État représente une excellente synthèse de la pensée de Bakounine. Le temps est peut-être venu de lire ou de relire ce « penseur agissant ».
Dieu et l'État, Michel Bakounine, Editions Mille et une nuits, Septembre 2000.
MOTS CLÉS : Editions Mille et une nuits | Michel Bakounine | Anarchisme | Athéisme | Liberté | Égalité | Autogestion | Solidarité | Anticléricalisme | Révolution | Matérialisme | Collectivisme | Patriarcat | Hiérarchie |
Ouvrage disponibleLe Havre la rebelle, Union locale CGT du Havre Jean-Pierre Levaray
"C'est du Havre rebelle et populaire dont il est question ici. De ces Havrais-es qui luttent pour exister, pas de ceux qui se calfeutrent derrière leurs volets clos par peur des autres, pas de ceux qui cherchent à faire de l'argent sur le dos du populo. Il est question de manifestations et de grèves, bien sûr, mais aussi d'histoires qu'il ne faut pas oublier, de quartiers et de musique, de Kaurismäki et de Little Bob , de chiffon rouge et Jules Durand, mais aussi de solidarité et d'entraide." Jean-Pierre Levaray.
Le Havre la rebelle, Union locale CGT du Havre Jean-Pierre Levaray, Editions Libertalia, Octobre 2017.
MOTS CLÉS : Editions Libertalia | Union locale CGT du Havre | Jean-Pierre Levaray | Normandie | LeHavre | Histoire | Ouvrier | Prolétariat | Usine | Luttes sociales | Syndicalisme | CGT | Socialisme |
Ouvrage disponibleLa ville vue d'en bas: Travail et production de l'espace populaire, Collectif Rosa Bonheur
La désindustrialisation à l'oeuvre depuis les années 1970 a confiné des pans entiers des classes populaires aux marges du salariat. Tenues à l'écart des principaux circuits marchands, ces populations ont dû réorganiser leur travail et leur vie quotidienne de manière à satisfaire les besoins essentiels à leur subsistance, selon une dynamique qui confère une centralité nouvelle à l'espace urbain : pour elles, l'accès à la plupart des ressources matérielles et symboliques nécessaires au maintien d'une existence digne est intimement lié à leur ancrage territorial. Or les pratiques attachées à cette centralité populaire sont aujourd'hui contestées. Prises dans la course à la métropolisation, certaines villes voudraient en définitive remplacer ces populations dont elles considèrent qu'elles "ne font rien", par d'autres issues des classes moyennes et supérieures n'hésitant pas à agiter le spectre du communautarisme et celui du ghetto. Il s'agit, au contraire, de saisir ce qu'impliquent les processus contemporains de fragmentation de l'espace social pour des personnes qui ne sont ni plus ni moins que des travailleuses et des travailleurs.
La ville vue d'en bas: Travail et production de l'espace populaire, Collectif Rosa Bonheur, Editions Amsterdam/Multitudes, Septembre 2019.
MOTS CLÉS : Editions Amsterdam/Multitudes | Collectif Rosa Bonheur | Habitat | Politique | Économie | Désindustrialisation | Centralité | Solidarité | Résilience | Productivité | Travail | Populaire |
Ouvrage disponibleHabiter le point de fixation: Contre l'abandon, Anna-Louise Milne
L’Europe, aujourd’hui, est constellée de points d’abandon où, paradoxalement, se joue l’avenir du continent. Ce sont les arrière-cours des gares internationales, les landes autour des ports, les refuges et hangars des villes frontalières. Ils sont la face cachée des plateformes centralisées des politiques migratoires européennes qui prônent l’efficacité et produisent l’attente, l’errance, l’illégalité, et le désespoir. Le point de fixation est le revers du hot spot, sa contradiction racisée, fantasmée, antagoniste. Il est aussi l’expression du besoin et du droit de se fixer quelque part, de forger des attaches, de cultiver un sentiment d’appartenance. Lieu de dernier recours, peut-être, et prémisse de nouvelles formes d’organisation, le point de fixation est une concentration de fugitivité et d’intransigeance, de stratégies de contournement et de refus de disparaître. Il en résulte des méthodes de coopération et de concertation entre des populations sédentaires et hyper mobiles, sociologiquement très diverses, là où les autorités ne pointent qu’inertie ou pathologie. Ni une occupation au sens traditionnel, ni un mouvement social, le point de fixation est un prisme sur de nouvelles configurations de lutte et de désobéissance, réunissant des trajectoires très disparates autour de priorités sans « programme », dans la durée, en prise avec la conflictualité et la quotidienneté de l’espace urbain. C’est pourquoi ce livre se propose d’« habiter le point de fixation » : comme un projet d’exploration, d’écoute, de participation, d’incorporation, de continuation, de théorisation aussi, engagé lucidement, mais activement, depuis un des points de fixation les plus enracinés et les plus puissants du paysage actuel, La Chapelle, à Paris, en l’inscrivant dans une constellation transnationale et transversale.
Habiter le point de fixation: Contre l'abandon, Anna-Louise Milne, Editions ETEROTOPIA, mai 2025.
MOTS CLÉS : Editions ETEROTOPIA | Anna-Louise Milne | Urbanisme | Sociologie | Migration | Solidarité | Politique | Territoire | Précarité | Habitat |
Ouvrage disponibleSubtil béton, Les aggloméré.e.s
Zoé est lycéenne lorsque le mouvement social devient insurrectionnel. A force d'assassinats et de disparitions, la révolte est écrasée par le régime. Les révolutionnaires se dispersent alors que l'autoritarisme se renforce. Subtil béton n'est pas l'histoire de cette insurrection, mais de ce qui reste après la défaite. Colères et tendresses se mêlent en de multiples tentatives pour reconstruire espoirs et solidarités. Cette anticipation parcourt les questionnements politiques contemporains : de la précarité au patriarcat, de la surveillance de masse au mal-logement, du racisme aux violences policières. Subtil béton est une oeuvre collective, unique, féministe, engagée.
Subtil béton, Les aggloméré.e.s, Editions L'Atalante, septembre 2022.
MOTS CLÉS : Editions L'Atalante | Les aggloméré.e.s | Cinéma sur les ruines du futur | Roman | Anticipation | Dystopie | Révolte | Féminisme | Patriarcat | Racisme | Police |
Ouvrage disponibleKoinè, Mélanie Fievet
« Toi aussi, tu as fui. Tu as préféré te lover au centre pour te rapprocher des bords. Tu ne sais plus comment réfléchir la lumière. Ta vie, comme Koinè, est en forme de tore. Construite autour d’une absence. » Oui le capitalisme est mort, la révolution faite, la Terre sauvée. Une petite partie, au moins. Ce qu’on a pu. Aujourd’hui tout le monde jouit d’un bonheur fragile, nourrit de solidarité et de frugalité. Tout le monde ? Au cœur de l’archipel Koinè, il y a pourtant un creux. Une vieille ville abandonnée, comme un grenier pour toutes les architectures du monde, et déserte sauf une étrange pension : hôtel des deuils, des rêves déçus, des colères amères, des gens usés. Dans ces couloirs rôdent de drôles de fantômes. Elpy abandonnée par sa sœur ; læ colérique Aliocha se défoulant dans des simulateurs de XXIe siècle capitaliste ; Soran, le meneur révolutionnaire repenti ; et le réceptionniste désabusé Bob Blaine. Toutes et tous cherchent un abri dans les ruines, où espérer se reconstruire. Mais on vient d’annoncer la nouvelle : sous cette pension du bout du monde un terrible séisme approche.
Koinè, Mélanie Fievet, Editions La Volte, mars 2024.
MOTS CLÉS : Editions La Volte | Mélanie Fievet | Cinéma sur les ruines du futur | Roman | Capitalisme | Ecologie | Ruines | Catastrophe |
Ouvrage disponibleÀ bord des géants des mers : ethnographie embarquée de la logistique globalisée, Claire Flécher
Alors que plus de 90 % du volume de marchandises produites dans le monde transitent chaque année par la mer, le transport maritime demeure un univers largement méconnu. Comment s'organisent ces flux de marchandises ? Que se passe-t-il sur ces géants de la mondialisation que sont les navires de commerce ? Qui y travaille, comment, et à quel prix ? À partir d'une enquête ethnographique, cet ouvrage propose de découvrir l'envers de l'acheminement des biens que nous consommons et de saisir le travail mondialisé " par le bas ". Tandis que les profondes transformations qui ont affecté le secteur ces dernières années ont instauré une rationalisation extrême, commandée par la logique marchande, ce qui faisait le sel de la vie de marin semble s'être réduit comme peau de chagrin. Dans ce huis clos de la mondialisation, le collectif de travail doit répondre à des injonctions contradictoires : assurer la sécurité de tous tout en transportant davantage et en flux continu, garantir des formes de solidarité malgré les inégalités de statut et de rémunération. Selon les situations, les identités de classe, de race et de genre se font et se défont, sans pour autant donner lieu à une remise en cause des hiérarchies sociales – il en va de la paix sociale à bord. Claire Flécher est sociologue, maîtresse de conférences à l'Institut d'études du travail de Lyon (IETL) et au Centre Max Weber de l'université Lumière Lyon-2. Ses recherches portent sur les mutations contemporaines du travail et de l'emploi, notamment en contexte mondialisé.
À bord des géants des mers : ethnographie embarquée de la logistique globalisée, Claire Flécher, Editions La Découverte, 2023.
MOTS CLÉS : Editions La Découverte | Claire Flécher | Cinéma sur les ruines du futur | Transport Maritime | Mondialisation | Sociale |
Ouvrage disponibleKoinè, ou la conquête du plein, Mélanie Fievet
Toi aussi, tu as fui. Tu as préféré te lover au centre pour te rapprocher des bords. Tu ne sais plus comment réfléchir la lumière. Ta vie, comme Koinè, est en forme de tore. Construite autour d’une absence. » Oui le capitalisme est mort, la révolution faite, la Terre sauvée. Une petite partie, au moins. Ce qu’on a pu. Aujourd’hui tout le monde jouit d’un bonheur fragile, nourrit de solidarité et de frugalité. Tout le monde ? Au cœur de l’archipel Koinè, il y a pourtant un creux. Une vieille ville abandonnée, comme un grenier pour toutes les architectures du monde, et déserte sauf une étrange pension : hôtel des deuils, des rêves déçus, des colères amères, des gens usés. Dans ces couloirs rôdent de drôles de fantômes. Elpy abandonnée par sa sœur ; læ colérique Aliocha se défoulant dans des simulateurs de XXIe siècle capitaliste ; Soran, le meneur révolutionnaire repenti ; et le réceptionniste désabusé Bob Blaine. Toutes et tous cherchent un abri dans les ruines, où espérer se reconstruire. Mais on vient d’annoncer la nouvelle : sous cette pension du bout du monde un terrible séisme approche. Premier roman de l'auteur de "La Horde du Contrevent", la Zone est un livre de combat contre nos sociétés de contrôle (prix Utopiales européen 2007). Spirales végétales, interstices protecteurs, chants collectifs ou fan-fictions effrénées, Koinè accueille toutes les voix, mais qu'en est-il de celles qui ne veulent plus s'exprimer?
Koinè, ou la conquête du plein, Mélanie Fievet, Edition la Volte, collection Eutopia, 2024, 116 p.
MOTS CLÉS : Mélanie Fievet | Roman | Science Fiction | Eutopie | Collection Eutopia | La Volte |
Ouvrage disponibleLa Condition ouvrière, Simone Weil
En décembre 1934, Simone Weil entre comme «manœuvre sur la machine» dans une usine. Professeur agrégé, elle ne se veut pas «en vadrouille dans la classe ouvrière», mais entend vivre la vocation qu'elle sent être sienne : s'exposer pour découvrir la vérité. Car la vérité n'est pas seulement le fruit d'une pensée pure, elle est vérité de quelque chose, expérimentale, «contact direct avec la réalité». Ce sera donc l'engagement en usine, l'épreuve de la solidarité des opprimés - non pas à leurs côtés, mais parmi eux. L'établissement en usine, comme, plus tard, l'engagement aux côtés des anarchistes espagnols ou encore dans les rangs de la France libre, est la réponse que Simone Weil a trouvée au mensonge de la politique, notamment celle des dirigeants bolcheviks qui prétendaient créer une classe ouvrière libre, alors qu'aucun «n'avait sans doute mis le pied dans une usine et par suite n'avait la plus faible idée des conditions réelles qui déterminent la servitude ou la liberté des ouvriers». Ce qui, toujours, a fait horreur à Simone Weil dans la guerre, qu'elle soit mondiale ou de classes, «c'est la situation de ceux qui se trouvent à l'arrière».
La Condition ouvrière, Simone Weil, Paris, Gallimard, coll. « Espoir », 1951, 276 p.
MOTS CLÉS : Simone Weil | Connaissance | Politique | Économie | Sciences humaines | Sociologie anthropologie |