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Le capitalisme de l'apocalypse : ou le rêve d'un monde sans démocratie, Quinn Slobodian
Quinn Slobodian est spécialiste de l’histoire du néo-libéralisme et professeur d'histoire économique et politique globale à l'Université de Boston. Il a notamment publié Les Globalistes. Une histoire intellectuelle du néolibéralisme (Seuil, 2022). Si l’on jette un rapide coup d’œil à un planisphère, nous ne verrons qu’un patchwork d’États-nations, net et bien connu. Et si notre réalité était toute autre ? La mondialisation a bouleversé l’ordre du monde, entraînant un foisonnement de nouvelles entités : paradis fiscaux, ports francs, cités-États, enclaves fermées et zones économiques spéciales. Ces nouveaux espaces, libérés des formes ordinaires de réglementation, de taxation et d’obligations mutuelles, perforent la carte des pays. Là, les fanatiques de l’ultra-capitalisme échappent au pouvoir des gouvernements et au contrôle démocratique. C’est ce monde, composé de trous, d’aspérités et de zones grises que Quinn Slobodian décrit, se lançant sur les traces des libertariens radicaux les plus notoires - de Milton Friedman à Peter Thiel et Elon Musk. Cette enquête magistrale nous mène du Hong Kong des années 1970 à l'Afrique du Sud à la fin de l'apartheid, du Sud des États-Unis à la ville de Londres, de Dubaï à la Somalie en guerre, et jusque dans le métavers, révélant de manière vertigineuse les progrès terrifiants du capitalisme sans la démocratie. Le Capitalisme de l'apocalypse nousoffre une histoire inédite des dernières décennies et une vision alarmante de notre futur proche.
Le capitalisme de l'apocalypse : ou le rêve d'un monde sans démocratie, Quinn Slobodian, Editions SEUIL, Janvier 2025
MOTS CLÉS :
Editions SEUIL | Quinn Slobodian | Capitalisme | Démocratie | Néolibéralisme | Histoire | Économie | Géopolitique | Mondialisation | Politique | Inégalités | Gouvernance |
CATÉGORIE : Cinéma sur les ruines du futur
Manifeste pour l'abolition de la sécurité, Collectif Anti-Sécurité
La sécurité constitue le concept suprême de la société bourgeoise, la sécurité sous-tend toutes les structures de pouvoir existantes. La sécurité repose sur l’idée monstrueuse que nous sommes seuls et enfermés dans une compétition pour des ressources rares, que la propriété privée est un droit naturel, que nous devons protéger notre îlot de vie privée contre la menace des autres et que nous devons nous soumettre à l’autorité pour le faire. La sécurité nous encourage à croire que l’État existe pour nous protéger d’une liste toujours croissante de menaces internes et externes, des criminels aux terroristes, des insurgés aux cartels de la drogue, des migrants aux réfugiés. La sécurité exige que nous levions les yeux et que nous nous soumettions au Léviathan, plutôt que de porter un regard solidaire sur nos semblables sur cette planète, humains ou autres. La sécurité nous dit que nous sommes des obstacles à la liberté de chacun, plutôt que la réalisation de celle-ci. Le Collectif Anti-sécurité est un groupe d'universitaires et d'activistes formé en 2010, engagé dans une critique radicale du pouvoir policier, s'attaquant à l'hégémonie matérielle autant qu'idéologie de la sécurité sous le capital. Impulsé par les travaux de Mark Neocleous, notre projet se consacre à fournir les outils conceptuels pour un démantèlement analytique et politique de la sécurité. Mark Neocleous est professeur de critique de l'économie politique à l'université Brunel de Londres. Il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont War Power, Police Power (2014) ; A Critical Theory of Police Power (2021) ; The Politics of Immunity (2022) et Pacification (2025).
Manifeste pour l'abolition de la sécurité, Collectif Anti-Sécurité, Editions Eterotopia, 2025.
MOTS CLÉS :
Editions Eterotopia | Collectif Anti-Sécurité | Politique | Philosophie | Théorie | Sécurité | État | Pouvoir | Police | Capitalisme | Anarchisme | Anticapitalisme | Surveillance | Liberté | Violence | Idéologie | Sociologie |
CATÉGORIE : Eterotopia
Critique de la société technologique avancée, Herbert Marcuse
La critique de la société technologique avancée est le fil conducteur de tout le développement de la pensée de Marcuse et relie L’Homme unidimensionnel, le texte qui est devenu le manifeste des mouvements de protestation en 1968, aux réflexions publiées dans ce volume. À travers l’essai inédit publié dans ce livre, on peut retracer l’ensemble de l’élaboration de Marcuse sur des thèmes qui sont aujourd’hui d’une grande actualité, tels que les implications sociales de la technologie moderne, la relation entre la technologie et la liberté, le rôle de l’individu dans la société industrielle avancée, et la relation entre les développements de la techno-science et les transformations de la politique. Entre critique sociale et réflexion philosophique, Marcuse se confronte aux grands penseurs du XXème siècle (de Husserl à Heidegger en passant par Sartre) et aux dérangeantes questions, éthiques et sociales, qui sont posées par le développement de la technologie. Herbert Marcuse (1898-1979) était l'un des principaux représentants de l'École de Francfort. Il est né à Berlin et a émigré aux États-Unis en 1937, ou il a enseigné dans plusieurs universités. Parmi ses ouvrages : Éros et civilisation (1955) ; L'Homme unidimensionnel -Essai sur l'idéologie de la société industrielle avancée (1964) ; Vers la libération (1969) ; Contre-révolution et révolte (1972).
Critique de la société technologique avancée, Herbert Marcuse, Editions Eterotopia, 2024.
MOTS CLÉS :
Editions Eterotopia | Herbert Marcuse | Philosophie | Théorie | Société | Industrie | Technologie | Technoscience | Critique | Capitalisme | Aliénation | Idéologie | Politique | Liberté | Marxisme | Éthique | Essai |
CATÉGORIE : Eterotopia
Rénovation Urbaine : Les leçons américaines, Thomas Kirszbaum
Dénoncés pour la ségrégation raciale et ethnique qui règne dans leurs villes, les États-Unis sont aussi le pays à avoir conçu les politiques de déségrégation résidentielle les plus radicales. La métamorphose spectaculaire des quartiers d’habitat social en fournit l’illustration la plus récente. Elle offre un miroir grossissant des avantages et des limites de la rénovation urbaine telle que nous l’avons entreprise en France. Car au lieu de considérer la rénovation urbaine comme "la" solution à la ghettoïsation des quartiers, positive en toutes circonstances, ce détour par l’Amérique nous aide à saisir l'ambivalence constitutive de cette politique, partagée qu’elle est entre le souci de l'ordre social et de la rentabilité des espaces, et celui de redonner des chances aux habitants les plus marginalisés.
Rénovation Urbaine : Les leçons américaines, Thomas Kirszbaum, Editions puf, Novembre 2008.
MOTS CLÉS :
Editions puf | Urbanisme | Rénovation | Politique | Ville | États-Unis | Ségrégation | Banlieue | Ghettoïsation | Inégalités | Justice | Sociologie |
CATÉGORIE : Foyer Moïse
Fabriquer un consentement : La gestion politique des médias de masse, Edward Herman Noam Chomsky
Probablement le livre le plus fondamental sur la critique des médias. En 1988, Manufacturing Consent provoqua une onde de choc. Noam Chomsky devint le plus influent critique de la politique internationale US et de la désinformation qui l'accompagne. Moins connu, Edward Herman est en fait à l'origine de ce projet exceptionnel. Tous deux rencontrèrent l'hostilité des médias, y compris français. Qui semblent avoir du mal à accepter que le simple citoyen puisse jeter un oeil dans les coulisses de l'information. Pourtant, en ces temps de méfiance généralisée et de crise morale, vérifier et débattre nos infos, n'est-ce pas une démarche de salut public ? Publié jusqu'ici dans une traduction un consentement en version intégrale, traduction originale approuvée par les auteurs. Avec un complément inédit démontrant sa totale actualité.
Fabriquer un consentement : La gestion politique des médias de masse, Edward Herman Noam Chomsky, Editions Investig'action, Décembre 2018.
MOTS CLÉS :
Editions Investig'action | Médias | Critique | Propagande | Information | Désinformation | Pouvoir | Politique | Économie | Capitalisme | Idéologie | Manipulation | Communication | Journalisme | Sociologie | États-Unis | Théorie |
CATÉGORIE : Cinéma sur les ruines du futur
Propaganda : Comment manipuler l'opinion en démocratie., Edward Bernays
"LE manuel classique de l'industrie des relations publiques" selon Noam Chomsky. Véritable petit guide pratique écrit en 1928 par le neveu américain de Sigmund freud, ce livre expose cyniquement et sans détour les grands principes de la manipulation mentale de masse ou de ce que Bernays appelait la "fabrique du consentement". Comment imposer une nouvelle marque de lessive ? Comment faire élire un président ? Dans la logique des "démocraties de marché", ces questions se confondent. Bernays assume pleinement ce contrast: les choix des masses étant déterminants, ceux qui parviendront à les influencer détiendront réellement le pouvoir. La démocratie moderne implique une nouvelle forme de gouvernement , invisible : la propagande. Loin d'en faire la critique, l'auteur se propose d'en perfectionner et d'en systématiser les techniques, à partir des acquis de la psychanalyse. Un document édifiant ou l'on apprend que la propagande politique au XXe siècle n'est pas née dans les régimes totalitaires, mais au coeur même de la démocratie libérale américaine. Texte présenté par Normand Baillargeon, philosophe professeur à l'Université du Québec à Montréal, et auteur d'un Petit cours d'autodéfense intellectuelle paru chez Lux en 2007. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Oristelle Bonis.
Propaganda : Comment manipuler l'opinion en démocratie., Edward Bernays, Editions Zones, Octobre 2007.
MOTS CLÉS :
Editions Zones | Propagande | Médias | Communication | Relations publiques | Publicité | Manipulation | Opinion | Pouvoir | Politique | Sociologie | Démocratie | Idéologie | Psychologie | Psychanalyse | Influence | Capitalisme | États-Unis |
CATÉGORIE : Cinéma sur les ruines du futur
Tout peut exploser : Enquête sur les risques et les impacts industriels, Paul Poulain
Savez-vous combien d’accidents industriels subit la France chaque année ? Plus de 68 000. Environ 187 par jour. Vous n’en avez jamais entendu parler ? C’est normal ! La plupart du temps, ils suscitent juste un entrefilet dans la presse régionale. Seuls les accidents les plus meurtriers font la une. AZF nous a ainsi douloureusement marqués il y a vingt ans. Trente et une personnes ont perdu la vie parce qu’une centaine de tonnes de nitrate d’ammonium avait explosé. Ce même matériau a provoqué plus de 200 morts à Beyrouth en 2020. Pourtant, des ports comme Marseille ou Saint-Malo continuent à en stocker jusqu’à 60 000 tonnes. Vous l’ignoriez ? Savez-vous seulement que des milliers de trains remplis de cette même matière dangereuse transitent, chaque matin, par la gare de triage de Drancy, en Seine-Saint-Denis ? À deux pas du RER B que 400 000 Franciliens empruntent quotidiennement ? Vous tremblez ? Vous pouvez. Et s’il n’y avait que ça. Imaginez, demain, la rupture du barrage de Vouglans dans le Jura. Plausible, vu l’état de vétusté de ces infrastructures. La vague que la rupture provoquerait pourrait atteindre la centrale nucléaire du Bugey dans l’Ain, entraînant potentiellement la libération d’un nuage radioactif à 30 kilomètres de Lyon. Cinq millions de personnes seraient menacées dans un rayon de 100 kilomètres. Que font nos dirigeants pour nous protéger de ces risques et de tant d’autres présentés dans ce livre ? Trop peu. En dix ans, 10 000 contrôles sur des sites dangereux ont été supprimés ; les budgets des pompiers, amputés. Quant aux industriels, pour faire des économies sordides ils remplacent des salariés par des intérimaires ou des sous-traitants : 92 % de ce personnel travaillant sur des sites à risques d’incendie n’ont pas été formés à l’utilisation d’un extincteur. Autant vous dire que…tout peut exploser. Paul Poulain a travaillé pendant 8 ans dans un bureau d'études spécialisé en sécurité incendie et dans la maîtrise des risques industriels en Europe, en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie. Aujourd'hui, il est ingénieur prévention et chercheur indépendant sur les risques et les pollutions. Il est également enseignant, formateur et conférencier indépendant.
Tout peut exploser : Enquête sur les risques et les impacts industriels, Paul Poulain, Editions Fayard, Octobre 2021
MOTS CLÉS :
Editions Fayard | Industrie | Catastrophes | Sécurité | Pollution | Environnement | Écologie | Nucléaire | Infrastructures | Critique | Santé | Politique | Urbanisme | Accident | Territoire | Enquête | Critique |
CATÉGORIE : Cinéma sur les ruines du futur
La prison est-elle obsolète ?, Angela Davis
Comment et pourquoi plus de deux millions d'américains sont aujourd'hui derrière les barreaux ? Comment les entreprises font-elles profit du système carcéral ? Quels sont les mécanismes qui conduisent à criminaliser les communautés de couleur et à désaffilier politiquement de larges franges d'électeurs dans les minorités ?
La prison est-elle obsolète ?, Angela Davis, Éditions Au diable vauvert, 2014, 2021
Angela Davis, Condamnée en 1970 aux États-Unis à la peine capitale pour raisons politiques, professeur à l'Université de Californie, Angela Davis est une icône mondiale de la lutte afroféministe et antiraciste.
MOTS CLÉS :
Au diable vauvert | Angela Davis | Politique | Prison | Abolitionnisme | Justice | Racisme | Contrôle social | Violences institutionnelles |
CATÉGORIE : Politique
Cartographie radicale. Explorations, Nepthys Zwer, Philippe Rekacewicz
Il est des cartes qui disent non. Des cartes radicales, qui dévoilent et dénoncent, qui protestent. Pour comprendre ces cartes rebelles, leur fonctionnement, leurs forces, leurs possibilités, ce livre entreprend un voyage d'exploration au cœur de la création cartographique. Que se passe-t-il exactement quand nous élaborons une carte, qu'elle soit radicale, expérimentale (on parle aussi de cartographie critique ou de contre-cartographie) ou conventionnelle ? Quelles intentions président à sa fabrication et à sa mise en œuvre ?
La première fonction des cartes est de nous aider à nous repérer dans l'espace et à nous déplacer d'un point à un autre. Elles permettent aux bateaux de naviguer et aux avions de voler. Avec des cartes, on fait la guerre, puis éventuellement la paix. Elles sont aussi de formidables machines à rêves, qui façonnent notre image du monde, en fixent la mémoire et finissent par fabriquer notre réalité. Qu'est-ce qui motive cet acte très particulier de mise en forme symbolique du monde, de Strabon à l'anarchiste Élisée Reclus, de la bénédictine Hildegard von Bingen à l'explorateur Alexander von Humboldt, des portulans à la carte d'état-major ? Quelle part de fantaisie créatrice, quelle part de fantasme faustien d'une possible maîtrise de notre environnement, quelle part de sincérité scientifique sont-elles à l’œuvre ?
Entre l'émergence de la cartographie thématique audacieuse de l'ingénieur Charles-Joseph Minard, ou celle des designers d'information Otto et Marie Neurath, et l'approche sémiologique conceptuelle de Jacques Bertin, se situe un point de rupture avec les conventions de la représentation cartographique. Un point libérateur qui a ouvert le champ de l'expérimentation et rendu possible la démocratisation des cartes. Autour des années 1900, le sociologue W. E. B. du Bois et son équipe inventaient de nouvelles façons graphiques de représenter des données statistiques sur la situation des personnes noires aux États-Unis. Quelque soixante ans plus tard, c'était pour dénoncer le même racisme culturel et économique qu'un petit institut de géographie de Détroit, animé par William Bunge et Gwendolyn Warren, donnait ses contours à ce qui deviendra la géographie radicale : une géographie engagée.
Alors, le rapport à l'objet carte change. S'opère une prise de conscience quant à son usage et à ses possibilités. La cartographie radicale va spatialiser les données économiques et sociales, produire des cartes délibérément politiques qui montrent et dénoncent les situations d'inégalités de vie et de droits, les compromissions politico-économiques, les accaparements de terres, la destruction des milieux par l'agro-industrie, la pollution de la planète et tout ce qui hypothèque, d'une façon ou d'une autre, le bonheur et l'avenir de l'humanité. Les cartes, qui jouent traditionnellement le jeu du pouvoir, se font outils de la contestation et instruments d'émancipation politique et sociale quand la société civile se les approprie. Politique, art et science entrent alors en dialogue permanent pour proposer une image non convenue et libre du monde.
Cartographie radicale. Explorations, Nepthys Zwer, Philippe Rekacewicz, La Découverte, octobre 2021
MOTS CLÉS :
Éditions La Découverte | Nepthys Zwer | Philippe Rekacewicz | Cartographie | Géographie | Cartes | Contre-cartograhie | Justice spatiale | Territoires | Émancipation |
CATÉGORIE : Cartographie et Géographie
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