Rechercher


    13 résultat(s) trouvé(s) pour le mot ou groupe de mots : Médias

  • Disponible

    Logique du Joker, Frédéric Bisson

    Octobre 2019. Au Liban, au Chili, en France, plusieurs manifestants et insurgés étaient grimés en clowns, reprenant le maquillage du Joker dans le film éponyme de Todd Phillips. Comment diable le fameux criminel fou de la fiction peut-il devenir l’emblème des insurrections contemporaines ? Le film a été plébiscité pour son « réalisme social ». Or, cette interprétation repose en partie sur une erreur. Si ces manifestants sont fidèles au Joker, ce n’est pas simplement en se maquillant et en occupant les rues ; c’est en se produisant eux-mêmes en tant qu’images, – en photographiant, en filmant, en diffusant en réseau cette insurrection. Elle est beaucoup plus une insurrection par les signes, immatérielle et iconomique, qu’un soulèvement spontané du « peuple » ou de la « plèbe ». Il est souvent dit que la pensée du Joker ne se situe pas sur le plan de la pensée normale, qu’il a une logique autre, et que personne ne peut parvenir à le comprendre. Le postulat de ce livre est qu’il existe une logique du Joker. De manière générale, la folie est éminemment politique ; pour connaître la réalité d’une époque, il suffit de choisir soigneusement le fou qui pourra nous la révéler, et de lui prêter l’oreille. La réalité contemporaine est régie par la logique du Joker. Comprendre la folie du Joker, c’est nous comprendre nous-mêmes. Cet essai n’est pas un essai sur le cinéma, mais un essai sémiopolitique, sur le rapport entre le signe et son objet, sur le rôle des images dans la production de la réalité sociale. L’entrée du Joker en politique marque l’An Un de ce qu’il faudra appeler l’ère de l’iconomorphose.

    EXTRAIT : 20 juillet 2012, Aurora. Lors de l’avant-première de The Dark Knight Rises de Christopher Nolan, James Holmes ouvre le feu dans la salle de cinéma, tuant douze personnes. Déguisé, il a les cheveux teints en vert. « Je suis le Joker », déclare-t-il après son arrestation. 28 septembre 2019, Los Angeles. Pour l’avant-première de Joker de Todd Phillips, un important dispositif de sécurité est déployé sur Hollywood Boulevard. Les masques de clowns sont interdits à l’entrée des multiplexes. La semaine de la sortie du film, début octobre, les troupes doivent rester en alerte tout le week-end dans certaines bases militaires. Mais le FBI s’est préparé pour rien à un acte de violence sporadique, car le Joker ne frappe jamais deux fois de la même manière. Imaginons une télévision qui tue, une image tueuse, icône assassine. Dans Joker, L’homme qui rit d’Ed Brubaker, le Joker annonce à la télévision ses crimes prochains, en désignant ses cibles et en donnant l’heure du meurtre.
    Mais le crime parfait du Joker est de traverser l’écran, de sauter la barrière des mondes, de sortir de son univers fictionnel pour agir à distance dans le monde des vivants de chair et d’os. Sous quelle forme le Joker est-il passé à l’action ? À cette question, la réponse est : de manière virale, c’est-à-dire sous une forme collective dispersée, volatile, non concertée, insaisissable, en essaim, – et cependant signifiante et cohérente. Lors des soulèvements de 2019, au Liban, au Chili, en France, certains manifestants étaient en effet grimés en clowns, reprenant le maquillage du film de Todd Phillips. Ce détail compte dans le sens du mouvement insurrectionnel. En 2012, le passage à l’acte de James Holmes était isolé et meurtrier. Dans un geste absurde, il cherchait à s’identifier au Joker, qui, justement, n’a pas d’identité. Au contraire, le Joker en 2019 s’est matérialisé spontanément de par le monde, comme un même virus se manifeste à certains signes extérieurs.
    C’est pourquoi 2019 est l’An Un du Joker, son entrée symbolique ou emblématique dans ce que j’appellerai l’iconomorphose de la révolte.

    Logique du Joker, Frédéric Bisson , Editions MF Collection : Inventions, mars 2023

    MOTS CLÉS : Editions MF | insurrections | fiction | médias | réseaux | sémiopolitique | transformation | politique | Cinéma sur les ruines du futur | capitalisme |

    CATÉGORIE : La ville et la guerre

  • Disponible

    Fabriquer un consentement : La gestion politique des médias de masse, Edward Herman Noam Chomsky

    Probablement le livre le plus fondamental sur la critique des médias. En 1988, Manufacturing Consent provoqua une onde de choc. Noam Chomsky devint le plus influent critique de la politique internationale US et de la désinformation qui l'accompagne. Moins connu, Edward Herman est en fait à l'origine de ce projet exceptionnel. Tous deux rencontrèrent l'hostilité des médias, y compris français. Qui semblent avoir du mal à accepter que le simple citoyen puisse jeter un oeil dans les coulisses de l'information. Pourtant, en ces temps de méfiance généralisée et de crise morale, vérifier et débattre nos infos, n'est-ce pas une démarche de salut public ? Publié jusqu'ici dans une traduction un consentement en version intégrale, traduction originale approuvée par les auteurs. Avec un complément inédit démontrant sa totale actualité.

    Fabriquer un consentement : La gestion politique des médias de masse, Edward Herman Noam Chomsky, Editions Investig'action, Décembre 2018.

    MOTS CLÉS : Editions Investig'action | Médias | Critique | Propagande | Information | Désinformation | Pouvoir | Politique | Économie | Capitalisme | Idéologie | Manipulation | Communication | Journalisme | Sociologie | États-Unis | Théorie |

    CATÉGORIE : Cinéma sur les ruines du futur

  • Disponible

    Propaganda : Comment manipuler l'opinion en démocratie., Edward Bernays

    "LE manuel classique de l'industrie des relations publiques" selon Noam Chomsky. Véritable petit guide pratique écrit en 1928 par le neveu américain de Sigmund freud, ce livre expose cyniquement et sans détour les grands principes de la manipulation mentale de masse ou de ce que Bernays appelait la "fabrique du consentement". Comment imposer une nouvelle marque de lessive ? Comment faire élire un président ? Dans la logique des "démocraties de marché", ces questions se confondent. Bernays assume pleinement ce contrast: les choix des masses étant déterminants, ceux qui parviendront à les influencer détiendront réellement le pouvoir. La démocratie moderne implique une nouvelle forme de gouvernement , invisible : la propagande. Loin d'en faire la critique, l'auteur se propose d'en perfectionner et d'en systématiser les techniques, à partir des acquis de la psychanalyse. Un document édifiant ou l'on apprend que la propagande politique au XXe siècle n'est pas née dans les régimes totalitaires, mais au coeur même de la démocratie libérale américaine. Texte présenté par Normand Baillargeon, philosophe professeur à l'Université du Québec à Montréal, et auteur d'un Petit cours d'autodéfense intellectuelle paru chez Lux en 2007. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Oristelle Bonis.

    Propaganda : Comment manipuler l'opinion en démocratie., Edward Bernays, Editions Zones, Octobre 2007.

    MOTS CLÉS : Editions Zones | Propagande | Médias | Communication | Relations publiques | Publicité | Manipulation | Opinion | Pouvoir | Politique | Sociologie | Démocratie | Idéologie | Psychologie | Psychanalyse | Influence | Capitalisme | États-Unis |

    CATÉGORIE : Cinéma sur les ruines du futur



  • Rechercher


    Pages de résultats 1   2