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    3 résultat(s) trouvé(s) pour le mot ou groupe de mots : Soulèvements

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    Techniques & Culture 74 - Semer le trouble, Collectif

    On étouffe. La situation n'est pas tenable. Nous courons à la catastrophe. L'effet de sidération paralyse les velléités d'action. Ce contre quoi nous avons des raisons de nous insurger semble se fondre dans un même mouvement global, une lame de fond irrépressible. Quels moyens possédons-nous pour semer le trouble dans la mécanique des rapports de domination ? Ce numéro fait appel à notre expérience collective des techniques de lutte et enquête sur les foyers de résistance qui s'élaborent et opposent aux gouvernementalités de nouvelles priorités, d'autres perspectives. Les collectifs travaillent leurs outils autant que leurs convictions ; ils suspendent le temps, par adaptation ou détournement de choses et de dispositifs. Comment la « mésentente », qui vient troubler l'idylle consensuelle de la politique, se trouve-t-elle instruite et équipée par les gestes et les instruments propres aux mouvements de lutte ? Ce numéro est élaboré dans le contexte de la mobilisation contre des réformes qui mettent en danger la vitalité de l'enseignement supérieur et de la recherche. Par cette matérialisation, en revue, d'un désaccord têtu, Techniques&Culture propose un répertoire non exhaustif des actions qui sèment et cultivent le trouble.

    Techniques & Culture 74 - Semer le trouble, Collectif, Editions EHESS, Décembre 2020.

    MOTS CLÉS : Editions EHESS | Collectif | Résistance | Soulèvements | Contestation | Lutte |

    CATÉGORIE : Politique

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    Logique du Joker, Frédéric Bisson

    Octobre 2019. Au Liban, au Chili, en France, plusieurs manifestants et insurgés étaient grimés en clowns, reprenant le maquillage du Joker dans le film éponyme de Todd Phillips. Comment diable le fameux criminel fou de la fiction peut-il devenir l’emblème des insurrections contemporaines ? Le film a été plébiscité pour son « réalisme social ». Or, cette interprétation repose en partie sur une erreur. Si ces manifestants sont fidèles au Joker, ce n’est pas simplement en se maquillant et en occupant les rues ; c’est en se produisant eux-mêmes en tant qu’images, – en photographiant, en filmant, en diffusant en réseau cette insurrection. Elle est beaucoup plus une insurrection par les signes, immatérielle et iconomique, qu’un soulèvement spontané du « peuple » ou de la « plèbe ». Il est souvent dit que la pensée du Joker ne se situe pas sur le plan de la pensée normale, qu’il a une logique autre, et que personne ne peut parvenir à le comprendre. Le postulat de ce livre est qu’il existe une logique du Joker. De manière générale, la folie est éminemment politique ; pour connaître la réalité d’une époque, il suffit de choisir soigneusement le fou qui pourra nous la révéler, et de lui prêter l’oreille. La réalité contemporaine est régie par la logique du Joker. Comprendre la folie du Joker, c’est nous comprendre nous-mêmes. Cet essai n’est pas un essai sur le cinéma, mais un essai sémiopolitique, sur le rapport entre le signe et son objet, sur le rôle des images dans la production de la réalité sociale. L’entrée du Joker en politique marque l’An Un de ce qu’il faudra appeler l’ère de l’iconomorphose.

    EXTRAIT : 20 juillet 2012, Aurora. Lors de l’avant-première de The Dark Knight Rises de Christopher Nolan, James Holmes ouvre le feu dans la salle de cinéma, tuant douze personnes. Déguisé, il a les cheveux teints en vert. « Je suis le Joker », déclare-t-il après son arrestation. 28 septembre 2019, Los Angeles. Pour l’avant-première de Joker de Todd Phillips, un important dispositif de sécurité est déployé sur Hollywood Boulevard. Les masques de clowns sont interdits à l’entrée des multiplexes. La semaine de la sortie du film, début octobre, les troupes doivent rester en alerte tout le week-end dans certaines bases militaires. Mais le FBI s’est préparé pour rien à un acte de violence sporadique, car le Joker ne frappe jamais deux fois de la même manière. Imaginons une télévision qui tue, une image tueuse, icône assassine. Dans Joker, L’homme qui rit d’Ed Brubaker, le Joker annonce à la télévision ses crimes prochains, en désignant ses cibles et en donnant l’heure du meurtre.
    Mais le crime parfait du Joker est de traverser l’écran, de sauter la barrière des mondes, de sortir de son univers fictionnel pour agir à distance dans le monde des vivants de chair et d’os. Sous quelle forme le Joker est-il passé à l’action ? À cette question, la réponse est : de manière virale, c’est-à-dire sous une forme collective dispersée, volatile, non concertée, insaisissable, en essaim, – et cependant signifiante et cohérente. Lors des soulèvements de 2019, au Liban, au Chili, en France, certains manifestants étaient en effet grimés en clowns, reprenant le maquillage du film de Todd Phillips. Ce détail compte dans le sens du mouvement insurrectionnel. En 2012, le passage à l’acte de James Holmes était isolé et meurtrier. Dans un geste absurde, il cherchait à s’identifier au Joker, qui, justement, n’a pas d’identité. Au contraire, le Joker en 2019 s’est matérialisé spontanément de par le monde, comme un même virus se manifeste à certains signes extérieurs.
    C’est pourquoi 2019 est l’An Un du Joker, son entrée symbolique ou emblématique dans ce que j’appellerai l’iconomorphose de la révolte.

    Logique du Joker, Frédéric Bisson , Editions MF Collection : Inventions, mars 2023

    MOTS CLÉS : Editions MF | insurrections | fiction | médias | réseaux | sémiopolitique | transformation | politique | Cinéma sur les ruines du futur | capitalisme |

    CATÉGORIE : La ville et la guerre

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    L'étrange étranger : écrits d'un anarchiste kabyle., Mohamed Saïl

    Prenez garde qu'un jour les parias en aient marre et qu'ils ne prennent les fusils que vous leur avez appris à manier pour les diriger contre leurs véritables ennemis, au nom du droit à la vie, et non comme autrefois pour une soi-disant patrie marâtre et criminelle. Né en Algérie en 1894 et mort en banlieue parisienne en 1953, l'anarchiste kabyle Mohamed Saïl fut toute sa vie un infatigable militant antimilitariste, anticolonialiste et anticapitaliste. Insoumis et déserteur pendant la Première Guerre mondiale, il s'engagea sans hésiter dans la colonne Durruti lors de la guerre d'Espagne pour combattre les fascistes et participer à la révolution. Harcelé par la police, arrêté et emprisonné plusieurs fois, il n'a jamais pour autant cessé de contribuer à divers journaux nord-africains et français et d'en assurer la diffusion, d'organiser des comités de lutte et de participer à nombre de meetings et manifestations. Cette anthologie regroupe une trentaine de ses textes écrits entre 1924 et 1951, qui ciblent spécialement l'oppression coloniale française en Algérie ainsi que le racisme meurtrier et souvent hypocrite de l'administration républicaine, tout en appelant ses camarades algériens et français à se méfier des fausses solutions et à rejoindre les rangs des anarchistes. La colère de Mohamed Saïl résonne particulièrement avec celle des soulèvements populaires d'aujourd"hui.

    L'étrange étranger : écrits d'un anarchiste kabyle., Mohamed Saïl, Editions Lux, 2020.

    MOTS CLÉS : Editions Lux | Littérature | Roman | Migration | Exil | Identité | Étranger | Frontières | Société | Aliénation | Discrimination | Travail | Politique | Anarchisme | Capitalisme |

    CATÉGORIE : Politique



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