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Architecture et violence : La cabane de Unabomber, Michael Jakob
La cabane de Ted Kaczynski, le criminel américain connu sous le nom de Unabomber, est un objet paradoxal : construite et habitée par son auteur pour rester à l’écart, hors de toute visibilité, elle n’a pas seulement été sans cesse reproduite depuis 1996, mais elle a aussi été déplacée, exposée, reconstruite, copiée et pastichée. L’objet, situé autrefois au milieu des forêts du Montana, près de la petite ville de Lincoln, s’est transformé en un signe polyvalent. Séparée de son auteur, la cabane représente bien plus qu’un reste : c’est un élément qui dérange et qui attire à la fois ; c’est une drôle de relique, et c’est surtout, sur le plan sémiologique, un signe qui ne cesse de nous interpeller. Par ailleurs, son statut n’est pas simple à définir : que signifie, en effet, la persistante présence médiatique et artistique de cet objet, en soi plutôt banal ? Pourquoi réapparaît-il sans cesse ? Qu’en est-il de la violence que cette cabane symbolise et à laquelle, en même temps, elle s’oppose ? Indiquée parfois comme une partie intégrante de l’ADN des États-Unis, la violence à laquelle s’attaque Kaczynski est celle d’un régime qui, à travers son système de surveillance et de contrôle économique, transforme ses sujets en victimes de la consommation à tout prix. La violence alimente la violence. La cabane isolée de Kaczynski apparaît donc, dans ce contexte, comme le lieu minuscule, le moyen et la métaphore par lesquels une société particulièrement violente réfléchit sur elle-même. Michael Jakob enseigne la théorie et l’histoire du paysage à l’hepia, ainsi que l’esthétique du design à la HEAD de Genève. Il est également professeur de littérature comparée à l’Université de Grenoble. Il est le fondateur et le directeur de la revue internationale COMPAR(A)ISON et de la collection « di monte in monte » (Tarara’ Verbania). Parmi ses publications récentes : Cette ville qui nous regarde, b2 éditions, Paris 2015/ Lettera 22, Siracusa 2017 ; Des jardins & des livres, MïtisPresses, Genève 2018 ; What is Landscape?, LISt Lab, Trente 2018 ; Prises de vue. Un paradigme pour l’observation du paysage, MïtisPresses, Genève 2019 ; Paysage et technologie, b2 éditions, Paris 2019 ; Jardins en images, MïtisPresses, Genève 2020.
Architecture et violence : La cabane de Unabomber, Michael Jakob, Editions ETEROTOPIA, mai 2021.
MOTS CLÉS :
Editions ETEROTOPIA | Michael Jakob | Architecture | Habitat | Violence | Sémiologie | Surveillance | Utopie | Paysage | Relique | Subversion |
CATÉGORIE : Cinéma sur les ruines du futur
C'est dans l'authenticité que l'écriture a son salut, Fragments #6 : Revue de littérature prolétarienne
Et pourtant elle existe cette littérature... Une association, le Cercle culturel de littérature ouvrière, paysanne et sociale (CCLOPS) qui se constitue en 2020 et entend se consacrer à la promotion, à la diffusion et à l'édition d'une littérature souvent marginalisée, parfois, aujourd'hui comme hier, niée, semble relever de la gageure. Certes soufflent des vents mauvais. Pourtant, malgré les hauts et les bas de l'itinéraire collectif, ce courant littéraire n'a jamais cessé d'exister, résistant aux anathèmes, aux replis comme aux silences coupables. L'appropriation de la parole écrite par des ouvriers, des paysans, des employés est un fait présent, vivant et ne se réduit nullement à être une relique évocatrice du temps jadis. Cette actualité ne signifie pas l'absence d'une histoire, autonome, ayant une origine ancienne, enracinée dans la vie du peuple. Témoignages directs, produits sans aucune médiation de classe, livrés sans filtre, l'authenticité est ce qui caractérise la littérature prolétarienne, transmission d'un vécu ordinaire et immédiat ou fidélité mémorielle à un passé jamais renié. Tel est l'objet du CCLOPS, lieu fédérateur d'énergies mobilisées pour contribuer à la reconnaissance d'une littérature de contrebande. FRAGMENTS, revue de littérature prolétarienne est un outil, parmi d'autres, de notre démarche collective. Un outil conçu non comme un lieu clos, réservé à quelques initiés cultivant un entre-soi confortable et rassurant, mais comme un espace ouvert à ceux et celles qui considèrent "avoir quelque chose à dire", comme le formulait Régis Phily.
C'est dans l'authenticité que l'écriture a son salut, Fragments #6 : Revue de littérature prolétarienne, Editions Fragments, Janvier 2023.
MOTS CLÉS :
Editions Fragments | Littérature | Classe ouvrière | Prolétariat | Écriture | Témoignage | Culture | Histoire |
CATÉGORIE : Politique