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Makhnovtchina

Makhnovtchina

Le journal du travail en cours est à suivre sur makhnovtchina.org/journal/

Une recherche sur les nouveaux nomadismes

PHASE 1 / 2012-2014
UN NOUVEAU PROJET D’ECHELLE INCONNUE
PAR STANY CAMBOT
DANS LE CADRE DU CYCLE DE TRAVAIL
VILLE/MOBILE

Mots clés : mobilité, travail, économie, habitat léger et mobile, numérique, métropolisation, architecture

Introduction

Premier volet d'un travail de recherche et d’expérimentation, le projet Makhnovtchina, consiste en la mise en place d'un repérage actif des nouvelles mobilités urbaines et périurbaines à l’échelle d’une région, la Normandie, carrefour de deux grands projets de métropolisation (ville de Rouen et le Grand Paris sous la forme d'un atelier itinérant de production participatif d'images (fixes, vidéos, dispositif multimédia), de textes, de cartes, de journaux, « Work in progress ». Ce travail mené par des architectes, géographe, créateurs informatiques, sociologue et économiste est la préfiguration de proposition d'architectures ou d'équipement mobiles et légère (2014-2016).

Enjeux de la mobilité aujourd'hui

Métropole et mobilité sont devenues des « en-soi » chargées de valeurs positives qui ne semblent aucunement remises en question. Elles sont devenues des injonctions faites aux villes comme aux individus. Il faut que les villes deviennent métropoles et que les individus soient mobiles. Or, accolés, ces deux termes ne promettent qu'une mobilité particulière, une mobilité de « cadres plug and play » qui, pour des raisons professionnelles ou de loisirs se déplacent d'une métropole à l'autre, perpétuellement connectés grâce à un ensemble de dispositifs technologiques. Ainsi, les changements de gestion territoriale dessinent-ils une mobilité particulière.

Cependant, à l'heure des crises immobilières, du redécoupage du territoire par la pensée de la métropole, de plus en plus de personnes sont poussées à subir, à inventer à construire ou pratiquer, des urbanités mobiles et provisoires.

D'évidence, cependant, la ville a changé de nature. Elle quitte de plus en plus les limites de l'immobilier pour se « virtualiser » dans les réseaux et la communication, changement dont les enjeux échappent encore à l'analyse.

Objectifs

C'est cette tentative d'analyse qu'Echelle Inconnue se propose de réaliser en posant et en tentant de croiser, suivant différentes modalités de projets, les questions suivantes :
- D'une part, quelles questions et enjeux politiques, économiques, sociaux et urbains, les nomadismes contemporains  révèlent-ils ? Qu'ils soient historiques (gens du voyage) ou nouveaux (travellers, ouvriers des nouvelles entreprises de réseaux vivant le temps d'un chantier en camping-car ou en hôtel « low cost »...) ? De là, envisager comment pourrait se penser la question d'une mobilité inter ou extra urbaine voire même intra-européenne.
- D'autre part, en quoi les nouvelles technologies mobiles modifient-elles notre rapport à l'espace, et comment se ressaisir de manière libre et collective de ce qui constitue un nouveau calque posé sur la ville ?
Ce travail vise, en outre, à explorer les futurs vides ou terrae incognitae que créent ou créeront les métropoles. Il propose une traversée, du terrain d'accueil pour Gens du Voyage au marché forain en passant par les espaces des nouveaux nomadismes générés par la déstructuration des entreprises, notamment, de réseau (EDF, GDF, France télécom...), ainsi que, par les campings où, faute de moyens, on loge à l'année. Une traversée, pour entendre comment la ville du cadastre rejette, interdit, tolère, s'arrange, appelle ou fabrique la mobilité et le nomadisme.

  Ce nouveau projet de recherche et de création s'inscrit dans la continuité de certains travaux menés depuis 2001 : travail sur l'utopie avec des « gens du voyage » (2001-2003) participation à l'agora de l'habitat choisi (2009), réalisation d'une installation vidéo avec les Roms expulsés de Villeurbanne (2009), l'encadrement du workshop européen « migrating art academy » avec des étudiants en art, lituaniens, allemands et français (2010). Il tente d'explorer les notions de ville légère, mobile et non planifiée avec ceux qui les vivent.

La caravane de la makhnovchina, un travail en forme d'atelier participatif nomade

Ce travail, prenant la forme d'une caravane, parcourra la Normandie. Une projet articulé en trois moments :

 

Identifier sur le territoire français (Normandie) :

Partir à la recherche des traces ou indices de la ville mobile : habitat léger ou mobile, stands, roulottes, caravanes, constructions légères.

Relever les points de friction ou de rencontre de la ville de l'immobilier et de celle du mobile, en particulier, les mesures d'empêchement (blocs de roche ou portiques anti-caravane...)

Repérer, visiter les espaces propices au nomadisme ou déjà utilisés par des activités nomades ou foraines (aires d'accueil pour Gens du Voyage, parkings de périphérie ou de zone d'activité commerciale, chantiers de réseaux - voies ferrées, lignes EDF ou TELECOM, halles de marché, camping...)

Identifier les espaces pratiqués par les nomades à la périphérie de deux métropoles en construction, la ville de Rouen et le Grand Paris et, en Ukraine et en Russie, mesurer la distance entre les nouveaux nomadismes et l’histoire de l’Ukraine à l’heure où l’Europe questionne la mobilité de ses citoyens en légiférant sur leurs déplacements.

 

Rencontrer :

Par la discussion et l'échange avec les acteurs, tenter d'interroger les usages, connaître les dispositions légales, les règlements, les fréquences d'installation ou de déplacement.

 

Enfin, représenter :

- Dresser les cartes, s'il y a lieu, ou du moins se poser la question du mode de représentation d'un territoire découvert par ce prisme.
- Exposer au 18, rue Sainte Croix des Pelletiers à Rouen.
- Publier un journal « à titre provisoire » sur la ville / mobile.

 

Diffuser un dialogue urbain entre des points distants :

Le travail : les lieux dans lesquels ce travail est amené à s'élaborer sont distants et se pensent comme distincts. La caravane Makhnovtchina a pour but de les relier, de les faire communiquer. Le travail réalisé à un endroit devra dans les plus brefs délais être visible dans un autre via le journal, un site internet contributif, des affiches, des projections, des installations numériques.

Phase 2 : une proposition d'architecture mobile et légère. (2014-2016)
Cette proposition s'effectuera en fonction des recherches menées dans la phase 1 du projet.