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Archiscopie 29 : thème art & architecture, Archiscopie
Entre sensible et sublime - L’architecture est-elle toujours considérée comme un art aujourd’hui ? On peut se le demander, à entendre ceux qui voudraient nous faire croire que ce n’est plus le sujet, tant l’urgence écologique et la question sociale s’imposent dans les priorités. Nul ne viendra ici contester le degré d’urgence absolue, vu l’état de la planète. Mais pourquoi écologique ne rimerait pas avec esthétique autant qu’avec éthique ? Pourquoi faudrait-il, en effet, évacuer la dimension artistique de l’architecture ? Durant des siècles, l’architecture s’est imposée comme un art. L’art de construire, l’art de concevoir l’espace, l’art de penser la ville. Une belle trilogie traversée par la question esthétique, les architectes étant invités, avec les artistes, les sculpteurs et les peintres, à concevoir et à façonner une œuvre. L’architecture, clé de voûte des arts… La porosité entre les disciplines est telle que les limites se brouillent parfois. L’exercice du pavillon de la Serpentine Gallery le prouve chaque année dans les jardins de Kensington à Londres. On sait aussi l’influence d’artistes comme Donald Judd, Dan Graham ou Richard Serra dans le domaine de l’architecture, comme l’on apprécie la connivence d’un Olafur Eliasson ou d’un Yann Kersalé avec les architectes. Qu’en est-il aujourd’hui de cette notion chère à Frank Lloyd Wright d’une architecture “mère des arts” ? On ne saurait ignorer que les architectes aiment à travailler avec les artistes, à l’image de Luis Barragán avec Mathias Goeritz, de Claude Parent avec Yves Klein, de Jean Nouvel avec Pierre-Martin Jacot, de Herzog & de Meuron avec Rémy Zaugg, Thomas Ruff ou Ai Weiwei, de Dominique Perrault avec Daniel Buren, de Tatiana Bilbao avec Gabriel Orozco… La liste ne saurait s’arrêter là tant la fertilité de leur relation est grande. Et elle se prolonge même dans le domaine des infrastructures ; depuis les parkings en silo ou en souterrain jusqu’au projet en cours du Grand Paris Express, qui scelle une collaboration architectes-artistes sans précédent avec ses 68 gares. Le propos n’est pas de faire l’apologie de l’“architecture d’auteur” ou l’éloge de l’art, ni de célébrer la quête d’absolu. En revanche, l’enjeu est de replacer l’architecture dans son rôle essentiel - critique, nous rappelle Jean Nouvel - et indispensable pour les habitants comme pour les paysages. Il faut donc lui donner des chances d’échapper à la seule grille d’analyse économique ainsi qu’à la vague “générique” qui déferle sur le monde. L’important est qu’au-delà de la question énergétique, le projet parvienne à transcender les données du programme, qu’il s’agisse d’une usine, d’écuries ou d’un poste d’aiguillage... “L’architecture est bien plus qu’un art et encore bien plus que des bâtiments”, résume Francis Kéré, le tout dernier Pritzker. Au-delà de tout geste plastique, souhaité ou pas, l’architecture, art spatial et social, est aussi attendue comme un art de la transformation. Chacun y mettra ses mots, à l’image de la quarantaine d’architectes qui ont répondu à notre enquête. Nul doute que Fernand Pouillon aurait avancé que “le sensible est l’état ultime des choses”, comme il nous le rappelait dans les premières pages des Pierres sauvages. Francis Rambert
Archiscopie 29 : thème art & architecture, Archiscopie, Editions Archiscopie, avril 2022.
MOTS CLÉS : Editions Archiscopie | Archiscopie | Art | Architecture | Urbanisme | Métropole | Métropolisation | Paysage | Paysagisme | Ville | Infrastructure | Projet | Territoire |
Ouvrage disponibleArchiscopie 31 : thème apprendre l'architecture, Archiscopie
Construire ou réparer ? - Apprendre l’architecture, mais apprendre quoi au juste ? À répondre à l’urgence ? À trouver des solutions ? Un nouvel équilibre, pour le moins… Dostoïevski avait beau penser que “la beauté sauvera le monde”, cela ne saurait suffire vu l’état de la planète. Le dernier rapport du GIEC ne fait qu’accroître le niveau d’alerte, comme le cri d’alarme lancé à Delphes le 17 novembre dernier par Audrey Azoulay, directrice générale de l’Unesco, au regard des conséquences du réchauffement climatique. Un cinquième des 1?154 sites inscrits au Patrimoine mondial et plus d’un tiers des zones naturelles sont ainsi menacés. Dès lors, on peut comprendre que la jeune génération, ceux qui sont dans les écoles d’architecture aujourd’hui (et ceux qui vont bientôt y entrer), se pose de sérieuses questions. Jusqu’à celle de savoir s’il faut encore construire ; le “moratoire sur les nouvelles constructions” fait inévitablement débat. Si l’on ajoute à cela la pression démographique (8 milliards d’habitants sur la planète) et la concentration de 60 % d’entre eux en milieu urbain, le défi est immense. Sans sombrer pour autant dans un pessimisme à la Cioran - “être moderne, c’est bricoler dans l’incurable” -, la marge de manœuvre est plus qu’étroite. La crise sanitaire et les interrogations sur l’inadaptation du logement qu’elle a clairement mises au jour suscitent des attentes criantes, spatiales et sociales. Les étudiants n’ont pas attendu la pandémie pour s’engager dans “le faire”, l’expérientiel à échelle??1, avec une soif de se confronter à la matière et à l’économie de moyens tout en questionnant la ressource. Les architectes qui sont aujourd’hui autant des concepteurs que des réparateurs et des enquêteurs répondent, rappelons-le, à une commande. Certes, ils peuvent la faire émerger, l’inventer, mais quelle est donc celle de notre société pour la ville contemporaine ? Résiliente, inclusive, écologique, bien sûr, mais encore ? La pédagogie dans les écoles d’architecture est-elle adaptée à cette grande remise en question ? La “culture de projet” est un invariant sans date de péremption, qui participe de l’idée même de résilience ; elle est de taille à résister au choc des transitions, écologique, démographique et numérique. Aujourd’hui, dans une approche globale indispensable, l’architecture n’est plus focalisée seulement sur la conception d’un espace mais sur la prise en compte d’un milieu. La biodiversité, le monde du vivant se sont invités dans le débat au même titre que les matériaux biosourcés et les circuits courts. Et les écologues constituent un appréciable renfort dans l’analyse et les recherches. Dans ce paysage en redéfinition, on ne le dira jamais assez, la question de la transformation, alternative à la destruction systématique, est un enjeu majeur. D’où le développement des masters sur ce sujet dans les écoles. Ne rien jeter mais recycler, c’est la tendance, ne rien laisser pour compte, c’est l’ambition. Francis Rambert
Archiscopie 31 : thème apprendre l'architecture, Archiscopie, Editions Archiscopie, octobre-décembre 2022.
MOTS CLÉS : Editions Archiscopie | Archiscopie | Art | Architecture | Urbanisme | Métropole | Métropolisation | Paysage | Paysagisme | Ville | Infrastructure | Projet | Territoire |
Ouvrage disponibleThe Magic of Tents: Transforming Space, Alejandro Bahamon
For years, architects have enjoyed the challenge of incorporating lightweight structures -- fabrics, tents, canopies, membranes, and so on -- into their designs.Such materials are a welcome boon to architectural creativity, allowing designers to envision spaces that take innovative shapes and interact with their surroundings in ways unattainable with conventional materials. Recent years have seen an increase in the use of such structures, in part because advances in computer technology have made it easier to render and model such projects, and in part because such structures are ideally suited to today's increasing concerns about environmentalism and sustainability. The Magic of Tents showcases innovative uses of lightweight, tented structures from across the United States and around the world -- from an Arizona school to an Istanbul bank, from a Miami nightclub on the beach to a private home in Germany, from corporate headquarters in Los Angeles to offices in Oslo, and many more! The book features both residential and commercial projects, projects with both exterior and interior usages, projects where the tented element is the driving component of the design, and projects that incorporate lightweight structures to accent or address a specific need. Endlessly flexible, nurturing of creativity, cost -- and energy-conscious, tented structures are an ideal means to address many concerns of modern architecture -- a creative means to not only define space, but also to transform it into something to meet all sorts of design needs, for projects both grand and small.
The Magic of Tents: Transforming Space, Alejandro Bahamon, Edition Harper Paperbacks, mai 2004.
MOTS CLÉS : Edition Harper Paperbacks | Alejandro Bahamon | Architecture | Intérieur | Extérieur | Structure | Tentes | Design | Environnement | Innovation | Durabilité |
Ouvrage disponibleAA : L'espace publique #198, AA : L'Architecture d'Aujourd'hui
AA : L'espace publique #198, AA : L'Architecture d'Aujourd'hui, Editions AA, septembre 1978.
MOTS CLÉS : Editions AA | Arts | Architecture | Urbanisme | Habitat | Infrastructure | Espace public | Public |
Ouvrage disponibleConstruire l'architecture: Du matériau brut à l'édifice, Andrea Deplazes
De quel savoir technique et constructif a-t-on besoin pour réaliser des projets architecturaux variés ? Construire l'architecture propose dans cette troisième édition française une vue d'ensemble des principes fondamentaux de la conception architecturale. Couronné par plusieurs prix internationaux et traduit en sept langues, cet ouvrage s'est imposé comme manuel de cours dans de nombreuses grandes écoles depuis sa parution en 2005. Il constitue par ailleurs un instrument de référence indispensable pour tous les architectes qui conçoivent le processus de construction comme un rapport dialectique complexe entre conception et mise en oeuvre des matériaux. Optant pour une approche globale de la construction, cet ouvrage combine connaissances techniques et questions esthétiques et les envisage conjointement dans la perspective de l'histoire des civilisations. La construction n'y est pas conçue comme une simple question de technique ou de technologie, mais aussi comme le résultat d'une intention artistique qui se concrétisera avec d'autant plus de cohérence et de force que l'architecte maîtrisera les principes techniques et constructifs de base. Le livre se subdivise en quatre chapitres ? Matériaux ? Modules, Eléments, Structures, Edifices ? et contient en annexe un catalogue présentant les éléments de construction. Tous les immeubles cités satisfont à de hautes exigences esthétiques ou jouent un rôle de premier plan dans l'histoire de l'architecture. D'une grande richesse iconographique, cet ouvrage contient plus de 1500 illustrations, plans et dessins de détails légendés. Le catalogue permet de comparer les détails de construction à l'échelle 1 : 20. Un index détaillé et des titres courants à toutes les pages facilitent l'orientation et la recherche ciblée d'informations. Comprend désormais le dépliant "Archétypes de la Construction : Construction massive, construction mixte, construction filigrane", qui donne une vue d'ensemble du contenu de ce manuel.
Construire l'architecture: Du matériau brut à l'édifice, Andrea Deplazes, Editions Birkhauser, juillet 2018.
MOTS CLÉS : Editions Birkhauser | Andrea Deplazes | Arts | Architecture | Urbanisme | Habitat | Construction | Matériaux | Structures | Esthétique | Durabilité | Technique | Catalogue | Illustration | Civilisation | Nombre de pages de résultats trouvés 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 |
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