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La cité du soleil, Tommaso Campanella
Avant qu'elle ne soit détruite par Vladimir Poutine, il existait une stèle étrange à quelques pas de la place Rouge à Moscou : elle rendait hommage aux précurseurs du communisme moderne. Sur la dizaine de noms gravés dans sa pierre, on y trouvait des noms convenus comme Marx, Engels, Fourier mais aussi des noms moins connus et surprenant : un curé des Ardennes, Jean Meslier ou encore le nom d'un moine dominicain qui vivait au 16e dans un massif perdu de Calabre : Tommaso Campanella. Ami de Galilée, accusé à plusieurs reprises d'hérésie, émeutier, Campanella rédigea un classique de l'utopie étonnant : La Cité du Soleil. Ce petit livre qui allait faire entrer son auteur dans le panthéon des auteurs révolutionnaires est un dialogue entre un marin génois et un homme. Le marin y prétend avoir découvert une cité qui règne en harmonie avec la nature et où les hommes sont libres et égaux. Son économie y est planifiée et au service de la collectivité. A travers cette discussion, l'auteur y pose les bases d'une des toutes premières utopies connues dans l'histoire. La Cité du Soleil intrigue par son originalité et ses thèmes. Tommaso Campanella était un grand utopiste et combattant de la liberté : sur le socle de la statue qui lui rend hommage dans son village natal on peut lire : "Io nacqui a debellar tre mali estremi, tirannide, sofismi, ipocrisia" ; "Je suis né pour combattre trois maux extrêmes, la tyrannie, les sophismes, l'hypocrisie". Comme il est regrettable que son combat reste d'actualité. Tommaso Campanella (1568-1639) est l'un des personnages les plus surprenants de la Renaissance italienne. Ce moine dominicain, d'origine calabraise, qui rencontra et soutint Galilée, passa plus du tiers de sa vie dans les prisons du Saint-Office. Il trouva cependant la force d'écrire une oeuvre immense. Enchaîné au fond de son cachot, il rêva d'une cité solaire, communauté idéale conçue par la raison et régie selon les lois de l'astrologie. Les communistes du XIXe siècle y virent un texte précurseur : l'égalitarisme (ni maîtres ni serviteurs) et l'abolition de la propriété privée les séduisirent, même si se profilait déjà, derrière la perfection de l'utopie, un modèle de société totalitaire.
La cité du soleil, Tommaso Campanella , Editions Mille et une nuits, Janvier 2000.
MOTS CLÉS : Editions Mille et une nuits | Tommaso Campanella | Utopie | Renaissance | Philosophie | Humanisme | Liberté | Égalité | Religion | Astrologie | Nature |
Ouvrage disponibleBel-Ami, Maupassant
Comment briller dans la société du XIXe siècle, lorsque l'on est jeune, sans le sou, mais vif et séduisant ? Introduit parmi les mondains influents du Paris haussmannien, « Bel-Ami » saisit rapidement les moyens de satisfaire ses désirs de fortune et de gloire : le journalisme lui permettra de faire ses armes en politique, les femmes de gravir l'échelle sociale. Dans ce qui constitue l'un de ses romans les plus célèbres, Maupassant sape avec ironie les fondements d'une société corrompue dans laquelle un jeune homme, séducteur et arriviste, triomphe au détriment de toute morale. Le volume est destiné aux classes de Seconde pour l'étude d'un mouvement littéraire et artistique du XIXe siècle : le réalisme. Le dossier de l'édition s'intéresse à la genèse et la réception du roman, et propose deux groupements de texte : les représentations de la presse au XIXe siècle, et les relations entre hommes et femmes dans l'oeuvre de Maupassant. L'édition est enrichie d'un cahier photos couleurs de 8 pages pour l'enseignement de l'histoire des arts.
Bel-Ami, Maupassant, Editions Flammarion, Juin 1999.
MOTS CLÉS : Editions Flammarion | Bel-Ami | France | Paris | Roman | Réalisme | Littérature | Journalisme | Société | Bourgeoisie | Politique |
Ouvrage disponibleUtopie. la quête de la société idéale, Lyman Tower Sargent Roland Schaer Collectif
Rédigé par une équipe d'éminents spécialistes français et américains, cet ouvrage constitue une véritable synthèse, magistrale et inédite, de l'histoire de l'utopie dans la culture occidentale, depuis les sources antiques et bibliques jusqu'à la fin du XXe siècle. Les récits d'origine, venus de la Bible et de l'Antiquité gréco-latine, où sont décrits des lieux de félicité (les îles Fortunées, le jardin d'Eden ou le paradis terrestre) et des époques heureuses (l'âge d'or) hantent longtemps l'attente d'un monde idéal et sont relayés par une littérature médiévale riche de quêtes et de voyages initiatiques, allégoriques ou réels, vers des pays enchantés, puis, dans l'Italie de la Renaissance, par les architectures idéales de Léonard de Vinci ou de Filarete. L'événement majeur est alors la découverte d'un nouvel Eldorado : l'Amérique ; cet événement est précisément contemporain de l'invention, par Thomas More, du mot et du genre littéraire qu'est l'utopie. De la cité du Soleil de Campanella aux communautés, puritaines ou catholiques, qui vont s'établir aux Amériques, l'espérance utopique entretient l'idée d'une régénération des sociétés chrétiennes tandis que le thème du bon sauvage devient une forme classique de la pensée utopique, celle du retour à la nature. Avec le XIXe siècle, les utopies sociales prolifèrent : colonies et communautés, expériences et théories traduisent l'espérance d'une émancipation collective (Robert Owen et la New Harmony, les saint-simoniens, Prosper Enfantin, Fourier et son Phalanstère, les communautés religieuses américaines des quakers et des shakers...). Le XXe siècle oscille entre de puissantes aspirations au changement, nourries d'utopies et constamment réactivées, et la découverte des totalitarismes, qui apparaissent comme l'envers de l'utopie et qu'avaient pressentis de grands romanciers comme Wells, Zamiatine, Huxley et Orwell. Wells rêve d'une " machine à remonter le temps ", Capek invente le mot " robot ", Lang tourne Metropolis. Les artistes russes et soviétiques des années 19 15 à 1923 (Malevitch, Lissitzky, Pounine) illustrent la quête d'un art nouveau qui est en même temps celle d'un monde nouveau. Changer l'espace, c'est l'objet que poursuivent les créateurs de villes nouvelles : Le Corbusier, Perret, Hilberseimer. Les expositions universelles et notamment celle de New York, en 1939, préfigurent le bouleversement des modes de vie et l'american way of life de l'après-guerre. De l'hygiénisme à l'eugénisme, jusqu'à la " solution finale ", l'entreprise nazie, rapprochée ici des intuitions d'un Huxley ou d'un Orwell, est la face noire, totalitaire, de l'utopie. Avec les années soixante et soixante-dix renaît l'aspiration à changer la vie, des mouvements communautaires américains - Twin Oaks, l'Ecotopie de Callenbach - à la contre-culture, dont les héritiers sont les actuels mouvements en faveur de la reconnaissance des minorités, en passant par Mai 68 et les profondes transformations survenues dans les rapports sociaux. En convoquant tous les registres - philosophie, histoire, architecture, arts plastiques -, en mobilisant une très riche iconographie puisée dans les collections de la Bibliothèque nationale de France, de la New York Public Library, et de plusieurs musées (manuscrits, estampes, dessins, cartes et plans, éditions rares...), l'ouvrage brosse une fresque de deux mille cinq cents ans d'utopie, à travers laquelle s'exprime au fond la quintessence de la civilisation occidentale : ses rêves, ses désirs, ses idéaux, ses tentations, ses illusions..., sa complexité.
Utopie. la quête de la société idéale, Lyman Tower Sargent Roland Schaer Collectif, Editions Fayard, décembre 1999.
MOTS CLÉS : Editions Fayard | Lyman Tower Sargent | Roland Schaer | Collectif | Utopie | Idéal | Société | Sociale | Philosophie | Politique | Occident | Antiquité | Renaissance | Colonialisme |
Ouvrage disponibleParagéographie : Voir le monde en géographe, sans que le monde y prenne garde., Laurent Matthey
Les études littéraires disposent d'une catégorie qui leur permet de rendre compte des textes au statut incertain, disposant de quelques-unes des caractéristiques de la littérature : la paralittérature. Or, s'il existe une paralittérature, pourquoi ne pas postuler l'existence d'une paragéographie ? Celle-ci serait composée de productions qui, véhiculant un savoir géographique, ne sont pas dotées des attributs formels susceptibles de les faire accréditer comme relevant des sciences géographiques. On y trouverait des fictions géographiques, des écrits journalistiques, des jeux-vidéo, des bandes dessinées, des récits de voyage, des textes littéraires... reposant sur ou proposant une théorie plus ou moins explicite de l'espace des sociétés. J'ai cherché les traces de cette paragéographie dans l'oeuvre d'un auteur majeur du XXe siècle, Pier Paolo Pasolini. Laurent Matthey enseigne la géographie urbaine et l'histoire de l'urbanisme à l'Université de Genève. Ses publications portent sur les nouvelles modalités de l'urbanisme, la transformation de l'action urbaine et la production des paysages urbains.
Paragéographie : Voir le monde en géographe, sans que le monde y prenne garde., Laurent Matthey, Editions A.Type, Novembre 2018.
MOTS CLÉS : Editions A.Type | Laurent Matthey | Géographie | Cartographie | Urbanisme | Culture | Sciences | Études | Production | Sociologie | Sociale |
Ouvrage disponibleParadis infernaux: Les villes hallucinées du néo-capitalisme, Mike Davis Daniel B. Monk
Série d'études urbaines saisissantes sur Le Caire, Pékin, Johannesburg, Dubaï, Kaboul, Managua, etc., Paradis infernaux pourrait être l'anti-guide des " mondes de rêve " engendrés par le capitalisme contemporain. De la désormais classique gated community de l'Arizona aux camps retranchés de Kaboul, en passant par la Californie de synthèse importée à Hong-Kong et ailleurs, ou par la spectacularisation architecturale de Pékin à l'ère néolibérale, l'imaginaire qui préside à ces nouvelles formes d'utopie est celui de l'enrichissement sans limites, de l'hyperbole constante, des dépenses somptuaires, de la sécurité physique absolue, de la disparition de l'Etat comme de tout espace public, de l'affranchissement intégral des liens sociaux préexistants... Mais cette débauche réservée aux riches ne donne lieu à aucune expérience réelle ; elle est tout entière branchée sur les objet-fétiches de la fantasmagorie mondiale, harnachée aux mêmes idéaux figés du marché global. L'absence d'horizon qui caractérise notre monde se redouble, dans ces outremondes, d'une violence faite aux pauvres, massés, toujours plus nombreux, derrière les frontières visibles ou invisibles qui chaque jour transforment un peu plus le territoire des riches en autant de citadelles néo-libérales enclavées au cœur de notre modernité. Mike Davis enseigne l'histoire urbaine à l'université de Californie. Il a récemment publié Petite histoire de la voiture piégée (Zones, 2007) et Le pire des mondes possibles (La Découverte, 2005). Daniel B. Monk dirige le programme d'études sur la Paix et les Conflits à Colgate University. Il est l'auteur de An Aesthetic Occupation : The Immediacy of Architecture and the Palestine Conflict (Duke University Press, 2002).
Paradis infernaux: Les villes hallucinées du néo-capitalisme, Mike Davis Daniel B. Monk, Editions Les Prairies Ordinaires, Octobre 2008.
MOTS CLÉS : Editions Les Prairies Ordinaires | Mike Davis | Daniel B. Monk | Ville | Urbanisme | Architecture | Mégalopole | Métropole | Capitalisme | Libéralisme | Neoliberalisme | Sociale | Nombre de pages de résultats trouvés 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 |
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