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L'Œil du Kremlin, Cinéma et censure en URSS sous Staline (1928-1953), préface Nicolas Werth, Natacha Laurent
Le cinéma est le plus important de tous les arts ", affirme Lénine dès 1922. Considéré comme un instrument privilégié du conditionnement des esprits, le cinéma va occuper une place centrale dans l'appareil de propagande bolchevique. Contrôlée par le Parti communiste, la production cinématographique de l'URSS doit reproduire fidèlement la réalité, mais pas n'importe laquelle : celle qui correspond aux vues du Comité central. Les dirigeants soviétiques élaborent ainsi un impitoyable appareil administratif de censure, particulièrement dur pendant une période assez mal connue du stalinisme : les années 1940. C'est une stupéfiante plongée dans les arcanes de l'administration soviétique que nous propose l'auteur qui, à la lumière de documents d'archives jusqu'alors totalement inédits, a étudié les structures de contrôle, la stratégie du Comité central et les réactions des professionnels du cinéma face à la censure. Dans sa préface, Nicolas Werth déclare d'emblée : " L'Œil du Kremlin est assurément l'un des tout premiers ouvrages, en français, de ce que l'on pourrait appeler la "nouvelle histoire de l'URSS", telle qu'on peut aujourd'hui l'aborder après l'ouverture des archives soviétiques. Et dans ce domaine de l'histoire contemporaine à redécouvrir, Natacha Laurent est assurément l'une des plus brillantes historiennes de sa génération.
L'Œil du Kremlin, Cinéma et censure en URSS sous Staline (1928-1953), préface Nicolas Werth, Natacha Laurent, Editeur Privat Collection Bibliothèque historique, 2000.
Natacha Laurent, chercheuse à l'université de Toulouse, décrit le rôle et les fonctions des institutions cinématographiques soviétiques à l'époque stalinienne.
MOTS CLÉS : Natacha Laurent | Editions | Etudes | Russie | URSS | cinéma soviétique | censure | Staline | Propagande | Eastern |
Ouvrage disponibleL'imaginaire colonial au cinéma: Qu'est-ce qu'un film colonial ?, Alain Brossat
Dans les anciennes puissances coloniales et impériales du Nord global, les gouvernants comme les gouvernés ont durablement autant que massivement la mémoire qui flanche dès lors qu’il s’agit de faire face à l’héritage de la colonisation et aux bilans de celle-ci, notamment dans sa partie la plus violente. Le cinéma est le parfait témoin de cette condition mémorielle : un fil colonial et impérial le parcourt depuis ses origines (Les actualités Lumière et Pathé), dès les années 1930, le film colonial y prospère comme un genre à part entière – tout en faisant l’objet d’un déni massif, en demeurant privé de son nom, vendu au public populaire en contrebande comme film d’aventures exotiques, drame militaire, film d’action, tragédie romantique... Cet essai s’attache à montrer que le film colonial existe comme genre spécifique, doté de ses caractéristiques propres, ses invariants, ses stéréotypes, ses ritournelles, aussi bien dans les cinématographies ouest-européennes que dans le monde enchanté d’Hollywood. C’est un cinéma totalement émancipé des faits et réalités de la colonisation réelle, constamment appliqué à la transfigurer au point d’en faire un monde de enchanté, un monde à rêver – une pure fantasmagorie. Cette métamorphose du monde colonial apparaît particulièrement litigieuse lorsque sont en question les violences coloniales, les massacres coloniaux – ici, l’usine à rêves qu’est censé être le cinéma se transforme en fabrique du mensonge historique. Les crimes de la colonisation reviennent méconnaissables vers le public populaire friand de ces films peuplés d’espèces sauvages et de paysages exotiques, théâtre d’aventures torrides : la civilisation blanche poursuit son inexorable marche en avant, le fusil à répétition à la main. Le film colonial, c’est le terrain d’aventure de l’imaginaire de l’homme blanc allégé du souvenir des méfait et des crimes de la colonisation. Alain Brossat, essayiste, a longtemps enseigné la philosophie, en France et à l'étranger, dernier ouvrage paru : Un peuple debout - La Palestine en lutte contre la colonisation israélienne, L'Harmattan, 2024.
L'imaginaire colonial au cinéma: Qu'est-ce qu'un film colonial ?, Alain Brossat, Editions Etérotopia, mars 2025.
MOTS CLÉS : Editions Etérotopia | Alain Brossat | Smala | Colonialisme | Anti colonialisme | Art | Cinéma | Exotisme | Mémoires | Propagande | Critique | Philosophie | Politique |
Ouvrage disponibleLa révolution culturelle nazie, Johann Chapoutot
Pour les nazis, la "culture" était à l'origine la simple transcription de la nature : on révérait les arbres et les cours d'eau, on s'accouplait, se nourrissait et se battait comme tous les autres animaux, on défendait sa horde et elle seule. La dénaturation est intervenue quand les Sémites se sont installés en Grèce, quand l'évangélisation a introduit le judéo-christianisme, puis quand la Révolution française a parachevé ces constructions idéologiques absurdes (égalité, compassion, abstraction du droit...). Pour sauver la race nordique-germanique, il fallait opérer une "révolution culturelle", retrouver le mode d'être des Anciens et faire à nouveau coïncider culture et nature. C'est en refondant ainsi le droit et la morale que l'homme germanique a cru pouvoir agir conformément à ce que commandait sa survie. Grâce à la réécriture du droit et de la morale, il devenait légal et moral de frapper et de tuer. Avec ce recueil d'études, Johann Chapoutot parachève et relie le projet de deux de ses livres précédents, Le National-socialisme et l'Antiquité (2008) et La Loi du sang : penser et agir en nazi (2014). En approfondissant des points particuliers, comme la lecture du stoïcisme et de Platon sous le III? Reich, l'usage de Kant et de son impératif catégorique ou la réception en Allemagne du droit romain, il montre comment s'est opérée la réécriture de l'histoire de l'Occident et par quels canaux de telles idées sont parvenues aux acteurs des crimes nazis.
La révolution culturelle nazie, Johann Chapoutot, Editions GALLIMARD, Janvier 2017.
MOTS CLÉS : Editions GALLIMARD | Johann Chapoutot | Nazisme | Culture | Révolution | Biopolitique | Idéologie | Politique | Histoire | Sociologie | Fascisme | Moralité | Stoïcisme | Platonisme | Occident | Propagande |
Ouvrage disponibleLibres d’obéir: Le management, du nazisme à aujourd'hui, Johann Chapoutot
Reinhard Höhn (1904-2000) est l'archétype de l'intellectuel technocrate au service du III? Reich. Juriste, il se distingue par la radicalité de ses réflexions sur la progressive disparition de l'État au profit de la "communauté" définie par la race et son "espace vital". Brillant fonctionnaire de la SS - il termine la guerre comme Oberführer (général) -, il nourrit la réflexion nazie sur l'adaptation des institutions au Grand Reich à venir - quelles structures et quelles réformes ? Revenu à la vie civile, il crée bientôt à Bad Harzburg un institut de formation au management qui accueille au fil des décennies l'élite économique et patronale de la République fédérale : quelque 600 000 cadres issus des principales sociétés allemandes, sans compter 100 000 inscrits en formation à distance, y ont appris, grâce à ses séminaires et à ses nombreux manuels à succès, la gestion des hommes. Ou plus exactement l'organisation hiérarchique du travail par définition d'objectifs, le producteur, pour y parvenir, demeurant libre de choisir les moyens à appliquer. Ce qui fut très exactement la politique du Reich pour se réarmer, affamer les populations slaves des territoires de l'Est, exterminer les Juifs. Passé les années 1980, d'autres modèles prendront la relève (le japonais, par exemple, moins hiérarchisé). Mais le nazisme aura été un grand moment managérial et une des matrices du management moderne.
Libres d’obéir: Le management, du nazisme à aujourd'hui, Johann Chapoutot, Editions GALLIMARD, Janvier 2020.
MOTS CLÉS : Editions GALLIMARD | Johann Chapoutot | Nazisme | Culture | Idéologie | Politique | Histoire | Sociologie | Fascisme | Moralité | Management | Technocratie | Höhn | Productivité | Propagande |
Ouvrage disponibleCarrière Miséry : destruction de la ville sauvage, Collectif Puma/Nantes
La diversité, ce n'est pas rien, c'est la condition même de la vie - et de la vie bonne. Ce qui arrive aujourd'hui à la carrière Miséry, dans le quartier du Bas-Chantenay à Nantes, une carrière unique en Europe selon les mots de Gilles Clément, un morceau de ville sauvage en devenir, incarne cet aménagement prétendument transitionnel qui consiste en réalité à … La diversité, ce n'est pas rien, c'est la condition même de la vie - et de la vie bonne. Ce qui arrive aujourd'hui à la carrière Miséry, dans le quartier du Bas-Chantenay à Nantes, une carrière unique en Europe selon les mots de Gilles Clément, un morceau de ville sauvage en devenir, incarne cet aménagement prétendument transitionnel qui consiste en réalité à extirper la diversité végétale, animale, mais aussi sociale et culturelle. L'exécutif métropolitain capture la carrière à l'été 2016 et y organise à grands frais la propagande d'un projet touristique contestable, l'arbre aux hérons, servi par un jardin annoncé extraordinaire : poétique obligatoire et simpliste, fragilité industrielle et technologique, économie dirigée et ultra-subventionnée, obligation faite aux acteurs locaux d'y adhérer. Le chantier a démarré. Il n'est pas beau à voir. Défoncer et scalper un des rares morceaux de ville sauvage pour y installer une cascade artificielle dans le temps de l'échéance électorale ? Forcer les imaginaires, les réduire à des actes de consommation touristique et à une révérence subventionnée ? Obliger la communauté à une nouvelle bulle spéculative dans tout un quartier ? Voilà quelques questions que la friche Miséry nous pose par sa modestie et sa discrétion mêmes.
Carrière Miséry : destruction de la ville sauvage, Collectif Puma/Nantes, Editions à la criée, Mai 2019.
MOTS CLÉS : Editions à la criée | Collectif Puma/Nantes | Métropole | Ville | Urbain | Territoire | Urbanisme | Biodiversité | Écologie | Gentrification | Propagande | Abandon | Friche | Photographie | Nombre de pages de résultats trouvés 1 | 2 | 3 | 4 |
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