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Ourod: Autopsie culturelle des monstres en Russie, Annick Morard
Première étude d'envergure sur les monstres et le monstrueux en Russie, cet essai en dévoile les sources historiques, culturelles et littéraires. On y découvre tour à tour les termes qui disent les monstres en russe – ourod en est un – les mythes et légendes qui en content les aventures, l'imaginaire qui en dessine les contours visuels, les événements qui jalonnent leur parcours. Trois moments clés révèlent la puissance symbolique des monstres en Russie: au XVIIIe siècle, la Kunstkamera, considérée comme le premier musée russe, expose des monstres anatomiques – vivants ou en bocaux – côte à côte avec des animaux exotiques et des découvertes scientifiques et techniques. Au XIXe siècle, des êtres au physique jugé monstrueux sont exhibés dans des foires populaires et autres espaces de divertissement, marquant profondément la culture citadine de l'époque. Enfin, au tournant du XXe siècle, avec le développement fulgurant de la médecine et des sciences de la vie, le regard sur les monstres change encore: le scalpel des chirurgiens fait surgir la possibilité de soigner les anciens monstres et d'en créer de nouveaux. L'auteure se focalise sur des années charnières de l'histoire culturelle et sociale de la Russie, à savoir le premier tiers du XXe siècle, qui revisite en profondeur ce passé monstrueux. À l’heure de construire une société nouvelle, de faire table rase du passé, quel rôle les monstres ont-ils joué face à «l’homme nouveau» et à la «femme de demain»? Pour répondre à cette question, l’auteure explore divers textes d'Alexandre Beliaev, Mikhaïl Boulgakov, Marietta Chaginian, Vladimir Maïakovski, Mikhaïl Ossorguine, Andreï Platonov, Andreï Sobol, Alexandre Tchaïanov, Iouri Tynianov ou encore Evgueni Zamiatine. L'extrême diversité des monstres dont témoigne la littérature de l'époque éclaire d'un jour nouveau la complexité du rapport à l'Autre dans la Russie d'hier comme d'aujourd'hui.
Ourod: Autopsie culturelle des monstres en Russie, Annick Morard, Editions La Baconnière, 2020, 302p.
MOTS CLÉS : Russie | Annick Morard | espace Russophone | ex URSS | culture soviétique | Monstres | espace post-soviétique | société russe | La Baconnière | Eastern |
AUTOUR DE L’OUVRAGE & DE L’AUTEUR
Vidéo(s) touvée(s) : Doctorat Sauvage du Jeudi 30 Janvier 2020 de
Annick Morard.
Ouvrage disponibleOù sont les « gens du voyage » ? Inventaire critique des aires d'accueil, William Acker
Ce n’est pas un hasard si les plus proches riverains de l’usine Lubrizol, partie en fumée toxique fin septembre 2019 à Rouen, étaient les habitant·es de l’aire d’accueil des « gens du voyage » de Petit-Quevilly. Partout en France, les lieux « d’accueil » attribués aux personnes relevant de cette dénomination administrative se trouvent à l’extérieur des villes, loin de tout service, ou dans des zones industrielles à proximité de diverses sources de nuisances. Constatant l’absence de chiffres opposables aux pouvoirs publics sur l’isolement de ces zones et leur rôle dans les inégalités environnementales, William Acker a décidé de les recenser, département par département. La première partie de cet ouvrage analyse le contexte historique, sociologique et politique de ces communautés et du rapport que l’État entretient avec elles. La seconde partie est l’inventaire exhaustif et cartographié des aires d’accueil. Cet inventaire s’appuie sur des critères précis et factuels comme la distance et la durée de trajet de la mairie à l’aire, la proximité immédiate de zones habitables ou de zones à risque sanitaire ou écologique (centrale nucléaire, déchèterie, usine, station d’épuration, etc.). C’est un travail inédit qui permet de mettre en lumière, d’une part, l’antitsiganisme diffus dans toutes les strates de notre société et, d’autre part, l’encampement moderne de toute une partie de la population invisibilisée de l’espace et du débat publics. Les « gens du voyage » sont en première ligne d’un des grands enjeux de lutte du XXIe siècle : le racisme environnemental.
Où sont les « gens du voyage » ? Inventaire critique des aires d'accueil, William Acker, Editions du commun, 2021, 448p.
MOTS CLÉS : William Acker | antitsiganisme | gens du voyage | aires d'accueil | seveso | zones à risque | périphéries | Editions du commun | zones industrielles |
AUTOUR DE L’OUVRAGE & DE L’AUTEUR
Vidéo(s) touvée(s) : Doctorat Sauvage du Jeudi 12 Octobre 2023 de
William Acker.
Ouvrage disponibleLe rouge ou le noir ? Quand la fiction futurologique française prophétisait des lendemains qui (dé)chantent (1800-1975), Laure Lévêque
" De quoi demain sera-t-il fait ? " s'interrogeait, en 1835, Victor Hugo dans des Chants du crépuscule dont on sait que le dernier terme revêtait alors un sens profondément duel, susceptible de signifier aussi bien le point du jour que le couchant. Alors, les temps étaient-ils à l'aurore ou au crépuscule ? Cet horizon indiscernable, beaucoup le scrutent aussi, cherchant à y apercevoir, comme Chateaubriand à pareille époque, " l'Avenir du monde ", un avenir passablement brouillé depuis que la Révolution française a jeté à bas des certitudes téléologiques millénaires, libérant une inquiétude eschatologique majeure, sinon sans précédent, qui agite douloureusement consciences et imaginaires. En témoigne un foisonnant corpus de textes souvent méconnus qui entreprennent d'éclairer cet avenir dont une petite centaine, couvrant le XIX et une bonne partie du XX siècle, est ici examinée. Pris en tenaille entre les deux grandes postulations mythiques que sont le progrès et la décadence, l'avenir est préempté tantôt du côté d'une nouvelle genèse tantôt du côté d'une retentissante apocalypse, engageant, entre éternel retour, prométhéisme conquérant ou fin des temps, des régimes d'historicité pluriels et des lectures politiques qui ne le sont pas moins. Entre béates utopies et dystopies féroces qui accouchent qui du meilleur des monde et du bon gouvernement, qui de l'enfer sur terre, du phalanstère à la caserne et à la prison, du philanthropisme au totalitarisme, de l'âge d'or au globocide, cette littérature futurologique de l'ère capitaliste est riche de ce que Walter Benjamin appelait des images dialectiques, vibrantes de tension, expressions de passages historiques qui ouvrent tant sur des lendemains qui chantent que sur les faisceaux plus sombres de l'aube dorée.
Le rouge ou le noir ? Quand la fiction futurologique française prophétisait des lendemains qui (dé)chantent (1800-1975), Laure Lévêque, Editions Humana Scientia, 2023.
MOTS CLÉS : Editions La Découverte | Cinéma sur les ruines du futur | Utopie | Dystopie | Politique | Capitalisme |
Ouvrage disponibleUne métropole en mobilité : Récit de l'action publique rouennaise depuis les années 1950, Juliette Maulat,Elise Guillerm
Ce cahier explore l’évolution des politiques de transport et de mobilité dans la métropole rouennaise des années 1950 à nos jours. Sous la forme d’un récit historique, il donne à voir des inflexions importantes dans l’action métropolitaine : le passage d’un référentiel automobile à un référentiel multimodal, d’outils axés sur l’offre à des stratégies de gestion de la demande, d’objectifs de facilitation à des enjeux de régulation. Si cette histoire ressemble à celle d’autres métropoles, l’enquête souligne les spécificités de Rouen comme la singularité des rapports rive droite-rive gauche doublant les logiques centre-périphérie. Les cahiers POPSU rassemblent les connaissances produites au fil des travaux de recherche-action menés par la Plateforme d’observation des projets et stratégies urbaines (POPSU) dans le cadre du programme « Métropoles ».
Une métropole en mobilité : Récit de l'action publique rouennaise depuis les années 1950, Juliette Maulat,Elise Guillerm, Editions autrement, juin 2022.
MOTS CLÉS : Editions autrement | Jean Debrie | Xavier Desjardins | Cinéma sur les ruines du futur | Fleuve | Ville | Métropole | Rouen | Normandie | Axe Seine | Transport | Mobilité |
Ouvrage disponibleL'Œil du Kremlin, Cinéma et censure en URSS sous Staline (1928-1953), préface Nicolas Werth, Natacha Laurent
Le cinéma est le plus important de tous les arts ", affirme Lénine dès 1922. Considéré comme un instrument privilégié du conditionnement des esprits, le cinéma va occuper une place centrale dans l'appareil de propagande bolchevique. Contrôlée par le Parti communiste, la production cinématographique de l'URSS doit reproduire fidèlement la réalité, mais pas n'importe laquelle : celle qui correspond aux vues du Comité central. Les dirigeants soviétiques élaborent ainsi un impitoyable appareil administratif de censure, particulièrement dur pendant une période assez mal connue du stalinisme : les années 1940. C'est une stupéfiante plongée dans les arcanes de l'administration soviétique que nous propose l'auteur qui, à la lumière de documents d'archives jusqu'alors totalement inédits, a étudié les structures de contrôle, la stratégie du Comité central et les réactions des professionnels du cinéma face à la censure. Dans sa préface, Nicolas Werth déclare d'emblée : " L'Œil du Kremlin est assurément l'un des tout premiers ouvrages, en français, de ce que l'on pourrait appeler la "nouvelle histoire de l'URSS", telle qu'on peut aujourd'hui l'aborder après l'ouverture des archives soviétiques. Et dans ce domaine de l'histoire contemporaine à redécouvrir, Natacha Laurent est assurément l'une des plus brillantes historiennes de sa génération.
L'Œil du Kremlin, Cinéma et censure en URSS sous Staline (1928-1953), préface Nicolas Werth, Natacha Laurent, Editeur Privat Collection Bibliothèque historique, 2000.
Natacha Laurent, chercheuse à l'université de Toulouse, décrit le rôle et les fonctions des institutions cinématographiques soviétiques à l'époque stalinienne.
MOTS CLÉS : Natacha Laurent | Editions | Etudes | Russie | URSS | cinéma soviétique | censure | Staline | Propagande | Eastern | Nombre de pages de résultats trouvés 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 |
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