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Contre la résilience. À Fukushima et ailleurs, Thierry Ribault
Funeste chimère promue au rang de technique thérapeutique face aux désastres en cours et à venir, la résilience érige leurs victimes en cogestionnaires de la dévastation. Ses prescripteurs en appellent même à une catastrophe dont les dégâts nourrissent notre aptitude à les dépasser. C’est pourquoi, désormais, dernier obstacle à l’accommodation intégrale, l’« élément humain » encombre. Tout concourt à le transformer en une matière malléable, capable de « rebondir » à chaque embûche, de faire de sa destruction une source de reconstruction et de son malheur l’origine de son bonheur, l’assujettissant ainsi à sa condition de survivant. À la fois idéologie de l’adaptation et technologie du consentement à la réalité existante, aussi désastreuse soit-elle, la résilience constitue l’une des nombreuses impostures solutionnistes de notre époque. Cet essai, fruit d’un travail théorique et d’une enquête approfondie menés durant les dix années qui ont suivi l’accident nucléaire de Fukushima, entend prendre part à sa critique. La résilience est despotique car elle contribue à la falsification du monde en se nourrissant d’une ignorance organisée. Elle prétend faire de la perte une voie vers de nouvelles formes de vie insufflées par la raison catastrophique. Elle relève d’un mode de gouvernement par la peur de la peur, exhortant à faire du malheur un mérite. Autant d’impasses et de dangers appelant à être, partout et toujours, intraitablement contre elle.
Contre la résilience. À Fukushima et ailleurs, Thierry Ribault, L’échappée, 2021, 368 p.
MOTS CLÉS : Thierry Ribault | Résilience | L’échappée | Économie | Sciences humaines | Sociologie anthropologie |
AUTOUR DE L’OUVRAGE & DE L’AUTEUR
Vidéo(s) touvée(s) : Doctorat Sauvage du Lundi 27 Février 2023 de
Thierry Ribault.
Ouvrage disponibleParis capitale coloniale, Cosimo Lisi
Le passé colonial structure les rues de Paris. Visible dans l'architecture et la toponymie, la colonialité est aussi présente dans l’organisation urbaine de la capitale française. À bien des égards Paris occupe une place centrale dans la production de l'espace moderne. Le projet colonial capitaliste de la modernité repose sur l'abstraction du sensible et la violence de la prédation. La modernité se caractérise aussi par des aménagements reposant sur un instrument tout à fait spécifique : la cartographie. La cartographie moderne a pour objectif d’organiser les espaces, de les programmer et de les articuler les uns aux autres pour gouverner les populations. Dans ce livre, nous reviendrons sur les reconfigurations de la région parisienne, depuis les premières transformations opérées par Haussmann au XIXe siècle jusqu’à celles réalisées pendant les années du gaullisme, pour montrer comment, durant cette période, s’expérimentent et se développent les techniques qui, aujourd’hui encore, fondent l’aménagement du territoire et les politiques de l’habitat en France. C’est en particulier le cas de ce que l’on appelle la rénovation urbaine, dont notre travail entreprend la genèse critique.
L’État est le principal producteur de l’espace abstrait. Si la représentation de cet espace est rendue neutre par la mise en scène de plans, de maquettes et d’images, elle n’en reste pas moins structurellement violente : « il existe une violence inhérente à l’abstraction, à son usage pratique (social). »
Cette violence, comme nous allons le montrer dans cet ouvrage, est celle de l’accumulation primitive du capital — violence et accumulation primitive sont, entre autres, constitutives du capitalisme. La violence de la prédation détruit des mondes incompatibles ou résistants à la logique capitaliste de l’accumulation. L’espace politique et économique produit peut alors être considéré comme « le berceau de l’État moderne, son lieu de naissance. »Paris capitale coloniale, Cosimo Lisi, Editions Eterotopia, Collection Parcours, 2024, 160 p.
Cosimo Lisi, docteur en esthétique et études urbaines. Il est également chargé de cours dans le département d'arts plastiques de l'Université Paris 8. Ses recherches portent sur le néocolonialisme, les transformations urbaines et l'action artistique en milieu urbain
MOTS CLÉS : Cosimo Lisi | ville | espace | urbain | post-colonial | cartographie | hygiénisme | Eterotopia | Bibliothèque pour le foyer Moïse |
AUTOUR DE L’OUVRAGE & DE L’AUTEUR
Vidéo(s) touvée(s) : Doctorat Sauvage du Lundi 24 Février 2025 de
Cosimo Lisi.
Ouvrage disponibleOù sont les « gens du voyage » ? Inventaire critique des aires d'accueil, William Acker
Ce n’est pas un hasard si les plus proches riverains de l’usine Lubrizol, partie en fumée toxique fin septembre 2019 à Rouen, étaient les habitant·es de l’aire d’accueil des « gens du voyage » de Petit-Quevilly. Partout en France, les lieux « d’accueil » attribués aux personnes relevant de cette dénomination administrative se trouvent à l’extérieur des villes, loin de tout service, ou dans des zones industrielles à proximité de diverses sources de nuisances. Constatant l’absence de chiffres opposables aux pouvoirs publics sur l’isolement de ces zones et leur rôle dans les inégalités environnementales, William Acker a décidé de les recenser, département par département. La première partie de cet ouvrage analyse le contexte historique, sociologique et politique de ces communautés et du rapport que l’État entretient avec elles. La seconde partie est l’inventaire exhaustif et cartographié des aires d’accueil. Cet inventaire s’appuie sur des critères précis et factuels comme la distance et la durée de trajet de la mairie à l’aire, la proximité immédiate de zones habitables ou de zones à risque sanitaire ou écologique (centrale nucléaire, déchèterie, usine, station d’épuration, etc.). C’est un travail inédit qui permet de mettre en lumière, d’une part, l’antitsiganisme diffus dans toutes les strates de notre société et, d’autre part, l’encampement moderne de toute une partie de la population invisibilisée de l’espace et du débat publics. Les « gens du voyage » sont en première ligne d’un des grands enjeux de lutte du XXIe siècle : le racisme environnemental.
Où sont les « gens du voyage » ? Inventaire critique des aires d'accueil, William Acker, Editions du commun, 2021, 448p.
MOTS CLÉS : William Acker | antitsiganisme | gens du voyage | aires d'accueil | seveso | zones à risque | périphéries | Editions du commun | zones industrielles |
AUTOUR DE L’OUVRAGE & DE L’AUTEUR
Vidéo(s) touvée(s) : Doctorat Sauvage du Jeudi 12 Octobre 2023 de
William Acker.
Ouvrage disponibleCeci n'est pas un Atlas La cartographie comme outil de luttes, 21 exemples à travers le monde, Nepthys Zwer
La carte spatialise des données économiques et sociales. Alors que la cartographie traditionnelle reflète et conforte les pouvoirs en place, la contre-cartographie montre une autre réalité de nos pratiques de l’espace : inégalités de conditions de vie et de droits, compromis politico-économiques, accaparement des terres, destruction des habitats par l’agro-industrie et l’industrie extractive... Ceci n’est pas un Atlas, à travers 21 exemples internationaux, montre comment la cartographie critique se fait outil de terrain au service des luttes et des mobilisations.
Contributeur·rices
596 Acres – Paula Z. Segal, Mara Kravitz | Alarmphone team – Stephan Liebscher, Ina Fisher | Anti-Eviction Mapping Project – Erin McElroy | Comissão Pró-Índio do Acre – Renato Antonio Gavazzi | Counter Cartographies Collective – Liz Mason-Deese, Tim Stallmann | Nermin Elsherif | Mark Graham, Stefano De Sabbata, Ralph Straumann, Sanna Ojanperä | genderATlas – Florian Ledermann | Habitat Forum Berlin – Elisa T. Bertuzzo, Günter Nest | Erica Hagen, Julian Stenmanns, Till Straube | HarassMap team – Noora Flinkman | Francis Harvey | Anna Hirschmann, Raphael Kiczka, Florian Ledermann | Hyderabad Urban Lab – Harsha Devulapalli, Indivar Jonnalagadda | Iconoclasistas – Julia Risler, Pablo Ares | Oliver Moss, Adele Irving | Sarah Mekdjian, Anne-Laure Amilhat Szary | André Mesquita | Lize Mogel | Matthieu Noucher | Felipe Martín Novoa | Arnisson Andre C. Ortega, Ma. Simeona M. Martinez, Cian Dayrit, Kristian Karlo C. Saguin | Élise Olmedo | Pappsatt-Kollektiv – Tobias Morawski | Projeto Nova Cartografia Social da Amazônia – Alfredo Wagner Berno de Almeida, Sheilla Borges Dourado, Carolina Bertolini | Phillipe Rekacewicz | Aude Vidal | Denis Wood | Nepthys ZwerCeci n'est pas un Atlas La cartographie comme outil de luttes, 21 exemples à travers le monde, Nepthys Zwer, Editions du commun, collectif orangotango, ouvrage coordonné par Nepthys Zwer, 2023, 240p.
MOTS CLÉS : orangotango | Nepthys Zwer | Editions du commun | cartographie de luttes |
AUTOUR DE L’OUVRAGE & DE L’AUTEUR
Vidéo(s) touvée(s) : Doctorat Sauvage du Samedi 18 Novembre 2023 de
Nepthys Zwer.
Ouvrage disponibleLe capital dans la cité, une encyclopédie critique de la ville., Matthieu Adam, Émeline Comby
Parce qu’il s’est immiscé dans les moindres recoins des sociétés contemporaines, le capitalisme a bouleversé le visage des villes telles que nous les connaissons. Sous son influence, les politiques urbaines sont devenues le véhicule de logiques managériales et financières qui ont conduit à l’explosion des inégalités sociales et spatiales. Reconfigurées selon des critères d’attractivité, les villes sont transformées en objets marketing à valoriser, tandis que leurs populations précarisées semblent vouées à évoluer dans un espace public toujours plus restreint et aseptisé, au fil de ses privatisations successives. Contre une telle tendance, la présente encyclopédie propose des outils essentiels pour comprendre, penser et agir sur les transformations urbaines en cours. Les entrées qui la composent, fruits d’enquêtes menées aux quatre coins du globe, analysent les principaux enjeux auxquels sont confrontées des populations marginalisées à la fois d’un point de vue matériel et dans les processus de décisions qui affectent leur vie quotidienne. Elles dessinent une cartographie inédite de la ville du XXIe siècle, et forment une contribution essentielle à la réappropriation collective de la production de l’espace.
Le capital dans la cité, une encyclopédie critique de la ville., Matthieu Adam, Émeline Comby, Editions Amsterdam, 2020.
MOTS CLÉS : Matthieu Adam | Émeline Comby | Editions Amsterdam | Cinéma sur les ruines du futur | Capitalisme | Urbanisation | Ville | Cartographie | Nombre de pages de résultats trouvés 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 |
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