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    Burchell Et Rouen, Ombres Et Lumières, Photographies inédites (1939-1993), Guy Pessiot

    Cet ouvrage porte sur l'oeuvre d'un photographe sensible, témoin des Trente Glorieuses à Rouen et dans sa région. Né en 1927, rue Armand-Carrel, au dessus de la place Saint-Marc à Rouen, dans un appartement qu'il occupera jusqu'à sa mort en 2008, Cahrles Delaquaize, dit Burchell, a principalement exercé les professions de photographe de presse. Il fut également membre du Groupe des 7, réalisateur audiovisuel et musicien de jazz amateur. Son "fonds photographique", comme il l'appelait lui-même, a été acheté, de son vivant en 2002, par la Bibliothèque municipale de Rouen. Il est composé de plus de 12 000 clichés très variés, essentiellement en noir et blanc. Ce fonds constitue un exceptionnel témoignage (en grande partie inédit) de la vie rouennaise, dans les ruines, à la fin de la Seconde Guerre mondiale et dans les années de la reconstruction. Il retrace un lent retour à la normale tant urbanistique qu'économique, culturel ou sportif. Il témoigne également du goût de Burchell pour les contre-jours, les extérieurs nuit, la capture du "moment unique" ou les photomontages. Ce livre a été conçu à partir des travaux effectués par les équipes de la Bibliothèque Villon de Rouen sur le fonds Burchell. Guy Pessiot, François Banse et Catherine Hubbard en ont coordonné la réalisation. Ouvrage réalisé avec l'aide de la Ville de Rouen.

    Burchell Et Rouen, Ombres Et Lumières, Photographies inédites (1939-1993), Guy Pessiot, Editions Des Falaises, Janvier 2012.

    MOTS CLÉS : Editions Des Falaises | Guy Pessiot | Normandie | Ville | Rouen | Art | Photographie | Reconstruction | Architecture | Urbanisme | Urbain | Patrimoine | Histoire |

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    Révolutions, Michael Löwy

    Cet ouvrage rassemble, pour la première fois, une abondante documentation photographique sur les principaux mouvements révolutionnaires, depuis la Commune de Paris jusqu'à nos jours. Ce choix cerne les révolutions " classiques ", c'est-à-dire les révolutions sociales, d'inspiration égalitaire, visant à abolir les classes, à donner le pouvoir aux travailleurs et/ou à réaliser le socialisme. Aborder l'histoire de la photographie, et surtout l'histoire des révolutions - événements actifs - permet de découvrir ce que les textes ne peuvent raconter : les visages, les gestes, certains mouvements, certaines situations, des ambiances. La diversité des documents rassemblés ici donne une image plurielle de chaque révolution, dans ce qu'elle a d'universel, c'est-à-dire partagé avec toutes les autres, et dans sa particularité historique, culturelle et nationale. On voit alors apparaître la révolution non comme une abstraction, un concept, mais comme l'action d'êtres humains, d'hommes et de femmes qui font leur propre histoire.

    Révolutions, Michael Löwy , Editions Hazan, Janvier 2000.

    MOTS CLÉS : Editions Hazan | Michael Löwy | Russie | Paris | Commune | Révolution | Anarchisme | Marxisme | Communisme | Bolchevik | Soviétique | Bureaucratie | Rébellion | Critique | Mondiale | Histoire |

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    Le clan Mikhalkov: Culture et pouvoirs en Russie (1917-2017), Cécile Vaissié

    Les Mikhalkov-Kontchalovski constituent sans doute la plus célèbre dynastie dans la culture soviétique, puis russe, des dernières décennies. Le père, Sergueï Mikhalkov (1913-2009), ex-président de l'Union des écrivains de la Russie soviétique, a écrit des pièces et des poésies que tous les enfants ont lues et apprises en URSS. Il est aussi l'auteur des paroles des trois hymnes nationaux : le stalinien de 1943, le brejnévien de 1977 et le poutinien de 2000. Les fils, Andreï Kontchalovski (1937-) et Nikita Mikhalkov (1945-), actuel président de l'Union du cinéma russe, ont tourné des films qui ont impressionné les cinéphiles, y compris en Occident. Le plus jeune s'est engagé aux côtés de Boris Eltsine et, surtout, de Vladimir Poutine, alors que l'aîné, parti à Hollywood à la fin des années 1970, se partage entre la Russie, l'Europe occidentale et les États-Unis. Leur mère aussi écrivait, tandis que leur grand-père et leur arrière-grand-père étaient des peintres reconnus. Explorer les parcours des Mikhalkov-Kontchalovski implique donc d'étudier l'histoire culturelle et intellectuelle, mais aussi sociale et politique, de la Russie de 1917 à 2017, et d'approfondir les logiques des artistes qui ont servi le pouvoir en Russie et s'en sont servis. Cécile Vaissié, docteure en sciences politiques, est professeure en études russes et soviétiques à l'université Rennes 2. Elle est spécialiste de l'histoire des intellectuels en URSS et a consacré à ceux-ci plusieurs livres et de très nombreux articles, en couvrant le champ allant des dissidents aux personnalités les plus officielles de la culture.

    Le clan Mikhalkov: Culture et pouvoirs en Russie (1917-2017), Cécile Vaissié , Editions PU Rennes, Avril 2019.

    MOTS CLÉS : Editions Cosmos Kolej | Wadyslaw Znorko | Russie | Politique | Mikhalkov | Dynastie | Culture | Propagande | URSS | Cinéma | Littérature | Histoire | KGB | Soviétique | État |

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    Ourod: Autopsie culturelle des monstres en Russie, Annick Morard

    Première étude d'envergure sur les monstres et le monstrueux en Russie, cet essai en dévoile les sources historiques, culturelles et littéraires. On y découvre tour à tour les termes qui disent les monstres en russe – ourod en est un – les mythes et légendes qui en content les aventures, l'imaginaire qui en dessine les contours visuels, les événements qui jalonnent leur parcours. Trois moments clés révèlent la puissance symbolique des monstres en Russie: au XVIIIe siècle, la Kunstkamera, considérée comme le premier musée russe, expose des monstres anatomiques – vivants ou en bocaux – côte à côte avec des animaux exotiques et des découvertes scientifiques et techniques. Au XIXe siècle, des êtres au physique jugé monstrueux sont exhibés dans des foires populaires et autres espaces de divertissement, marquant profondément la culture citadine de l'époque. Enfin, au tournant du XXe siècle, avec le développement fulgurant de la médecine et des sciences de la vie, le regard sur les monstres change encore: le scalpel des chirurgiens fait surgir la possibilité de soigner les anciens monstres et d'en créer de nouveaux. L'auteure se focalise sur des années charnières de l'histoire culturelle et sociale de la Russie, à savoir le premier tiers du XXe siècle, qui revisite en profondeur ce passé monstrueux. À l’heure de construire une société nouvelle, de faire table rase du passé, quel rôle les monstres ont-ils joué face à «l’homme nouveau» et à la «femme de demain»? Pour répondre à cette question, l’auteure explore divers textes d'Alexandre Beliaev, Mikhaïl Boulgakov, Marietta Chaginian, Vladimir Maïakovski, Mikhaïl Ossorguine, Andreï Platonov, Andreï Sobol, Alexandre Tchaïanov, Iouri Tynianov ou encore Evgueni Zamiatine. L'extrême diversité des monstres dont témoigne la littérature de l'époque éclaire d'un jour nouveau la complexité du rapport à l'Autre dans la Russie d'hier comme d'aujourd'hui. Annick Morard est spécialiste de littérature et de culture russe. Elle a été maître-assistante, puis chargée de cours à l'Université de Genève, et chercheuse associée à l'Institut de Littérature russe (Maison Pouchkine) à Saint Pétersbourg, ou elle a enquêté sur les monstres et le monstrueux entre 2014 et 2016. Auteure d'un ouvrage consacré à l'émigration russe à Paris dans l'entre-deux-guerres (De l'émigré au déraciné, l'Âge d'Homme, 2010), elle s'intéresse également à la culture soviétique et postsoviétique, aux avant-gardes littéraires et à la culture populaire.

    Ourod: Autopsie culturelle des monstres en Russie, Annick Morard, Editions La Baconnière, Janvier 2020.

    MOTS CLÉS : Editions La Baconnière | Annick Morard | Russie | Monstre | Culture | Histoire | Légende | Mythologie | Littérature | Folklore | Société |

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    Art et Production, Boris Arvatov

    Art et Production fait partie des classiques oubliés des avant-gardes qui se sont épanouis durant la Révolution russe. Publié à Moscou en 1926, il vient porter le fer dans les débats qui agitent l'école constructiviste : que doit être le statut de l'art après la révolution, ses liens avec les techniques industrielles de reproduction, avec la critique de la vie quotidienne, comment doit-il entrer dans l'usine ? Autant d'interrogations radicales, témoignages d'une séquence politico-sociale bouillonnante. Une nouvelle conception de l'art émerge qui laissera une empreinte indélébile sur une tradition de critique matérialiste

    Art et Production, Boris Arvatov, Editions Sans soleil, Novembre 2022.

    MOTS CLÉS : Editions Sans soleil | Boris Arvatov | Russie | Productivisme | Constructivisme | Révolution | Usine | Prolétariat | Réalisme | Culture | Théorie |

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    Le cimetière de l'espérance: Essais sur l'histoire de l'Union soviétique, 1914-1991, Nicolas Werth

    Historien, spécialiste reconnu de l'Union Soviétique et du Stalinisme, attaché culturel auprès de l'ambassade de France à Moscou pendant la Perestroïka, Nicolas Werth est aussi un collaborateur régulier de longue date de la revue L'Histoire, ou ses articles, année après année, éclairent d'un jour nouveau l'évolution et la chute du régime. En voici une sélection inédite qui offre, d'une plume alerte et accessible, toutes les clés pour comprendre l'histoire de l'État soviétique. Nicolas Werth, directeur de recherche au CNRS (Institut d'histoire du temps présent) est l'auteur notamment de L'île aux cannibales, La Terreur et le Désarroi. Staline et son système, La Route de la Kolyma et Le Goulag. Témoignages et archives (avec Luba Jurgenson). Sommaire : 1. A l'est, le front oublié 2. La prise du pouvoir par les bolcheviks 3. Les manuscrits censurés de Lénine 4. Feliks Dzerjinski, les débuts du KGB 5. Les pogroms des guerres civiles russes 6. De l'amour libre à l'ordre moral 7. Les paysans contre Staline 8. Comment Staline a-t-il affamé l'Ukraine ? 9. Y eut-il un génocide en Ukraine? 10. Etre communiste en URSS sous Staline 11. La vérité sur la Grande Terreur 12. Les 900 jours de Leningrad 13. Pourquoi les Soviétiques ont gagné la guerre? 14. Goulag : les vrais chiffres 15. Les derniers jours du tyran 16. URSS 1954: Opération Terres vierges 17. Révélations et silences d'un " Rapport secret " 18. Le dimanche rouge de Novotcherkassk 19. La grande stagnation 20. Tchernobyl : enquête sur une catastrophe annoncée 21.URSS : les mécanismes de la corruption 22. Les ruines de l'Empire

    Le cimetière de l'espérance: Essais sur l'histoire de l'Union soviétique, 1914-1991, Nicolas Werth, Editions Tempus Perrin, Janvier 2019.

    MOTS CLÉS : Editions Tempus Perrin | Nicolas Werth | Russie | URSS | Soviétique | Bolchevik | Stalinisme | Histoire | Révolution | Lénine | Famine | Génocide | Corruption |

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    Rébellions: La résistance des gens ordinaires - Jazz, paysans et prolétaires, Eric Hobsbawm

    Ce livre est presque intégralement dédié à ces gens dont les noms sont inconnus, excepté de leur famille et de leurs voisins et qui pourtant ont joué un rôle essentiel dans l'histoire humaine en s'engageant à leur façon sur la scène locale ou plus largement dans des projets politiques ou culturels. Par leur engagement, ils contribuèrent à façonner un autre monde, sans avoir suivi un " grand " homme ou déposé leur destin entre les mains d'un leader charismatique. Eric Hobsbawm démontre dans ces articles qu'il n'existe qu'un seul héros : le peuple et les gens qui le composent, une multitude d'individus qui ont chacun leur importance. Ces gens communs " hors du commun " sont les grands oubliés de l'histoire officielle. Hobsbawm travaille avec le talent qu'on lui connaît à réparer cette injustice. L'originalité du livre tient également à l'éventail des thèmes abordés : jazzmen, paysans, briseurs de machines, étudiants, guérilleros, cordonniers et autres artisans sont ici convoqués avec finesse et brio, pour notre plus grand plaisir. Longtemps snobé en France, son célèbre Âge des extrêmes a tardivement permis à Eric Hobswan de toucher le public français. Rébellions, autre ouvrage majeur du maître, permettra aux amoureux de l'histoire de parcourir un bout de chemin supplémentaire avec, si l'on en croit nombre de ses collègues, "vraisemblablement le plus grand historien vivant, pas seulement du Royaume-Uni, mais du monde."

    Rébellions: La résistance des gens ordinaires - Jazz, paysans et prolétaires, Eric Hobsbawm, Editions Aden - Bruxelles, Janvier 2011.

    MOTS CLÉS : Editions Aden - Bruxelles | Eric Hobsbawm | Rébellions | Résistance | Art | Jazz | Paysannerie | Prolétariat |

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    Techniques & Culture 74 - Semer le trouble, Collectif

    On étouffe. La situation n'est pas tenable. Nous courons à la catastrophe. L'effet de sidération paralyse les velléités d'action. Ce contre quoi nous avons des raisons de nous insurger semble se fondre dans un même mouvement global, une lame de fond irrépressible. Quels moyens possédons-nous pour semer le trouble dans la mécanique des rapports de domination ? Ce numéro fait appel à notre expérience collective des techniques de lutte et enquête sur les foyers de résistance qui s'élaborent et opposent aux gouvernementalités de nouvelles priorités, d'autres perspectives. Les collectifs travaillent leurs outils autant que leurs convictions ; ils suspendent le temps, par adaptation ou détournement de choses et de dispositifs. Comment la « mésentente », qui vient troubler l'idylle consensuelle de la politique, se trouve-t-elle instruite et équipée par les gestes et les instruments propres aux mouvements de lutte ? Ce numéro est élaboré dans le contexte de la mobilisation contre des réformes qui mettent en danger la vitalité de l'enseignement supérieur et de la recherche. Par cette matérialisation, en revue, d'un désaccord têtu, Techniques&Culture propose un répertoire non exhaustif des actions qui sèment et cultivent le trouble.

    Techniques & Culture 74 - Semer le trouble, Collectif, Editions EHESS, Décembre 2020.

    MOTS CLÉS : Editions EHESS | Collectif | Résistance | Soulèvements | Contestation | Lutte |

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    Villes et toxicomanies : De la connaissance à la prévention, Michel Joubert Pilar Giraux-Arcella Chantal Mougin

    Qu'il s'agisse de l'héroïne, du crack ou des drogues de synthèse, les interdits ont longtemps empêché de comprendre les raisons, les conditions, les contextes de leur consommation. Du coup, les actions de prévention ont souvent manqué leur cible, ne touchant que les personnes déjà "prévenues". Dans cet ouvrage, les auteurs s'attachent à analyser les logiques de consommation de drogues illicites dans les grandes villes, en tenant compte de la spécificité des contextes urbains, sociaux et culturels (grandes villes de la France métropolitaine, Guadeloupe, New York, Londres, Charleroi...). A contre-pied des idéologies de la prévention lourdement connotées (hygiénisme, contrôle social, prohibitionnisme), les références, les connaissances et les expériences sont ici actualisées dans la confrontation des réflexions de sociologues, d'ethnologues et d'intervenants de terrain, qu'ils travaillent à la "réduction des risques", ou mènent des actions locales de prévention ou des projets plus ciblés. Ce travail de fond qui devrait faire référence a pour objectif de mieux comprendre le sens et les enjeux de ces conduites à risques, ceux des politiques publiques mises en oeuvre mais aussi l'évolution des pratiques des intervenants sociaux pour faciliter le développement de stratégies d'actions préventives plus adaptées.

    Villes et toxicomanies : De la connaissance à la prévention, Michel Joubert Pilar Giraux-Arcella Chantal Mougin, Editions Eres, Mars 2005.

    MOTS CLÉS : Editions Eres | Michel Joubert | Pilar Giraux-Arcella | Chantal Mougin | Ville | Toxicomanie | Drogues | Trafique | Héroïne | Crack | Consommation | Préventio | Santé publique | Sociologie |

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    Utopie. la quête de la société idéale, Lyman Tower Sargent Roland Schaer Collectif

    Rédigé par une équipe d'éminents spécialistes français et américains, cet ouvrage constitue une véritable synthèse, magistrale et inédite, de l'histoire de l'utopie dans la culture occidentale, depuis les sources antiques et bibliques jusqu'à la fin du XXe siècle. Les récits d'origine, venus de la Bible et de l'Antiquité gréco-latine, où sont décrits des lieux de félicité (les îles Fortunées, le jardin d'Eden ou le paradis terrestre) et des époques heureuses (l'âge d'or) hantent longtemps l'attente d'un monde idéal et sont relayés par une littérature médiévale riche de quêtes et de voyages initiatiques, allégoriques ou réels, vers des pays enchantés, puis, dans l'Italie de la Renaissance, par les architectures idéales de Léonard de Vinci ou de Filarete. L'événement majeur est alors la découverte d'un nouvel Eldorado : l'Amérique ; cet événement est précisément contemporain de l'invention, par Thomas More, du mot et du genre littéraire qu'est l'utopie. De la cité du Soleil de Campanella aux communautés, puritaines ou catholiques, qui vont s'établir aux Amériques, l'espérance utopique entretient l'idée d'une régénération des sociétés chrétiennes tandis que le thème du bon sauvage devient une forme classique de la pensée utopique, celle du retour à la nature. Avec le XIXe siècle, les utopies sociales prolifèrent : colonies et communautés, expériences et théories traduisent l'espérance d'une émancipation collective (Robert Owen et la New Harmony, les saint-simoniens, Prosper Enfantin, Fourier et son Phalanstère, les communautés religieuses américaines des quakers et des shakers...). Le XXe siècle oscille entre de puissantes aspirations au changement, nourries d'utopies et constamment réactivées, et la découverte des totalitarismes, qui apparaissent comme l'envers de l'utopie et qu'avaient pressentis de grands romanciers comme Wells, Zamiatine, Huxley et Orwell. Wells rêve d'une " machine à remonter le temps ", Capek invente le mot " robot ", Lang tourne Metropolis. Les artistes russes et soviétiques des années 19 15 à 1923 (Malevitch, Lissitzky, Pounine) illustrent la quête d'un art nouveau qui est en même temps celle d'un monde nouveau. Changer l'espace, c'est l'objet que poursuivent les créateurs de villes nouvelles : Le Corbusier, Perret, Hilberseimer. Les expositions universelles et notamment celle de New York, en 1939, préfigurent le bouleversement des modes de vie et l'american way of life de l'après-guerre. De l'hygiénisme à l'eugénisme, jusqu'à la " solution finale ", l'entreprise nazie, rapprochée ici des intuitions d'un Huxley ou d'un Orwell, est la face noire, totalitaire, de l'utopie. Avec les années soixante et soixante-dix renaît l'aspiration à changer la vie, des mouvements communautaires américains - Twin Oaks, l'Ecotopie de Callenbach - à la contre-culture, dont les héritiers sont les actuels mouvements en faveur de la reconnaissance des minorités, en passant par Mai 68 et les profondes transformations survenues dans les rapports sociaux. En convoquant tous les registres - philosophie, histoire, architecture, arts plastiques -, en mobilisant une très riche iconographie puisée dans les collections de la Bibliothèque nationale de France, de la New York Public Library, et de plusieurs musées (manuscrits, estampes, dessins, cartes et plans, éditions rares...), l'ouvrage brosse une fresque de deux mille cinq cents ans d'utopie, à travers laquelle s'exprime au fond la quintessence de la civilisation occidentale : ses rêves, ses désirs, ses idéaux, ses tentations, ses illusions..., sa complexité.

    Utopie. la quête de la société idéale, Lyman Tower Sargent Roland Schaer Collectif, Editions Fayard, décembre 1999.

    MOTS CLÉS : Editions Fayard | Lyman Tower Sargent | Roland Schaer | Collectif | Utopie | Idéal | Société | Sociale | Philosophie | Politique | Occident | Antiquité | Renaissance | Colonialisme |

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